L'histoire, l'Archéologie et la Bible

Vendredi 17 mars 2006 5 17 /03 /2006 18:30

“Autrefois, l’histoire de l’Empire assyrien était un des chapitres les plus obscurs des annales du monde.” “Tout ce qu’on connaissait de la Ninive antique se trouvait çà et là dans les allusions et les prophéties de la Bible s’y rapportant, et dans les comptes rendus superficiels et incomplets de l’histoire assyrienne de Diodore de Sicile (...) et d’autres.” — Encyclopédie de littérature biblique (angl.), 1862, volumes 1 et 3.

 

L’HISTORIEN grec Diodore de Sicile vivait il y a 2 000 ans. Ninive, a-t-il déclaré, était une ville quadrangulaire; les quatre côtés faisaient en tout 480 stades de long. Son périmètre était de 96 kilomètres. La Bible en donne une image similaire, décrivant Ninive comme une grande ville, “de trois jours de marche”. — Jonas 3:3.

 

Au XIXe siècle, les détracteurs de la Bible refusaient de croire qu’une ville inconnue du monde antique pouvait avoir été aussi grande. Ils disaient également que si Ninive avait existé, elle devait faire partie de la civilisation antique ayant précédé Babylone.

 

Ce point de vue était contraire à Genèse chapitre 10, où on peut lire que l’arrière-petit-fils de Noé, Nimrod, a établi le premier État politique dans la région de Babel (Babylone). “De ce pays, poursuit la Bible , il passa en Assyrie et bâtit Ninive, et Réhoboth-Ir, et Calah, et Résen entre Ninive et Calah: c’est la grande ville.” (Genèse 10:8-12). Notons que les Écritures ont désigné les quatre nouvelles villes assyriennes comme étant une “grande ville”.

 

En 1843, un archéologue français, Paul-Émile Botta, a découvert les ruines d’un palais qui, comme on l’a prouvé, appartenait à une ville assyrienne. La nouvelle de cette découverte a enthousiasmé le monde. “L’intérêt du public s’est accru, explique Alan Millard dans son livre Trésors des temps bibliques (angl.), quand on a prouvé que le palais appartenait à Sargon, le roi d’Assyrie désigné en Ésaïe 20:1, dont on avait douté de l’existence pour n’en avoir trouvé trace nulle part ailleurs.”

 

Dans l’intervalle, un autre archéologue, Austen Layard, a commencé à dégager des ruines à l’endroit appelé Nimroud, à environ 42 kilomètres au sud-ouest de Khursabād. Les ruines se sont révélées être celles de Calah, une des quatre villes assyriennes mentionnées en Genèse 10:11. Puis, en 1849, Layard a mis au jour les ruines d’un immense palais au lieu appelé Quyunjiq, entre Calah et Khursabād. On a découvert que le palais faisait partie de Ninive. Entre Khursabād et Calah s’étendent les ruines d’autres groupes d’habitations dont un tell appelé Kéremles. “Si nous prenons les quatre grands tells de Nimroud [Calah], Quyunjiq [Ninive], Khursabād et Kéremles comme les coins d’un carré, fait remarquer Layard, nous verrons que ses quatre côtés correspondent à peu près aux 480 stades, ou 60 miles [96 kilomètres], du géographe, les trois jours de marche du prophète [Jonas].”

 

Apparemment, Jonas a englobé tous ces territoires dans une seule “grande ville”, les appelant par le nom de la ville citée en premier en Genèse 10:11, c’est-à-dire Ninive. On fait la même chose aujourd’hui. Par exemple, il y a une différence entre la ville originelle de Londres et sa banlieue, lesquelles forment ce qui est quelquefois appelé le “Grand Londres”.

 

Un roi assyrien arrogant

 

Le palais de Ninive comptait plus de 70 pièces, soit presque trois kilomètres de murs. Il y avait sur ces murs les restes brûlés de sculptures commémorant des victoires militaires et autres exploits. La plupart de ces sculptures étaient très endommagées. Cependant, vers la fin de son séjour, Layard a découvert une salle dans un remarquable état de conservation. On pouvait voir sur les murs une représentation de la prise d’une ville fortifiée et des captifs marchant devant le roi envahisseur, assis sur un trône à l’extérieur de la ville. Il y avait, au-dessus du roi, une inscription que les spécialistes en écriture assyrienne traduisent comme suit: “Sin-ahhê-eriba (Sennachérib), roi de l’univers, roi d’Assyrie est assis sur un fauteuil et les prisonniers de Lakisu (Lakish) passent devant lui.”

 

Aujourd’hui, on peut voir cette représentation et cette inscription au British Museum. Elles concordent avec l’événement historique rapporté dans la Bible en 2 Rois 18:13, 14: “Dans la quatorzième année du roi Ézéchias, Sennachérib, roi d’Assyrie, monta contre toutes les villes fortifiées de Juda et se mit en devoir de s’en emparer. Ézéchias, roi de Juda, envoya donc dire au roi d’Assyrie, à Lachis: ‘J’ai péché. Rebrousse chemin d’auprès de moi. Ce que tu m’imposeras, je le porterai.’ Le roi d’Assyrie imposa donc à Ézéchias, roi de Juda, trois cents talents d’argent et trente talents d’or.”

 

Dans les ruines de Ninive, on a trouvé d’autres inscriptions donnant des détails supplémentaires sur l’invasion de Juda par Sennachérib et le tribut payé par Ézéchias. “Le montant du trésor versé par Ézéchias, trente talents, correspond dans les deux récits, pourtant tout à fait indépendants; la concordance de ces deux témoignages est peut-être la plus remarquable de toutes”, a écrit Layard. Sir Henry Rawlinson, qui a aidé à déchiffrer l’écriture assyrienne, a annoncé que ces inscriptions “plaçait l’identité historique [de Sennachérib] à l’abri de toute contestation”. En outre, dans son livre Ninive et Babylone (angl.), Layard pose cette question: “Qui aurait cru, avant ces découvertes, que, sous l’amas de terre et de décombres qui marquait le site de Ninive, on aurait trouvé l’histoire des guerres entre Ézéchias et Sennachérib, écrite par Sennachérib lui-même à l’époque même où elles ont eu lieu, et confirmant dans les moindres détails le récit de la Bible ?”

 

Naturellement, certains détails du récit de Sennachérib ne concordent pas avec la Bible. Par exemple, l’archéologue Alan Millard fait remarquer: “Le fait le plus frappant vient à la fin [du récit de Sennachérib]. Ézéchias a envoyé son messager, avec tout le tribut, à Sennachérib ‘plus tard, à Ninive’. L’armée assyrienne n’a pas rapporté le tribut chez elle en triomphe comme d’habitude.” La Bible affirme que le tribut a été payé avant que le roi d’Assyrie ne retourne à Ninive (2 Rois 18:15-17). Pourquoi cette différence? Et pourquoi Sennachérib n’a-t-il pas pu se vanter d’avoir conquis la capitale de Juda, Jérusalem, comme il l’a fait pour la ville fortifiée de Lachis? Trois rédacteurs bibliques nous donnent la réponse. L’un d’eux, qui a été témoin des événements, a écrit: “L’ange de Jéhovah sortit et abattit dans le camp des Assyriens cent quatre-vingt-cinq mille hommes. Quand on se leva de bon matin, eh bien, voici que tous étaient des cadavres, des morts! Alors Sennachérib, roi d’Assyrie, partit, et s’en alla et s’en retourna, et il s’établit à Ninive.” — Ésaïe 37:36, 37; 2 Rois 19:35; 2 Chroniques 32:21.

 

Dans son livre Trésors des temps bibliques, Millard conclut: “Il n’y a pas de bonne raison de douter de ce récit (...). Sennachérib n’allait naturellement pas rapporter un tel désastre. Ses successeurs le liraient, et il serait discrédité.” Au lieu de cela, Sennachérib a essayé de donner l’impression que son invasion de Juda avait été un succès, et qu’Ézéchias était toujours soumis, envoyant le tribut à Ninive.

 

Les origines de l’Assyrie sont confirmées

 

On a également découvert à Ninive des bibliothèques contenant des dizaines de milliers de tablettes d’argile. Ces documents révèlent que l’Empire assyrien a pris naissance au sud, à Babylone, comme l’indique Genèse 10:11. Tenant compte de cette indication, les archéologues ont commencé à concentrer leurs efforts plus au sud. L’Encyclopédie biblique (angl.) explique: “Tout ce que les Assyriens ont laissé derrière eux trahit leur origine babylonienne. Leur langue et leur mode d’écriture, leur littérature, leur religion, et leur science, à quelques modifications près, ont été empruntés à leurs voisins du sud.”

 

Ces découvertes ont obligé les détracteurs de la Bible à être plus modérés. En effet, un examen sincère de la Bible révèle qu’elle a été écrite par des hommes scrupuleux et honnêtes. Après avoir fait des recherches sur la Bible , un ancien président de la Cour suprême des États-Unis, Salmon Chase, a dit: “Ce fut une étude longue, sérieuse et profonde. J’ai appliqué les mêmes principes pour examiner les preuves sur cette question religieuse que lorsque je dois juger des affaires profanes. Or, je suis arrivé à la conclusion que la Bible est un livre surnaturel qui vient de Dieu.” — Une introduction au Livre des livres (angl.).

 

La Bible est en effet bien plus qu’un livre d’histoire authentique. C’est la Parole inspirée de Dieu, un don pour le bien de l’humanité (2 Timothée 3:16).

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Lundi 20 mars 2006 1 20 /03 /2006 11:48

CES hommes risquaient littéralement leur vie en descendant le long de la paroi rocheuse pour pénétrer dans ce que nous appelons maintenant la Grotte des horreurs. Ils ne se doutaient pas qu’ils allaient découvrir parmi les squelettes d’importants renseignements touchant votre Bible.

 

Si vous voulez vous replacer dans le contexte de cette découverte, imaginez-vous dans un désert aride et montagneux situé à l’ouest de la mer Morte.

 

Au sud de ces montagnes se trouve Massada, la forteresse isolée qui fut, en 73 de notre ère, le dernier bastion de la révolte juive à être conquis par les Romains. Au nord, il y a les ruines de Qumrân. Au premier siècle, cette localité était habitée par la communauté juive qui cacha les fameux rouleaux de la mer Morte, dont celui d’Ésaïe, dans des grottes avoisinantes.

 

Dans les premiers mois de l’année 1961, une équipe d’experts partit explorer les grottes de la sinistre région de Nahal Hever. Ils étaient équipés de détecteurs de mines, de masques pour se protéger de la poussière, de cordes et de harnais de sécurité. Pour atteindre l’entrée de la grotte numéro huit, surnommée la Grotte des horreurs, il fallait opérer une dangereuse descente de quatre-vingts mètres. Le moindre faux pas, et c’était une chute de plusieurs centaines de mètres sur les rochers.

 

Le nom macabre de Grotte des horreurs vient de ce que les chercheurs y ont trouvé les squelettes de quelque quarante personnes, hommes, femmes et enfants. Ces gens avaient été des partisans de Bar Kokheba, un combattant juif qui livra une guerre contre Rome en 132 de notre ère. On pense qu’ils ont été pris au piège dans cette grotte par des Romains postés sur les hauteurs, et qu’ils sont morts de faim et de soif.

 

Mais vous vous demandez peut-être en quoi tout cela nous aide à savoir si Jésus et ses apôtres employaient le nom propre de Dieu et si, par conséquent, ce nom devrait se trouver dans votre Bible et sur vos lèvres. C’est que l’on a exhumé de la Grotte des horreurs neuf petits fragments de parchemin écrits en grec.

