L'histoire, l'Archéologie et la Bible

Mardi 9 mai 2006 2 09 /05 /2006 12:59

“ Dieu dit: ‘Il n’est pas bon que l’homme reste seul. Je vais lui faire une aide qui lui corresponde.’”— GENÈSE 2:18.

 

 

 

“AUCUN pays méditerranéen ou du Proche-Orient dans l’Antiquité n’accordait aux femmes la liberté qu’elles connaissent aujourd’hui dans la société occidentale. D’une manière générale, elles étaient subordonnées aux hommes comme les esclaves l’étaient aux citoyens libres et les jeunes gens aux vieillards. (...) On attachait beaucoup plus de prix aux garçons qu’aux filles, et il arrivait qu’on laisse mourir les bébés de sexe féminin en les abandonnant.” Telle était, selon un dictionnaire de la Bible , la condition des femmes dans les temps anciens.

 

 

 

De nos jours, la situation ne s’est guère améliorée en de nombreux endroits du monde. En 1994, le ministère américain des Affaires étrangères a, pour la première fois dans son rapport annuel sur les droits de l’homme, mis l’accent sur la condition féminine. “La discrimination: réalité quotidienne — selon les résultats d’une enquête menée dans 193 pays”, titrait à ce propos le New York Times.

 

 

 

“Une aide qui lui corresponde”

 

 

 

Après qu’Adam eut vécu seul dans le jardin d’Éden pendant quelque temps, Jéhovah fit cette remarque: “Il n’est pas bon que l’homme reste seul. Je vais lui faire une aide qui lui corresponde.” (Genèse 2:18). Adam avait beau être un homme parfait, il manquait quelque chose pour réaliser le dessein du Créateur. C’est pour combler ce besoin que Jéhovah a créé la femme et célébré le premier mariage. — Genèse 2:21-24.

 

 

 

L’expression “aide qui lui corresponde” indique-t-elle que Dieu avait assigné un rôle déshonorant à la femme? Au contraire. Le nom hébreu (`ézèr) traduit par “aide” est souvent appliqué à Dieu par les rédacteurs de la Bible. Par exemple, Jéhovah est “notre aide et notre bouclier”. (Psaume 33:20; Exode 18:4; Deutéronome 33:7.) En Osée 13:9, c’est Jéhovah lui-même qui se présente comme l’“aide” d’Israël. En ce qui concerne le mot hébreu (nèghèdh) rendu par l’expression “qui lui corresponde”, voici ce qu’en dit un bibliste: “Le concours recherché n’est pas une simple assistance dans le travail quotidien ou en vue de la procréation (...) mais le soutien mutuel que procure la compagnie de quelqu’un.”

 

 

 

Ainsi, Jéhovah ne rabaissait en rien la femme en la présentant comme ‘une aide qui corresponde’ à l’homme. La femme avait une constitution psychique, affective et physique qui lui était propre. Elle était le pendant de l’homme, lui était parfaitement assortie. Ils étaient différents, mais leur existence à tous deux était nécessaire pour ‘remplir la terre’ conformément au dessein du Créateur. C’est, semble-t-il, après la création de l’homme et de la femme que “Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici que cela était très bon”. — Genèse 1:28, 31.

 

 

 

L’apparition du péché modifia la situation de l’homme et de la femme. Sur chacun des deux pécheurs, Jéhovah prononça une sentence. “J’augmenterai beaucoup la douleur de ta grossesse”, dit-il à Ève, parlant de cette éventualité fâcheuse comme s’il allait la provoquer. “C’est dans les douleurs que tu mettras au monde des enfants, ajouta-t-il, et ton désir sera vers ton mari et, lui, il te dominera.” (Genèse 3:16). Depuis lors, un grand nombre de femmes subissent la domination souvent brutale de leurs maris, ceux-ci les traitant généralement davantage en domestiques ou en esclaves qu’en ‘aides qui leur correspondent’.

 

 

 

Qu’en était-il des adoratrices de Jéhovah? L’accomplissement de Genèse 3:16 les reléguerait-il à une condition servile et humiliante? Loin de là! Mais alors, que penser de ces coutumes relatives aux femmes dont il est question dans la Bible , coutumes qui, de nos jours, seraient jugées inacceptables dans certaines sociétés?

 

 

 

Comprendre les coutumes des temps bibliques

 

 

 

Chez les fidèles des temps bibliques, les femmes étaient bien traitées. Évidemment, quand on considère les coutumes qui concernaient les femmes à cette époque, il y a plusieurs facteurs à ne pas perdre de vue. Tout d’abord, ce n’est pas parce que la Bible fait mention de conditions pénibles apparues à cause de la domination égoïste d’hommes méchants que Dieu approuvait cette façon de traiter les femmes. Ensuite, si Jéhovah a toléré certains usages parmi ses serviteurs pendant un temps, il ne les en a pas moins réglementés, afin de protéger les femmes. Enfin, il convient de ne pas juger les coutumes antiques sur la base de critères modernes. Des mœurs qui pourraient sembler déplaisantes aujourd’hui n’étaient pas nécessairement regardées comme dégradantes par les femmes d’alors. Voyons quelques exemples.

 

 

 

La polygamie: Dans son dessein originel, Jéhovah n’avait pas prévu qu’une femme partage son mari avec une autre. Il n’avait créé qu’une femme pour Adam (Genèse 2:21, 22). Après la rébellion en Éden, la polygamie a fait son apparition dans la lignée de Caïn. Par la suite, elle est devenue une coutume que certains adorateurs de Jéhovah ont adoptée (Genèse 4:19; 16:1-3; 29:21-28). Bien que Jéhovah ait toléré la polygamie (elle a favorisé la croissance démographique d’Israël), il a montré sa considération pour les femmes en réglementant cette pratique de manière à protéger les mères et leurs enfants (Exode 21:10, 11; Deutéronome 21:15-17). Par ailleurs, Jéhovah n’a jamais renoncé à la monogamie, le modèle qu’il avait établi à l’origine. Noé et ses fils, à qui il a réitéré le commandement d’‘être féconds et de remplir la terre’, étaient monogames (Genèse 7:7; 9:1; 2 Pierre 2:5). Dans les évocations imagées qu’il fait de ses relations avec Israël, Dieu se présente comme un époux monogame (Isaïe 54:1, 5). Finalement, ce modèle originel qu’est la monogamie a été rétabli par Jésus Christ et il est devenu la règle au sein de la congrégation chrétienne primitive. — Matthieu 19:4-8; 1 Timothée 3:2, 12.

 

 

 

La dot: “Cette obligation qui consistait à verser une somme d’argent, ou son équivalent, à la famille de la jeune fille donnait manifestement au mariage israélite l’apparence d’un achat, déclare le livre Les institutions de l’Ancien Testament. Il semble pourtant que [la dot] était moins le prix payé pour la femme qu’une compensation donnée à la famille.”. Ainsi, la dot servait à dédommager la famille de l’épouse pour la perte de ses services ainsi que pour les efforts et les frais consentis pour l’élever. La dot ne déshonorait donc pas la femme, mais elle confirmait au contraire qu’elle était précieuse à sa famille. — Genèse 34:11, 12; Exode 22:16.

 

 

 

Des maris “propriétaires”: Un incident survenu dans la vie d’Abraham et de Sara vers 1918 avant notre ère révèle qu’à l’époque il était, semble-t-il, habituel de considérer l’homme marié comme le “propriétaire” (hébreu ba`al) et la femme mariée comme la “possédée” (hébreu be`oulah). (Genèse 20:3.) Ces termes apparaissent de nouveau dans la suite des Écritures, mais rien n’indique que les femmes d’avant l’ère chrétienne les trouvaient insultants (Deutéronome 22:22). D’ailleurs, les femmes mariées ne devaient pas être traitées comme des biens fonciers. On pouvait acheter, vendre ou recevoir en héritage des biens fonciers ou de la fortune, mais pas une épouse. “Héritage des pères: une maison et de la fortune, dit la Bible , mais de Jéhovah vient une épouse avisée.” — Proverbes 19:14; Deutéronome 21:14.

 

 

 

Une place honorable

 

 

 

Quelle place les femmes occupaient-elles donc chez les fidèles des temps préchrétiens? Comment étaient-elles considérées et traitées? Disons simplement que lorsque des hommes pieux suivaient l’exemple de Jéhovah et obéissaient à ses lois, les femmes conservaient leur dignité et jouissaient de nombreux droits et privilèges.

 

 

 

Le respect était dû aux femmes. La Loi que Dieu leur avait donnée commandait aux Israélites de respecter tant leur père que leur mère (Exode 20:12; 21:15, 17). “Vous devrez craindre chacun sa mère et son père”, lit-on en Lévitique 19:3. Un jour, Bath-Schéba se présenta devant son fils Salomon. “Aussitôt, dit le texte, le roi se leva à sa rencontre et se prosterna” en signe de respect (1 Rois 2:19). Dans l’Encyclopédie judaïque (angl.), on relève cette remarque: “Les comparaisons prophétiques entre l’amour de Dieu pour Israël et l’amour d’un mari pour sa femme ne peuvent être le fait que d’une société dans laquelle on respectait les femmes.”

 

 

 

Jéhovah attend de ses adorateurs masculins qu’ils respectent les femmes, comme lui-même les respecte. Cette considération transparaît dans certains passages imagés des Écritures où Jéhovah assimile ses sentiments à ceux que les femmes éprouvent dans différents moments de leur vie (Isaïe 42:14; 49:15; 66:13). Grâce à ces illustrations, le lecteur saisit mieux ce que Jéhovah ressent. Signalons d’ailleurs que le mot hébreu traduit par “miséricorde” ou “pitié”, mot que Jéhovah applique à sa personne, est très proche d’un terme qui signifie “matrice” et qu’on peut qualifier de “sentiment maternel”. — Exode 33:19; Isaïe 54:7.

 

 

 

On faisait cas du conseil des femmes pieuses. À Abraham qui hésitait à suivre le conseil de sa femme Sara, qui, elle aussi, craignait Dieu, Jéhovah a dit: “Écoute sa voix.” (Genèse 21:10-12). Les femmes hittites d’Ésaü “furent une source d’amertume d’esprit pour Isaac et pour Rébecca”. Rébecca finit par confier à Isaac la détresse qui serait la sienne si leur fils Jacob se mariait à son tour avec une Hittite. Quelle fut la réaction d’Isaac? “Aussi, nous apprend le récit, Isaac appela-t-il Jacob, et le bénit, et lui donna ordre, et lui dit: ‘Tu ne dois pas prendre une femme d’entre les filles de Canaan.’” Bien que Rébecca ne lui ait pas donné directement un conseil, son mari a pris une décision qui tenait compte de ses sentiments (Genèse 26:34, 35; 27:46; 28:1). Des siècles plus tard, le roi David évita de se rendre coupable d’un meurtre en prêtant attention à la supplication d’Abigaïl. — 1 Samuel 25:32-35.

 

 

 

Les femmes détenaient une certaine autorité au sein de la famille. Aux enfants s’adressait ce commandement: “Écoute, mon fils, la discipline de ton père, et n’abandonne pas la loi de ta mère.” (Proverbes 1:8). Le portrait de l’“épouse capable” brossé en Proverbes chapitre 31 révèle qu’une femme travailleuse ne se contentait pas de tenir sa maison. Elle pouvait aussi procéder à l’acquisition de biens immobiliers, cultiver un champ, s’occuper d’un petit commerce et être connue pour exprimer des paroles de sagesse. Le plus important était la crainte révérencielle qu’elle éprouvait envers Jéhovah, attitude qui lui valait des louanges. Il n’est donc pas étonnant que la valeur d’une telle femme fût jugée “bien plus grande que celle des coraux”, ces précieux coraux rouges qui servaient à la fabrication de bijoux et d’objets décoratifs. — Proverbes 31:10-31.

 

 

 

Des femmes qui ont reçu une faveur spéciale de la part de Dieu

 

 

 

On voit une preuve supplémentaire de la considération de Jéhovah envers les femmes dans les faveurs spéciales qu’il a accordées à quelques-unes d’entre elles dans les temps bibliques. Ainsi, Agar, Sara et la femme de Manoah ont reçu la visite d’anges qui leur ont communiqué la direction divine (Genèse 16:7-12; 18:9-15; Juges 13:2-5). De plus, il y avait des “servantes” au tabernacle et des chanteuses à la cour de Salomon. — Exode 38:8; 1 Samuel 2:22; Ecclésiaste 2:8.

 

 

 

À plusieurs reprises dans l’histoire d’Israël, Jéhovah a utilisé des femmes pour le représenter ou transmettre sa parole. Ainsi est-il dit, à propos de la prophétesse Déborah, que “les fils d’Israël montaient vers elle pour le jugement”. (Juges 4:5.) Après la victoire d’Israël sur le roi cananéen Jabin, Déborah a eu un privilège vraiment peu ordinaire. Il semble en effet que ce soit elle qui ait composé une partie au moins du chant de victoire, chant qui fut plus tard intégré à la Parole inspirée de Jéhovah (Juges chapitre 5). Quelques siècles plus tard, le roi Josias, désireux d’interroger Jéhovah, a envoyé vers la prophétesse Huldah une délégation dans laquelle figurait le grand prêtre. Forte de son autorité, Huldah a pu répondre: “Voici ce qu’a dit Jéhovah, Dieu d’Israël.” (2 Rois 22:11-15). En l’occurrence, le roi a demandé à la délégation d’aller trouver une prophétesse, mais c’était pour obtenir la direction de Jéhovah. — Voir Malachie 2:7.

 

 

 

Jéhovah se soucie du bonheur des femmes. Ses actions en faveur de certaines de ses adoratrices l’attestent. À deux reprises, il est intervenu pour protéger du viol la belle Sara, femme d’Abraham (Genèse 12:14-20; 20:1-7). Il a également témoigné sa faveur à Léa, la moins aimée des femmes de Jacob, en ‘ouvrant sa matrice’, afin qu’elle ait un fils (Genèse 29:31, 32). Reconnaissant envers les deux accoucheuses israélites qui avaient risqué leur vie pour sauver les enfants hébreux mâles de l’infanticide en Égypte, Jéhovah “leur donna de la famille”. (Exode 1:17, 20, 21.) Il a aussi répondu favorablement à la prière fervente de Hannah (1 Samuel 1:10, 20). Enfin, il n’a pas abandonné la veuve d’un prophète à qui un créancier s’apprêtait à prendre les enfants en compensation d’une dette. Avec amour, il a donné au prophète Élisée le pouvoir d’augmenter la réserve d’huile de cette femme, de sorte qu’elle a pu rembourser sa dette, sauvegardant de cette façon sa famille et sa dignité. — Exode 22:22, 23; 2 Rois 4:1-7.

 

 

 

Ainsi, loin d’encourager le mépris pour les femmes, les Écritures hébraïques donnent une description honnête de leur condition chez les serviteurs de Dieu. Bien que Jéhovah n’ait pas préservé ses adoratrices de l’accomplissement de Genèse 3:16, les femmes étaient traitées avec dignité et respect lorsqu’elles avaient affaire à des hommes pieux qui imitaient Jéhovah et suivaient sa Loi.

 

 

 

 

 

 

Les chrétiennes méritent honneur et respect

 

 

 

“Vous les maris, (...) continuez à demeurer avec elles selon la connaissance, leur assignant de l’honneur comme à un vase plus faible, le vase féminin.” — 1 PIERRE 3:7.

 

 

 

PRÈS d’un vieux puits situé non loin de la ville de Sychar, un jour de la fin de l’an 30 de notre ère, vers midi, Jésus va révéler comment il faut, selon lui, se conduire envers les femmes. Après avoir marché péniblement toute la matinée à travers la campagne accidentée de la Samarie , il s’est arrêté au puits, fatigué, affamé et assoiffé. Alors qu’il est assis là, une Samaritaine arrive pour tirer de l’eau. “Donne-moi à boire”, lui demande-t-il. La femme doit le regarder, interdite. “Comment se fait-il que toi, qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi qui suis une femme samaritaine?” s’étonne-t-elle. Un peu plus tard, lorsque ses disciples, qui sont partis acheter de la nourriture, reviennent, eux aussi sont stupéfaits; ils ne comprennent pas que Jésus ‘parle avec une femme’. — Jean 4:4-9, 27.

 

 

 

Pourquoi la femme a-t-elle posé cette question et qu’est-ce qui étonne les disciples? L’interlocutrice de Jésus est samaritaine, or les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains (Jean 8:48). Mais il y a, semble-t-il, une autre raison à leur étonnement. À l’époque, la tradition rabbinique dissuade les hommes de parler aux femmes en public. Pourtant, cela n’a pas empêché Jésus de prêcher ouvertement à cette femme sincère, et même de lui révéler qu’il est le Messie (Jean 4:25, 26). Ce faisant, il montre qu’il ne se laisse pas entraver par des traditions non fondées sur les Écritures, y compris celles qui rabaissent les femmes (Marc 7:9-13). Au contraire, tant par ses actes que par son enseignement, Jésus démontre que les femmes méritent honneur et respect.

 

 

 

L’attitude de Jésus envers les femmes

 

 

 

La tendre compassion que Jésus éprouvait pour les gens en général se retrouve dans son attitude envers les femmes. Un jour, une femme qui souffre d’un flux de sang depuis 12 ans cherche Jésus dans la foule. Son état la rendant impure au regard de la Loi , elle ne devrait pas se trouver là (Lévitique 15:25-27). Mais, poussée par le désespoir, elle se glisse derrière Jésus et touche son vêtement. Elle est guérie instantanément. Bien qu’il se rende chez Jaïrus, dont la fille est gravement malade, Jésus s’arrête. Il a senti une force sortir de lui, et il cherche du regard qui l’a touché. La femme finit par s’approcher et tombe à ses pieds, tremblante. Jésus va-t-il la réprimander pour s’être mêlée à la foule ou pour avoir touché son vêtement sans son autorisation? Au contraire, il se montre bon et chaleureux. “Ma fille, lui dit-il, ta foi t’a rétablie.” C’est la seule fois où Jésus s’adressera directement à une femme en l’appelant “ma fille”. Quel soulagement elle a dû ressentir! — Matthieu 9:18-22; Marc 5:21-34.

