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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 19:37

L’AUTEL est-il selon vous un élément fondamental dans votre religion ? Il l’est en tout cas pour beaucoup de fidèles.

 

 

Le premier que la Bible mentionne est celui que Noé bâtit pour offrir des sacrifices d’animaux après le déluge, au sortir de l’arche. — Genèse 8:20.

 

 

Après la confusion du langage à Babel, l’humanité s’est dispersée sur toute la surface de la terre (Genèse 11:1-9). Dotés d’un sens inné du divin, les humains ont essayé de s’approcher de Dieu, qu’ils connaissaient de moins en moins bien, le ‘ cherchant à tâtons ’ comme des aveugles (Actes 17:27 ; Romains 2:14, 15). Depuis Noé, de nombreux peuples ont élevé des autels à leurs divinités. Religions et individus en ont employé dans leur faux culte. Certains, dans leur éloignement du vrai Dieu, sont allés jusqu’à s’en servir pour des rites horribles dont les victimes étaient des humains, y compris des enfants. Mais que dire des autels dans le vrai culte ?

 

 

Autels et vrai culte en Israël

 

 

D’autres hommes fidèles après Noé ont dressé des autels réservés à leur adoration du vrai Dieu. Ainsi, Abraham en bâtit à Shekèm, en un certain lieu près de Béthel, à Hébrôn, et aussi sur le mont Moria, où il sacrifia un bélier fourni par Dieu pour remplacer Isaac. Plus tard, Isaac, Jacob et Moïse en érigèrent spontanément pour adorer Dieu. — Genèse 12:6-8 ; 13:3, 18 ; 22:9-13 ; 26:23-25 ; 33:18-20 ; 35:1, 3, 7 ; Exode 17:15, 16 ; 24:4-8.

 

 

En même temps qu’il lui donna sa Loi, Dieu commanda à Israël de bâtir le tabernacle, une tente portative, appelé aussi “ la tente de réunion ”, qui serait l’élément central de la structure permettant de s’approcher de lui (Exode 39:32, 40). Ce tabernacle avait deux autels. Celui des holocaustes, en acacia plaqué de cuivre, était devant l’entrée et servait à offrir des sacrifices d’animaux (Exode 27:1-8 ; 39:39 ; 40:6, 29). L’autel de l’encens, également en acacia mais plaqué d’or, était à l’intérieur du tabernacle, devant le rideau du Très-Saint (Exode 30:1-6 ; 39:38 ; 40:5, 26, 27). On y brûlait un encens spécial deux fois par jour, matin et soir (Exode 30:7-9). Plus tard, le temple en dur que Salomon construisit fut agencé comme le tabernacle, avec deux autels.

 

 

La tente véritable et l’autel symbolique

 

 

En donnant la Loi à Israël, Dieu fit plus que fournir des prescriptions pour réguler la vie de ses serviteurs et leur accès à lui par les sacrifices et les prières. Bon nombre des caractéristiques de la Loi constituaient ce que l’apôtre Paul a appelé une “ représentation typique ”, un “ exemple ”, une “ ombre des choses célestes ”. (Hébreux 8:3-5 ; 9:9 ; 10:1 ; Colossiens 2:17.) En d’autres termes, en plus de guider les Israélites jusqu’à la venue du Christ, bien des aspects de la Loi ont aussi constitué un aperçu des desseins de Dieu qui s’accompliraient par le moyen de Jésus Christ (Galates 3:24). En effet, certains aspects de la Loi avaient une valeur prophétique. Par exemple, l’agneau pascal, dont le sang servait de signe de salut pour les Israélites, préfigurait Jésus Christ. Jésus est en effet “ l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ”, dont le sang a été répandu pour nous libérer du péché. — Jean 1:29 ; Éphésiens 1:7.

 

 

Beaucoup de choses liées au tabernacle et au service dans le temple figuraient des réalités spirituelles (Hébreux 8:5 ; 9:23). D’ailleurs, Paul parle de “ la tente véritable que Dieu a dressée, et non pas l’homme ”, et ajoute : “ Christ est venu comme grand prêtre des bonnes choses qui sont arrivées, par le moyen de la tente plus grande et plus parfaite, non faite par des mains, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création. ” (Hébreux 8:2 ; 9:11). “ La tente plus grande et plus parfaite ” était le grand temple spirituel de Dieu, dont le langage des Écritures indique qu’il est l’ensemble des dispositions par lesquelles les humains peuvent s’approcher de Jéhovah en vertu du sacrifice propitiatoire de Jésus Christ. — Hébreux 9:2-10, 23-28.

 

 

L’autel de l’holocauste avait lui aussi une valeur prophétique. Il représente apparemment la “ volonté ” de Dieu, son intention d’accepter le sacrifice humain parfait de Jésus. — Hébreux 10:1-10.