 

Quand des savants les étudièrent soigneusement, ils reconnurent que ces fragments provenaient d’un rouleau en cuir des “petits prophètes” (d’Osée à Malachie). Ce texte grec datait d’entre les années 50 avant notre ère et 50 de notre ère, et on savait qu’il venait de la Grotte des horreurs, dans le désert de Judée. Bien que vous puissiez, à priori, ne pas voir l’importance de cette découverte, elle offre une indication primordiale pour déterminer si, oui ou non, le nom divin doit figurer dans votre Bible.

 

Pour que vous compreniez bien, il nous faut parler des rouleaux dont disposaient Jésus et ses apôtres au premier siècle de notre ère.

 

LA PAROLE DE DIEU EN GREC

 

Les livres bibliques de la Genèse à Malachie furent originellement écrits en hébreu, sauf quelques petites parties qui furent rédigées en araméen. Cependant, quand les Juifs furent dispersés dans le monde antique, ils en vinrent à utiliser la langue internationale de l’époque, le grec. De ce fait, vers l’an 280 avant notre ère, on commença à traduire les Écritures hébraïques en grec, ce qui donna la version grecque des Septante (LXX).

 

Quand Jésus débuta son ministère, cette version était très répandue parmi les Juifs d’expression grecque. On peut aussi affirmer, d’après la façon qu’avaient les apôtres de rédiger leurs écrits, qu’ils connaissaient très bien la Septante , ce qui a dû être également le cas de Jésus.

 

Cette traduction grecque contenait-elle le nom de Dieu? Les manuscrits les plus complets qui nous sont parvenus de la Septante et qui datent du quatrième siècle de notre ère ont de quoi faire sursauter. Partout où le Tétragramme apparaissait dans le texte hébreu de la Bible , la Septante grecque l’a remplacé par les mots “Dieu” (Théos) et “Seigneur” (Kurios). Cela a bien sûr conduit les exégètes à penser que Jésus et ses apôtres n’employaient pas le nom propre de Dieu. On a prétendu que lorsque ceux-ci lisaient ou citaient les Écritures hébraïques, ils suivaient la coutume qui consistait à substituer au nom de Dieu les mots “Seigneur” et “Dieu”. Quant à la version des Septante qu’ils utilisaient, le nom de Dieu, disait-on, n’y figurait même pas.

 

La plupart des théologiens se sont ralliés en toute confiance à ce point de vue. Mais quelles informations la Grotte des horreurs a-t-elle livrées?

 

CE QU’ON A DÉCOUVERT EN JUDÉE

 

Cette grotte du désert de Judée recelait des fragments de peau appartenant à un rouleau des “petits prophètes”, rouleau qui avait été écrit environ à l’époque de la naissance de Jésus. Il était rédigé en grec et s’approchait de la Septante.

 

Ces fragments portaient le nom de Dieu écrit en caractères hébreux archaïques! Quoique le texte fût grec, on y avait laissé le nom de Dieu en lettres hébraïques. Le rédacteur n’avait pas remplacé le Tétragramme par le titre grec Kurios, comme ce fut le cas dans les siècles suivants pour les manuscrits de la Septante.

 

Mais plus récemment encore, une autre découverte importante a retenu l’attention, Elle aussi constitue un témoignage éloquent qui permet de savoir si le nom de Dieu devrait figurer dans votre Bible et si, par voie de conséquence, vous devriez l’utiliser. Cet indice a été trouvé au Caire.

 

 CE QU’ON A DÉCOUVERT EN ÉGYPTE

 

Le témoignage est celui de plusieurs fragments d’un ancien rouleau en papyrus du Deutéronome, auxquels on a donné la référence muséologique de Papyrus Fouad numéro 266. Bien que découverts dans les années 1940, ces documents sont restés inaccessibles aux savants qui pouvaient les étudier.

 

En 1950, Les Écritures grecques Traduction du monde nouveau publièrent pour la première fois les photographies d’un certain nombre de ces fragments rares. Durant les années 50 et 60, la plupart des experts ne purent toujours pas accéder aux documents originaux, et aucune publication archéologique ne publia de photographies ni d’étude de ces textes. Il fallut attendre le volume 1971 des Études de papyrologie. Qu’y avait-il d’extraordinaire dans ces textes? En quoi affectent-ils l’emploi du nom de Dieu?

 

Le papyrus Fouad 266 date du second ou du premier siècle avant notre ère et il est écrit, non en hébreu, mais en grec. Vous remarquerez que le Tétragramme apparaît en écriture hébraïque carrée, bien que le texte soit en langue grecque. Loin de substituer au nom divin les termes “Seigneur” (Kurios) ou “Dieu”, le copiste qui écrivit ce rouleau de papyrus employa plus de trente fois — en plein milieu du texte grec — le Tétragramme en lettres hébraïques!

 

Le docteur Paul Khale, d’Oxford, expliqua que ces fragments contenaient “peut-être, pour ce qui est du Deutéronome, la meilleure copie de la Septante qui nous soit parvenue”. Dans la publication Studia Patristica, il ajouta ceci: “Nous possédons, grâce à ce rouleau de papyrus, une copie grecque du texte de la Septante qui est beaucoup plus digne de confiance que celle du codex Vaticanus et qui a été rédigé plus de quatre cents ans auparavant.” De plus, on avait conservé le nom de Dieu dans ce document, tout comme dans les fragments grecs des “petits prophètes” découverts dans le désert de Judée. Les témoignages concordent.

 

Dans la Revue de littérature biblique, (angl., Vol. 79, pp. 111-118), le docteur Kahle examina les nombreuses preuves de l’utilisation du nom divin par les Juifs, puis il conclut ainsi:

 

“Toutes les traductions grecques de la Bible faites par des Juifs pour des Juifs, avant l’avènement du christianisme, ont dû employer le nom de Dieu sous la forme du Tétragramme écrit en caractères hébreux, et non pas [Kurios] ni ses abréviations, comme c’est le cas” dans les copies chrétiennes de la Septante.

 

Cette mise en évidence du nom divin pour assurer sa préservation ressort même de textes hébreux rédigés vers le premier siècle. Dans certains des rouleaux hébreux qu’on a trouvés dans les grottes de la mer Morte, le Tétragramme était écrit à l’encre rouge ou avec des caractères archaïques que l’on distinguait sans peine du reste du texte. J. Siegel fit le commentaire suivant:

 

“Lorsqu’on découvrit les manuscrits de Qumrân, il y a plus de vingt ans, l’une de leurs plus surprenantes caractéristiques était la présence, dans un petit groupe de textes, du Tétragramme écrit en vieil hébreu. (...) Il va sans dire que cette pratique dénote un profond respect pour le nom divin.” — Hebrew Union College Annual, 1971.

 

On a également rapporté qu’au premier siècle, il y avait à Jérusalem un rouleau hébreu des cinq livres de Moïse où le Tétragramme figurait en lettres d’or. — Israel Exploration Journal, Vol. 22, 1972, pp. 39-43.

 

Ces nouvelles preuves ne vous convainquent-elles pas que Jésus connaissait très bien le nom divin et qu’il l’employait, quelle que fût la langue, grecque ou hébraïque, dans laquelle il lisait les Écritures?

 

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Mercredi 22 mars 2006 3 22 /03 /2006 11:36

· “L’Ancien Testament prêche la haine et la vengeance, ‘œil pour œil et dent pour dent’. Tout cela est remplacé par le Nouveau Testament, qui enseigne l’amour et le pardon.”

 

 

· “L’Ancien Testament ne s’applique pas aux chrétiens d’aujourd’hui; il est donc inutile de continuer à le lire.”

 

 

EST-CE là votre opinion? Ou bien avez-vous déjà entendu de telles remarques? L’Ancien Testament (les Écritures hébraïques) est-il périmé, et le Nouveau Testament (les Écritures grecques chrétiennes) l’a-t-il remplacé? Qu’en dit la Bible elle-même?

 

 

Il est à noter que le Nouveau Testament indique effectivement que l’alliance de la Loi , un pacte que Dieu avait conclu avec l’antique Israël, est caduque et ne s’applique donc pas aux chrétiens (Éphésiens 2:15; Hébreux 8:13). Cette alliance de la Loi fait partie intégrante de l’Ancien Testament. Mais l’Ancien Testament est loin de ne contenir que l’alliance de la Loi !

 

 

L’Ancien Testament comporte trois parties qui le rendent précieux pour les chrétiens d’aujourd’hui: 1) des récits historiques exacts, 2) des textes poétiques édifiants, et 3) des livres prophétiques propres à fortifier la foi. Examinons-les plus en détail.

 

 

L’histoire biblique

 

 

Les 17 premiers livres de l’Ancien Testament, soit de la Genèse à Esther, renferment le récit historique des relations entre Dieu et l’homme, depuis la création de ce dernier jusqu’au Ve siècle avant notre ère. Mais ce n’est pas seulement de l’histoire ancienne, ainsi qu’en témoignent ces paroles de l’apôtre Paul: “Ces choses [rapportées dans l’Ancien Testament] leur arrivaient comme exemples, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement, à nous [les chrétiens] sur qui sont venues les fins des systèmes de choses.” — 1 Corinthiens 10:11.

 

 

Pourquoi Paul considère-t-il que ces récits historiques concernent les chrétiens, alors que ceux-ci vivent des siècles plus tard? Tout simplement parce que si la nature humaine n’a pas changé au fil des siècles, Dieu lui non plus n’a pas changé (Malachie 3:6). Le disciple Jacques explique que chez Jéhovah “il n’y a pas la variation du mouvement de rotation de l’ombre”. (Jacques 1:17.) L’ombre varie: elle est très courte à midi, et bien plus longue au coucher du soleil. Par contre, Jéhovah, lui, a une personnalité immuable.

 

 

De fait, nous pouvons beaucoup apprendre de la façon dont Jéhovah a agi envers les patriarches, envers Israël à la mer Rouge et dans le désert, ainsi qu’envers de nombreuses autres personnes. Par exemple, si Dieu s’irritait de voir les Israélites pratiquer l’idolâtrie ou commettre la fornication, il est également mécontent quand des chrétiens adoptent une telle conduite (1 Corinthiens 10:1-12). Bien que les chrétiens ne soient pas soumis à l’alliance de la Loi , elle-même leur donne au travers de ses principes fondamentaux de précieux éclaircissements sur la personnalité de Jéhovah.

 

 

Les textes poétiques et les prophéties

 

 

Les cinq livres suivants, soit de Job au Cantique des cantiques, sont des textes poétiques. Mais leur intérêt ne se limite pas à leur style agréable; leur contenu est spirituellement édifiant et souvent inspiré de faits historiques. La lecture des Psaumes n’est-elle pas très émouvante? Et qui ne discerne pas la valeur pratique des conseils contenus dans les Proverbes au sujet de l’honnêteté, de la jalousie et d’autres aspects des relations humaines (Proverbes 11:1; 14:30)? Sans aucun doute, ces livres apportent autant de bienfaits aujourd’hui qu’à l’époque de leur rédaction.

 

 

Les 17 derniers livres de l’Ancien Testament, soit d’Ésaïe à Malachie, sont des livres prophétiques. Ils renferment les proclamations de prophètes hébreux des temps anciens, et des renseignements précis fournis des siècles à l’avance au sujet de la venue du Messie sur la terre. Dans le Nouveau Testament, les Évangiles révèlent que des dizaines de ces prophéties se sont réalisées jusque dans le moindre détail. À coup sûr, lorsqu’on constate l’exactitude de ces prophéties, on fortifie sa foi en Jésus Christ, celui que Dieu a envoyé pour nous libérer.

 

 

Incompatibles?

 

 

Toutefois, l’Ancien et le Nouveau Testament sont-ils compatibles malgré leurs différences? Prenons un exemple: Un père disciplinera ses deux fils d’une manière différente, selon la personnalité de chacun. Également, Jéhovah n’a pas employé le même ton pour donner les conseils renfermés dans l’Ancien Testament à Israël, une nation d’hommes voués à lui dès leur naissance, et ceux contenus dans le Nouveau Testament qu’il a adressés à la congrégation chrétienne, composée de personnes qui ont choisi de se vouer à lui.