 

 

 

Jésus ne prenait pas la Loi au pied de la lettre. Il en discernait l’esprit et savait l’importance de la miséricorde et de la compassion (voir Matthieu 23:23). En l’occurrence, il a remarqué le désespoir de cette femme malade et a tenu compte du fait que son geste était motivé par la foi. Ce faisant, il a laissé un bel exemple aux membres masculins de la congrégation chrétienne, surtout aux surveillants. Si une chrétienne a des problèmes personnels ou se trouve dans une situation particulièrement éprouvante, les anciens doivent s’efforcer de voir au delà des paroles ou des actes et tenir compte des circonstances et des motivations. Cette analyse leur révélera peut-être que cette chrétienne a moins besoin de conseils et de correction que de patience, de compréhension et de compassion. — Proverbes 10:19; 16:23; 19:11.

 

 

 

Entravées à cause des traditions rabbiniques, les femmes qui vivent à l’époque de Jésus ne sont pas autorisées à servir de témoins. Or, voyez ce qui se passe peu de temps après la résurrection de Jésus, le matin du 16 Nisan de l’an 33. Qui verra en premier Jésus ressuscité et ira attester aux autres disciples que leur Seigneur a été relevé? Les femmes qui sont restées à portée de vue du lieu d’exécution jusqu’au dernier souffle de Jésus. — Matthieu 27:55, 56, 61.

 

 

 

Le matin du premier jour de la semaine, Marie Madeleine et d’autres femmes se rendent au tombeau de bonne heure avec des aromates pour préparer le corps de Jésus. Trouvant le tombeau vide, Marie court prévenir Pierre et Jean. Ses compagnes restent sur place. Peu après, un ange leur apparaît et leur annonce que Jésus a été ressuscité. “Allez vite [le] dire à ses disciples”, leur demande-t-il. Alors qu’elles courent porter la nouvelle, Jésus en personne vient à leur rencontre. “Allez annoncer la nouvelle à mes frères”, leur dit-il (Matthieu 28:1-10; Marc 16:1, 2; Jean 20:1, 2). Ignorant tout de l’intervention de l’ange, écrasée de chagrin, Marie Madeleine retourne au tombeau vide. Jésus lui apparaît et, après qu’elle l’a reconnu, il la charge d’une mission: “Va-t’en vers mes frères et dis-leur: ‘Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu.’” — Jean 20:11-18; voir aussi Matthieu 28:9, 10.

 

 

 

Jésus aurait pu apparaître d’abord à Pierre, à Jean ou à un autre de ses disciples masculins. Il a préféré accorder cette faveur à ces femmes en faisant d’elles les premiers témoins oculaires de sa résurrection et en les chargeant de l’attester à ses disciples masculins. Comment ceux-ci ont-ils réagi au début? Le récit déclare: “Ces propos leur parurent comme de pures absurdités, et ils ne croyaient pas les femmes.” (Luc 24:11). Se pourrait-il qu’ils aient eu du mal à accepter ce témoignage parce qu’il émanait de femmes? Si c’est le cas, avec le temps ils ont reçu abondance de preuves que Jésus avait été ressuscité d’entre les morts (Luc 24:13-46; 1 Corinthiens 15:3-8). De nos jours, les éléments masculins de la congrégation font preuve de sagesse en prenant en considération les remarques de leurs sœurs chrétiennes. — Voir Genèse 21:12.

 

 

 

Il est extrêmement réconfortant de remarquer l’attitude de Jésus envers les femmes. Toujours compatissant et parfaitement équilibré dans ses rapports avec elles, jamais il ne les mettait sur un piédestal ni ne les rabaissait (Jean 2:3-5). Il refusait les traditions rabbiniques qui frustraient les femmes de leur dignité et annulaient la Parole de Dieu (voir Matthieu 15:3-9). En témoignant honneur et respect aux femmes, Jésus a montré directement quelle conduite Jéhovah Dieu souhaite voir les hommes adopter envers elles (Jean 5:19). Il a également laissé un magnifique exemple aux chrétiens masculins. — 1 Pierre 2:21.

 

 

 

L’enseignement de Jésus sur les femmes

 

 

 

Jésus réfutait les traditions rabbiniques et accordait de la dignité aux femmes non seulement par ses actes mais aussi par son enseignement. Voyez, par exemple, ce qu’il a dit sur le divorce et l’adultère.

 

 

 

À propos du divorce, on lui a posé la question suivante: “Est-il permis à un homme de divorcer avec sa femme pour n’importe quel motif?” Voici la réponse de Jésus, telle qu’elle est consignée dans le récit de Marc: “Quiconque divorce avec sa femme [sauf pour motif de fornication] et se marie avec une autre commet un adultère envers elle, et si jamais une femme, après avoir divorcé avec son mari, se marie avec un autre, elle commet un adultère.” (Marc 10:10-12; Matthieu 19:3, 9). En une simple phrase, Jésus révèle son respect pour la dignité des femmes. Comment?

 

 

 

Tout d’abord, en précisant “sauf pour motif de fornication” (expression mentionnée dans l’Évangile de Matthieu), Jésus montre qu’on ne peut prendre le lien conjugal à la légère ou le briser facilement. À l’époque, l’enseignement des rabbins permet aux hommes de divorcer de leur femme pour des motifs aussi futiles que celui d’avoir raté un plat ou d’avoir parlé à un inconnu. Un homme est même autorisé à divorcer s’il trouve une femme plus séduisante à ses yeux! “Par ses paroles, écrit un bibliste, Jésus (...) prenait fermement fait et cause pour les femmes en s’efforçant de rétablir le mariage à la place qui lui revient.” De fait, le mariage devrait être une union permanente dans laquelle la femme se sente en sécurité. — Marc 10:6-9.

 

 

 

Ensuite, par l’expression “commet un adultère envers elle”, Jésus introduit une notion qui n’est pas reconnue par les tribunaux rabbiniques: celle d’un mari commettant un adultère envers sa femme. On relève cette explication dans un Commentaire interprétatif de la Bible (angl.): “Dans le judaïsme rabbinique, une femme infidèle pouvait commettre un adultère envers son mari; un homme, en ayant des relations sexuelles avec la femme d’un autre, pouvait commettre un adultère envers cet homme. Mais, quoi qu’il fît, un homme ne pouvait jamais commettre un adultère envers sa femme. En plaçant le mari sous la même obligation morale que sa femme, Jésus a élevé le statut et la dignité de la femme.”

 

 

 

Enfin, par l’expression “après avoir divorcé avec son mari”, Jésus légitime le droit d’une femme à divorcer d’un mari infidèle, possibilité apparemment connue, mais peu en usage sous la loi juive de l’époque. “Un mari, disait-on, peut divorcer de sa femme avec ou sans son consentement, mais une femme ne le peut qu’avec le consentement de son mari.” Selon Jésus, cependant, dans les normes chrétiennes hommes et femmes seraient soumis au même principe.

 

 

 

À travers son enseignement, Jésus a montré à quel point le bonheur des femmes lui tenait à cœur. On comprend donc aisément que certaines lui aient manifesté de l’amour en mettant leur avoir à son service (Luc 8:1-3). “Ce que j’enseigne n’est pas mien, disait Jésus, mais appartient à celui qui m’a envoyé.” (Jean 7:16). Son enseignement traduisait donc la tendre considération que Jéhovah éprouve envers les femmes.

 

 

 

“Leur assignant de l’honneur”

 

 

 

L’apôtre Pierre a été témoin oculaire du comportement de Jésus envers les femmes. Une trentaine d’années plus tard, il a donné lui-même des conseils pleins d’amour aux femmes mariées, avant d’ajouter: “Vous les maris, de même, continuez à demeurer avec elles selon la connaissance, leur assignant de l’honneur comme à un vase plus faible, le vase féminin, puisque vous aussi, vous êtes avec elles héritiers de la faveur imméritée de la vie, afin que vos prières ne soient pas entravées.” (1 Pierre 3:7). Qu’entendait Pierre par l’expression “leur assignant de l’honneur”?

 

 

 

Selon un lexicographe, le nom grec traduit par “honneur” (timê) a pour sens “prix, valeur, honneur, respect”. Certaines formes de ce mot sont rendues par “présents” et “précieux”. (Actes 28:10; 1 Pierre 2:7.) L’emploi que Pierre fait d’une forme de ce mot en 2 Pierre 1:17 nous permet de mieux comprendre ce que signifie honorer quelqu’un. Au sujet de la transfiguration de Jésus, il écrit: “Il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, quand des paroles comme celles-ci furent portées jusqu’à lui par la gloire magnifique: ‘Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé, que moi j’ai agréé.’” Lors de la transfiguration de Jésus, Jéhovah a honoré son Fils en disant qu’il l’agréait, et il a fait cette déclaration en présence de témoins (Matthieu 17:1-5). Partant, l’homme qui honore sa femme ne l’humilie pas ni ne la dénigre; au contraire, il démontre par ses paroles et par ses actes, en privé comme en public, toute l’estime qu’il lui porte. — Proverbes 31:28-30.

 

 

 

Cet honneur, dit Pierre, le mari chrétien doit l’‘assigner’ à sa femme. Il doit le lui accorder, non comme une faveur, mais comme un droit légitime. Qu’est-ce qui vaut un tel honneur aux femmes? Pierre explique: “Vous êtes avec elles héritiers de la faveur imméritée de la vie.” Au Ier siècle de notre ère, les hommes et les femmes à qui Pierre adressait sa lettre étaient tous appelés à devenir cohéritiers du Christ (Romains 8:16, 17; Galates 3:28). Ils n’exerçaient pas tous les mêmes responsabilités au sein de la congrégation, mais tous finiraient par régner ensemble avec le Christ dans les cieux (Révélation 20:6).

 

 

 

Pierre présente une autre raison impérieuse pour laquelle un mari devrait témoigner de l’honneur à sa femme: “Pour que [ses] prières ne soient pas entravées.” La forme verbale ‘être entravé’ vient d’un verbe grec (énkoptô) qui signifie littéralement “couper dans”. Dans son Dictionnaire interprétatif des mots du Nouveau Testament (angl.), W. Vine explique qu’il désignait “l’action d’entraver la progression de personnes en défonçant les routes ou en plaçant un obstacle au beau milieu du passage”. Ainsi, le mari qui n’assigne pas de l’honneur à sa femme risque de constater l’existence d’une sorte de barrage empêchant ses prières d’arriver jusqu’à Dieu. Peut-être se sentira-t-il indigne d’approcher Dieu, à moins que ce ne soit Jéhovah qui refuse de l’écouter. Manifestement donc, Jéhovah accorde une grande importance à la manière dont les hommes se conduisent envers les femmes. — Voir Lamentations 3:44.

 

 

 

Le mari n’est pas le seul à devoir assigner de l’honneur. S’il doit témoigner de l’honneur à sa femme en lui accordant amour et dignité, celle-ci, de son côté, doit l’honorer en se montrant soumise et en lui manifestant un profond respect (1 Pierre 3:1-6). Du reste, Paul a exhorté les chrétiens à ‘s’honorer les uns les autres’. (Romains 12:10.)

 

 

 

Depuis l’apparition du péché en Éden, au sein de nombreuses sociétés la femme est reléguée à une place déshonorante. Telle n’est pourtant pas la condition à laquelle Jéhovah la destinait à l’origine. Quelle que soit la position assignée à la femme dans une culture ou dans une autre, il ressort clairement des Écritures hébraïques comme des Écritures grecques que les femmes pieuses méritent honneur et respect. Tel est le droit que Dieu leur reconnaît.

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Mercredi 10 mai 2006 3 10 /05 /2006 14:57

C’était en l’an 31 de notre ère. Jésus et ses disciples se dirigeaient vers Naïn, une ville du nord de la Palestine. Comme ils approchaient des portes de la ville, ils aperçurent un cortège funèbre. On portait au tombeau un jeune homme, le fils unique d’une veuve qui allait maintenant se retrouver seule. Écoutons la suite du récit: ‘Ému de pitié pour elle Jésus lui dit: “Cesse de pleurer.” Puis, s’avançant, il toucha la civière et les porteurs s’arrêtèrent, et il dit: “Jeune homme, je te le dis, lève-toi!” Et le mort se dressa sur son séant et commença à parler.’ — Luc 7:11-15.

 

CETTE histoire est certes touchante, mais est-elle vraie? Beaucoup de gens ont du mal à admettre que des événements tels que celui-ci soient effectivement arrivés. Les miracles font néanmoins partie intégrante des Écritures. On ne peut donc croire en la Bible sans croire à ses miracles. D’ailleurs, l’ensemble des vérités bibliques sont suspendues à un miracle d’une importance capitale: la résurrection de Jésus Christ.

 

Pourquoi certains n’y croient pas

 

Croyez-vous aux miracles? Ou bien estimez-vous qu’en notre ère scientifique il soit illogique d’ajouter foi à des faits extraordinaires qui témoigneraient d’une intervention surnaturelle? Vous ne seriez pas le premier à ne pas croire aux miracles. Il y a deux siècles, le philosophe écossais David Hume n’y croyait pas non plus. Peut-être avez-vous les mêmes raisons que lui de vous montrer incrédule.

 

Pour Hume, la notion de miracle se heurtait à trois obstacles de taille. Tout d’abord, écrit-il, “un miracle est une violation des lois de la nature”. Depuis des temps immémoriaux, l’homme s’appuie sur les lois de la nature. Il a notamment appris que tout objet tombe à terre si on le lâche, que le soleil se lève chaque matin, qu’il se couche chaque soir. D’instinct, il sait que les choses se dérouleront toujours selon des règles qui lui sont familières et que rien ne dérogera jamais à ces lois naturelles. Cette “preuve, estimait Hume, est aussi entière qu’aucun argument imaginable tiré de l’expérience” contre l’éventualité d’un miracle.

 

Son deuxième argument était que les gens se laissent facilement berner. Certains veulent croire au merveilleux et aux miracles, tout particulièrement en matière de religion, tant et si bien que de nombreux soi-disant miracles se sont révélés des mystifications. Enfin, troisième argument, on entend généralement parler de miracles en des époques d’ignorance. Plus les gens sont instruits, moins on en fait état. Pour reprendre les propos de Hume, “de tels événements prodigieux n’arrivent jamais de nos jours”. Et Hume de conclure qu’ils ne s’étaient jamais produits.

 

Aujourd’hui, la plupart des objections formulées à l’encontre des miracles suivent plus ou moins l’argumentation de Hume. Reprenons-la point par point.

 

Une violation des lois de la nature?

 

Que dire de l’objection selon laquelle les miracles ‘sont une violation des lois de la nature’ et qu’ils ne peuvent par conséquent être authentiques? À première vue, l’argument semblerait convaincant; mais allons au fond des choses. On définit généralement un miracle comme un événement qui se produit en dehors des lois normales de la nature. C’est un événement si inattendu que, d’emblée, ceux qui en sont témoins lui attribuent une cause surnaturelle. En somme, cette première objection tient en ces mots: ‘Les miracles sont impossibles... parce qu’ils sont miraculeux!’ Mais plutôt que de tirer une conclusion hâtive, pourquoi ne pas d’abord analyser les faits?

 

À vrai dire, les gens instruits sont aujourd’hui moins prompts que David Hume à soutenir que les lois connues de la nature restent vraies en tout temps et en tout lieu. Les hommes de science se demandent si, outre les trois dimensions qui nous sont familières — la longueur, la largeur et la hauteur —, l’univers n’en compterait pas de nombreuses autres. Ils forment des théories sur l’existence de trous noirs, d’énormes étoiles qui s’effondrent sur elles-mêmes jusqu’à atteindre une densité virtuellement infinie. On dit que dans leur voisinage la structure de l’espace subit une distorsion telle que le temps lui-même suspend son cours. Les scientifiques ont même postulé que, dans certaines conditions, le temps puisse s’inverser pour faire marche arrière!

 

Parlant de la façon dont l’univers a débuté, Stephen Hawking, professeur de mathématiques à l’Université de Cambridge, a déclaré: “Selon la théorie classique de la relativité générale (...), la naissance de l’univers doit résulter d’une singularité qui conjugue densité infinie et courbure de l’espace-temps. Dans de telles conditions, toutes les lois connues de la physique se trouveraient bouleversées.” Les hommes de science ne pensent donc pas qu’il ne puisse jamais rien se produire de contraire aux lois normales de la nature. Des conditions inhabituelles peuvent très bien engendrer des événements insolites. Croire en un Dieu tout-puissant, c’est aussi lui reconnaître le pouvoir de provoquer des événements inhabituels, ou miraculeux, quand ses desseins l’exigent. — Exode 15:6-10; Ésaïe 40:13, 15.

 

Mystification?

 

Personne ne niera que certains miracles sont truqués. Des gens affirment par exemple être capables de procéder à des guérisons miraculeuses “par la foi”. Un médecin du nom de William Nolan a entrepris d’étudier ce type de guérisons. Il s’est penché sur de nombreuses “guérisons” opérées aux États-Unis, par des guérisseurs mystiques évangéliques, ainsi qu’en Asie, par des chirurgiens “métapsychiques”. Quel a été le résultat de son enquête? Toutes les “guérisons” qu’il a recensées se sont, à l’examen, révélées illusoires sinon frauduleuses.