 

 

Plus loin dans la lettre aux Hébreux, Paul fait ce commentaire intéressant : “ Nous avons un autel dont ceux qui font un service sacré à la tente n’ont pas le droit de manger. ” (Hébreux 13:10). De quel autel parlait-il ?

 

 

Beaucoup d’exégètes affirment que l’autel d’Hébreux 13:10 est celui qui sert à l’eucharistie, c’est-à-dire le “ sacrement ” par lequel le sacrifice de Christ est censé se renouveler pendant la messe. Mais le contexte du passage est clair : l’autel dont Paul parle est symbolique. Plusieurs biblistes donnent un sens figuré au mot “ autel ” dans ce texte. Pour le jésuite Joseph Bonsirven, “ cela s’accorde parfaitement avec tout le symbolisme de l’épître [aux Hébreux] ”. Il dit aussi : “ Dans la langue chrétienne le mot ‘ autel ’ est d’abord employé dans un sens spirituel et ce n’est que depuis Irénée et surtout Tertullien et saint Cyprien qu’il est appliqué à l’eucharistie et plus particulièrement à la table eucharistique. ”

 

 

Comme le déclare une revue catholique, l’usage de l’autel s’est répandu à “ l’ère constantinienne ” avec la “ construction des basiliques ”. “ Il est certain, lit-on dans Rivista di Archeologia Cristiana (Revue d’archéologie chrétienne), que pendant les deux premiers siècles on ne peut pas parler d’un lieu fixe de culte, mais d’assemblées liturgiques tenues chez des particuliers, dans des pièces qui dès la fin de la cérémonie retrouvaient leur fonction première. ”

 

 

L’autel actuellement

 

 

La Civiltà Cattolica ,  dit ceci : “ L’autel est le point central non seulement de l’église édifice, mais aussi de l’Église vivante. ” Cependant, Jésus Christ n’a pas institué la moindre cérémonie religieuse faisant appel à un autel, pas plus qu’il n’a ordonné à ses disciples d’accomplir des cérémonies qui en nécessitent un. Ses mentions d’un autel en Matthieu 5:23, 24 et ailleurs ont trait à des pratiques religieuses qui avaient cours chez les Juifs, mais elles n’indiquent nullement que ses disciples devaient adorer Dieu au moyen d’un tel objet.

 

 

L’historien américain George Foot Moore (1851-1931) a écrit : “ Le culte chrétien dans ses grandes lignes a toujours été le même, mais à la longue les rites décrits par Justin au milieu du IIe siècle ont perdu leur simplicité pour se muer en cérémonial imposant. ” Les rites catholiques et les cérémonies religieuses publiques sont si nombreux et si compliqués qu’ils en constituent une matière d’étude, la liturgie, dans les séminaires catholiques. M. Moore dit encore : “ Cette tendance, inhérente à tout rituel, s’est beaucoup accentuée par l’influence de l’Ancien Testament quand le clergé chrétien s’est posé en successeur de la prêtrise du système précédent. Le costume somptueux du grand prêtre, les habits cérémoniels des autres prêtres, les cortèges solennels, les chœurs de Lévites chantant des psaumes, les volutes de fumée dans le balancement des encensoirs... tout cela semblait un modèle divin de l’adoration religieuse, qui accréditait une Église rivalisant de pompe avec les cultes antiques. ”

 

 

De nombreux rites, cérémonies, vêtements et autres accessoires de culte de plus d’une religion chrétienne ne s’inspirent pas des enseignements des Évangiles, mais des coutumes et des rites juifs ou païens. L’Enciclopedia Cattolica affirme que le catholicisme “ a hérité l’usage de l’autel du judaïsme et en partie du paganisme ”. Minucius Felix, apologiste du IIIe siècle, a écrit que les chrétiens n’avaient “ pas de sanctuaires ni d’autels ”. Le dictionnaire encyclopédique Religioni e Miti (Religions et mythes) va dans le même sens : “ Les premiers chrétiens ne voulaient pas utiliser l’autel afin de se démarquer des cultes juif et païen. ”

 

 

Étant donné que le christianisme reposait essentiellement sur des principes faits pour être acceptés et appliqués au quotidien et dans tous les pays, il n’y avait plus besoin d’une ville sainte sur la terre, ni d’un temple matériel pourvu d’autels, ni de prêtres humains de rang particulier et vêtus d’habits distinctifs. “ L’heure vient, a dit Jésus, où ce n’est ni dans cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. [...] Les vrais adorateurs adoreront le Père avec l’esprit et la vérité. ” (Jean 4:21, 23). La complexité des rites et l’emploi d’autels de la part de nombreuses religions vont à l’encontre de ce que Jésus a précisé sur la façon d’adorer le vrai Dieu.

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