 

 

Ainsi, un examen approfondi de la Bible montre que ces deux parties ne sont pas incompatibles, mais plutôt complémentaires. Elles sont toutes les deux utiles pour que “l’homme de Dieu soit tout à fait qualifié”. — 2 Timothée 3:16, 17.

 

 

Par exemple, l’Ancien Testament permet-il vraiment de se venger soi-même, alors que le Nouveau Testament condamne cette attitude? Absolument pas! L’un et l’autre recommandent d’aimer ses ennemis, montrant que la vengeance appartient à Dieu (comparer Deutéronome 32:35, 41 et Proverbes 25:21, 22 avec Romains 12:17-21). En réalité, quand l’Ancien Testament emploie l’expression ‘œil pour œil et dent pour dent’, ce n’est pas en rapport avec la vengeance personnelle, mais plutôt avec le dédommagement équitable imposé par un tribunal dûment habilité. — Exode 21:1, 22-25.

 

 

L’Ancien Testament n’est donc ni périmé ni incompatible avec le reste des Écritures. La Bible affirme qu’il est aussi actuel et aussi utile aux chrétiens d’aujourd’hui que le Nouveau Testament. Rappelez-vous ces propos de Jésus Christ: “L’homme devra vivre, non pas de pain seulement, mais de toute déclaration qui sort de la bouche de Jéhovah.” Or, cela désigne aussi bien les Écritures hébraïques que les Écritures grecques chrétiennes. — Matthieu 4:4; voir Deutéronome 8:3.

 

 

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Jeudi 23 mars 2006 4 23 /03 /2006 11:36

“ENTRE Pierre, premier évêque de Rome, et Jean-Paul II, notre pape actuel, existe une longue lignée de souverains pontifes — plus de 260, pour tout dire.” Ainsi s’exprimait le religieux Anthony Foy dans The Southern Cross, un hebdomadaire catholique d’Afrique du Sud. Il poursuit: “C’est à cette lignée ininterrompue de papes que nous pouvons, en toute confiance, nous référer lorsqu’on nous demande de prouver que l’Église catholique a été instituée par Jésus Christ.”

 

Pouvons-nous dire, sans nous tromper, que l’apôtre Pierre a été le premier de cette longue lignée de papes? Selon la théologie catholique, quatre papes, Lin, Anaclet, Clément et Évariste, auraient succédé à Pierre jusqu’à l’an 100 de notre ère. Il est vrai que la Bible parle d’un chrétien nommé Linus (ou Lin), qui habitait à Rome (2 Timothée 4:21). Toutefois, rien ne laisse supposer que ce chrétien, ou un autre, ait succédé à Pierre comme pape. L’apôtre Jean, qui a rédigé cinq livres de la Bible au cours de la dernière décennie du Ier siècle, n’a mentionné aucun de ces soi-disant successeurs de Pierre. En fait, si Pierre avait eu un successeur, n’aurait-il pas été judicieux de choisir Jean?

 

En ce qui concerne l’affirmation selon laquelle Pierre a été le premier évêque de Rome, il n’y a aucune preuve qu’il soit allé dans cette ville. En réalité, lui-même a précisé qu’il a écrit sa première lettre de Babylone (1 Pierre 5:13) (Voir mon article à ce sujet). L’Église catholique prétend que Pierre a utilisé le nom de “Babylone” comme symbole pour faire allusion à Rome, mais cet argument ne tient pas. La ville de Babylone existait bel et bien aux jours de Pierre. De plus, il y avait dans cette ville une communauté juive assez importante. Comme Jésus avait chargé Pierre de prêcher en priorité aux Juifs circoncis, il est tout à fait raisonnable de penser que l’apôtre s’est rendu à Babylone dans ce but. — Galates 2:9.

 

Il est également intéressant de remarquer que Pierre a toujours parlé de lui comme étant l’un des apôtres du Christ, rien de plus (2 Pierre 1:1). Nulle part dans la Bible on ne voit quelqu’un s’adresser à lui en l’appelant “Saint-Père”, “Souverain Pontife” ou “pape” (en latin papa, terme affectueux signifiant “père”). Au contraire, il adhérait humblement aux paroles de Jésus consignées en Matthieu 23:9, 10: “D’autre part, n’appelez personne votre père sur la terre, car un seul est votre Père, le Céleste. Ne vous faites pas non plus appeler ‘conducteurs’, car un seul est votre Conducteur, le Christ.” Pierre n’a pas accepté qu’on le vénère. Lorsque le centurion romain Corneille “tomba à ses pieds et lui rendit hommage (...) Pierre le releva en disant: ‘Lève-toi; moi aussi, je ne suis qu’un homme.’” — Actes 10:25, 26.

 

Quant aux 260 prétendus papes, le prêtre Anthony Foy a reconnu: “Un certain nombre se sont montrés indignes de leur haute fonction.” Pour essayer de justifier cet état de fait, la Nouvelle Encyclopédie catholique (angl.) fait remarquer: “Ce qui importait pour les besoins de gestion était la fonction assumée par le pape, et non sa personnalité. Ce dernier pouvait être un saint, une personne médiocre ou même un vaurien.” Mais peut-on croire que le Christ aurait choisi de tels hommes pour le représenter?

 

Dans tous les cas, l’assertion selon laquelle la papauté a été instituée par Jésus n’est absolument pas appuyée par la Bible. D ’après une encyclopédie (Encyclopedia of Religion), même des théologiens catholiques modernes reconnaissent qu’“il n’existe aucune preuve biblique formelle que Jésus ait établi une institution pontificale permanente au sein de l’Église”.

 

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Vendredi 24 mars 2006 5 24 /03 /2006 14:39

ILS ont blâmé des rois. Ils ont fustigé des prêtres. Ils ont réprimandé le commun peuple pour sa méchanceté. Ils ont même rapporté leurs propres manquements et leurs propres péchés dans des écrits rendus publics. Ils ont été pourchassés et persécutés, parfois mis à mort pour avoir dit et écrit la vérité. Qui sont-ils ? Les prophètes des temps bibliques, dont beaucoup ont participé à la rédaction des Saintes Écritures. — Matthieu 23:35-37.

 

Dans son livre L’historien et l’Histoire, Page Smith écrit : “ [Les Hébreux] étaient aussi peu indulgents avec leurs héros qu’avec leurs renégats, avec eux-mêmes qu’avec leurs ennemis, parce qu’ils écrivaient sous le regard de Dieu et qu’ils n’avaient rien à gagner mais beaucoup à perdre en déguisant les faits. ” Smith a également écrit que “ comparé aux chroniques ennuyeuses des rois guerriers de Syrie et d’Égypte, le récit des souffrances et des victoires d’un peuple choisi par Dieu [...] [constitue] une histoire passionnante. Les chroniqueurs hébreux avaient découvert un des éléments essentiels du drame historique authentique — les acteurs sont des personnes réelles, avec leurs imperfections et leurs erreurs ”.

 

Les rédacteurs bibliques étaient aussi rigoureusement précis. Après avoir analysé la Bible à la lumière de l’Histoire et de l’archéologie, l’écrivain Werner Keller a dit en introduction de son livre La Bible arrachée aux sables : “ Devant la multiplicité des preuves que nous a fournies la science, je ne puis m’empêcher de [...] me répéter encore et toujours : La Bible a raison. ”

 

Un récit historique stimulant et riche d’enseignements

 

La plupart des rédacteurs bibliques étaient des gens simples — des cultivateurs, des bergers, des pêcheurs. Pourtant, ce qu’ils ont consigné sur une période de quelque 1 600 ans a influencé plus de personnes que n’importe quel autre ouvrage, ancien ou moderne. En outre, leurs écrits ont fait l’objet d’attaques de toutes parts, mais en vain (Isaïe 40:8 ; 1 Pierre 1:25). Aujourd’hui la Bible peut être lue en entier ou en partie dans environ 2 200 langues — une diffusion inégalée ! Qu’est-ce qui lui vaut cette place unique ? Les références suivantes aident à répondre à cette question.

 

Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour reprendre, pour remettre les choses en ordre, pour discipliner dans la justice, pour que l’homme de Dieu soit pleinement qualifié, parfaitement équipé pour toute œuvre bonne. — 2 Timothée 3:16, 17.

 

Car toutes les choses qui ont été écrites jadis ont été écrites pour notre instruction, afin que, grâce à notre endurance et à la consolation des Écritures, nous ayons l’espérance. — Romains 15:4.

 

Or ces choses leur arrivaient [aux Israélites] comme exemples, et elles ont été écrites pour nous avertir, nous [les chrétiens] sur qui les fins des systèmes de choses sont arrivées. — 1 Corinthiens 10:11.

 

Oui, la Bible est un récit mettant en scène des personnages qui ont réellement existé — dont certains ont plu à Dieu et d’autres non —, récit que Dieu a inspiré et préservé. Elle surpasse donc tous les autres livres. Elle n’est certainement pas une froide liste des choses à faire et à ne pas faire, ou un recueil de petites histoires mignonnes pour distraire les enfants. Bien entendu, Dieu s’est servi de rédacteurs humains. Mais cela ne fait que rehausser le récit biblique, lui conférant une chaleur attirante qui ne cesse d’émouvoir les lecteurs génération après génération. L’archéologue William Albright a affirmé : “ Le profond discernement moral et spirituel de la Bible , qui est une révélation unique de Dieu aux humains communiquée au travers de l’expérience humaine, est aussi aiguisé aujourd’hui qu’il y a deux ou trois mille ans. ”

 

Pour illustrer l’éternelle pertinence de la Bible , revenons au tout début de l’histoire de l’humanité, là où seule la Bible peut nous conduire, et considérons quelques enseignements fondamentaux du livre de la Genèse.

 

Les leçons opportunes d’un ancien récit

 

Entre autres choses, le livre de la Genèse donne tous les détails sur les débuts de la famille humaine. Aucun autre récit historique n’est aussi précis sur ce sujet. ‘ Mais quel est l’intérêt de connaître nos premiers parents ? ’ demanderez-vous peut-être. Cette connaissance est d’une valeur extraordinaire, car, en révélant que tous les humains — quelle que soit leur couleur, leur ethnie ou leur nationalité — ont le même père et la même mère, la Genèse ôte au racisme tout fondement. — Actes 17:26.

 

La Genèse est aussi un guide en matière de moralité. Elle renferme l’histoire de Sodome, de Gomorrhe et des villes avoisinantes que Dieu a détruites à cause de la perversité sexuelle choquante de leurs habitants (Genèse 18:20–19:29). Le verset 7 du livre biblique de Jude déclare : “ Sodome et Gomorrhe et les villes d’alentour, après qu’elles eurent commis [...] la fornication avec excès et furent allées après la chair pour un usage contre nature, sont placées devant nous comme un exemple qui est un avertissement. ” Les habitants de Sodome et de Gomorrhe n’ont jamais reçu de lois concernant la moralité de la part de Dieu ; cependant, comme chaque être humain, ils possédaient une conscience donnée par Dieu. Par conséquent, Dieu pouvait en toute justice les tenir pour responsables de leurs actes (Romains 1:26, 27 ; 2:14, 15). Pareillement, Dieu tient aujourd’hui les humains pour responsables de leurs actes, qu’ils acceptent sa Parole, la Sainte Bible , ou non. — 2 Thessaloniciens 1:8, 9.