 

Faut-il donc conclure que de vrais miracles n’ont jamais eu lieu? Pas forcément. Quand on apprend que de la fausse monnaie circule, que des malades mettent toute leur confiance dans des charlatans très cher payés, ou que des peintres imitent brillamment des toiles de maître, en déduit-on que tous les billets de banque sont contrefaits, que tous les médecins sont des escrocs ou que tous les tableaux sont des faux? De même, le caractère manifestement frauduleux de certains prétendus miracles ne prouve nullement que des miracles authentiques ne peuvent se produire.

 

‘Les miracles n’arrivent pas aujourd’hui’

 

La troisième objection que David Hume opposa aux miracles se résumait ainsi: “De tels événements prodigieux n’arrivent jamais de nos jours.” Il se refusait à croire aux miracles parce qu’il n’en avait jamais vu. Son raisonnement n’est cependant pas logique. Toute personne informée doit admettre qu’avant même la naissance du philosophe écossais, il s’était déjà produit des “événements prodigieux” qui ne se répétèrent pas de son vivant. Lesquels?

 

Tout d’abord, l’apparition de la vie sur la terre, puis celle de formes de vie conscientes, enfin celle de l’homme, être doué de sagesse, d’imagination, de la faculté d’aimer et d’une conscience. Aucun homme de science ne peut, en s’appuyant sur les lois qui régissent la nature aujourd’hui, dire comment ces événements extraordinaires se sont produits. Pourtant, maintes preuves vivantes attestent qu’ils ont effectivement eu lieu.

 

Parlons aussi des “événements prodigieux” qui se sont déroulés depuis l’époque de David Hume. Supposez qu’ayant remonté le temps, vous entrepreniez de lui décrire le monde moderne. Essayez de lui expliquer qu’un homme d’affaires de Hambourg peut parler à quelqu’un qui se trouve à Tokyo, à des milliers de kilomètres de là, sans même hausser la voix; qu’une partie de football disputée en Espagne peut être suivie, au moment même elle se joue, sur toute la terre; ou que des long-courriers, bien plus volumineux que les navires de son temps, peuvent quitter le sol et emporter dans les airs 500 passagers qui auront, en quelques heures, parcouru des milliers de kilomètres. Vous devinez sa réponse: ‘Impossible! De tels événements prodigieux n’arrivent jamais de nos jours.’

 

Et pourtant, de tels ‘prodiges’ ne sont-ils pas devenus réalité de nos jours? Pour quelle raison? Parce qu’en appliquant des principes scientifiques dont Hume ne soupçonnait même pas l’existence, l’homme a inventé le téléphone, la télévision et l’avion. Est-il dès lors si difficile de croire que Dieu ait par le passé, d’une façon qui nous échappe encore, accompli des actions qui pour nous relèvent du miracle?

 

Comment le savoir?

 

Bien entendu, il ne suffit pas d’affirmer que des miracles ont pu se produire pour qu’ils aient vraiment eu lieu. Comment savoir au XXe siècle si Dieu a, dans les temps bibliques, réellement opéré des miracles par l’entremise d’humains qui le servaient sur la terre? Quel genre de preuves peut-on espérer trouver? Imaginons qu’on enlève un membre d’une tribu primitive à sa jungle natale pour l’emmener visiter une grande ville. Comment pourra-t-il, une fois rentré, décrire à sa tribu les prodiges de la civilisation? Il n’est certes pas en mesure d’expliquer comment fonctionne une automobile, ni par quel phénomène un poste de radio portatif fait entendre de la musique. Il ne peut pas davantage prouver l’existence des ordinateurs en en construisant un. Tout ce qu’il peut faire, c’est raconter ce qu’il a vu.

 

Quant à nous, nous sommes dans la même situation que les membres de sa tribu. Pour savoir si Dieu a bel et bien opéré des miracles, nous disposons uniquement du témoignage d’observateurs qui se contentent de décrire ce qu’ils ont vu sans pouvoir ni l’expliquer, ni le reproduire. Or, à l’évidence, des témoins oculaires sont susceptibles de se laisser abuser. Il leur est également facile de grossir les faits et de fournir des renseignements erronés. Avant d’ajouter foi à leur témoignage, nous devons par conséquent nous assurer de leur crédibilité, de leur rigueur morale et de la sincérité de leurs mobiles.

 

Le miracle le mieux attesté

 

Aucun miracle de la Bible n’est mieux attesté que la résurrection de Jésus Christ. Peut-il faire jurisprudence? Considérons d’abord les faits tels qu’ils sont rapportés: Jésus fut arrêté le soir du 14 Nisan, soit un jeudi soir selon notre calendrier. Il comparut devant les chefs des Juifs qui l’accusèrent de blasphème et le jugèrent passible de mort. Ces hommes conduisirent Jésus devant le gouverneur romain Ponce Pilate, qui leur céda en leur livrant Jésus pour qu’il soit exécuté. Le vendredi, peut-être en fin de matinée (toujours le 14 Nisan selon le calendrier juif), Jésus fut cloué au poteau de supplice sur lequel il mourut quelques heures plus tard. — Marc 14:43-65; 15:1-39.

 

Après qu’un soldat romain se fut assuré de la mort de Jésus en lui perçant le côté avec sa lance, on déposa son corps dans une tombe neuve. Le lendemain, 15 Nisan (vendredi/samedi), était un jour de sabbat. Dans la matinée du 16 Nisan (dimanche matin), quelques disciples se rendirent à la tombe, qu’ils trouvèrent vide. Très vite le bruit se répandit qu’on avait vu Jésus vivant. Cette rumeur suscita une réaction semblable à celle qu’elle produirait aujourd’hui: l’incrédulité. Les apôtres eux-mêmes refusèrent d’y croire. Toutefois, quand ils virent Jésus vivant, ils furent contraints de reconnaître qu’il avait bien été relevé d’entre les morts. — Jean 19:31 à 20:29; Luc 24:11.

 

La tombe vide

 

Jésus avait-il été ressuscité, ou cette histoire a-t-elle été inventée de toutes pièces? À l’époque, beaucoup se sont sans doute demandé si le corps de Jésus était toujours dans la tombe. Les disciples de Jésus auraient eu du mal à défendre leurs dires si leurs adversaires avaient réfuté la résurrection de Jésus en montrant son corps toujours à sa place. Le récit cependant ne rapporte rien de tel. D’après la Bible , les chefs juifs ont au contraire soudoyé les soldats chargés de garder le tombeau, leur donnant cette instruction: “Dites: ‘Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé pendant que nous dormions.’” (Matthieu 28:11-13). D’ailleurs, le stratagème des chefs juifs est confirmé par des sources extra-bibliques.

 

Près d’un siècle après la mort de Jésus, Justin écrivit son Dialogue avec Tryphon. Nous y lisons: “Vous [les Juifs] avez élu des hommes de votre choix, vous les avez envoyés sur toute la terre prêcher qu’une hérésie impie, inique s’était levée par l’erreur d’un certain Jésus, galiléen: nous l’avions crucifié, disaient-ils, mais ses disciples, pendant la nuit, l’ont dérobé au tombeau dans lequel on l’avait placé.”

 

Tryphon était juif, et le Dialogue avec Tryphon avait pour objet la défense du christianisme face au judaïsme. Par conséquent, il est improbable que Justin ait mentionné cette accusation — le vol du corps de Jésus au tombeau par les chrétiens — si les Juifs ne l’avaient pas formulée. Dans le cas contraire, Justin aurait pu aisément être convaincu de mensonge. Il ne se serait pas exprimé ainsi si les Juifs n’avaient pas envoyé ces messagers. D’un autre côté, les Juifs n’ont lancé cette rumeur que parce que le 16 Nisan de l’an 33 la tombe de Jésus était vide et qu’ils ne pouvaient démentir la résurrection de Jésus en montrant son corps dans la tombe. Cela étant, que s’était-il donc passé? Les disciples avaient-ils vraiment dérobé le corps de leur maître? Ou bien avait-il été enlevé miraculeusement pour attester sa résurrection?

 

Les conclusions du médecin Luc

 

Au Ier siècle, un homme très instruit a soigneusement analysé cette affaire. Cet homme s’appelait Luc et il était médecin (Colossiens 4:14). Luc rédigea deux des livres qui composent aujourd’hui notre Bible: un Évangile, ou histoire du ministère de Jésus, et les Actes des apôtres, qui retracent l’expansion du christianisme dans les années qui suivirent la mort de Jésus.

 

Dans l’introduction de son Évangile, Luc parle des nombreuses sources auxquelles il s’est référé, sources aujourd’hui disparues: il a consulté des écrits relatant la vie de Jésus, s’est entretenu avec ceux qui l’avaient côtoyé et avaient été témoins de sa mort puis de sa résurrection. Sur quoi il ajoute: “[J’ai] repris toutes choses avec exactitude depuis le début.” (Luc 1:1-3). Il ne fait pas de doute que Luc s’était livré à des investigations minutieuses. Mais que dire de ses qualités d’historien?

 

Beaucoup les lui reconnaissent. Dans un discours donné en 1913, Sir William Ramsay parla de la valeur historique des travaux de Luc. Quelle fut sa conclusion? “Luc est un historien de premier plan. Non seulement ses déclarations sont dignes de foi, mais il possède le véritable sens historique.” Plus récemment, des biblistes sont parvenus à la même conclusion. Voici ce qu’on lit dans la préface d’un ouvrage en plusieurs volumes (The Living Word Commentary) consacré au livre de Luc: “Luc était un historien (des plus scrupuleux) doublé d’un théologien.”

 

Selon David Gooding, ancien professeur de grec de l’Ancien Testament en Irlande du Nord, Luc était “un historien antique dans la pure tradition des historiens de l’Ancien Testament et de la même veine que Thucydide [un des historiens de l’Antiquité les plus estimés]. Comme eux, Luc se sera donné beaucoup de mal pour fouiller ses sources, choisir ses informations et présenter ses travaux. (...) Thucydide alliait à cette méthode une passion pour l’exactitude historique: rien ne laisse penser que Luc s’en souciait moins”.

 

Revenons à la tombe trouvée vide le 16 Nisan. À quelle conclusion cet homme très compétent allait-il aboutir? Tant dans son Évangile que dans le livre des Actes, Luc présente la résurrection de Jésus comme un fait (Luc 24:1-52; Actes 1:3). Il ne nourrissait pas le moindre doute à ce sujet. Cette conviction était peut-être confortée par les faits qu’il avait personnellement vécus, car s’il ne fut pas, selon toute vraisemblance, témoin oculaire de la résurrection de Jésus, il dit par contre avoir assisté à des miracles accomplis par l’apôtre Paul. — Actes 20:7-12; 28:8, 9.

 

Ils ont vu Jésus ressuscité

 

Deux des Évangiles sont traditionnellement attribués à des hommes qui côtoyèrent Jésus, assistèrent à sa mort et affirmèrent l’avoir vu après sa résurrection. Il s’agit de l’apôtre Matthieu, un ancien collecteur d’impôts, et de Jean, l’apôtre bien-aimé de Jésus. Un autre rédacteur biblique, l’apôtre Paul, soutient lui aussi avoir vu le Christ relevé d’entre les morts. En outre, il cite nommément d’autres personnes qui virent également Jésus vivant, et précise qu’en une certaine occasion Christ apparut à “plus de cinq cents frères”. — 1 Corinthiens 15:3-8.

 

Un des témoins oculaires mentionnés par Paul n’est autre que Jacques, demi-frère de Jésus, qui connaissait certainement Jésus depuis l’enfance. L’apôtre Pierre est aussi de leur nombre. L’historien Luc le dépeint parlant sans crainte de la résurrection de Jésus, exécuté à peine quelques semaines auparavant (Actes 2:23, 24). La tradition attribue à Pierre deux lettres qui figurent dans la Bible. Dans la première, Pierre révèle qu’il puisait toujours une puissante motivation dans la résurrection de Jésus, des années après les faits. Il écrivit: “Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, car, selon sa grande miséricorde, il nous a donné une nouvelle naissance, pour une espérance vivante, grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts.” — 1 Pierre 1:3.

 

Bien que nous ne puissions pas, comme Luc, nous entretenir avec ceux qui ont affirmé avoir vu Jésus après sa mort et lui avoir parlé, nous pouvons en revanche lire ce que certains d’entre eux ont écrit. Nous sommes ainsi en mesure de déterminer par nous-mêmes si ces témoins ont été trompés, s’ils voulaient nous abuser ou s’ils ont réellement vu Jésus ressuscité. À dire vrai, il est tout à fait impossible qu’ils aient été trompés. On comptait parmi eux ceux qui restèrent des amis intimes de Jésus jusqu’à sa mort. Quelques-uns assistèrent à son agonie sur le poteau de supplice. Ils virent l’eau et le sang couler de la blessure que le soldat lui infligea avec sa lance. Comme eux, ce soldat savait que Jésus était mort, indiscutablement. Ces mêmes témoins affirmèrent avoir ensuite vu Jésus vivant et lui avoir parlé, ce qui exclut qu’on les ait trompés. Cela dit, essayaient-ils de nous abuser en attestant que Jésus avait été ressuscité? — Jean 19:32-35; 21:4, 15-24.

 

Pour le savoir, il nous suffit de répondre à une seule question: Croyaient-ils eux-mêmes ce qu’ils disaient? Sans conteste, oui. En réalité, la résurrection de Jésus constitue pour les chrétiens, y compris pour ceux qui dirent en avoir été témoins, le fondement même de leur foi. L’apôtre Paul déclara: “Si Christ n’a pas été relevé, assurément notre prédication est vaine et notre foi est vaine. (...) si Christ n’a pas été relevé, votre foi est inutile.” (1 Corinthiens 15:14, 17). Un homme qui prétendrait faussement avoir vu Christ ressuscité s’exprimerait-il de la sorte?

 

Songez à ce que représentait le fait de devenir chrétien à l’époque. Cela ne valait pas un prestige ou un pouvoir accrus, ni de plus grandes richesses. C’était même tout le contraire. Parmi les premiers chrétiens, nombreux furent ceux qui ‘acceptèrent avec joie le pillage de leurs biens’ en raison de leur foi (Hébreux 10:34). Embrasser le christianisme signifiait entreprendre une vie de sacrifice et subir des persécutions qui, bien souvent, conduisaient au martyre, à une mort ignominieuse et cruelle.

 

Certains chrétiens étaient issus de familles prospères, tel l’apôtre Jean dont le père possédait, semble-t-il, une entreprise de pêche florissante en Galilée. Bien d’autres étaient promis à un avenir brillant, comme Paul, qui, avant de devenir chrétien, avait été enseigné par le célèbre rabbin Gamaliel et commençait à se distinguer aux yeux des chefs juifs (Actes 9:1, 2; 22:3; Galates 1:14). Toutefois, tous renoncèrent à ce que le monde leur offrait pour diffuser un message fondé sur la résurrection de Jésus (Colossiens 1:23, 28). Pourquoi auraient-ils consenti d’aussi grands sacrifices et auraient-ils souffert en soutenant une cause s’ils savaient pertinemment qu’elle reposait sur un mensonge? Ils n’auraient certainement pas agi de la sorte. Ils étaient prêts à souffrir et à mourir parce qu’ils savaient leur cause solidement établie sur la vérité.

 

Les miracles arrivent vraiment

 

Tous ces faits offrent un témoignage éminemment convaincant. Jésus a bel et bien été relevé d’entre les morts le 16 Nisan de l’an 33, ce qui rend également possibles tous les autres miracles de la Bible , miracles eux aussi solidement attestés par des témoins oculaires. La Puissance qui a ressuscité Jésus est aussi celle qui lui avait permis de rendre la vie au fils de la veuve de Naïn. Grâce à elle, Jésus a opéré des miracles moindres, mais tout aussi extraordinaires: les guérisons. Elle lui a donné le pouvoir de nourrir miraculeusement une multitude de gens et celui de marcher sur l’eau. — Luc 7:11-15; Matthieu 11:4-6; 14:14-21, 23-31.

 

En conclusion, les récits de miracles relatés dans la Bible ne nous autorisent pas à douter de sa véracité. Les miracles qui se sont produits aux temps bibliques prouvent au contraire de façon éclatante que ce livre est réellement la Parole de Dieu.

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Lundi 15 mai 2006 1 15 /05 /2006 03:28

LE MOYEN-ORIENT est aujourd’hui au centre de l’actualité internationale, tout comme il y a deux mille ans. Alors, comme aujourd’hui, il abritait un État juif cerné par des voisins hostiles, dans un contexte religieux et nationaliste exacerbé. Comme aujourd’hui, le Moyen-Orient jouait un rôle clé dans l’économie du monde. (Le blé d’Égypte nourrissait toute la population de la Rome antique.) Ajoutons qu’à l’époque, cette région d’un très grand intérêt stratégique était la tête de pont de l’Empire romain chez ses rivaux.

 

C’est dans ce contexte que des prophéties ont été prononcées sur la nation juive, prophéties qui se sont réalisées jusque dans les moindres détails. Par exemple, il était prédit que Jérusalem serait cernée, tout d’abord par des troupes de siège, puis par une fortification de poteaux pointus, et que la ville tomberait finalement aux mains de ses ennemis après une lutte acharnée marquée par la famine, la peste et des atrocités. Il était même prédit que le magnifique temple de Jérusalem, dont les travaux d’agrandissement et d’embellissement venaient de s’achever, serait rasé de fond en comble.

 

En quoi sommes-nous concernés?

 

L’accomplissement point par point de ces prophéties 37 ans après qu’elles eurent été prononcées leur confère un intérêt majeur pour quiconque observe aujourd’hui la scène politique mondiale. La raison en est que les étudiants de la Bible se rendent compte que les prophéties de Jésus vont connaître un accomplissement encore plus grand, qui aura des répercussions sur tous les habitants de notre planète. — Luc 19:43, 44; 21:5-35.