 

Une leçon historique de survie

 

Un relief sur l’Arc de Titus à Rome représente des soldats romains emportant les ustensiles sacrés du temple de Jérusalem après la destruction de la ville en 70 de notre ère. Plus d’un million de Juifs ont été tués. Cependant, les chrétiens obéissants survécurent grâce à l’avertissement de Jésus : “ Quand vous verrez Jérusalem entourée par des armées qui campent, alors sachez que sa désolation s’est approchée. Alors, que ceux qui sont en Judée se mettent à fuir vers les montagnes, et que ceux qui sont au milieu d’elle s’éloignent, et que ceux qui sont dans les campagnes n’y entrent pas ; parce que ce sont là des jours où justice doit se faire. ” — Luc 21:20-22.

 

Loin d’être seulement une vieille histoire, les malheurs qui se sont abattus sur Jérusalem préfiguraient une tribulation plus grande qui engloutira bientôt le monde entier. Mais, une fois de plus, il y aura des survivants. Ils sont décrits comme “ une grande foule que personne ne pouvait compter, de toutes nations et tribus et peuples et langues ”. Ils “ viennent de la grande tribulation ” en raison de leur foi dans le sang versé de Jésus, une foi solidement fondée sur l’histoire biblique et les prophéties. — Révélation 7:9, 14.

 

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Lundi 27 mars 2006 1 27 /03 /2006 02:33

1553. Dans ces premières années de la Réforme , catholiques et protestants se vouaient une haine mortelle; pourtant, ils étaient unis par une haine encore plus grande vis-à-vis d’un homme : MICHEL SERVET. Quel crime avait donc commis ce respecté médecin ? Avait-il raison ou tord ?

 

MICHEL SERVET mena une vie de fugitif. Par un jour de printemps de l’an 1553, à l’aube naissante, il s’échappa de sa prison en robe de chambre, son bonnet de nuit sur la tête, et s’enfuit dans la campagne française. Son procès, organisé par les autorités catholiques de Vienne, dans l’Isère, venait de tourner en sa défaveur; celles-ci savaient qui il était: leur grand ennemi, Jean Calvin, chef du protestantisme genevois, avait aidé à son arrestation.

 

Le crime de Michel Servet s’appelait hérésie. Il avait écrit des livres prouvant que l’enseignement des Églises sur la Trinité n’est pas biblique. Ainsi déclara-t-il: “ La Trinité , le baptême des enfants et les autres sacrements chers à la papauté sont des enseignements de démons.”

 

Où pouvait-il aller? Peut-être savait-il qu’il avait un petit groupe de partisans dans le nord de l’Italie. Toujours est-il que, sans cesser de se cacher, il décida de s’y rendre. Cependant, passant par Genève, il fut reconnu malgré son déguisement. Devant les autorités de la ville, Calvin le chargea et usa de son influence pour qu’il soit exécuté. C’est ainsi que le 27 octobre 1553 il fut brûlé vif, un de ses livres attaché à la cuisse. Il mourut en priant pour ses ennemis. Il avait refusé de se rétracter. Certaines des personnes qui assistaient à ses derniers moments, saisies par ce spectacle, cessèrent de croire en la Trinité.

 

Lélius Socin faisait partie de ces Italiens qui avaient été influencés par les écrits de Michel Servet; cette cruelle exécution l’incita à examiner la doctrine de la Trinité. Ayant conclu lui aussi à son caractère non biblique, il fit part de ses convictions à son neveu, Fauste, auquel il confia même tous ses papiers et écrits. Véritablement impressionné par ce qu’il découvrait, Fauste se décida peu à peu à abandonner sa vie confortable de courtisan pour faire connaître à autrui ce qu’il apprenait dans la Bible.

 

Pourchassé par l’Inquisition, Socin partit en direction du nord. En Pologne, il rencontra un petit groupe d’anabaptistes qui se faisaient appeler “Les frères (...) qui ont rejeté la Trinité ”. Cette religion apparut clairement à Socin comme étant la plus proche de la vérité biblique. Il s’installa donc à Cracovie et commença à écrire pour défendre la cause de ces hommes.

 

Les Sociniens, c’est ainsi qu’ils furent appelés par la suite, désiraient plus que tout restaurer le christianisme pur qu’enseigne la Bible. Ils considéraient que la Réforme n’avait fait disparaître qu’une partie de la corruption et du formalisme présents dans les Églises, tout en laissant intact le fond mauvais: les enseignements non bibliques.

 

Une fin rapide et tragique

 

LES SOCINIENS ont prospéré en Pologne pendant près d’un siècle. Au plus fort de son influence, elle regroupait 300 congrégations. Ils créèrent un centre à Raków, au nord-est de Cracovie, y installèrent une presse et fondèrent une université qui attira des professeurs et des élèves éminents venus de diverses contrées. Leur presse produisit quelque 500 pamphlets, livres et tracts en près de 20 langues. Dans toute l’Europe, des missionnaires et des étudiants diffusaient ces publications sous le manteau. On a dit que les ouvrages écrits en réaction contre ces publications au cours des deux siècles qui suivirent pourraient remplir une bibliothèque.

 

En 1658, les jésuites atteignirent enfin leur but. Sur leurs instances, le roi décréta que tous les membres de la petite Église polonaise devaient quitter le pays dans les trois ans sous peine d’être exécutés. Des centaines de Sociniens choisirent l’exil. C’est alors qu’une persécution brutale éclata. Quelques petites congrégations survécurent pendant un certain temps en Transylvanie, en Prusse et aux Pays-Bas, mais ces groupes isolés finirent eux aussi par disparaître.

 

L’Origine historique de la Trinité

 

AUSSI LOIN que l’on remonte dans l’Antiquité, et ce jusqu’à l’époque babylonienne, on constate qu’il était courant d’adorer les dieux païens par groupes de trois, appelés triades. Des siècles avant la venue du Christ et jusqu’après sa mort, l’influence de cette pratique s’est fait sentir en Égypte, en Grèce et à Rome. Après la mort des apôtres, ces croyances païennes commencèrent à envahir le christianisme.

 

L’historien Will Durant fait remarquer à cet égard: “Le christianisme n’a pas détruit le paganisme; il l’a adopté. (...) D’Égypte vinrent les idées de trinité divine.” Quant à Siegfried Morenz, il déclare dans La religion égyptienne: “[On] faisait de la trinité à la fois une possibilité et un devoir pour les théologiens (...). On réunit donc trois dieux en un seul dont on peut parler au singulier. Mais de cette manière le courant d’influence égyptienne est mis en contact direct avec la théologie chrétienne.”

 

À la fin du IIIe et au IVe siècle, en Égypte, des ecclésiastiques d’Alexandrie, tel Athanase, transmirent cette influence par les idées qu’ils formulèrent et qui conduisirent à la Trinité. Ces hommes acquirent eux-mêmes une grande notoriété, si bien que Morenz considère “la théologie alexandrine comme l’intermédiaire entre l’héritage religieux égyptien et le christianisme”.

 

Dans la préface de l’Histoire du christianisme (angl.), d’Edward Gibbon, on peut lire: “S’il est vrai que le christianisme a triomphé du paganisme, il n’en demeure pas moins que le paganisme a réussi à corrompre le christianisme. L’Église de Rome a remplacé le déisme pur des premiers chrétiens (...) par l’incompréhensible dogme de la Trinité. Pareillement , de nombreuses doctrines païennes inventées par les Égyptiens et idéalisées par Platon ont été adoptées parce que considérées comme dignes de foi.”

 

Selon le Dictionnaire de la connaissance religieuse (angl.), beaucoup de gens disent que la Trinité “est un enseignement corrompu, emprunté des religions païennes et greffé sur la foi chrétienne”. Pour l’ouvrage Survivances païennes dans le monde chrétien, la Trinité est “d’origine entièrement païenne”.

 

Voilà pourquoi James Hastings déclare, dans l’Encyclopédie de la religion et de l’éthique (angl.): “Dans la religion indienne, par exemple, nous rencontrons la trinité Brahmâ, Siva, et Visnu; dans la religion égyptienne, la triade Osiris, Isis et Horus (...). Ce n’est pas seulement dans les religions historiques que nous trouvons l’idée d’une trinité. Signalons particulièrement la conception néo-platonicienne de la Réalité suprême ou ultime” qui est “représentée sous une forme triadique”. Toutefois, quel rapport y a-t-il entre le philosophe grec Platon et la Trinité ?

 

Le platonisme

 

ON PENSE que Platon a vécu de 428 à 347 avant Jésus Christ. Bien qu’il n’ait pas enseigné la Trinité sous la forme qu’elle revêt aujourd’hui, sa philosophie a frayé la voie à cette doctrine. Par la suite, divers mouvements philosophiques qui propageaient des croyances triadiques virent le jour et furent influencés par les conceptions platoniciennes de Dieu et de la nature.

 

Le Nouveau Dictionnaire universel de Maurice Lachâtre dit de l’influence exercée par Platon: “La trinité platonique [platonicienne], qui ne fut elle-même au fond qu’une sorte d’arrangement, de disposition nouvelle, des trinités plus anciennes des peuples qui avaient précédé, nous paraît bien être la trinité philosophique, rationnelle, c’est-à-dire la trinité d’attributs qui a donné naissance à la triplicité d’hypostases ou de personnes divines des Églises chrétiennes (...). Cette conception de la Trinité divine du philosophe grec (...) se trouve partout dans les anciennes religions [païennes].”

 

La Nouvelle Encyclopédie de la connaissance religieuse (angl.), de Schaff-Herzog, décrit l’influence de la philosophie grecque: “Les doctrines du Logos et de la Trinité ont reçu leur forme à partir des Pères grecs, qui (...) étaient, directement ou indirectement, grandement influencés par la philosophie platonicienne (...). Il est indéniable que cette philosophie a constitué pour l’Église une source d’erreur et de corruption.”

 

On lit dans L’Église des trois premiers siècles: “La doctrine de la Trinité est apparue progressivement et relativement tard; (...) son origine est totalement étrangère aux Écritures juives et chrétiennes; (...) elle s’est développée et a été introduite dans le christianisme avec le concours des Pères platoniciens.”

 

À la fin du IIIe siècle, le “christianisme” et les nouvelles philosophies inspirées du platonisme étaient inséparablement unis. Comme le dit Adolf Harnack dans son Précis de l’histoire des dogmes, la doctrine de l’Église se trouvait “rivée par des chaînes au sol de l’hellénisme [la pensée grecque païenne]. (...) Elle devint ainsi un mystère pour la très grande majorité des chrétiens”.

 

L’Église prétendait que ses nouvelles doctrines étaient fondées sur les Écritures; mais voici ce que dit Adolf Harnack à ce sujet: “En réalité, l’Église reconnut pour légitime la présence dans son sein de la spéculation hellénique des idées et des usages superstitieux des mystères païens.”

 

Dans Une déclaration de raisons (angl.), Andrews Norton dit de la Trinité : “Nous pouvons retracer l’histoire de cette doctrine et découvrir son origine, non dans la révélation chrétienne, mais dans la philosophie platonicienne (...). La Trinité n’est pas une doctrine enseignée par le Christ et ses Apôtres, mais une fiction due à l’école des platoniciens tardifs.”

 

Ainsi, c’est au IVe siècle que l’apostasie annoncée par Jésus et les apôtres a connu son plein développement. La formation du dogme de la Trinité n’en est du reste qu’une des manifestations, car parmi les autres croyances ou pratiques païennes que les Églises apostates ont alors adoptées, on peut citer l’enfer de feu, l’immortalité de l’âme et l’idolâtrie. La chrétienté était entrée dans la période des ténèbres spirituelles qu’annonçaient les Écritures, période qui allait être dominée par un “homme qui méprise la loi”, autrement dit un clergé, de plus en plus puissant. — 2 Thessaloniciens 2:3, 7.

 

Le rôle de Constantin à Nicée

 

DEPUIS de nombreuses années, une idée qui se répandait, et selon laquelle Jésus est Dieu, rencontrait une vive opposition, opposition fondée sur les Écritures. Pour tenter de mettre fin au conflit, l’empereur romain Constantin convoqua tous les évêques à Nicée. Une partie d’entre eux seulement, soit environ 300, s’y rendirent.

 

Constantin n’était pas chrétien. On dit qu’il s’est converti sur le tard; toutefois, il s’est fait baptiser alors qu’il était mourant. Dans L’Église primitive (angl.), Henry Chadwick dit de lui: “Comme son père, Constantin adorait le Soleil invaincu; (...) on ne doit pas voir dans sa conversion un effet de la grâce (...), mais le calcul d’un chef militaire. Sa compréhension de la doctrine chrétienne ne fut jamais très claire. Néanmoins, il était sûr d’une chose: la victoire au combat était un don du Dieu des chrétiens.”

 

Quel rôle cet empereur, qui n’était pas baptisé, a-t-il joué lors du concile de Nicée? Voici ce qu’on peut lire à ce propos dans l’Encyclopédie britannique: “Ce fut Constantin qui présida. Il dirigea activement les discussions, et ce fut lui qui proposa (...) la formule capitale qui allait exprimer la relation du Christ à Dieu dans le Credo adopté par le concile, ‘de même substance que le Père’ (...). Intimidés par l’empereur, les évêques, à l’exception de deux, signèrent le Credo, ce que beaucoup firent contre leur gré.”

 

Le rôle de Constantin fut donc déterminant. Après deux mois d’un débat acharné entre les évêques, cet empereur païen trancha en faveur de ceux pour lesquels Jésus était Dieu. Pourquoi cela? Certainement pas en raison d’une conviction nourrie par les Écritures. En effet, selon Une brève histoire de la doctrine chrétienne (angl.), “Constantin n’avait pour ainsi dire aucune compréhension des questions que posait la théologie grecque”. Ce qu’il comprenait, en revanche, c’est que la division religieuse était une menace pour son empire, dont il voulait consolider l’unité.

 

Au demeurant, les évêques réunis à Nicée ne mirent pas véritablement en place le dogme de la Trinité. Ils statuèrent sur la nature de Jésus, mais non sur le rôle de l’esprit saint. Si la Trinité était une claire vérité biblique, les évêques ne l’auraient-ils pas énoncée à cette époque?

 

Ce qui se passa ensuite

 

APRÈS Nicée, les discussions se poursuivirent pendant des dizaines d’années. Ceux qui ne voyaient pas en Jésus l’égal de Dieu reprirent même le dessus pendant un certain temps. Cependant, l’empereur Théodose finit par régler la question à leur détriment. Il imposa le Credo du concile de Nicée dans son royaume et, en 381, réunit le concile de Constantinople pour en clarifier la formule.

 

Ce concile plaça l’esprit saint sur le même plan que Dieu et le Christ. La Trinité , telle qu’elle est enseignée par la chrétienté, faisait son apparition.

 

Cependant, même après le concile de Constantinople, tous n’acceptèrent pas la Trinité. Nombreux sont ceux qui s’y opposèrent et qui furent l’objet d’une violente persécution. Il fallut attendre des siècles pour que la Trinité reçoive une formulation précise au travers des symboles ou Credo. L’Encyclopédie américaine fait remarquer à ce sujet: “L’idée trinitaire atteignit son plein développement au Moyen Âge, en Occident, lorsque la scolastique en entreprit l’explication par la philosophie et la psychologie.”

 

Le symbole d’Athanase

 

AVEC le symbole d’Athanase, la Trinité reçut une définition plus élaborée. Athanase, qui était ecclésiastique, soutint Constantin lors du concile de Nicée. Le symbole qui porte son nom déclare: “Nous [vénérons] un seul Dieu dans la Trinité (...). Dieu est le Père; Dieu, le Fils; Dieu, le Saint-Esprit: et il n’y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu.”

 

Toutefois, les spécialistes sont unanimes à reconnaître que ce symbole n’a pas été formulé par Athanase. On lit dans la Nouvelle Encyclopédie britannique: “L’Église d’Orient n’a pas eu connaissance du symbole avant le XIIe siècle. Depuis le XVIIe siècle, les biblistes admettent que ce symbole n’est pas dû à Athanase (mort en 373), mais qu’il a probablement été rédigé au Ve siècle dans le sud de la France. (...) L’influence du symbole semble d’abord s’être fait sentir, aux VIe et VIIe siècles, dans le sud de la France et en Espagne. L’Église de Germanie au IXe siècle, et un peu plus tard celle de Rome, l’intégrèrent à leur liturgie.”

 

Ainsi, à partir de l’époque du Christ, il a fallu des siècles pour que la Trinité soit acceptée dans l’ensemble de la chrétienté. Qu’est-ce qui, en tout cela, a guidé les décisions? La Parole de Dieu, ou bien des considérations politiques ou de chapelle? Dans Origine et évolution de la religion (angl.), E. Hopkins répond: “La définition orthodoxe de la Trinité qui finit par l’emporter fut essentiellement le résultat des préoccupations politiques de l’Église.”

 

Pourquoi les prophètes de Dieu ne l’ont-ils pas enseignée?

 

POURQUOI, pendant des millénaires, aucun prophète de Dieu n’a-t-il enseigné la Trinité à Son peuple? On aurait pu au moins penser que Jésus, le grand Enseignant, expliquerait ce dogme à ses disciples. Si la Trinité était la “doctrine fondamentale” de la foi, Dieu aurait-il inspiré les centaines et les centaines de pages que représentent les Écritures sans consacrer un peu de cette instruction à l’enseignement de la Trinité ?

 

Les chrétiens peuvent-ils croire que, des siècles après la venue de son Fils et après avoir inspiré la rédaction de la Bible , Dieu ait approuvé l’introduction d’une doctrine qui avait été inconnue de ses serviteurs pendant des millénaires, qui est un “mystère indicible”, qui “dépasse l’entendement humain”, dont l’origine païenne est reconnue, et qui fut “essentiellement le résultat des préoccupations politiques de l’Église”?

 

Le témoignage de l’Histoire est clair: le dogme de la Trinité est une déviation et relève de l’apostasie.

 

Pas le seul à comprendre

 

OUTRE MICHEL SERVET, ISAAC NEWTON, l’un des plus grands hommes de science de tous les temps, réfuta la Trinité dans ses écrits; il est parfois considéré comme Socinien. Joseph Priestley, chimiste célèbre (il a découvert l’oxygène), fut lui aussi classé parmi les Sociniens. John Milton, le grand poète, rejeta également la Trinité. En outre, Voltaire trouva amusant que Luther, Calvin et Zwingli, dont il tenait les écrits pour “illisibles”, aient convaincu une grande partie de l’Europe, alors que “les plus grands philosophes et les meilleurs écrivains de leur temps”, tels Newton et les autres Sociniens, n’avaient fait que quelques adeptes déjà près de disparaître.

 

Comme Socin, ces hommes mettaient l’accent sur l’importance de la raison dans les questions religieuses. C’est ainsi qu’il devrait en être. La Bible , en effet, ne nous encourage-t-elle pas à servir Dieu ‘avec usage de notre raison’? (Romains 12:1.)  

 

 

 

 

 

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Jeudi 30 mars 2006 4 30 /03 /2006 13:24

LA FOULE a fait silence. Elle qui il y a un instant encore s’apprêtait à tuer l’apôtre Paul, alias Saul de Tarse. Les soldats romains ont dû intervenir. À présent, Paul se trouve face à la foule, sur une estrade. La scène se déroule à proximité du temple de Jérusalem.

 

D’un geste de la main, Paul demande le silence. Puis il se met à dire en hébreu : “ Hommes, frères et pères, entendez maintenant ma défense auprès de vous. (...) Je suis un Juif, né à Tarse de Cilicie, mais éduqué dans cette ville-ci aux pieds de Gamaliel, instruit selon la rigueur de la Loi ancestrale, étant zélé pour Dieu, comme vous l’êtes tous aujourd’hui. ” — Actes 22:1-3.

 

Pourquoi, alors qu’il y va de sa vie, Paul commence-t-il donc sa défense en mentionnant qu’il a eu Gamaliel pour maître ? Qui était Gamaliel ? Que signifiait avoir été enseigné par lui ? Cette formation avait-elle encore une influence sur Saul après qu’il fut devenu l’apôtre Paul ?

 

L’homme Gamaliel

 

Gamaliel était un Pharisien de renom. Son grand-père, Hillel l’Ancien, était à l’origine de l’un des deux principaux courants de la pensée pharisienne. Son approche était considérée comme plus tolérante que celle de l’école rivale, celle de Shamaï. Après la destruction du temple de Jérusalem en 70 de notre ère, la Maison de Hillel (Beth Hillel) l’emporta sur celle de Shamaï (Beth Shamaï). Comme toutes les autres sectes juives avaient disparu avec le temple, la Maison de Hillel devint le porte-parole du judaïsme. La doctrine de Beth Hillel constitua l’un des principaux fondements de la loi juive telle qu’elle est consignée dans la Mishna , laquelle allait elle-même servir de base au Talmud. L’influence de Gamaliel fut déterminante pour ce qui est d’imposer cette école.

 

Si grande était l’estime dont jouissait Gamaliel qu’il fut le premier à être appelé Rabban, un titre supérieur à celui de Rabbi. En fait, il était si respecté que la Mishna dit à son sujet : “ Depuis la mort de R[abban] Gamaliel l’ancien, la gloire de la Loi s’est éteinte, et avec elle sont ruinés la pureté et le Pharisaïsme [litt. “ la séparation ”]. ” — Sota 9:16.

 

Enseigné par Gamaliel

 

Que voulait dire Paul quand il lança aux foules de Jérusalem qu’il avait été ‘ éduqué aux pieds de Gamaliel ’ ? Que supposait donc avoir été le disciple d’un tel enseignant ?

 

Sur ce point, le professeur Dov Zlotnick, d’un institut américain de théologie juive, déclare : “ L’exactitude de la loi orale, sa fiabilité donc, dépendait presque exclusivement de la relation maître-disciple : du soin que le maître apportait à l’enseignement de la loi et de l’ardeur que le disciple mettait à l’apprendre. (...) Les disciples étaient donc invités à s’asseoir aux pieds du maître (...) et ils ‘ buvaient ses paroles dans la soif ’. ” — Mishna, Avot 1:4.

 

Dans son Histoire du peuple juif à l’époque de Jésus Christ (all.), Emil Schürer nous éclaire sur les méthodes des enseignants rabbiniques du Ier siècle : “ Les rabbis les plus éminents s’entouraient souvent d’un grand nombre de jeunes gens avides de savoir. Ils cherchaient à les former aux multiples arcanes de la ‘ loi orale ’. (...) L’instruction consistait en un perpétuel et inlassable exercice de mémorisation. (...) Le maître soumettait aux disciples plusieurs questions sur la loi et les laissait répondre, à moins qu’il ne s’en chargeât lui-même. Les élèves pouvaient également interroger l’enseignant. ”

 

Pour les rabbis, l’enjeu n’était pas simplement d’amener les disciples à un certain niveau. L’élève était prévenu : “ Quiconque oublie une parole de ce qu’il a appris, l’Écriture le lui compte comme s’il avait perdu son âme. ” (Avot 3:8). On ne pouvait flatter davantage un élève qu’en le comparant à “ une citerne close qui ne perd aucune goutte ”. (Avot 2:8.) Voilà à quoi ressemblait l’enseignement que Paul, alors connu sous son nom hébreu de Saul de Tarse, reçut de Gamaliel.