 

Mais tout ceci s’est produit il y a plus de dix-neuf siècles. Comment sait-on que les prophéties de Jésus sur Jérusalem se sont réalisées jusque dans les moindres détails? Eh bien, la connaissance que l’on a aujourd’hui des événements qui ont entouré la destruction de Jérusalem par les armées romaines en l’an 70 repose en grande partie sur les écrits de l’historien juif Flavius Josèphe. Dans son ouvrage intitulé La guerre des Juifs, il mentionne les événements que Jésus avait prédits, bien que rien n’indique que Josèphe ait été lui-même chrétien, voire simplement au courant des prophéties de Jésus.

 

C’est ainsi que Josèphe rapporte que Titus, le général romain, avait bâti une fortification de poteaux pointus pour que la famine surprenne plus rapidement la ville assiégée, en accord avec la prophétie de Jésus. (Jésus avait dit: “Tes ennemis feront une fortification autour de toi, avec des pieux taillés en pointe, et t’encercleront, et te presseront de toutes parts.”) Josèphe parle longuement de l’état critique auquel les habitants de la ville avaient été réduits à cause de la famine, de la peste et du carnage qu’ils avaient affrontés, aspects que Jésus avait tous mentionnés. (“Il y aura (...) des pestes et des disettes.” “Ils tomberont sous le tranchant de l’épée.”) Cet historien rapporte également que le temple fut complètement rasé, sans qu’il en reste une seule pierre, exactement comme Jésus l’avait annoncé. (“Il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée.”)

 

Qui était Flavius Josèphe?

 

Qui était exactement cet historien juif qui en vint à être connu sous le patronyme romain de “Flavius”? Était-il vraiment à même de nous transmettre des renseignements précis sur les événements survenus dans la Judée du premier siècle? Peut-on se fier à ses dires?

 

Notons tout d’abord que Josèphe n’écrivait pas de l’histoire ancienne, grâce aux facilités que donne l’accès à quelque bibliothèque impériale. Non, il écrivait l’histoire de son temps. De fait, il fut contemporain de la plupart des événements qu’il a rapportés. Son récit est d’autant plus passionnant qu’il servit activement dans les deux camps durant la guerre entre les Juifs et les Romains, après avoir commencé comme général des forces juives stationnées en Galilée et terminé comme conseiller du général Titus. Il était si ami avec Titus et son père Vespasien qu’il finit par adopter leur nom de famille, Flavius, raison pour laquelle nous le connaissons sous le nom de Flavius Josèphe, et non par son nom juif de Joseph ben Matthias.

 

Né quelques années après la mort de Jésus, Josèphe se montra un observateur attentif des divers courants politiques de son temps. Il était de naissance noble, membre de la secte religieuse des Pharisiens et lié, par sa famille, à la secte plus aristocratique des Sadducéens. Il raconte qu’à l’âge de 26 ans, on l’envoya à Rome avec une délégation chargée d’obtenir la libération de certains prêtres juifs qui avaient été emmenés captifs chez César par le procurateur romain Félix, sur la base d’accusations “mineures et dérisoires”. Ce récit rappellera au lecteur de la Bible les difficultés que l’apôtre Paul a rencontrées avec ce même Félix, qui l’a gardé deux ans en prison dans l’espoir de toucher de l’argent (Actes 24:27). Durant son séjour à Rome, le jeune Josèphe se lia d’amitié avec la propre femme de Néron, l’impératrice Poppée, qui intervint en faveur de la libération de ses amis.

 

De retour à Jérusalem, Josèphe, rempli d’admiration pour la culture et la puissance de Rome, fut ahuri de voir que la nation juive se préparait de plus en plus ouvertement à une guerre avec les Romains. Comme il se jugeait sans doute en position de négocier avec les Romains, Josèphe accepta que ses concitoyens de Jérusalem le nomment gouverneur général en Galilée. Là, il s’attacha à fortifier les villes de Galilée, organisant ses troupes sur le modèle romain et déjouant toutes sortes de complots tramés contre lui par des zélotes de la région.

 

Un personnage tout de ruse et d’audace

 

De la personnalité de Josèphe se dégage une impression de ruse. C’est ce qui ressort de la façon dont il a réagi lorsque la ville de Tibériade, sur la mer de Galilée, s’est révoltée contre son autorité et l’a chassé. Comme Josèphe ne disposait pas de forces suffisantes pour marcher contre la ville, ses partisans et lui prirent chacun un bateau et firent voile vers Tibériade. Josèphe avait juste assez d’hommes pour manœuvrer les 230 navires qu’il commandait. Mais les habitants de Tibériade n’en savaient rien et croyaient que chaque embarcation était bourrée de soldats. Bluffant jusqu’au bout, Josèphe fit peur aux habitants, qui se rendirent sans la moindre effusion de sang.

 

Bientôt, le général romain Vespasien envahit la Galilée avec 60 000 hommes, pour venger les humiliations subies par Cestius Gallus en 66. Finalement, Vespasien accula Josèphe dans la petite ville montagneuse de Jotapata, qui succomba après un siège impitoyable de 47 jours. Josèphe et 40 survivants se réfugièrent dans une grotte. Lorsqu’on découvrit leur cachette, les Romains lui firent dire qu’il aurait la vie sauve s’il se rendait.

 

Josèphe aurait bien cédé, mais ses hommes n’étaient pas de cet avis, préférant un suicide collectif. Feignant de rejoindre leurs idées, Josèphe proposa que l’on tire au sort pour déterminer l’ordre dans lequel les hommes se tueraient mutuellement. Certains ont soupçonné Josèphe d’avoir “pipé les dés”, parce qu’à la fin, il ne restait plus qu’un survivant et lui. C’est à ce moment-là qu’il le persuada de se rendre avec lui aux Romains.

 

Après avoir été emmené en captivité, Josèphe eut l’audace de flatter cet homme superstitieux qu’était Vespasien en prétendant être devin et en prédisant que Vespasien deviendrait maître du monde. Vespasien fut si impressionné qu’il modifia son projet initial, qui était d’envoyer Josèphe à Néron. Il préféra le garder prisonnier en attendant la suite des événements. En 69, lorsque Vespasien fut proclamé empereur, il se rappela la prophétie de Josèphe, qui datait de deux ans, et, dès lors, notre homme devint l’ami et le conseiller intime de la famille Flavius.

 

Quand Vespasien s’en fut à Rome prendre son empire en mains, Josèphe partit avec Titus, le fils de Vespasien, pour mettre un terme à la guerre contre les Juifs en s’emparant de Jérusalem. Il servit à Titus de conseiller sur les tactiques juives, et, se faisant le propagandiste des Romains, il risqua sa vie sous les murailles de Jérusalem en poussant son peuple à la reddition.

 

Un témoin oculaire

 

C’est durant cette période que Josèphe a pu suivre aux premières loges les événements qui confirmaient la véracité de la remarquable prophétie de Jésus sur Jérusalem. Jésus avait prédit “grande détresse sur le pays et courroux sur ce peuple”, et Josèphe ne manqua pas de noter le courroux des Romains, qui étaient à l’origine favorablement disposés à l’égard des Juifs mais qui virent rouge lorsqu’ils se rendirent compte que les Juifs n’étaient pas disposés à céder. — Luc 21:23.

 

Lorsque la ville tomba, au terme d’un siège relativement court de quatre mois et demi, les soldats romains se livrèrent au carnage, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus la force de poursuivre leurs massacres. “Glaive au poing, ils massacraient indistinctement tous ceux qu’ils rencontraient et brûlaient les maisons avec tous les gens qui avaient cherché refuge à l’intérieur. Tandis qu’ils en ravageaient des quantités lorsqu’ils pénétraient à l’intérieur pour piller, ils tombaient sur des familles entières de cadavres et des pièces bourrées de victimes de la famine (...) poursuivant ceux qu’ils rencontraient, ils engorgeaient les ruelles de cadavres et répandaient des flots de sang dans toute la ville.”

 

Il vaut la peine de noter que non seulement la férocité, mais la brièveté même du siège de Jérusalem avaient fait l’objet d’une prédiction de Jésus, lorsqu’il avait dit: “Oui, si ces jours-là n’étaient écourtés, nulle chair ne serait sauvée.” (Mat. 24:22). Durant le siège, Josèphe, glacé d’horreur, vit les Juifs entasser 600 000 cadavres sur les murailles de la ville, à savoir les victimes de la famine, de la maladie et des guerres intestines qui se livraient dans la capitale. À cette cadence, toute la population de Jérusalem serait morte si le siège s’était poursuivi cinq mois de plus.

 

Josèphe rapporte que le total des Juifs qui ont péri dans le siège atteignait 1 100 000 morts, et il appuie ce chiffre en soulignant que le siège était survenu alors que de grandes foules de pèlerins s’étaient rendus à Jérusalem pour fêter la pâque. On a mis en doute le chiffre avancé par Josèphe, sous prétexte que Tacite, historien romain, donne l’estimation plus modeste de 600 000 morts.

 

Il faut pourtant se rappeler que Tacite n’était pas témoin oculaire des événements. Ses écrits fourmillent d’inexactitudes sur l’histoire et les coutumes juives, et lui-même reconnaît qu’il tenait de seconde main le nombre des victimes.

 

Par contre, Josèphe défend son chiffre de 1 100 000 morts en faisant remarquer que peu avant l’invasion de la Judée par les Romains, on avait compté le nombre d’animaux sacrifiés durant la fête, et l’on était arrivé au chiffre de 256 500. Or, comme un seul animal permettait à dix personnes de manger la pâque, Josèphe en a déduit que deux millions et demi de Juifs se trouvaient à Jérusalem au moment de cette fête.

 

Un auteur crédible, mais pas infaillible

 

En tant que témoin oculaire, Josèphe possède un crédit d’historien incontestable. Certes, il n’a pas vu de ses yeux les événements qui se déroulaient à l’intérieur de Jérusalem durant le siège, mais il a pu obtenir la liberté de quelque 200 survivants juifs après la chute de la ville, ce qui lui a permis de les interroger. Durant le siège, il y avait également un flot continuel de transfuges juifs, et Josèphe avait tout loisir pour les interroger eux aussi. En outre, il semble qu’il ait eu accès aux notes et aux commentaires de ses maîtres, Vespasien et Titus, puisque, dans ses derniers écrits, il fait allusion à de tels documents.

 

Ceci ne veut pas dire que l’Histoire racontée par Josèphe est infaillible. Visiblement, il veut plaire à ses bienfaiteurs romains, et cela se trahit, au même titre que la haine qu’il nourrissait contre les zélotes, qui tenaient Jérusalem durant le siège, et dont certains avaient été ses ennemis lorsqu’il était gouverneur militaire de la Galilée. Toutefois , il n’y a aucune raison de douter de l’exactitude de l’œuvre de Josèphe dans son ensemble. Après tout, elle fut écrite durant la vie de tous les protagonistes de cette chronique. Toute inexactitude grave n’aurait pas manqué d’être relevée par les nombreux jaloux contempteurs de l’auteur.

 

Les écrits de Josèphe constituent une lecture passionnante, tant pour ceux qui étudient l’Histoire que pour ceux qui étudient la Bible. Peut-être n’étiez-vous pas conscient que l’histoire profane confirmait aussi remarquablement les prophéties bibliques. Bien que la Parole de Dieu n’ait pas besoin de Josèphe ni de quelque autre historien profane pour que l’on puisse vérifier ce qu’elle avance, néanmoins toute personne objective qui se rend compte de la précision de la Bible dans le passé se sentira mieux disposée à examiner ce qu’elle dit pour notre époque.

 

Vous représentiez-vous jusqu’ici Josèphe comme un savant dans une bibliothèque poussiéreuse? En un mot, notre homme fut diplomate, général, prisonnier de guerre, devin nommé de son propre chef, conseiller militaire auprès des Romains et chroniqueur pittoresque des événements de son temps; en somme, indéniablement, un historien qui collait parfaitement à son sujet.

 

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Samedi 20 mai 2006 6 20 /05 /2006 01:38

Première ville cananéenne à l’O. du Jourdain que conquirent les Israélites (Nb 22:1 ; Jos 6:1, 24, 25). On l’identifie à Tell es-Soultân (Tel Yeriho), à environ 22 km à l’E.-N.-E. de Jérusalem. On pense que Touloul Abou el-`Alayiq, non loin de là, correspond à l’emplacement de la Jéricho du Ier siècle. Nichée dans la vallée du Jourdain, à quelque 250 m au-dessous du niveau de la mer, Jéricho jouit d’un climat subtropical. Aujourd’hui, on cultive dans la région des oranges, des bananes et des figues et, comme autrefois, les palmiers y sont abondants.

Prémices de la conquête par Israël. Au terme des 40 ans qu’ils passèrent à errer dans le désert, les Israélites arrivèrent dans les plaines de Moab. Là, face à Jéricho, Moïse gravit le mont Nebo et contempla la Terre promise, dont Jéricho, " la ville des palmiers ", et la plaine qui l’environnait. — Nb 36:13 ; Dt 32:49 ; 34:1-3.

Au terme des 40 ans qu’ils passèrent à errer dans le désert, les Israélites arrivèrent dans les plaines de Moab. Là, face à Jéricho, Moïse gravit le mont Nebo et contempla la Terre promise, dont Jéricho, " la ville des palmiers ", et la plaine qui l’environnait. — Nb 36:13 ; Dt 32:49 ; 34:1-3.

Après la mort de Moïse, Josué envoya deux espions à Jéricho. Cachés par Rahab, ils échappèrent aux recherches, puis s’enfuirent de la ville en passant à l’aide d’une corde par la fenêtre de la maison de Rahab qui se trouvait en haut de la muraille de Jéricho. Pendant trois jours, les deux hommes se terrèrent près de la ville, dans la région montagneuse, après quoi ils franchirent le Jourdain à gué et regagnèrent le camp d’Israël. — Jos 2:1-23.

Le roi et les habitants de Jéricho durent être remplis de frayeur lorsqu’ils apprirent ou virent que les eaux en crue du Jourdain avaient été endiguées par miracle pour laisser les Israélites traverser à pied sec. Par la suite, bien que les Israélites mâles se soient fait circoncire et qu’il leur ait fallu se remettre de cette opération avant d’être en mesure de se défendre, personne n’osa les attaquer à Guilgal. Sans être molestés, les Israélites célébrèrent également la Pâque dans la plaine désertique de Jéricho. — Jos 5:1-10.

Plus tard, près de Jéricho, un prince angélique apparut à Josué et lui expliqua comment s’emparer de la ville, qui était alors hermétiquement close à cause des Israélites. Une fois par jour pendant six jours, les forces militaires d’Israël, obéissantes, sortirent, suivies de sept prêtres qui sonnaient continuellement du cor, puis des prêtres qui portaient l’Arche et enfin de l’arrière-garde, tous marchant autour de Jéricho. Mais le septième jour, elles marchèrent sept fois autour de la ville. Lorsque les cors retentirent lors de la dernière marche autour de Jéricho, le peuple poussa un grand cri de guerre et les murailles de la ville tombèrent sur place. — Jos 5:13–6:20.

Les Israélites se précipitèrent alors dans Jéricho et vouèrent ses habitants ainsi que tous ses animaux domestiques à la destruction. Toutefois, en raison de la bonté dont Rahab avait fait preuve en cachant les espions, elle et les membres de sa famille, à l’abri dans sa maison située sur la partie de la muraille qui ne s’était pas écroulée, furent épargnés. Toute la ville fut brûlée. Seuls l’or et l’argent furent déposés dans le sanctuaire de Jéhovah (Jos 6:20-25). Cependant, un Israélite nommé Akân vola un lingot d’or, de l’argent et un beau vêtement, et cacha le tout sous sa tente. Il causa ainsi sa mort et celle de sa famille entière. — Jos 7:20-26.

Mentions historiques postérieures. La ville détruite de Jéricho se retrouva par la suite dans le territoire de Benjamin à la frontière d’Éphraïm et de Manassé (Jos 16:1, 7 ; 18:12, 21). Il semble qu’une sorte de petit village s’y constitua assez rapidement. Églôn, roi de Moab, en prit possession et en resta maître pendant 18 ans (Jg 3:12-30). À l’époque du roi David, il y avait encore un petit village à Jéricho (2S 10:5 ; 1Ch 19:5). Toutefois, la ville ne fut vraiment reconstruite que sous le règne d’Ahab par Hiel le Béthélite. Alors s’accomplit la malédiction prophétique prononcée par Josué plus de 500 ans auparavant : Hiel perdit Abiram, son premier-né, quand il posa les fondations de la ville, et Segoub, son plus jeune fils, lorsqu’il en érigea les portes. — Jos 6:26 ; 1R 16:34.

La ville détruite de Jéricho se retrouva par la suite dans le territoire de Benjamin à la frontière d’Éphraïm et de Manassé (Jos 16:1, 7 ; 18:12, 21). Il semble qu’une sorte de petit village s’y constitua assez rapidement. Églôn, roi de Moab, en prit possession et en resta maître pendant 18 ans (Jg 3:12-30). À l’époque du roi David, il y avait encore un petit village à Jéricho (2S 10:5 ; 1Ch 19:5). Toutefois, la ville ne fut vraiment reconstruite que sous le règne d’Ahab par Hiel le Béthélite. Alors s’accomplit la malédiction prophétique prononcée par Josué plus de 500 ans auparavant : Hiel perdit Abiram, son premier-né, quand il posa les fondations de la ville, et Segoub, son plus jeune fils, lorsqu’il en érigea les portes. — Jos 6:26 ; 1R 16:34.

À peu près à la même époque, des " fils des prophètes " résidaient à Jéricho (2R 2:4, 5). Après que Jéhovah eut enlevé le prophète Éliya dans une tempête de vent, Élisha resta quelque temps à Jéricho et guérit la réserve d’eau de la ville (2R 2:11-15, 19-22). On a dit de l’eau de `Aïn es-Soultân (la source qui fut guérie par Élisha, selon la tradition), eau qui arrose les jardins de la Jéricho moderne, qu’elle est douce et agréable.