 

L’enseignement de Gamaliel

 

Dans la droite ligne du pharisaïsme, Gamaliel était un ardent défenseur de la loi orale ; il accordait de ce fait une plus grande importance aux traditions rabbiniques qu’à l’Écriture inspirée (Matthieu 15:3-9). La Mishna lui prête ces mots : “ Fais-toi un maître [un rabbi], évite le doute et ne donne pas trop souvent la dîme par approximation.” (Avot 1:16). Cela revenait à dire que dans le cas où les Écritures hébraïques n’exposaient pas explicitement la conduite à tenir, il ne fallait pas prendre de décision en faisant appel à son propre raisonnement ou à sa conscience. Il était préférable de trouver un rabbi qualifié qui saurait, lui, trancher la question. Aux yeux de Gamaliel, c’était le meilleur moyen d’éviter de pécher. — Comparer avec Romains 14:1-12.

 

Cependant, Gamaliel est surtout connu pour sa position religieuse plus tolérante, plus ouverte, dans l’interprétation de la Loi. Par exemple, il a montré de la considération pour les femmes en ‘ autorisant les veuves à se remarier sur l’assertion du décès [du mari] par un seul témoin ’. (Mishna, Yevamot 16:7.) De même, dans le souci de protéger les femmes mariées, Gamaliel a soumis les lettres de divorce à un certain nombre de restrictions.

 

On retrouve ce même esprit dans les rapports que Gamaliel a entretenus avec les premiers disciples de Jésus Christ. Selon le livre des Actes, lorsque des chefs juifs cherchèrent à mettre à mort les disciples de Jésus qu’ils avaient pris en flagrant délit de prédication, “ un certain homme se leva dans le Sanhédrin, un Pharisien nommé Gamaliel, un enseignant de la Loi estimé de tout le peuple, et il donna l’ordre de faire sortir ces hommes un instant. Puis il leur dit : ‘ Hommes d’Israël, faites attention à vous quant à ce que vous voulez faire à propos de ces hommes. (...) Je vous le dis : Ne vous occupez pas de ces hommes, mais laissez-les (...) ; sinon il se peut que vous soyez trouvés comme des hommes qui combattent en fait contre Dieu. ’ ” Le conseil de Gamaliel porta, et les apôtres furent relâchés. — Actes 5:34-40.

 

Ce que cela signifiait pour Paul

 

Paul avait ainsi été formé et éduqué par l’un des enseignants rabbiniques les plus en vue du judaïsme du Ier siècle. À n’en pas douter, l’allusion que l’apôtre fit à Gamaliel incita la foule de Jérusalem à écouter très attentivement ce qu’il avait à leur dire. Il leur parla pourtant d’un Enseignant de loin supérieur à Gamaliel, de Jésus, le Messie. À présent, c’était le disciple de Jésus qui s’exprimait, et non plus celui de Gamaliel. — Actes 22:4-21.

 

La formation reçue de Gamaliel a-t-elle influencé l’enseignement du chrétien qu’était devenu Paul ? L’instruction poussée qu’il avait reçue dans l’Écriture et la Loi juive s’avéra sans doute utile dans son ministère. Cela dit, les lettres qu’il a rédigées sous inspiration divine montrent qu’il rejetait dans leur essence même les croyances pharisiennes de Gamaliel. Il invita les Juifs, quels qu’ils soient, à se tourner, non vers les rabbis du judaïsme ou vers les traditions humaines, mais vers Jésus Christ. — Romains 10:1-4.

 

S’il était resté disciple de Gamaliel, Paul aurait joui d’un grand prestige. D’autres personnes qui gravitaient autour de Gamaliel ont contribué à façonner l’histoire du judaïsme. C’est ainsi que Siméon, fils de Gamaliel et peut-être ex-condisciple de Paul, joua un rôle majeur dans le soulèvement juif contre Rome. Après la destruction du temple, Gamaliel II, petit-fils du premier, restaura l’autorité du Sanhédrin en l’installant à Yavné (Jamnia). Quant à Jehuda Hanasi, petit-fils de Gamaliel II, il fut le compilateur de la Mishna , la pierre de fondement de la pensée juive jusqu’à nos jours.

 

Élève de Gamaliel, Saul de Tarse aurait pu devenir un personnage très éminent du judaïsme. Concernant une telle carrière, il écrira pourtant : “ Les choses qui étaient pour moi des gains, celles-ci je les ai considérées comme une perte à cause du Christ. Mais oui, je considère même que toutes choses sont une perte à cause de la valeur éminente de la connaissance de Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui, j’ai accepté la perte de toutes choses et je les considère comme un tas de déchets, afin de gagner Christ. ” — Philippiens 3:7, 8.

 

En renonçant à une carrière de Pharisien et en devenant disciple de Jésus Christ, Paul appliquait de façon pratique le conseil que son ancien maître avait donné : prendre garde d’‘ être trouvé en train de combattre en fait contre Dieu ’. En abandonnant les persécutions contre les disciples de Jésus, Paul cessa de lutter contre Dieu. Désormais lui-même disciple de Jésus, il devenait un ‘ compagnon de travail de Dieu ’. — 1 Corinthiens 3:9.

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Vendredi 31 mars 2006 5 31 /03 /2006 12:52

GALOPANT à travers la poussière, les sacoches regorgeant de butin, voici la cavalerie d’une nation nomade qui s’avance. Ces guerriers mystérieux régneront sur les steppes d’Eurasie de 700 à 300 avant notre ère environ, puis disparaîtront, non sans laisser leur empreinte dans l’Histoire. Ils sont même mentionnés dans la Bible. Leur nom : les Scythes.

 

Depuis des siècles, des nomades et des troupeaux de chevaux sauvages parcouraient les prairies des Carpates de l’Europe de l’Est jusqu’au sud-est de l’actuelle Russie. Au VIIIe siècle avant notre ère, la campagne militaire menée par l’empereur chinois Hsüan a déclenché leur migration vers l’ouest. Au cours de leur déplacement, les Scythes ont combattu et chassé les Cimmériens, alors maîtres du Caucase et du nord de la mer Noire.

 

En quête de richesses, les Scythes ont mis à sac Ninive, la capitale assyrienne, et plus tard se sont alliés à l’Assyrie contre la Médie , la Babylonie et d’autres nations. Ils ont même atteint le nord de l’Égypte. D’ailleurs, le fait que le nom de la ville de Beth-Shân, dans le nord-est d’Israël, ait été changé en Scythopolis pourrait bien attester l’occupation scythe. — 1 Samuel 31:11, 12.

 

Finalement, les Scythes se sont installés dans ce qui est aujourd’hui la Roumanie , la Moldavie , l’Ukraine et le sud de la Russie. Ils se sont enrichis en servant d’intermédiaires entre les Grecs et les producteurs de céréales des régions correspondant aujourd’hui à l’Ukraine et au sud de la Russie : ils échangeaient des céréales, du miel, des fourrures et du bétail contre du vin, du textile, des armes et des œuvres d’art de Grèce, amassant ainsi d’immenses fortunes.

 

Des cavaliers redoutables

 

Le cheval était à ces guerriers des steppes ce que le chameau est aux gens du désert. Cavaliers remarquables, les Scythes ont été parmi les premiers à utiliser la selle et les étriers. Ils mangeaient de la viande de cheval et buvaient du lait de jument. Ils offraient même leurs chevaux en holocaustes. Lorsqu’un guerrier scythe mourait, son cheval était abattu et recevait un enterrement honorable, avec tout son harnachement.

 

Selon une description faite par l’historien Hérodote, les Scythes avaient des coutumes sadiques, telle celle d’utiliser les crânes de leurs victimes comme coupes à boire. Lorsqu’ils assaillaient leurs ennemis, ils les décimaient à coups d’épées, de haches de combat et de lances en fer, ainsi que de flèches barbelées qui déchiraient les chairs.

 

Des tombes pour l’éternité

 

Les Scythes pratiquaient la sorcellerie et le chamanisme, et ils adoraient le feu ainsi qu’une déesse-mère (Deutéronome 18:10-12). Pour eux, la tombe était la demeure des morts. Les esclaves et les animaux étaient sacrifiés pour l’usage de leur maître défunt. Le trésor et les serviteurs d’un chef étaient censés l’accompagner dans l’“ autre monde ”. Dans une tombe royale, on a retrouvé cinq esclaves allongés les pieds en direction de leur maître, prêts à se lever pour reprendre leur service.

 

Les chefs étaient enterrés avec de nombreuses offrandes. De plus, en période de deuil, les Scythes faisaient couler leur sang et se rasaient la tête. Selon Hérodote, ‘ ils se coupaient un morceau de l’oreille, se tondaient les cheveux tout autour de la tête, se faisaient des incisions aux bras, se déchiraient le front et le nez, s’enfonçaient des flèches à travers la main gauche ’. Contrairement à cela, la loi que Dieu avait donnée aux Israélites à la même époque stipulait : “ Vous ne devez pas vous faire d’entailles dans la chair pour une âme décédée. ” — Lévitique 19:28.

 

Les Scythes ont laissé des milliers de kourganes (tumulus). De nombreux ornements découverts dans les kourganes dépeignent des scènes quotidiennes de la vie scythe. Le tsar russe Pierre le Grand a entrepris de rassembler de telles pièces en 1715, et ces objets étincelants sont maintenant exposés dans des musées en Russie et en Ukraine. L’“ art animalier ” scythe figure des chevaux, des aigles, des faucons, des chats, des panthères, des élans, des daims ainsi que des griffons-lions et des griffons-oiseaux (le griffon est une créature mythologique présentant les traits d’un aigle ou d’un lion, ayant le corps, ailé ou non, d’un animal et la tête de l’autre).

 

Les Scythes et la Bible

 

La seule référence aux Scythes dans la Bible se trouve en Colossiens 3:11, où l’on peut lire : “ Il n’y a plus de Grec ni de Juif, de circoncision ni d’incirconcision, d’étranger, de Scythe, d’esclave, d’homme libre, mais Christ est toutes choses et en tout. ” Dans ce verset, le terme grec utilisé par l’apôtre chrétien Paul et rendu par “ Scythe ” ne désigne pas une nation en particulier, mais des gens incultes de la pire espèce. Paul soulignait le fait que même de telles personnes pouvaient, sous l’influence de l’esprit saint ou force agissante de Jéhovah, revêtir la personnalité selon Dieu. — Colossiens 3:9, 10.

 

Des archéologues considèrent que le nom Ashkenaz mentionné en Jérémie 51:27 correspond à l’assyrien Ashgouzaï, terme qui s’appliquait aux Scythes. Des tablettes cunéiformes font état d’une alliance conclue entre ce peuple et les Mannaï à l’occasion d’une révolte fomentée contre l’Assyrie au VIIe siècle avant notre ère. Juste avant que Jérémie ne commence à prophétiser, les Scythes ont traversé le pays de Juda pour se rendre en Égypte et pour en revenir, sans causer aucun dommage. C’est pourquoi il est possible que certains de ceux qui l’ont entendu prédire que Juda serait attaqué par le nord en aient douté. — Jérémie 1:13-15.

 

Des historiens voient une allusion aux Scythes en Jérémie 50:42, qui déclare : “ Ils manient l’arc et le javelot. Ils sont cruels et ne feront pas miséricorde. Le bruit qu’ils font est comme la mer qui s’agite, et ils seront montés sur des chevaux ; rangés comme un seul homme pour la guerre contre toi, ô fille de Babylone ! ” Néanmoins, ce verset s’applique d’abord aux Mèdes et aux Perses, qui ont conquis Babylone en 539 avant notre ère.

 

Certains sont d’avis que le “ pays de Magog ” dont il est question dans les chapitres 38 et 39 du livre d’Ézékiel fait référence aux tribus scythes. Cependant, cette expression a une signification symbolique. De toute évidence, elle désigne le voisinage de la terre, où Satan et ses anges ont été relégués après la guerre dans le ciel. — Révélation 12:7-17.

 

Les Scythes ont été impliqués dans l’accomplissement de la prophétie de Nahoum annonçant le renversement de Ninive (Nahoum 1:1, 14). En effet, en 632 avant notre ère, aux côtés des Chaldéens et des Mèdes, ils ont pillé la ville, ce qui a déclenché la chute de l’Empire assyrien.