À l’époque d’Ahaz, méchant roi de Juda, Jéhovah permit aux armées israélites commandées par le roi Péqah d’infliger une défaite humiliante au royaume infidèle de Juda ; elles tuèrent 120 000 hommes et firent 200 000 captifs. Cependant, Oded, prophète de Jéhovah, rencontra les vainqueurs à leur retour et leur déconseilla vivement de réduire les captifs en esclavage. Par conséquent, après avoir été habillés et nourris, les prisonniers furent emmenés à Jéricho et libérés. — 2Ch 28:6-15.

Après la chute de Jérusalem en 607 av. n. è., le roi Tsidqiya s’enfuit en direction de Jéricho, mais les Babyloniens le rattrapèrent et le firent prisonnier dans les plaines désertiques de la ville (2R 25:5 ; Jr 39:5 ; 52:8). Après la libération de la captivité à Babylone, 345 " fils de Jéricho " figuraient parmi ceux qui revinrent avec Zorobabel en 537 av. n. è. Tout porte à croire qu’ils s’installèrent à Jéricho (Ezr 2:1, 2, 34 ; Ne 7:36). Plus tard, des hommes de Jéricho travaillèrent à la reconstruction de la muraille de Jérusalem. — Ne 3:2.

Vers la fin de l’an 32 et le début de l’an 33 de n. è., Jéricho est mentionnée dans le cadre du ministère de Jésus. À proximité de cette ville, Jésus Christ redonna la vue à Bartimée et à son compagnon (Mc 10:46 ; Mt 20:29 ; Lc 18:35). À Jéricho, Jésus rencontra également Zachée et fut son hôte par la suite (Lc 19:1-7). Plus tôt, en Judée, dans son exemple du bon Samaritain, Jésus avait parlé de la route qui reliait Jérusalem à Jéricho (Lc 10:30). D’après d’anciens témoignages historiques, cette route était infestée de bandits.

Les archéologues ont-ils trouvé des preuves de la destruction de Jéricho à l’époque de Josué ?

Entre 1929 et 1936, le professeur John Garstang dirigea une expédition anglaise à Tell es-Soultân ; il découvrit qu’une des villes bâties selon lui sur ce site avait subi de terribles incendies et que ses murailles s’étaient écroulées. Il identifia cette ville à la Jéricho de l’époque de Josué et situa sa destruction vers 1 400 av. n. è. Aujourd’hui, certains spécialistes souscrivent toujours aux conclusions de J. Garstang, mais d’autres interprètent différemment les vestiges. On lit sous la plume de l’archéologue G. Wright : " Les deux murailles qui entouraient le haut de la vieille ville, et qui, d’après Garstang [...], avaient été détruites par un tremblement de terre et par un incendie à l’époque de Josué, dataient en fait du IIIe millénaire et ne représentaient que deux des quelque quatorze murailles ou pans de mur érigés successivement au cours de cette période. " (Biblical Archaeology, 1963, p. 79, 80). Beaucoup pensent qu’il reste peu de chose, sinon rien, de la Jéricho du temps de Josué, les fouilles effectuées précédemment à cet endroit ayant fait disparaître ce qui aurait pu subsister de l’époque de sa destruction. Le professeur Jack Finegan fait l’observation suivante : " Actuellement, il ne reste donc presque plus aucun vestige sur le site qui permette de tenter de déterminer la date de la prise de Jéricho par Josué. " — Light From the Ancient Past, 1959, p. 159.

C’est pourquoi nombre de savants datent la chute de Jéricho à partir de preuves indirectes, et les dates proposées s’étalent sur une période d’environ 200 ans. À cause de cette incertitude, le professeur Merrill Unger fait observer avec pertinence : " Les spécialistes doivent aussi se montrer extrêmement prudents afin de ne pas accorder une autorité excessive aux estimations de dates fournies par les archéologues et à leur interprétation des données. Les divergences considérables qui séparent les autorités compétentes en ces matières démontrent amplement que la datation et les conclusions tirées des découvertes archéologiques dépendent souvent de facteurs subjectifs. " — Archaeology and the Old Testament, 1964, p. 164.

Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter parce que les interprétations des archéologues ne correspondent pas à la chronologie biblique qui situe la destruction de Jéricho en 1473 av. n. è. Les différences de vues entre J. Garstang et d’autres archéologues concernant Jéricho illustrent la nécessité d’être circonspect quand il s’agit d’ajouter foi au témoignage de l’archéologie, qu’il semble confirmer ou contredire le récit et la chronologie de la Bible.

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Samedi 3 juin 2006 6 03 /06 /2006 16:10

Est-ce le visage du Christ? Des millions de gens dans le monde le croient. Pourquoi?

 CE VISAGE figure sur une étoffe de lin que l’on a qualifiée de “plus importante relique de l’histoire du christianisme”, à savoir le suaire de Turin.

 Ce voile de 1,10 m × 4,36 m serait pour certains le “fin lin” (Marc 15:46) utilisé pour recouvrir le corps de Jésus après sa mort. Il porte l’image pâle d’un corps taché de sang avec des blessures que l’on dit correspondre à celles qui ont été infligées à Jésus. L’étoffe aurait été, dit-on, repliée autour du corps, si bien que l’on voit de face et de dos la silhouette d’un homme, entre deux pliures sombres consécutives à un incendie.

 L’attention du monde s’est portée sur cette relique après l’ostension qui attira des millions d’observateurs (qui l’attendaient depuis longtemps), lorsqu’une équipe de chercheurs reçut l’autorisation d’examiner à fond le suaire. Au cours du mois d’octobre 1978, pendant cinq jours et cinq nuits, 45 savants, équipés de quatre tonnes de matériel ultramoderne, ont examiné la relique dans tous les sens. La revue Science News écrivit à ce propos:

 “Sur un autel de la cathédrale de Turin, cinq verges de linge donnent lieu aux mesures scientifiques sans doute les plus précises qu’ait jamais reçues une relique.”

 Bien avant que les résultats de ces recherches n’aient été publiés, les livres et les journaux présentèrent le suaire comme

 • “Une preuve de l’existence de Dieu”

 • “Le cinquième Évangile, écrit avec du sang”

 • “Un véritable ‘instantané’ de la Résurrection ”

 • “La photographie du Christ”

  Quel chrétien n’aimerait connaître l’aspect physique de Jésus? Si l’on pense, comme certains, qu’il existe une preuve concrète de la résurrection, on comprend l’excitation qui les a gagnés. D’un autre côté, quelle serait votre réaction si l’on découvrait un jour que le suaire est un faux? Quelle confusion! Par la large publicité dont il est l’objet, ce suaire pourrait-il égarer les gens et leur faire négliger des arguments beaucoup plus puissants en faveur de la résurrection?

 N’aimeriez-vous pas connaître tous les faits? Dans quelle mesure un chrétien doit-il se sentir concerné par cette relique?

 Examinons tout d’abord ce qui a causé l’émoi de tant de savants à propos de ce suaire.

 Les arguments des partisans

 Le tissage en chevrons d’un lin très solide avait cours en Palestine au temps du Christ, et l’on a retrouvé sur le suaire des pollens de plantes qui poussaient jadis dans cette région. La préservation d’un linge de l’époque de Jésus ne présente rien d’extraordinaire en soi, puisque l’on possède des tissus encore plus anciens. Le caractère unique de cette étoffe provient de l’image qu’elle porte.

 En 1898, lorsque le suaire fut photographié pour la première fois, un élément tout à fait inattendu se fit jour, élément qui attira l’attention du monde scientifique d’alors. En effet, au développement, l’image du suaire s’avéra être en réalité un négatif, comme une épreuve photographique qui présente l’inverse de la luminosité du portrait. Les empreintes pâles du suaire semblèrent prendre vie sur le négatif. Elles montraient avec des détails exceptionnels le visage d’un homme.

 On observa aux poignets et aux pieds les mêmes marques que s’ils avaient été percés. Il y avait également une grande tache de sang sur le côté droit de la poitrine et quantité de marques doubles qui évoquaient les traces laissées par les fouets qu’utilisaient les Romains au temps du Christ. On découvrit aussi des taches de sang sur la tête, comme si on lui avait appliqué une calotte d’épines.

 La plus grande énigme concerne la formation même de l’image. Les examens les plus récents n’ont pas permis de déceler la moindre trace des pigments utilisés au Moyen Âge, époque où le suaire a été signalé pour la première fois. De puissants microscopes ont révélé que l’image était constituée de grains minuscules sur les fibres, d’une couleur jaune-rouge. Quelle qu’en soit la cause, l’image n’a pas pénétré le tissu. “On a l’impression, écrit I. Wilson, qu’il s’est agi d’une action ‘à sec’, comme provenant de quelque force physique qui aurait réagi avec les fibres superficielles des fils, ces fibres ayant ainsi formé d’elles-mêmes les granules que l’on constate.”

 D’après un chimiste qui fait autorité sur le suaire, R. Rogers, la dernière théorie en vogue est que l’image “a été formée par une explosion d’énergie radiante”. Certains pensent que celle-ci aurait eu lieu au moment de la résurrection de Jésus. Ces conclusions emportent-elles la conviction unanime de tous?

 De solides raisons de douter

 Un certain nombre de biblistes éminents révoquent en doute l’authenticité du suaire à cause des Écritures. La Bible décrit en effet l’ensevelissement de Jésus dans des conditions différentes de celles qu’évoque le suaire. Pour que ce dernier soit authentique, il aurait fallu que deux conditions soient remplies au moment où l’image s’est formée: Premièrement, que le corps n’ait pas été lavé, car les taches de sang sont bien visibles sur l’étoffe. Deuxièmement, que le suaire ait simplement recouvert le corps, mais sans être appliqué contre lui. Selon un partisan du suaire, E. Wuenschel, “les empreintes qui figurent sur le suaire n’ont pas été produites par le simple contact du linge avec un corps humain”. Cet auteur ajoute: “Un tel contact aurait provoqué une déformation considérable de l’image, or, celle du suaire ne présente aucune distorsion, ou très peu.”

 L’enterrement de Jésus est rapporté très brièvement dans les Évangiles selon Matthieu (27:59, 60), Marc (15:46) et Luc (23:53). Mais tous disent que l’on “enveloppa” le corps dans du “fin lin”. La préparation du corps s’est-elle déroulée si rapidement que l’on n’aurait pas eu le temps de le laver? De la part de Juifs, ce serait étonnant au plus haut point. La raison en est qu’un historien juif du premier siècle, Josèphe, explique que contrairement à leurs ennemis, “les Juifs avaient coutume de prendre grand soin de l’enterrement des hommes”.

 Un témoin oculaire, l’apôtre Jean, fournit d’autres détails qui confirment que l’on a pris “grand soin” du corps de Jésus avant de l’enterrer. Il écrit en effet:

 “[Joseph d’Arimathée] vint donc et enleva son corps. Vint aussi Nicodème (...) il apportait un rouleau de myrrhe et d’aloès, cent livres environ. Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de bandelettes avec les aromates, comme les Juifs ont coutume de préparer l’ensevelissement.” — Jean 19:38-40.

 Quelle était la “coutume” des Juifs en matière d’ensevelissement? En pratique, les seuls témoignages contemporains figurent dans les Écritures grecques. On apprend que le corps était d’abord lavé, puis oint avec de l’huile et des aromates (Actes 9:37; Mat. 26:12). Le fait que Joseph et Nicodème ont utilisé de la myrrhe, des bandelettes et de l’aloès et qu’ils “lièrent” le corps indique qu’ils avaient pour le moins commencé à préparer le corps selon la coutume juive.

 D’autres écrits non bibliques juifs indiquent également que l’on avait coutume de laver le corps et de se servir d’aromates, non pas pour le préserver ou l’embaumer, comme d’aucuns le prétendent, mais plutôt, comme le dit le Talmud, pour que “les aromates enlèvent la mauvaise odeur”. Même le jour du sabbat, la préparation du corps n’était pas interdite. C’est ce que l’on relève au second siècle de notre ère dans la Mischna : “Ils peuvent préparer [le sabbat] tout ce qui est nécessaire pour le mort, l’oindre et le laver.” — Sabbat 23:5.

 Que les deux Juifs précités aient pris des dispositions pour préparer le corps en vue de l’ensevelissement, c’est aussi ce qui ressort de ce que l’on a retrouvé dans la tombe vide après la résurrection de Jésus. Le récit de l’évangéliste Jean déclare:

 “[Pierre] vit les bandelettes posées là, ainsi que le linge qui avait été sur sa tête, non pas posé avec les bandelettes, mais roulé à part, à une autre place.” — Jean 20:6, 7.

 Ici il n’est pas question de “fin lin” (sindôn, en grec), mais de “bandelettes” (othonia, en grec) et d’un “linge qui avait été sur sa tête” (soudarion, en grec). Peut-être le “fin lin” a-t-il été découpé en bandes pour donner les “bandelettes” avec lesquelles était enveloppé le corps du Christ. Si tel est le cas, celles-ci auraient maintenu le linceul contre le corps et permis une impression par contact, mais pas l’image projetée que présente le suaire. Si les bandelettes se trouvaient sous le suaire, elles auraient de toute évidence déformé l’image.

 Le fait qu’un morceau de tissu est mentionné séparément pour la tête révèle que le linge qui couvrait le visage n’était pas le même, alors que le suaire montre sans équivoque l’image de la tête sur le même linge que celui qui couvrait censément le corps. Certains ont néanmoins prétendu que ce linge qui couvrait la tête était en réalité le suaire. Il n’empêche que le mot grec pour désigner ce linge apparaît dans plusieurs traductions comme un “mouchoir” (Reuss, Lausanne). En Luc 19:20, il désigne un morceau de tissu dans lequel on garde son argent. Comment peut-on dire que ce vocable désignerait un linceul de 4,30 m de long? D’autres auteurs sont d’avis que le linge du visage était une mentonnière pour maintenir la mâchoire du cadavre. Dans cette hypothèse, cela voudrait dire que Jean n’a pas mentionné la présence du suaire dans la tombe vide. Il est certain que s’il a pris la peine de parler des “bandelettes” et du ‘linge du visage’, il n’allait pas manquer non plus de mentionner le suaire s’il y en avait eu un.

 Le texte biblique permet de comprendre que le corps a été lavé et oint de myrrhe et d’aloès comme le prescrit la coutume juive. Tout a été mené à bien, sauf l’onction avec l’huile et les aromates, onction que les femmes avaient l’intention de faire le lendemain matin du sabbat (Luc 23:55, 56; Marc 16:1). De tels préparatifs ne se prêtaient pas à ce que l’on observe une image comme celle du suaire. D’ailleurs, un partisan du suaire, R. Hoare, fait cet aveu au sujet du récit biblique:

 “Ce passage de saint Jean a constitué pendant des années le principal argument contre l’authenticité du suaire et, à vrai dire, un argument très puissant.” — Le témoignage du Suaire (angl.), p. 120.

 Le curieux silence des premiers auteurs chrétiens

 Si l’image de Jésus était présente sur son linge mortuaire, ne vous semble-t-il pas que cela aurait été remarqué et que l’on en aurait parlé? Or, à part ce que disent les Évangiles, le Nouveau Testament est absolument muet sur ce linge mortuaire.

 Même les auteurs des troisième et quatrième siècles qui se réclamaient du christianisme, dont beaucoup ont écrit au sujet d’une foule de prétendus miracles liés à quantité de reliques ne mentionnent pas l’existence d’un suaire qui aurait conservé l’image de Jésus. Certains prétendent que le suaire a été caché pendant toutes ces années. Pourtant, même après la “découverte” du suaire attribué à Jésus, les auteurs du septième siècle ne mentionnent aucune image sur l’étoffe. P. Beecher, partisan du suaire, énumère une foule d’individus qui l’ont vu entre le septième et le treizième siècle, et même une personne qui l’a “embrassé”; pourtant, aucun ne mentionne l’image. Voilà qui est difficile à comprendre, puisque d’après H. Thurston, les observateurs des quinzième et seizième siècles “décrivent le motif imprimé sur le suaire comme si détaillé et si coloré qu’il aurait pu être fait récemment”.

 Il fallut attendre 1205 pour qu’un soldat français, Robert de Clari, signale avoir vu “le sydoine [suaire] dans lequel Notre Seigneur avait été enveloppé, qu’on élevait tout droit chaque vendredi si bien qu’on pouvait y voir la figure de Notre Seigneur”. À propos de cette longue période de silence, un autre partisan du suaire, I. Wilson, pose ces questions très pertinentes:

 “Comment une pièce de tissu aussi passionnante que le Suaire de Turin, s’il est authentique, peut-elle avoir disparu totalement pendant treize siècles, pour resurgir soudain dans la France du XIVe siècle?

 “Peut-elle être demeurée cachée tout ce temps d’abord à cause des persécutions menées contre les chrétiens par les Juifs et les Romains, puis pour échapper au danger qu’ont couru toutes les images saintes à cause des iconoclastes (725-842)? Mais c’est tout à fait improbable.

 “De la conversion de Constantin le Grand au début de la guerre des icônes, il s’est passé quatre cents ans au cours desquels de nombreuses reliques ‘cachées’ ont revu la lumière du jour, y compris la vraie croix, la couronne d’épines, les clous, le manteau de pourpre, le roseau, la pierre du sépulcre, etc. Pendant ces quatre cents ans, un objet aussi important et aussi évident que le suaire aurait eu maintes occasions de réapparaître. Mais il n’existe aucun document concernant un tel événement.”

 Vu la signification accordée à cette relique, on ne peut que se demander pourquoi il a fallu attendre près de 1 200 ans avant que quelqu’un mentionne l’image qu’elle comportait.

 Quelques énigmes scientifiques et historiques

 Nombre de théories ont été proposées pour expliquer la formation de l’image. La plupart des spécialistes s’accordent sur les dernières découvertes qui ont prouvé que l’image tout entière s’explique par un seul et unique phénomène, peut-être par quelque procédé de roussiment du tissu.

 Cette conclusion scientifique pose un certain nombre de problèmes, car elle laisse entendre que l’impression du suaire ne peut forcément faire intervenir qu’une seule couleur dont l’intensité pourrait varier. Or, les observateurs du seizième siècle mentionnaient deux couleurs différentes. Non seulement les reproductions artistiques de l’époque montrent que l’étoffe était multicolore, mais un observateur du nom de Chifflet a dit:

 “La silhouette de Turin ne montre pas grand-chose sinon des taches sépia; (...) les marques des blessures semblent avoir été peintes sur la silhouette du corps, qui est jaune pâle.”

 On peut se demander si le suaire actuel est le même que celui qui était exposé au quatorzième siècle et qu’un évêque, Henri de Troyes, avait qualifié de faux habilement peint. Dans la revue New Scientist, J. Hanlon évoque cette possibilité intéressante:

 “Mais se pourrait-il qu’il y ait eu une double fraude, l’une au quatorzième siècle et l’autre au siècle dernier? Le Suaire a fait l’objet de nombreuses ostensions aux quinzième et seizième siècles, mais pas ensuite. Se peut-il que la première fraude ait été trop évidente? (...) Se peut-il que les propriétaires du Suaire aient fait un meilleur travail ensuite, en recourant à la technologie moderne et aux connaissances médicales, y compris à des contrôles identiques à ceux du docteur Barbet, et qu’ils aient utilisé une ancienne étoffe du Moyen-Orient? Se peut-il que l’on ait sculpté une statue uniquement à cette fin et qu’on l’ait chauffée pour imprimer le vêtement avant de la faire disparaître? (...) Quoi qu’il en soit, il existe suffisamment de faux archéologiques datant de l’époque victorienne pour que l’on ne puisse éluder cette hypothèse.”

 On a également suggéré que l’utilisation d’un mélange de myrrhe et d’aloès frotté sur un bas-relief produisait une silhouette identique. Toujours est-il que le président de la Confrérie du Saint-Suaire, A. Otterbein, tire la conclusion suivante: “La manière dont l’image a été formée restera peut-être un mystère jusqu’à la fin des temps. (...) Il est douteux que la science parvienne un jour à démontrer comment elle a été faite.”

 Le rapport avec la foi

 Il est évident que le débat sur le suaire n’est pas clos. Ceci vous paraît-il être la manière dont Dieu entendait attester la résurrection de son Fils? Comment les gens du premier siècle ont-ils acquis la conviction que Jésus était ressuscité? Loin de faire reposer leur foi sur une étoffe qui aurait à un moment donné enveloppé un cadavre, Jéhovah veilla à ce que plus de 500 témoins en chair et en os voient le Christ ressuscité (I Cor. 15:3-8). Devant un témoignage aussi puissant, l’intérêt des linges mortuaires pâlit considérablement.

 Quand bien même le suaire serait authentique, se pourrait-il que la publicité dont il est l’objet éclipse cette preuve indéniable de la résurrection? Pourrait-il égarer les gens au point qu’ils ajoutent foi à un morceau d’étoffe? Même des spécialistes du suaire en sont conscients, tel J. Jackson, qui a dit:

 “Mais si l’on devait baser entièrement sa foi sur un morceau d’étoffe qui sort de l’ordinaire, en réalité ce serait une forme d’idolâtrie.” — The Catholic Digest, avril 1979.

 Il est très facile de se laisser séduire par les hypothèses au sujet du suaire. Mais l’intérêt éveillé par ce tissu engendrera-t-il une foi solide? Aidera-t-il à ‘marcher par la foi et non par la vue’? (II Cor 5:7.) Et s’il était prouvé qu’il s’agit d’un faux? Perdriez-vous foi dans la résurrection de Jésus, ou du moins concevriez-vous des doutes à son sujet? Si le suaire vous enthousiasme, quelle en est la raison profonde? Est-ce là l’armature de votre foi? Se pourrait-il qu’en réalité ce ne soit qu’une béquille? Voilà des questions profondes auxquelles chaque chrétien doit réfléchir.

 Bien que nous vivions une époque où l’on aime le spectaculaire, cela a bien souvent détourné l’attention des gens des questions importantes. C’est ainsi qu’un prêtre catholique, F. Barbero, a lancé cette remarque: “Je me demande ce qu’il serait advenu de l’église de Turin si toute l’énergie dépensée rien que pour cet objet l’avait été pour prêcher la Parole !”

 Oui, c’est la ‘prédication de la Parole ’, et non l’ostension de reliques qui engendre une foi authentique, une solide espérance qui “ne cause pas de déception”. (Rom. 5:5.) Une telle espérance nous garantit que Celui-là même qui a ressuscité Jésus va agir une nouvelle fois, non pas en ‘envoyant’ une certaine étoffe pour étonner le monde, mais en se servant de son Fils glorifié pour mettre un terme au présent monde corrompu et dépourvu de foi réelle. Par la même occasion, il instaurera un nouvel ordre de justice pour les gens qui ont la vraie foi. — II Pierre 3:13.

 

 

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Lundi 5 juin 2006 1 05 /06 /2006 20:18

LA LISTE des passagers de l’arche était assez impressionnante. Outre Noé, sa femme, ses trois fils et leurs femmes, des créatures vivantes “ de toute sorte de chair, [...] deux de chaque ”, devaient monter à bord. “ Ils seront mâle et femelle. Des créatures volantes selon leurs espèces et des animaux domestiques selon leurs espèces, de tous les animaux qui se meuvent sur le sol selon leurs espèces, deux de chaque y entreront, vers toi, pour les garder en vie. ” Quant aux bêtes et aux oiseaux purs, il fallait en prendre sept de chaque espèce. Il fallait également emmagasiner une grande quantité de nourriture variée en vue de nourrir toutes ces créatures pendant plus d’un an. — Gn 6:18-21 ; 7:2, 3.

 

L’arche (héb. : tévah ; gr. : kibôtos) était une embarcation rectangulaire en forme de coffre, probablement coupée à angles droits et à fond plat. Elle n’avait besoin ni d’un fond arrondi, ni d’une étrave pour fendre l’eau rapidement, ni d’un gouvernail, puisqu’il suffisait qu’elle soit étanche et qu’elle flotte. Un vaisseau de cette forme est très stable, il ne se retourne pas facilement et sa capacité est supérieure d’environ un tiers à celle des navires de forme traditionnelle. Une porte était aménagée sur un côté de l’arche pour charger et décharger la cargaison.

 

L’arche mesurait 300 coudées de long, 50 de large et 30 de haut. En calculant sur la base d’une coudée de 44,5 cm, évaluation la plus faible (certains pensent que l’ancienne coudée faisait plutôt 56 ou 61 cm), l’arche mesurait 133,50 m par 22,30 m par 13,40 m, soit moins de la moitié de la longueur du paquebot Queen Elizabeth 2. Ce rapport entre la longueur et la largeur (6 pour 1) est utilisé aujourd’hui par les architectes navals. L’arche offrait donc un volume d’environ 40 000 m3. On estime qu’un tel vaisseau avait un déplacement sensiblement égal à celui du Titanic, grand paquebot de 269 m du XXe siècle. Aucun bateau de marchandises des temps anciens n’avait des dimensions aussi gigantesques que l’arche, loin s’en faut. L’intérieur fut consolidé par l’ajout de deux étages, et les trois ponts ainsi disponibles offraient une superficie totale d’environ 8 900 m2.

 

Jéhovah dit à Noé : “ Tu feras à l’arche un tsohar [toit ou fenêtre]. ” (Gn 6:16). On ne sait pas exactement ce qu’était ce tsohar ni comment il fut construit. Certains biblistes pensent que tsohar est apparenté au mot lumière, si bien qu’ils le traduisent par “ fenêtre ” (AG ; Sa), “ jour ” (Da ; Od), “ une ouverture ”. (Sg.) Toutefois, d’autres rapprochent tsohar d’une racine arabe ultérieure signifiant “ dos (de la main) ”, “ dos (d’un animal) ”, “ pont (d’un bateau) ”, c’est-à-dire la partie en retrait du sol ou de l’eau ; c’est pourquoi ils le traduisent par “ toit ”. (BFC ; ; Os.) Ce tsohar, Noé reçut l’ordre de l’achever “ à une coudée vers le haut ”. — Gn 6:16.

 

Il se peut donc que le tsohar fournissait la lumière et l’aération nécessaires, n’étant pas une simple lucarne d’une coudée de côté, mais une ouverture d’une coudée de hauteur près du toit et sur les quatre côtés, soit de presque 140 m2. D’autre part, tout en laissant une ouverture suffisante pour l’aération sous le toit ou ailleurs, la bordure du toit était peut-être légèrement inclinée. James Armstrong a écrit dans Vetus Testamentum (Leyde, 1960, p. 333) à propos de cette possibilité : “ Il est difficile de comprendre ‘ tu l’achèveras à une coudée vers le haut ’ lorsque sohar est traduit par ‘ jour (= fenêtre) ’, voire par ‘ toit (plat) ’. Cependant, si on opte pour un toit sur pignons, la ‘ coudée vers le haut ’ peut correspondre à la différence de niveau entre le faîte et le haut des parois. En termes d’architecture moderne, la ‘ coudée ’ déterminerait la hauteur des fermes sur lesquelles repose le pan du toit. [...] D’après l’argument présenté, le toit de l’arche de Noé avait une inclinaison de quatre pour cent (1 coudée de hauteur — 25 coudées du mur au faîte), idéale pour que les eaux de pluie s’écoulent. ”

 

Jéhovah indiqua clairement avec quoi il fallait construire cette arche immense ; il dit : “ Fais-toi une arche en bois d’arbres résineux [littéralement : “ arbres de gopher ”]. ” (Gn 6:14). Certains pensent que le bois résineux prescrit dans ce verset était du cyprès ou une espèce similaire. L’arbre qu’on appelle aujourd’hui cyprès poussait en abondance dans cette partie du monde ; c’est ce bois que les Phéniciens et Alexandre le Grand préféraient pour la construction de navires, et qu’on préfère encore de nos jours ; et il est particulièrement résistant à l’eau et au pourrissement. On a signalé l’existence de portes et de montants en cyprès qui auraient duré 1 100 ans. En outre, Noé reçut l’ordre non seulement de calfater les joints, mais aussi de “ couvrir [l’arche] de goudron en dedans et en dehors ”.

 

Les “ espèces ” animales choisies étaient définies par les frontières ou limites bien arrêtées et immuables fixées par le Créateur et à l’intérieur desquelles les animaux peuvent se reproduire “ selon leurs espèces ”. Certains estiment qu’on pourrait réduire les centaines de milliers d’espèces d’animaux qui existent aujourd’hui à un nombre relativement faible d’“ espèces ” ou familles, telles que l’espèce des équidés et celle des bovidés pour n’en citer que deux. Les limites établies par Jéhovah dans lesquelles chaque espèce se reproduisait ne pouvaient être et ne furent pas franchies. Cela posé, certains chercheurs ont déclaré que même s’il n’y avait eu dans l’arche que 43 “ espèces ” de mammifères, 74 “ espèces ” d’oiseaux et 10 “ espèces ” de reptiles, elles auraient pu produire toute la variété des espèces connues à ce jour. D’autres, plus larges dans leur estimation, pensent qu’il aurait suffi de 72 “ espèces ” de quadrupèdes et de moins de 200 “ espèces ” d’oiseaux. La preuve que la grande variété d’animaux connus aujourd’hui put descendre d’un nombre aussi restreint d’“ espèces ” est fournie par la variété infinie que compte l’espèce humaine : elle comprend des individus petits, grands, gros, maigres, aux cheveux, aux yeux et à la peau de couleurs innombrables, alors que tous sont issus de la seule famille de Noé.

 

Ces estimations peuvent sembler trop restrictives à certains, surtout que des ouvrages comme The Encyclopedia Americana affirment qu’il existe plus de 1 300 000 espèces d’animaux (1977, vol. 1, p. 859-873). Toutefois, plus de 60 % de ces espèces sont des insectes. En décomposant encore ce chiffre, on s’aperçoit que sur les 24 000 amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères, 10 000 sont des oiseaux, 9 000 sont des reptiles ou des amphibiens, dont beaucoup étaient aptes à survivre hors de l’arche, et seulement 5 000 sont des mammifères, y compris les baleines et les marsouins qui, eux aussi, seraient restés en dehors de l’arche. D’autres chercheurs estiment qu’environ 290 espèces seulement de mammifères terrestres sont plus grosses que le mouton et quelque 1 360 plus petites que le rat (The Deluge Story in Stone, par B. Nelson, 1949, p. 156 ; The Flood in the Light of the Bible, Geology, and Archaeology, par A. Rehwinkel, 1957, p. 69). C’est pourquoi, même en calculant sur la base de ces chiffres plus élevés, l’arche pouvait facilement abriter un couple de tous ces animaux.

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Mardi 20 juin 2006 2 20 /06 /2006 20:53

VOUS connaissez sans doute le récit biblique de la création de l’homme et de sa chute dans le péché. En effet, qui n’a pas entendu parler d’Adam et Ève, de l’arbre de vie, du serpent et de l’arbre de la connaissance du bien et du mal (Gen. chap. 2 et 3) ? Si ce récit est si universellement connu, c’est parce qu’il parle d’événements qui ont eu des conséquences tragiques pour la famille humaine et qui ont laissé une impression indélébile sur l’homme. L’humanité ne peut oublier complètement la tragédie de l’Éden.

Si les souvenirs d’Éden subsistent encore, c’est surtout grâce au récit biblique. Saviez-vous toutefois que les conceptions religieuses de nombreux peuples non chrétiens reflètent les faits relatés par la Bible ?

Évidemment, ces conceptions ne sont pas identiques au récit biblique. Néanmoins, il existe entre les deux des analogies curieuses et intéressantes.

Elles montrent tout d’abord combien les raisonnements humains sont dénués de sens quand ceux qui les échafaudent ignorent la vérité divine ou s’en détournent. De plus, les nombreuses croyances polythéistes font vivement ressortir, par contraste, la beauté et la majesté du récit simple, pur et véridique de la Genèse, augmentant ainsi notre confiance dans la Bible comme Parole inspirée de Dieu. L’existence même de tant de croyances diverses, dont chacune contient quelques éléments déformés du récit véridique, constitue un témoignage confirmant qu’il y a eu effectivement un jardin paradisiaque que l’homme a perdu. — Rom. 1:21-23.

Pourquoi ces croyances diffèrent du récit de la Genèse

Avant d’examiner certaines de ces croyances, il convient de savoir pourquoi elles diffèrent du récit biblique et comment elles ont pris naissance. La Bible montre qu’à l’origine les hommes avaient une seule langue et qu’ils étaient au courant des événements survenus en Éden. Sans aucun doute Adam en parla à ses descendants ; tous pouvaient donc les connaître.

Les huit survivants du déluge ont dû également parler à leurs enfants. Cependant, par la suite, la plupart des hommes, sous la conduite d’un tyran nommé Nimrod, se sont rebellés contre Dieu. Il est donc raisonnable de penser que sous son influence et pour braver Dieu, les rebelles commencèrent à déformer la vérité concernant l’origine de l’homme. Finalement, Dieu brisa leur unité en confondant leur langage. Par cet acte il les obligea à se disperser sur la face de la terre. — Gen. 10:8-12 ; 11:1-9.

Ces peuples rebelles parlaient désormais des langues différentes, mais ils n’avaient pas oublié leurs anciennes croyances religieuses. Partout où ils allaient, ils emportaient ces croyances avec eux, les exprimant dans leur propre langue. Bien sûr, leurs nouveaux milieux et les cultures qui s’y développaient contribuaient à modifier leurs conceptions religieuses. C’est ainsi qu’au cours des années, chaque peuple en vint à avoir sa propre version de l’origine de l’homme et de la perte du paradis en raison du péché.

Il ne faut pas oublier non plus l’influence de l’ennemi de Jéhovah Dieu, Satan le Diable. Puisqu’il ne pouvait effacer les preuves que l’Éden avait existé, il veillait à déformer les faits véritables à ce sujet. — Jean 8:44.

On peut comparer cet état de choses à un morceau de musique comportant un thème et des variations. Le thème, simple et pur, se joue d’abord, puis suivent les variations qui le modifient ou même le déforment par des changements de rythme, de mesure, de mode et de ton ou par une harmonisation différente. Malgré ces variations, on distingue toujours le thème originel ou du moins certains de ses éléments. Il en va de même des faits historiques, purs et simples, concernant les événements survenus en Éden. Le temps, le milieu, les diverses cultures ethniques et l’influence des démons sont autant d’éléments qui ont contribué à modifier le récit originel en y apportant des variations qui l’ont déformé.

D’anciens souvenirs d’Éden

Les peuples de l’Antiquité possédaient incontestablement des souvenirs d’Éden. Lors de leurs fouilles, les archéologues en ont trouvé de nombreux témoignages. Des tablettes d’argile, des sceaux, des papyrus, des monuments et d’autres objets mis au jour, nous aident à connaître les conceptions religieuses des Babyloniens, des Assyriens, des Égyptiens et d’autres peuples.