 

Un déclin mystérieux

 

Pourquoi les Scythes ont-ils disparu ? “ À vrai dire, nous ne savons pas ce qui s’est passé ”, a déclaré un grand archéologue ukrainien. Certains pensent que, amollis par leur goût de l’opulence, ils sont tombés devant un nouveau peuple asiatique nomade, les Sarmates, aux Ier et IIe siècles avant notre ère.

 

Pour d’autres, ce sont des luttes entre clans scythes qui les ont menés au déclin. D’autres encore voient dans les Ossètes du Caucase des descendants des Scythes. Quoi qu’il en soit, ce peuple mystérieux du passé a marqué l’Histoire de son nom, devenu synonyme de cruauté.

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Samedi 1 avril 2006 6 01 /04 /2006 17:39

POURQUOI la croyance au destin est-elle aussi répandue ? De tout temps, l’homme a essayé de comprendre les mystères de la vie et de découvrir une logique derrière la succession des événements. “ C’est ici, note l’historien Helmer Ringgren, que les notions de ‘ dieu ’, de ‘ destin ’ et de ‘ hasard ’ entrent en scène, selon que l’on voit derrière les événements une force personnelle, un ordre impersonnel ou aucun ordre du tout. ” L’Histoire regorge de croyances, de légendes et de mythes relatifs au destin.

 

Comme l’explique l’assyriologue Jean Bottéro, c’est dans la Mésopotamie antique, en Babylonie, que l’on trouve “ les plus anciennes réactions et réflexions perceptibles des hommes devant le surnaturel, leur plus vieille construction religieuse identifiable ”. C’est là qu’il faut rechercher l’origine de la croyance au destin.

 

Naissance du destin

 

En fouillant les ruines antiques de la Mésopotamie (l’Iraq actuel), les archéologues ont découvert certains des plus anciens écrits connus. Les milliers de tablettes cunéiformes mises au jour nous donnent une image précise de la manière dont on vivait dans l’ancienne civilisation de Sumer et d’Akkad et dans la célèbre ville de Babylone. Selon l’archéologue Samuel Kramer, les Sumériens “ étaient troublés par le problème de la souffrance humaine, particulièrement en rapport avec ses causes plutôt énigmatiques ”. Leurs interrogations les conduisirent à l’idée de destin.

 

Dans Babylone (angl.), l’archéologue Joan Oates note que “ les Babyloniens avaient chacun leur dieu ou leur déesse personnel ”. Ils croyaient que les dieux “ déterminaient les destins individuels et collectifs de toute l’humanité ”. Selon Samuel Kramer, les Sumériens croyaient quant à eux que “ les dieux organisateurs du cosmos étaient à l’origine du mal, du mensonge et de la violence, conçus comme faisant partie intégrante de la civilisation ”. La croyance au destin était très répandue et tenue en haute estime.

 

Les Babyloniens pensaient qu’il était possible de connaître les intentions des dieux au moyen de la divination, “ une technique de communication avec les dieux ”. On tentait de prédire l’avenir en observant, en déchiffrant et en interprétant des choses et des événements. Souvent, il s’agissait de l’analyse d’un rêve, d’entrailles ou du comportement d’un animal (Ézékiel 21:21 ; Daniel 2:1-4). Les événements inattendus ou inhabituels dont on pensait qu’ils révélaient l’avenir étaient consignés sur des tablettes d’argile.

 

“ Si haut que nous remontions dans le passé de l’histoire mésopotamienne ”, a écrit Édouard Dhorme, spécialiste français des civilisations antiques, “ nous rencontrons la personne du devin et la pratique de la divination. ” La divination occupait une place importante dans la vie quotidienne. Comme l’explique Jean Bottéro, pratiquement tous les phénomènes observables étaient “ considérés comme objets possibles de l’examen et de la déduction divinatoires ” ; “ l’univers matériel tout entier ” était “ tenu pour une matière dont une étude attentive pouvait, en quelque sorte, extraire l’avenir ”. Les Mésopotamiens étaient par conséquent de fervents adeptes de l’astrologie. — Voir Isaïe 47:13.

 

Les Babyloniens pratiquaient également la divination au moyen de dés et de sorts. Dans Le hasard (angl.), Deborah Bennett écrit que ces objets avaient pour fonction d’“ éliminer toute possibilité d’intervention humaine et de donner ainsi aux dieux un moyen d’exprimer clairement leur volonté ”. Néanmoins, les décisions divines n’étaient pas considérées comme inexorables. Il était parfois possible d’échapper à un destin funeste en faisant appel aux dieux.

 

Le destin dans l’Égypte ancienne

 

Au XVe siècle avant notre ère, il existait des contacts étroits entre la Babylonie et l’Égypte. Les échanges culturels qui en résultèrent entraînèrent une diffusion des pratiques religieuses associées à la croyance au destin. Pourquoi les Égyptiens adoptèrent-ils cette croyance ? John Baines, professeur d’égyptologie à l’université d’Oxford, répond : “ La religion [égyptienne] s’occupait en grande partie à comprendre et à conjurer l’imprévisible et le funeste. ”

 

La déesse Isis était regardée comme “ la maîtresse de la vie et du destin ”. Les Égyptiens pratiquaient eux aussi la divination et l’astrologie (voir Isaïe 19:3). “ Leur ingéniosité, pour interroger les dieux, est sans limite ”, commente une historienne. Mais l’Égypte ne fut pas la seule à subir l’influence de Babylone.

 

La Grèce et Rome

 

Dans le domaine religieux, écrit Jean Bottéro, “ la Grèce antique n’a pas échappé au lointain mais intense rayonnement de Babylone ”. L’historien Peter Green explique pourquoi la croyance au destin était très populaire en Grèce : “ Dans un monde plein d’incertitudes, où les hommes répugnaient de plus en plus à être responsables de leurs propres décisions et éprouvaient souvent le sentiment d’être de simples marionnettes, ballottées de ci, de là, par les exigences d’un Destin aussi impénétrable qu’inflexible, le décret oraculaire divin vous traçait les grandes lignes de votre avenir. Grâce à une intuition ou à des dons particuliers, il était possible de prédire les arrêts du Destin. Peut-être cela ne correspondait-il pas toujours à ce que l’on attendait, mais un homme averti n’en vaut-il pas deux ? ”

 

Si elle avait un effet rassurant, la croyance au destin servait également de moins nobles desseins. Certains l’utilisèrent pour opprimer les masses. Comme l’a écrit Francis Sandbach, “ l’idée que le monde était entièrement dirigé par la Providence devait séduire la classe dirigeante d’un peuple dirigeant ”.

 

Pour quelle raison ? Selon Peter Green, cette croyance “ était une justification intrinsèque — morale, théologique, sémantique — d’un ordre social et politique immuable : c’était l’instrument le plus puissant et le plus subtil que les milieux dirigeants hellénistiques eussent jamais conçu pour assurer leur perpétuation. Le simple fait que quelque chose arrivât voulait dire que cela devait arriver ; et dans la mesure où la nature était providentiellement disposée en faveur de l’humanité, ce qui devait arriver ne pouvait qu’être pour le mieux ”. En somme, le destin permettait à ces dirigeants de “ justifier aux yeux du monde la poursuite impitoyable de leurs intérêts personnels ”.

 

La littérature grecque révèle à quel point la croyance au destin était répandue. Dans l’épopée, la légende et la tragédie — trois des genres littéraires antiques —, le destin occupait une place centrale. Dans la mythologie grecque, la destinée de l’homme était représentée par trois déesses, les Moires. Clotho filait le fil de la vie, Lachésis l’enroulait, déterminant la longueur de la vie, et Atropos le coupait, mettant fin à la vie lorsque le temps était expiré. Les Romains possédaient une triade similaire, les Parques.

 

Les Romains et les Grecs, curieux de connaître leur destin, empruntèrent et développèrent l’astrologie et la divination babyloniennes. Les Romains appelaient portenta (“ signes ”) les événements utilisés pour prédire l’avenir, et omina les messages véhiculés par ces signes. Au IIIe siècle avant notre ère, l’astrologie était devenue populaire en Grèce. L’horoscope grec le plus ancien dont on connaisse la date remonte à l’an 62 avant notre ère. Les Grecs s’intéressaient tant à l’astrologie que Gilbert Murray, un helléniste, a écrit qu’elle s’était “ abattue sur la mentalité hellénistique comme une maladie nouvelle s’abat sur la population d’une île reculée ”.

 

Dans leur désir de connaître l’avenir, les Grecs et les Romains recouraient beaucoup aux augures, ou médiums. Ils pensaient que les dieux communiquaient avec eux au moyen de ces intermédiaires (voir Actes 16:16-19). Quels effets cette croyance produisit-elle ? Comme l’a écrit Bertrand Russell, “ la peur remplaça l’espoir ; on s’efforçait davantage d’échapper aux revers de fortune que d’atteindre un quelconque objectif positif ”. Ces questions furent par la suite un sujet de controverse au sein de la chrétienté.

 

Débats chrétiens autour du destin

 

Les premiers chrétiens vivaient dans un environnement très influencé par les idées grecques et romaines relatives au destin. Les “ Pères de l’Église ”, par exemple, étaient familiarisés avec les œuvres des philosophes grecs comme Aristote et Platon. L’un des problèmes qu’ils s’efforçaient de résoudre était le suivant : comment un Dieu omniscient et tout-puissant, “ Celui qui dès le commencement révèle la conclusion ”, peut-il être en même temps un Dieu d’amour (Isaïe 46:10 ; 1 Jean 4:8) ? Si Dieu connaît la fin dès le commencement, raisonnaient-ils, il savait au départ que l’homme tomberait dans le péché et que des conséquences désastreuses en résulteraient.

 

Origène, l’un des plus prolifiques des premiers auteurs chrétiens, souligna l’importance de garder à l’esprit la notion de libre arbitre. “ On trouve dans les Écritures, dit-il, d’innombrables affirmations, très claires, du libre arbitre. ”

 

Origène estime qu’attribuer à une force extérieure la responsabilité de ses actes “ n’est ni vrai ni noble ; la raison de qui veut qu’il en soit ainsi est la suivante : falsifier la notion de libre arbitre ”. Pour lui, si Dieu peut connaître les événements à l’avance, cela ne signifie pas qu’il influe sur leur déroulement ou que ces événements doivent se produire. Cependant, tous ses contemporains ne partagent pas son point de vue.

 

Augustin (354-430 de notre ère), un Père de l’Église influent, complique le débat en minimisant le rôle du libre arbitre. Il donne à la prédestination son fondement théologique dans la chrétienté. Au Moyen Âge, ses œuvres, et notamment le De libero arbitrio, sont au centre des discussions sur la prédestination. La question devient brûlante à l’époque de la Réforme , où elle divise profondément la chrétienté.

 

Une croyance répandue

 

La notion de destin n’est pas propre au monde occidental, loin de là ! Face à un événement tragique, de nombreux musulmans disent mektoub — c’est écrit —, révélant ainsi qu’ils croient au destin. Par ailleurs, s’il est vrai que les religions orientales soulignent généralement la responsabilité de l’individu dans son destin personnel, il y a cependant des traces de fatalisme dans leurs enseignements.

 

Dans l’hindouisme et le bouddhisme, par exemple, le karma est un destin inévitable qui résulte des actes commis dans des vies antérieures. En Chine, les plus anciens documents écrits que l’on connaisse sont des inscriptions divinatoires tracées sur des écailles de tortues. On retrouve également le destin dans les croyances des peuples indigènes des Amériques. Les Aztèques, par exemple, établissaient des calendriers divinatoires servant à révéler le destin des individus. Les croyances fatalistes sont également courantes en Afrique.