Ces peuples de l’Antiquité ont vécu dans diverses régions et ont professé des croyances différentes, mais ils possédaient tous quelques souvenirs d’Éden. L’ouvrage Le manuel biblique de Halley (angl.) dit à ce sujet : "Ces anciens récits gravés sur la pierre et l’argile à l’aube de l’Histoire, dans la région qui fut le berceau de l’humanité, (...) prouvent que les principaux éléments de l’histoire biblique d’Adam étaient profondément enracinés dans la pensée de l’homme primitif."

Dans son livre La Bible rendue vivante (angl.), sir Charles Marston abonde dans le même sens. Il dit :

"L’étude des anciens écrits cunéiformes, dont certains sont antérieurs à Abraham, ainsi que des sceaux et des pierres sculptées de Babylonie, d’Assyrie et d’autres civilisations anciennes, nous apporte des témoignages remarquables. Même le nombre relativement restreint de ces vestiges d’un passé lointain nous donne l’impression que les récits de la création, de la tentation et de la chute de l’homme (...) contenus dans la Genèse, étaient bien connus et qu’ils étaient enseignés probablement dans un cadre polythéiste, dans les écoles d’Ur en Chaldée."

En Babylonie et en Assyrie

Quelles étaient au juste les histoires que l’on enseignait probablement dans un cadre polythéiste ? En ce qui concerne les inscriptions babyloniennes, Halley nous dit que les anciens écrits religieux affirment que "près d’Éridou se trouvait un jardin dans lequel il y avait un mystérieux Arbre sacré, un Arbre de Vie, planté par les dieux et dont les racines étaient très profondes, tandis que les branches s’élevaient jusqu’au ciel. Personne ne pouvait entrer dans ce lieu gardé par des esprits protecteurs". De telles inscriptions révèlent que certains éléments saillants des événements rattachés au jardin d’Éden subsistaient encore dans l’esprit des Babyloniens.

Cette croyance semble indiquer que l’arbre de vie était quelque chose d’inoubliable pour les Anciens. Dans son ouvrage Prophètes, idoles et archéologues (angl.), John Elder dit : "L’ancienne littérature babylonienne contient de nombreuses allusions à un Arbre de Vie semblable à celui dont parle Genèse 2:9. Bon nombre de bas-reliefs en albâtre et de sceaux représentent cet arbre. Ses fruits étaient censés conférer la vie éternelle à ceux qui en mangeaient. L’un des sceaux cylindriques que l’on a mis au jour semble représenter la tentation et l’Arbre de Vie."

Le sceau auquel M. Elder fait allusion est sans doute celui qui se trouve au Musée britannique de Londres et qu’on appelle souvent le "Sceau de la tentation". L’impression faite par ce sceau lorsqu’on le fait rouler sur de l’argile molle, reflète les événements survenus dans le jardin d’Éden. Un arbre occupe le centre de l’image. À sa droite un homme est assis et à sa gauche une femme. Derrière celle-ci on voit un serpent dressé, comme s’il lui parlait. Bien que l’on ignore la signification exacte du symbole que représente ce sceau babylonien, il évoque le récit de la Genèse de façon remarquable.

Les souvenirs assyriens d’Éden ne diffèrent guère de ceux de Babylone, car les conceptions religieuses des deux peuples se ressemblent beaucoup. En général, les divinités assyriennes sont identiques à celles de Babylone, à l’exception du dieu Ashour.

L’un des principaux souvenirs assyriens d’Éden est également celui d’un arbre sacré ou "arbre de vie". L’arbre sacré gardé par deux créatures ailées est un motif qui se retrouve souvent sur les objets sculptés découverts dans les palais assyriens. Dans certains cas, les créatures ailées sont moitié homme moitié animal. Ces représentations mythiques sont peut-être des souvenirs déformés des deux chérubins postés à l’entrée de l’Éden "pour garder le chemin de l’arbre de vie". — Gen. 3:24.

En 1932, on mit au jour un sceau en pierre à une vingtaine de kilomètres de Ninive. Ce sceau, qui se trouve au musée de l’université de Philadelphie, aux États-Unis, semble refléter un autre souvenir d’Éden. L’image qu’il porte montre un homme et une femme nus marchant tête basse, comme s’ils étaient abattus et avaient le cœur brisé. Un serpent les suit. Le Dr E. A. Speiser, qui trouva cet objet, déclara qu’il "évoque fortement l’histoire d’Adam et Ève".

Au pays de Sumer et en Égypte

Les Sumériens avaient eux aussi des souvenirs d’Éden. Leurs tablettes d’argile révèlent qu’ils croyaient à un paradis situé dans le pays de Dilmoun, probablement une région du sud-ouest de la Perse. Selon ces écrits, Outou, le dieu-soleil, avait reçu l’ordre d’arroser Dilmoun d’eau douce tirée du sol et de le transformer ainsi en un jardin luxuriant. Ce récit évoque le passage biblique où il est dit qu’une vapeur s’éleva de la terre et arrosa toute la surface du sol (Gen. 2:6). Lorsque le dieu de l’eau, Ea, mangea des précieuses plantes de ce jardin, il encourut la sentence de mort. Cette légende rappelle le péché d’Adam et Ève qui mangèrent du fruit défendu. — Gen. 3:6.

Les anciens Égyptiens aussi possédaient des souvenirs d’Éden, comme en témoignent leurs croyances religieuses. Ils croyaient notamment qu’après sa mort le pharaon devait se nourrir du fruit d’un arbre de vie dans le royaume de son père céleste, Rê. Chez les Égyptiens, pareille croyance est pour le moins étrange, car leur pays comporte peu d’arbres. Malgré ce fait, le souvenir de l’arbre de vie en Éden, dont l’homme n’a jamais mangé, semble avoir persisté. — Gen. 2:9.

Un autre souvenir d’Éden qui a subsisté dans les croyances égyptiennes concerne le serpent. Bien sûr, l’influence démoniaque a modifié la conception qu’avaient les Égyptiens de ce reptile, car ils le regardaient comme le symbole de la sagesse et lui rendaient un culte. On le retrouve sur la coiffure du pharaon et également dans les temples et les tombeaux, sur les statues des dieux et d’autres monuments. Le rapport entre ce culte et le jardin d’Éden est évident pour ceux qui se souviennent que Satan le Diable présenta ses mensonges à Ève par l’intermédiaire d’un serpent. Il se faisait passer ainsi pour une source de sagesse profonde dans laquelle elle pouvait puiser de grandes connaissances. — Gen. 3:1-5.

D’autres peuples ont des souvenirs d’Éden

Il existe de nombreux autres peuples dont les croyances et la mythologie comportent des souvenirs d’Éden. Le livre La migration de symboles (angl.), de G. d’Alviella, contient un chapitre de plus de cinquante pages consacré aux légendes et aux symboles associés aux arbres sacrés. Le texte de ce chapitre et ses nombreuses illustrations indiquent que dans les croyances de bon nombre de peuples — Phéniciens, Syriens, Perses, Grecs, Siciliens, Mayas, Mexicains (Aztèques), Javanais, Japonais, Chinois et Indiens — il est question d’un arbre de vie et d’un arbre du bien et du mal.

Ce chapitre dit entre autres que "la tradition des Perses conservait le souvenir d’un Arbre de Vie ou haoma dont la sève conférait l’immortalité". Il déclare encore que "les Chinois croyaient à un Arbre de Vie. Des légendes chinoises parlent de sept arbres merveilleux. (...) Le fruit de l’un d’eux, fait de jade, conférait l’immortalité".

Le même chapitre dit aussi que la mythologie scandinave contient un souvenir déformé d’Éden. Elle parle d’un arbre sacré dénommé Yggdrasil. À côté d’une de ses racines jaillit la fontaine où réside toute connaissance et toute sagesse. Une autre légende parle d’une déesse qui gardait dans une boîte les pommes de l’immortalité. Les dieux mangeaient de ces fruits afin de renouveler leur jeunesse.

On peut lire à la page 173 du Manuel de mythologie (angl.) de A. S. Murray, que "le jardin des Hespérides, qui renfermait les pommes d’or, existait, croyait-on, dans une île au milieu de l’océan. (...) Ce jardin fabuleux était célèbre dans l’Antiquité, car c’était là que des sources de nectar coulaient près de la couche de Zeus et que des bénédictions spéciales des dieux rendaient la terre merveilleusement fertile ; c’était un autre Éden". L’arbre qui produisait les pommes d’or était confié aux soins des Hespérides, filles d’Atlas, mais elles ne purent résister à la tentation de cueillir et de manger de ses fruits. C’est pourquoi le serpent Ladon fut placé dans le jardin pour garder cet arbre. Cette légende fait partie de la mythologie grecque.

De nombreux Papous (habitants de la Nouvelle-Guinée) croient à un arbre invisible dans lequel et autour duquel vivent éternellement tous ceux qui ont eu une bonne conduite ici-bas. Dans son ouvrage Le langage perdu du symbolisme (angl.), Harold Bailey rapporte le commentaire d’un voyageur à ce sujet. Celui-ci, qui avait visité cette île, dit qu’"il n’est pas difficile d’en déduire que [les Papous] possèdent encore de vagues souvenirs de croyances héritées de peuples disparus ayant eu une culture plus raffinée, lorsque le monde était plus jeune et sans doute plus près de son Créateur qu’il ne l’est aujourd’hui".

Quant aux souvenirs d’Éden dans les Amériques, Harold Bailey écrit ce qui suit :

"Le British Museum possède un manuscrit mexicain montrant deux personnes en train de cueillir les fruits du prétendu ‘Arbre de notre vie’. Les Mayas et d’autres peuples de l’AMÉRIQUE CENTRALE représentent toujours leurs arbres sacrés avec deux branches sortant horizontalement du sommet du tronc et formant ainsi une croix. (...) Les premiers missionnaires espagnols au MEXIQUE constatèrent, à leur grand étonnement, que la croix était déjà en usage dans ce pays ‘comme symbole de l’Arbre de Vie’."

Quant au serpent, de nombreuses tribus nord-américaines vénèrent cette bête comme le faisaient les anciens Égyptiens. En fait, le culte du serpent se pratique dans toutes les régions du globe. Chaque peuple rend un culte à un serpent propre à son pays.

Divers peuples ont également une conception déformée d’un jardin paradisiaque où ils espèrent parvenir un jour après leur mort.

Les souvenirs humains ou le dessein divin ?

Ce bref examen des souvenirs humains d’Éden nous montre que la majorité des humains ont été "ballottés comme par des vagues et emportés çà et là par tout vent d’enseignement, au moyen de la fourberie des hommes, au moyen d’astuce en concevant l’erreur". (Éph. 4:14.) De plus, ils ont prêté "attention à des paroles inspirées trompeuses et à des enseignements de démons". (I Tim. 4:1.) La vérité sur les événements survenus en Éden a failli être étouffée complètement par de nombreuses variations et déformations. Si nous devions dépendre des fantaisies de l’imagination humaine pour apprendre l’histoire de nos premiers parents, nous ne la connaîtrions jamais.

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Mercredi 16 août 2006 3 16 /08 /2006 23:32

“ CERTAINS ermites portaient des entraves de fer, des chaînes, des ceintures barbelées et des colliers cloutés [...]. D’autres se roulaient dans les épines et les orties, s’exposaient volontairement aux piqûres d’insectes, se brûlaient et irritaient leurs blessures pour en entretenir la purulence. La pratique du jeûne allant de soi, certains poussaient le zèle jusqu’à manger uniquement de la nourriture pourrie ou répugnante. ” — The Saints [Les Saints], par Edith Simon.

 

Ces gens étaient des ascètes. Pourquoi s’infligeaient-ils des traitements aussi durs ? Les auteurs du livre Pour l’amour du monde L’esprit des monachismes bouddhiste et chrétien (angl.) expliquent que “ depuis l’époque de Socrate (Ve siècle av. n. è.) au moins, on estimait généralement qu’une vie dépouillée de tout superflu, débarrassée des plaisirs sensuels et matériels, était une condition préalable à la vraie sagesse ”. Les ascètes pensaient que les mortifications corporelles aviveraient leur sensibilité spirituelle et les mèneraient à l’illumination véritable.

 

Il n’est pas facile de donner une définition précise de l’ascétisme. Pour certains, il s’agit uniquement d’autodiscipline et de renoncement. Les premiers chrétiens tenaient ces vertus en haute estime (Galates 5:22, 23 ; Colossiens 3:5). Jésus Christ lui-même recommanda à ses disciples de mener une vie simple, exempte des inquiétudes qui peuvent résulter d’un mode de vie matérialiste (Matthieu 6:19-33). Cependant, on associe généralement l’ascétisme à des mesures beaucoup plus austères, voire extrêmes, telles que celles décrites plus haut. Ces pratiques ascétiques, spécialement dans leurs formes les plus extrêmes, sont-elles vraiment la clé de la sagesse ?

 

Prenons l’exemple de Catherine de Fiesque, fille de famille italienne, intelligente et d’une grande piété. Déçue par un mariage malheureux, cette jeune femme chercha d’abord du réconfort dans les plaisirs et les agréments que sa position sociale pouvait lui procurer.

 

Tout changea lorsqu’elle eut 26 ans, au moment où elle ressentit ce que l’on appela sa “conversion”. Dès lors, “elle s’infligea de grandes pénitences de façon à mortifier tous ses sens. (...) Dès qu’elle se rendait compte qu’elle avait envie de quelque chose, elle s’en privait aussitôt. (...) Elle portait une haire, ne mangeait ni viande ni rien de ce qu’elle aimait; elle ne prenait jamais de fruits, ni frais ni secs (...) et elle vivait dans la plus grande soumission envers tous, s’efforçant continuellement de faire tout le contraire de ce que sa nature réclamait”.

 

Cette citation est extraite de la biographie de celle qui fut appelée par la suite “sainte Catherine de Gênes”. Quand on lui demanda pour quelle raison elle s’imposait de telles mortifications, elle répondit: “Je ne sais pas, mais je me sens intérieurement poussée à le faire (...) et je pense que c’est la volonté de Dieu.” Elle croyait que ces mortifications constituaient un moyen de purification qui lui vaudrait la faveur de Dieu et le bonheur véritable.

 

La même attitude se retrouve chez un Espagnol connu sous le nom de “saint Jean de la Croix ”. Entre autres conseils, ce dernier recommandait que l’on cherche “non pas ce qui a le meilleur goût, mais ce qu’il y a de pire; non pas ce qui plaît, mais ce qui dégoûte; non pas ce qui est élevé et précieux, mais ce qu’il y a de plus vil et de plus méprisable, en tout non le meilleur, mais le pire”. C’est encore lui qui disait: “Méprisez-vous et aspirez à ce que les autres vous méprisent; parlez en votre défaveur et souhaitez que les autres en fassent autant; concevez une piètre opinion de vous-même et trouvez bon que d’autres la partagent.” Même encore aujourd’hui, on trouve des gens pour défendre ce genre d’attitude.

 

Mais les extrêmes dans lesquels tombe cette ascèse masochiste sont-ils la voie vers le bonheur véritable et durable? La Bible répond par la négative. En effet, l’apôtre Paul écrivit:

 

“S’il est vrai que, dans la communion avec Christ, vous êtes morts pour les puissances spirituelles qui régissent ce monde, et que vous êtes libérés de ses notions religieuses rudimentaires, pourquoi continuez-vous à agir comme si votre vie appartenait encore à ce monde? Pourquoi acceptez-vous de vous laisser imposer règlements et défenses: ‘Ne prends pas ceci, ne mange pas de cela, ne touche pas ici, ne fais pas usage de cela!...’ Toutes ces choses matérielles ne sont-elles pas destinées à être consommées et à périr par leur usage même? Voilà bien les commandements et les enseignements des hommes! Les prescriptions de ce genre ont, il est vrai, bonne réputation et paraissent renfermer une grande sagesse. Elles semblent dénoter de la part de ceux qui s’y soumettent beaucoup de dévotion spontanée, d’humilité et de mépris de ce corps qu’on ne craint pas de mortifier sévèrement. En réalité, aucune de ces règles n’a la moindre valeur devant Dieu. Elles n’aboutissent qu’à nourrir l’orgueil des gens qui veulent se mettre en valeur.” — Col. 2:20-23, “Kuen”.

 

Ce ‘mépris du corps que l’on ne craint pas de mortifier sévèrement’ n’est qu’une comédie qui ‘paraît renfermer une grande sagesse’. Non seulement Dieu n’y trouve aucun plaisir, mais ces règles ne contribuent nullement à procurer le bonheur.

 

Des prémisses erronées

 

L’un des fondements de l’ascétisme est l’idée selon laquelle les choses matérielles et les plaisirs physiques sont intrinsèquement mauvais et font obstacle aux progrès spirituels. La croyance très répandue selon laquelle les humains sont constitués d’un corps et d’une âme en est un autre. Pour les ascètes, le corps est la prison de l’âme ; la chair, son ennemie.

 

Que dit la Bible ? Les Écritures montrent que lorsque Dieu eut achevé la création de la terre il déclara que tout ce qu’il avait fait — toute sa création physique, matérielle — était “ très bon ”. (Genèse 1:31.) Dieu désirait que, dans le jardin d’Éden, l’homme et la femme profitent de choses matérielles. Le nom Éden signifie d’ailleurs “ Plaisir ” ou “ Délices ”. (Genèse 2:8, 9.) Adam et Ève étaient parfaits et jouissaient de bonnes relations avec leur Créateur jusqu’au moment où ils péchèrent. Dès lors, l’imperfection devint une barrière entre Dieu et l’homme. Toutefois, en satisfaisant des désirs légitimes et en jouissant de plaisirs physiques donnés par Dieu en harmonie avec ses lois morales, les adorateurs de Dieu ne risquaient en aucun cas de nuire à leurs relations avec lui. — Psaume 145:16.

 

En outre, la Bible enseigne clairement que l’homme, créé à partir de la poussière et fait de chair, est une âme. Les Écritures ne disent pas que l’âme est une entité immatérielle et immortelle emprisonnée dans le corps physique, ni que la chair empêche une personne d’avoir des relations étroites avec Dieu. — Genèse 2:7.