 

Le fait que la croyance au destin soit aussi répandue montre que l’homme a besoin de croire en une puissance supérieure. Dans Les religions de l’humanité (angl.), John Noss écrit : “ Chacune à leur manière, les religions enseignent que l’homme ne se suffit pas, et ne peut se suffire, à lui-même. Un lien vital le relie, l’assujettit aux forces qui, à l’extérieur de lui, animent la Nature et la Société. Plus ou moins consciemment, il sait qu’il n’est pas une force autonome capable d’exister indépendamment du monde. ”

 

Nous avons besoin de croire en Dieu, mais aussi de comprendre ce qui se passe autour de nous. Il y a cependant une différence entre croire en un Créateur tout-puissant et penser qu’il fixe notre destin de façon immuable.

 

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Lundi 3 avril 2006 1 03 /04 /2006 21:52

LES armées coalisées de quatre rois d’Orient franchissent l’Euphrate. Elles suivent la route royale, à l’est de la vallée du Jourdain. Au passage, elles soumettent les Réphaïm, les Zuzim, les Émim et les Horites. Puis elles font demi-tour et investissent tout le sud du Négueb.

 

Quel est le but de cette campagne militaire? Le butin, le District du Jourdain, est une vallée située entre les régions envahies dans la Transjordanie et le Négueb (Genèse 13:10). Là, les habitants de cinq Cités-États, Sodome, Gomorrhe, Admah, Zéboïm et Béla, mènent une vie insouciante et prospère (Ézéchiel 16:49, 50). Après avoir été soumis par celui qui semble commander les armées coalisées, Kédorlaomer, roi d’Élam, ils se sont rebellés. Maintenant, privés du soutien de leurs voisins, ils vont devoir lui rendre des comptes. Kédorlaomer et ses alliés remportent la bataille qui s’ensuit et prennent le long chemin du retour, chargés d’abondantes dépouilles.

 

Parmi les captifs se trouve un homme juste du nom de Lot. C’est le neveu d’Abraham, qui campe non loin de là, dans la région montagneuse de Hébron. Dès qu’Abraham apprend la terrible nouvelle, il rassemble 318 de ses hommes. Courageusement, avec l’aide de quelques gens du voisinage, ils se lancent à la poursuite des quatre rois et surprennent leurs armées de nuit. Les envahisseurs s’enfuient. Lot et sa maisonnée sont délivrés, ainsi que les autres captifs, et les biens sont repris.

 

Avons-nous des raisons d’ajouter foi à ce récit consigné dans le 14e chapitre de la Genèse ? Cette histoire a-t-elle été forgée de toutes pièces pour faire de l’ancêtre de nombreuses nations, y compris des Juifs, un héros national? Que dire des autres événements qui ont marqué la vie d’Abraham?

 

L’avis d’ecclésiastiques

 

Au début du XIXe siècle, le théologien luthérien Peter von Bohlen déclara qu’Abraham était un personnage mythique et que le récit de l’invasion menée par Kédorlaomer n’avait aucun fondement historique. De son côté, le professeur Julius Wellhausen écrivit: “Nous ne disposons d’aucun renseignement historique sur les patriarches.” Il a émis cette pensée: “Il vaudrait peut-être mieux considérer Abraham comme le fruit d’une imagination fertile.”

 

Les théologiens anglais ont emboîté le pas à leurs confrères allemands. “Les grands contes de la Genèse consacrés aux patriarches sont surannés et ne sont guère plus historiques que les contes du (...) roi Arthur”, a écrit Stopford Brooke dans son livre L’Ancien Testament et la vie moderne (angl.). “ La Genèse (...) ne nous offre qu’une vision incomplète et déformée de la vie et de la personnalité des patriarches”, a déclaré John Colenso, évêque anglican de l’ancienne colonie britannique du Natal. “Il est impossible, a-t-il ajouté, de croire aveuglément à l’un quelconque de ces récits.”

 

Ce genre de critique s’étendit comme la gangrène (2 Timothée 2:17). De nos jours, des millions de fidèles ne prennent plus au sérieux les récits de la vie des patriarches. Or, à la plus grande honte des théologiens, des athées affirment maintenant que la critique biblique est allée trop loin. Par exemple, on lit dans Bol’shaia Sovetskaia Entsiklopediia (Grande Encyclopédie soviétique): “Ces dernières années, on a reconsidéré nombre de thèses de la critique biblique à la lumière de nouvelles découvertes, notamment à partir des renseignements fournis par ‘l’archéologie biblique’. Certaines traditions bibliques qui étaient considérées comme des mythes (...) semblent avoir un fondement historique.” Voyons comment l’archéologie a éclairé le récit de la vie d’Abraham.

 

Ur des Chaldéens

 

Selon la Bible , Abraham grandit à “Ur des Chaldéens”. (Genèse 11:27-31; 15:7.) Pendant des siècles, le site d’Ur est resté inconnu. Les critiques pensaient qu’il devait s’agir d’une localité insignifiante et reculée, si tant est qu’elle ait existé. Puis, à leur embarras, on a identifié sans doute possible des ruines situées entre Babylone et le golfe Persique à celles d’Ur. Des milliers de tablettes d’argile mises au jour sur ce site ont révélé qu’Ur était un carrefour commercial populeux et cosmopolite. À l’époque d’Abraham, la ville avait même des écoles où l’on apprenait à écrire et à compter aux enfants.

 

En outre, des fouilles faites à Ur ont révélé que ses architectes connaissaient la colonne, l’arche, la voûte et le dôme. Les artisans d’Ur fabriquaient des bijoux magnifiques, des harpes finement ouvragées et des dagues à lame d’or fin. Dans de nombreuses maisons, les archéologues ont mis au jour des canalisations d’égout en argile cuite qui donnaient dans de grandes fosses pouvant avoir jusqu’à 12 mètres de profondeur.

 

Ces découvertes ont amené nombre d’exégètes à considérer Abraham sous un jour nouveau. “Nous pensions qu’Abraham était simplement un homme habitant sous des tentes, et nous nous apercevons qu’il habitait peut-être une maison de briques bien équipée dans une ville”, écrit Sir Leonard Woolley dans son livre Mise au jour du passé (angl.). “Abraham, dit l’archéologue Alan Millard dans son livre Trésors des temps bibliques (angl.), a quitté une ville bien équipée, qui offrait confort et sécurité, pour devenir un nomade méprisé!”

 

L’invasion de Kédorlaomer

 

Que dire de la victoire d’Abraham sur Kédorlaomer, roi d’Élam? Au début du XIXe siècle, on savait peu de choses sur les Élamites. Les critiques de la Bible se refusaient à croire qu’Élam ait jamais exercé une influence sur la Babylonie , et encore moins sur la Palestine. Mais on voit les Élamites sous un autre jour maintenant. L’archéologie révèle qu’ils étaient une puissante nation guerrière. Un ouvrage de référence (Funk & Wagnalls Standard Reference Encyclopedia) dit à ce sujet: “Les Élamites détruisirent la ville d’Ur vers 1950 avant notre ère. (...) Ils exercèrent ensuite une influence considérable sur les chefs de la Babylonie.”

 

En outre, on a retrouvé les noms de rois élamites sur d’anciennes inscriptions. Certains commencent par le mot “Kudur”, qui rappelle “Kédor”. Une importante déesse élamite s’appelait Lagamar, nom qui ressemble à “laomer”. Des historiens sont donc maintenant d’avis que Kédorlaomer fut un chef bien réel, dont le nom signifie peut-être “serviteur de Lagamar”. Une série d’inscriptions babyloniennes portent des noms proches de ceux des rois coalisés: Tudhula (Tidal), Eri-aku (Arioch), et Kudur-lahmil (Kédorlaomer) (Genèse 14:1). Dans le livre Secrets de la révélation divine (angl.), A. Custance ajoute: “Outre ces noms, des détails semblent avoir trait aux événements qui eurent lieu en Babylonie quand les Élamites y établirent leur domination (...). Ces tablettes confirment si bien les Écritures que les tenants de la haute critique ont aussitôt fait tout ce qu’ils pouvaient pour leur ôter délibérément toute importance.”

 

Et l’invasion des quatre rois? Est-elle étayée par des données archéologiques en provenance de la Transjordanie et du Négueb? Oui. Dans son livre L’archéologie en Israël (angl.), le professeur Yohanan Aharoni parle de la disparition d’une civilisation préisraélite qui avait des colonies de peuplement “importantes” en Transjordanie et dans le Négueb “vers l’an 2000 avant notre ère”. D’autres archéologues situent sa disparition aux environs de 1900 avant notre ère. “Les poteries datant de cette période qui ont été mises au jour dans le Négueb et la Transjordanie sont identiques et témoignent d’une fin soudaine et tragique de la civilisation”, dit Harold Stigers dans son Commentaire sur la Genèse (angl.). Même des critiques de la Bible reconnaissent ce fait, témoin cette déclaration de John Van Seters tirée de son livre Abraham dans l’Histoire et la tradition (angl.): “La question qui reste en suspens est de savoir où ces gens sont partis, s’ils sont effectivement partis quelque part, à la fin de cette période.”

 

Le chapitre 14 de la Genèse fournit peut-être une explication. Selon la chronologie biblique, Abraham arriva en Canaan en 1943 avant notre ère. Le pillage dirigé par Kédorlaomer dut avoir lieu peu après. Plus tard dans le courant du même siècle, Dieu détruisit par le feu les villes immorales de Sodome et de Gomorrhe, ce qui modifia définitivement l’écologie de la basse vallée du Jourdain autrefois fertile (Genèse 13:10-13; 19:24, 25). Celle-ci cessa d’être convoitée par des envahisseurs venus de l’étranger.

 

On pourrait encore citer bien d’autres exemples montrant que l’archéologie recoupe les Écritures en éclairant certains événements de la vie d’Abraham. Mais l’archéologie a ses limites. Les indices qu’elle fournit sont souvent indirects et livrés à l’interprétation d’hommes imparfaits.

 

Le témoignage le plus sûr

 

C’est le témoignage du Créateur de l’homme, qui constitue la preuve la plus solide qu’Abraham a réellement existé. En Psaume 105:9-15, Dieu parle d’Abraham, d’Isaac et de Jacob comme de ses “prophètes”. Plus de mille ans après la mort d’Abraham, Jéhovah Dieu fit mention de ce patriarche par la bouche d’au moins trois prophètes, l’appelant même son “ami”. (Ésaïe 41:8; 51:2; Jérémie 33:26; Ézéchiel 33:24.) Pareillement, Jésus Christ cita Abraham en exemple. Durant son existence préhumaine au ciel, le Fils de Dieu fut personnellement témoin des relations que son Père entretint avec le patriarche. Il put donc dire aux Juifs:

 

“‘Si vous êtes les enfants d’Abraham, faites les œuvres d’Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous a dit la vérité que j’ai entendue de la part de Dieu. Abraham n’a pas fait cela. Abraham, votre père, s’est grandement réjoui dans l’espérance de voir mon jour, et il l’a vu et s’est réjoui.’ Sur quoi, les Juifs lui dirent: ‘Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham?’ Jésus leur dit: ‘En toute vérité je vous le dis: avant qu’Abraham soit venu à l’existence, j’étais.’” — Jean 8:39, 40, 56-58.

 

Le témoignage des deux Personnes les plus illustres de l’univers nous donne les meilleures raisons qui soient d’accepter tout ce que la Bible dit à propos d’Abraham (Jean 17:5, 17). Bien que la Bible cite Abraham en exemple, elle ne l’élève pas indûment au rang de héros national. C’est ce qui ressort du récit de sa victoire sur les quatre rois alliés. Quand Abraham revint de la bataille, il fut salué par Melchisédek, roi de Salem, qui lui dit: “Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes oppresseurs en ta main!”. — Genèse 14:18-20.

 

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