 

Il apparaît que l’ascétisme repose sur une vision déformée des relations entre l’homme et Dieu. L’apôtre Paul annonça que certains prétendus chrétiens préféreraient des philosophies humaines trompeuses aux vérités bibliques fondamentales (1 Timothée 4:1-5). Un historien des religions a écrit : “ La croyance selon laquelle la matière est mauvaise [...] et l’âme humaine doit être libérée de toute attache avec la matière donna naissance à un ascétisme sévère qui interdisait la consommation de viande, les relations sexuelles, etc., et ne pouvait être suivi que par une élite de ‘ parfaits ’ ou perfecti ayant reçu une initiation spéciale. ” Cette façon de voir les choses n’a aucun fondement biblique et ne correspond pas aux croyances des premiers chrétiens. — Proverbes 5:15-19 ; 1 Corinthiens 7:4, 5 ; Hébreux 13:4.

 

Vanité de l’ascétisme

 

Jésus et ses disciples n’étaient pas des ascètes. Ils endurèrent diverses épreuves et tribulations, mais ne se les infligèrent jamais eux-mêmes. L’apôtre Paul mit en garde les chrétiens contre la séduction exercée par des philosophies humaines trompeuses pouvant les éloigner de la vérité de la Parole de Dieu et les conduire à des pratiques déraisonnables, extrêmes. Cela incluait, comme il le dit explicitement, “ un traitement sévère du corps ”. Il expliqua : “ Ces choses-là ont bien une apparence de sagesse, par un culte que l’on s’impose à soi-même et une fausse humilité, un traitement sévère du corps, mais elles n’ont aucune valeur pour combattre la satisfaction de la chair. ” (Colossiens 2:8, 23). L’ascétisme n’ouvre pas la voie à une sainteté particulière ni à une illumination véritable.

 

Il est vrai que l’obéissance chrétienne demande de vigoureux efforts et de l’autodiscipline (Luc 13:24 ; 1 Corinthiens 9:27). Il faut se donner de la peine pour acquérir la connaissance de Dieu (Proverbes 2:1-6). La Bible nous exhorte vivement à ne pas être “ esclaves de désirs et de plaisirs divers ” ni “ amis des plaisirs plutôt qu’amis de Dieu ”. (Tite 3:3 ; 2 Timothée 3:4, 5.) Toutefois, ces passages ne soutiennent pas la pratique de l’ascétisme. Jésus Christ, qui était un homme parfait, aimait passer des moments agréables où l’on mangeait, buvait, jouait de la musique et dansait. — Luc 5:29 ; Jean 2:1-10.

 

La vraie sagesse est raisonnable ; elle ne porte pas aux extrêmes (Jacques 3:17). Lorsque Jéhovah Dieu a créé notre corps physique, il l’a doté de la capacité d’apprécier de nombreux plaisirs de la vie. Il veut que nous soyons heureux. On lit dans sa Parole : “ J’ai appris qu’il n’y a rien de mieux pour eux que de se réjouir et de faire le bien durant sa vie ; et aussi que tout homme mange, oui qu’il boive et qu’il voie le bien pour tout son dur travail. C’est le don de Dieu. ” — Ecclésiaste 3:12, 13.

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Vendredi 18 août 2006 5 18 /08 /2006 15:17

SELON la Bible , des millions de créatures angéliques habitent le monde des esprits (Daniel 7:9, 10 ; Révélation (Apocalypse) 5:11). Les anges restés fidèles à Dieu sont mentionnés des centaines de fois tout au long des Écritures. Pourtant, seules deux de ces créatures spirituelles sont nommées. L’une est l’ange Gabriel, qui, sur une période d’environ 600 ans, a transmis en personne des messages divins à trois humains (Daniel 9:20-22 ; Luc 1:8-19, 26-28). L’autre est l’ange Mikaël.

 

Manifestement, Mikaël est un ange éminent. Le livre de Daniel le présente luttant contre les démons, en faveur du peuple de Jéhovah (Daniel 10:13 ; 12:1). Dans la lettre inspirée de Jude, il s’oppose verbalement à Satan à propos du corps de Moïse (Jude 9). Le livre de la Révélation (Apocalypse) le montre faisant la guerre à Satan et à ses démons, qu’il jette hors du ciel (Révélation (Apocalypse) 12:7-9). Aucun autre ange n’est représenté avec autant de pouvoir et d’autorité sur les ennemis de Dieu. C’est donc à juste titre que la Bible appelle Mikaël “ l’archange ”, le préfixe “ arch ” signifiant “ en chef ” ou “ principal ”.

 

La controverse sur l’identité de Mikaël

 

De nombreuses religions Chrétiennes, de même que le judaïsme et l’islam, ont des idées contradictoires sur les anges. Leurs explications sont parfois confuses. Un dictionnaire biblique (The Anchor Bible Dictionary) déclare : “ Il existerait un ange suprême et/ou un petit groupe d’archanges (généralement quatre ou sept). ” D’après un autre (The Imperial Bible-Dictionary), Mikaël est le “ nom d’un être surhumain sur lequel les avis sont partagés : il est soit le Seigneur Jésus Christ — le Fils de Dieu —, soit l’un des sept présumés archanges ”.

 

Dans la tradition juive, ces sept archanges se nomment Gabriel, Jermiel, Michaël, Raguel, Raphaël, Sariel et Uriel. Les musulmans, quant à eux, croient à quatre archanges, à savoir Jibril, Mikaël, Izraïl et Israfil, de même que les catholiques croient à Mikhaël, Gabriel, Raphaël et Ouriel. Et la Bible , que dit-elle ? Y a-t-il sept archanges ?

 

La réponse de la Bible

 

Aucun autre archange que Mikaël n’est mentionné dans la Bible. En outre, le terme “ archange ” n’apparaît jamais au pluriel. La Bible appelle Mikaël l’archange, ce qui laisse entendre que lui seul porte ce titre. Il est donc logique de conclure que Jéhovah Dieu a délégué tout pouvoir sur les anges à une, et une seule, de ses créatures célestes.

 

Hormis le Créateur lui-même, il n’est cité qu’une personne fidèle ayant autorité sur les anges : Jésus Christ (Matthieu 13:41 ; 16:27 ; 24:31). L’apôtre Paul a parlé expressément du “ Seigneur Jésus ” et de “ ses anges puissants ”. (2 Thessaloniciens 1:7.) Et Pierre a dit de Jésus ressuscité : “ Il est à la droite de Dieu, car il est allé au ciel ; et anges et autorités et puissances lui ont été soumis. ” — 1 Pierre 3:22.

 

Bien que la Bible ne dise nulle part explicitement que l’archange Mikaël est Jésus, il existe un verset établissant un lien entre Jésus et la fonction d’archange. Dans sa lettre aux Thessaloniciens, l’apôtre Paul a prophétisé ceci : “ Le Seigneur lui-même descendra du ciel avec un cri de commandement, avec une voix d’archange et avec la trompette de Dieu, et ceux qui sont morts en union avec Christ ressusciteront d’abord. ” (1 Thessaloniciens 4:16). Ce passage décrit Jésus dans sa position de Roi messianique établi par Dieu. Toutefois, il parle avec “ une voix d’archange ”. Notez également qu’il a le pouvoir de relever les morts.

 

Quand il était sur la terre en tant qu’humain, Jésus a opéré plusieurs résurrections : il a alors utilisé sa voix pour pousser des ‘ cris de commandements ’. Voici par exemple ce qu’il a déclaré au moment de ressusciter le fils d’une veuve de la ville de Naïn : “ Jeune homme, je te le dis : Lève-toi ! ” (Luc 7:14, 15). Plus tard, juste avant de ramener son ami Lazare à la vie, il ‘ a crié d’une voix forte : “ Lazare, viens dehors ! ” ’ (Jean 11:43). Mais, en ces occasions, la voix de Jésus était celle d’un homme parfait.

 

Une fois lui-même ressuscité, Jésus a été élevé à “ une position supérieure ” dans les cieux, comme créature spirituelle (Philippiens 2:9). N’étant plus de condition humaine, il possède une voix d’archange. Ainsi, quand la trompette de Dieu a sonné pour que soient relevés au ciel “ ceux qui sont morts en union avec Christ ”, Jésus a poussé “ un cri de commandement ”, mais cette fois “ avec une voix d’archange ”. Or, il est logique de penser que seul un archange lancerait un appel “ avec une voix d’archange ”.

 

Il est vrai qu’il existe d’autres créatures angéliques de haut rang, telles que les séraphins et les chérubins (Genèse 3:24 ; Isaïe 6:2). Néanmoins, les Écritures désignent Jésus Christ ressuscité comme le chef de tous les anges : Mikaël l’archange.

 

 

Par Yannick - Publié dans : L'histoire, l'Archéologie et la Bible
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Mardi 19 septembre 2006 2 19 /09 /2006 14:57

LA BIBLE raconte que Jonas fut englouti par un grand poisson et qu’il survécut à l’intérieur de l’animal près de trois jours. Ceux qui critiquent la Bible se sont souvent servis de ce récit pour prouver que la Bible contient des mythes et des allégories.

 

 

Faut-il être bête ou naïf pour croire à l’histoire de Jonas rapportée dans la Bible ?

 

 

Les baleines ne mangent pas d’animaux; elles vivent de plancton, des organismes microscopiques. La plupart des baleines n’ont pas l’œsophage assez large pour avaler un homme.

 

 

Jonas fut-il englouti par une baleine?

 

 

On dit qu’il n’y a qu’une sorte de baleine qui aurait pu engloutir Jonas: le cachalot. On dit que c’est la seule baleine dont l’œsophage serait assez grand pour avaler un homme1 (chaque numéro correspond à une citation notée en annexe).

 

 

Le cachalot ne se nourrit pas que de plancton. En fait, il préfère la seiche et le calmar2. On a pêché un cachalot qui avait un calmar géant long de 10,50 m dans l’estomac3!

 

 

Néanmoins, même si une baleine avait pu avaler Jonas, il n’y a pas de baleine dans la mer Méditerranée et que c’est là que se passe l’histoire de Jonas.

 

 

Pourtant on y a trouvé des squelettes de baleines4. Naturellement, le cachalot n’est pas le seul poisson capable d’une telle chose. Notez ce que dit Jonas 1:17: “Dieu désigna un grand poisson pour engloutir Jonas.”

 

 

Un poisson, peut être n’importe quel grand animal vivant dans la mer, comme le requin, par exemple.

 

 

Cela aurait-il pu être un requin?

 

 

Les requins sont-ils assez grands pour pouvoir avaler un homme entier?

 

 

Le grand requin blanc est largement assez grand. Dans certains cas, il atteint 12 mètres de long5. Contrairement au cachalot qui, en général, n’est pas agressif, le grand requin blanc est connu pour sa férocité et sa tendance à avaler tout ce qu’il trouve sur son chemin6.

 

 

Un livre (Australian Zoological Handbook) dit que le grand requin blanc “pourrait facilement engloutir un homme tout entier”7. Un autre livre (The Natural History of Sharks) raconte qu’un requin blanc de 4,50 m de long fut capturé en 1939. Son estomac contenait deux requins entiers mesurant chacun 1,80 m, soit à peu près la taille d’un homme8.

 

 

Trouve-t-on le requin blanc en Méditerranée?

 

 

Les spécialistes sont d’accord pour dire qu’on le trouve dans toutes les mers du monde, y compris en Méditerranée9. Plusieurs experts racontent qu’on a connu des cas où ce requin suivait des bateaux pendant des jours entiers afin de manger tout ce que l’on jetait par-dessus bord10. Vous souvenez-vous de ce qui s’est passé sur le bateau de Jonas avant que les marins ne se soient laissé persuader de jeter Jonas à la mer?

 

 

“Il y eut une grande tempête sur la mer; (...) et ils continuèrent à lancer à la mer les objets qui étaient dans le navire pour l’en alléger.” — Jonas 1:4, 5.

 

 

Cela aurait pu attirer des requins et ensuite l’un d’eux aurait pu avaler Jonas.Cela aurait été une succession naturelle d’événements.

 

 

Il est possible que Jonas ait été englouti par un grand requin blanc. Il est également possible que cela ait été un cachalot, bien que l’hypothèse du requin blanc paraisse plus vraisemblable. Il est même possible que Dieu ait utilisé quelque immense créature marine que la science n’a pas encore découverte. En ce qui concerne le requin, en tout cas, s’il vous arrive de visiter le Muséum américain d’histoire naturelle de New York, vous pourrez voir par vous-mêmes la reconstitution des mâchoires d’un énorme requin: le Carcharodon megalodon. Des hommes de science pensent qu’elles sont trop grandes. Mais même une fois reproduites à une échelle plus petite, il restera évident que ce monstre aurait pu avaler Jonas. Il mesure au moins 12,90 m de long11.

 

 

Si ce requin est si grand, pourquoi n’a-t-on retrouvé que les dents et pas d’os?

 

 

Parce que les requins n’ont pas d’os. Ils ont un squelette en cartilage. Les hommes de science ne disposent que des dents pour leurs travaux. Bien que la plupart d’entre elles soient fossilisées, Theo Brown signale (dans son livre Sharks The Silent Savages) que l’on a trouvé d’énormes dents, non fossilisées, au fond de l’océan Pacifique12.

 

 

Ceci signifie que ces requins géants auraient encore existé récemment? Il est possible qu’il y en ait encore de vivants. Au vingtième siècle, certains ont dit avoir vu des créatures de ce genre, mais cela n’a pas été prouvé13.

 

 

On a trouvé un grand nombre de dents de requin fossilisées près de Malte, en Méditerranée, ce qui serait juste sur le trajet de Jonas, entre Joppé et Tarsis, si l’on considère que Tarsis, c’est l’Espagne14. Il ne fait donc pas de doute qu’il y a eu une sorte de requin géant en Méditerranée dans le lointain passé et peut-être aussi dans un passé récent.

 

 

Comment Jonas aurait-il pu survivre?

 

 

Jonas a certainement bénéficié d’un miracle pour pouvoir survivre à l’intérieur du poisson qui l’avala. Il est vrai qu’il existe plusieurs récits de marins qui ont été avalés vivants par des sortes de baleines et qui ont survécu15, mais beaucoup de gens doutent de la véracité de ces récits, et on ne peut plus vérifier ces histoires maintenant. L’arrivée du poisson à point nommé était un miracle aussi, de même que le fait qu’il rejeta Jonas à terre sain et sauf. Mais pourquoi est-ce si difficile de croire que Jéhovah Dieu aurait pu protéger miraculeusement Jonas dans le ventre du poisson? Jean, ne crois-tu pas à la résurrection de Jésus? Cela demandait une intervention miraculeuse de la part de Jéhovah Dieu.

 

 

Regardez ce qu’il dit en Matthieu 12:40. “De même, en effet, que Jonas a été trois jours et trois nuits dans le ventre de l’énorme poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre.”

 

 

Ce qui est arrivé à Jésus est un fait tangible. Serait-il logique que Jésus ait utilisé le récit de Jonas pour illustrer sa propre mort et sa résurrection si l’histoire de Jonas n’avait pas été vraie?

 

 

Jésus continue dans le même ordre d’idées. “Des hommes de Ninive ressusciteront, lors du jugement, avec cette génération et ils la condamneront, car ils se sont repentis à la prédication de Jonas, mais voici qu’il y a ici plus que Jonas.” (Mat. 12:41). L’archéologie a prouvé que Ninive a réellement existé. Pourquoi Jonas serait-il un personnage fictif? Pourquoi Jésus déclarerait-t-il qu’il serait “plus que” quelqu’un qui n’aurait même pas existé? Si Jésus s’était comparé à une personne qui n’avait jamais existé, les gens auraient pu penser qu’il était en train de les mystifier.

 

 

Lisez maintenant le verset 42. “La reine du sud sera relevée, lors du jugement, avec cette génération et elle la condamnera, car elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, mais voici qu’il y a ici plus que Salomon.” Croyez-vous que Salomon a vraiment existé? Si tous les autres étaient des personnages réels, pourquoi Jonas ne le serait-il pas? Par conséquent, même si l’aventure de Jonas a été miraculeuse, elle est historique et non fictive.

 

 

Bibliographie

 

 

 1 Mammals of the World (troisième édition), Vol. II, 1975, page 1098.

 

 

 2 Ibid.

 

 

 3 Whales, de E. Slipjer, université d’Amsterdam, pages 276 et 277.

 

 

 4 Auxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible (angl., 1971), publié par la Watchtower Bible and Tract Society of New York, page 1057.

 

 

 5 The Fishes of South Australia, E. White, South Australian Museum , page 40.

 

 

 6 Sharks and Survival, Perry Gilbert de l’Université Cornell, page 13.

 

 

 7 Australian Zoological Handbook, The Fishes of Australia, G. Whitley, Australian Museum , Partie I — The Sharks, page 125.

 

 

 8 The Natural History of Sharks, R. Backus et T. Lineaweaver III, Andre Deutsch Ltd., Londres, 1970, page 111.

 

 

 9 Ibid., page 113.

 

 

10 Sharks The Silent Savages, T. Brown, Little, Brown and Co., Boston Toronto, 1973, page 40; Sea Fishes of Southern Africa, J. Smith, Université Rhodes, page 49; Australian Zoolagical Handbook, page 106.

 

 

11 Natural History, novembre 1980, pages 112 et 113.

 

 

12 Sharks The Silent Savages, page 79; Australian Zoological Handbook, page 125.

 

 

13 Sharks The Silent Savages, pages 79-81.

 

 

14 Australian Zoological Handbook, page 126 (note en bas de page).

 

 

15 The Year of the Whale, V. Scheffer, pages 84-86.

 

 

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