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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 19:51

L’Encyclopédie catholique (angl.; éd. de 1911) déclare : “Cela constitue le fondement historique de la prétention des évêques de Rome à la primauté apostolique de Pierre.”

 

 

Étant donné qu’une telle importance est attachée à la présence de Pierre à Rome, on s’attend logiquement à ce que des preuves historiques dignes de foi soient présentées. L’Encyclopédie catholique affirme qu’il en est bien ainsi, disant : “Le séjour et la mort de saint Pierre à Rome sont établis au-delà de toute contestation comme des faits historiques par une série de témoignages distincts allant de la fin du premier siècle à la fin du deuxième siècle.” De même la Nouvelle encyclopédie catholique (angl.) déclare : “Il est absolument certain que Pierre passa les dernières années de sa vie à Rome.”

 

 

Babylone était-elle Rome ?

 

 

Le témoignage le plus ancien invoqué par les catholiques est le passage de I Pierre 5:13 où il est écrit : “Celle qui est à Babylone, élue comme vous, vous envoie ses salutations.” Dans une note en bas de page, une traduction catholique récente, la New American Bible, identifie ainsi cette “Babylone” : “Rome qui, comme l’ancienne Babylone, conquit Jérusalem et détruisit son temple.” Toutefois, cette traduction catholique reconnaît que, si Pierre est l’auteur de cette lettre, “elle doit être datée d’avant 64-67 de notre ère, époque à laquelle il a été exécuté sous le règne de Néron”. Or, Jérusalem n’a pas été détruite par les Romains avant l’an 70 de notre ère. Ainsi, lorsque Pierre écrivit sa lettre, ce parallèle entre Babylone et Rome n’existait pas.

 

 

L’identification de Babylone à Rome n’est donc qu’une interprétation qui n’est pas démontrée par des faits. Cette interprétation a même été mise en doute par des biblistes catholiques romains des siècles passés, parmi lesquels Pierre de Marca, Jean-Baptiste Spagnoli, Michel de Ceza, Marsile de Padoue, Jean Aventin, John Leland, Charles du Moulin, Louis Elliès Dupin et le célèbre Desiderius Erasmus (Didier Érasme). L’historien ecclésiastique Dupin écrivit :

 

 

“La première épître de Pierre est datée de Babylone. Un grand nombre d’anciens ont compris que ce nom signifiait Rome, mais aucune raison ne semble avoir pu inciter saint Pierre à changer le nom de Rome en celui de Babylone. Comment ceux à qui il écrivit auraient-ils pu comprendre que Babylone était Rome ?”

 

 

Mis à part les allusions à “Babylone la Grande ” que l’on trouve dans le livre de la Révélation , une seule ville est appelée Babylone dans les saintes Écritures. Il s’agit de la ville située sur l’Euphrate. Pierre a-t-il écrit sa lettre dans cette ville ?

 

 

Oui. Bien que Babylone ait connu le déclin après être tombée aux mains des Mèdes et des Perses, elle continua d’exister. Dans les premiers siècles de notre ère, il y avait une communauté juive importante en Babylonie. Une encyclopédie déclare : “ La Babylonie demeura un centre du judaïsme oriental durant des siècles, et les discussions dans les écoles rabbiniques donnèrent naissance au talmud de Jérusalem, au 5ème siècle de notre ère, et au talmud de Babylone, un siècle plus tard.” — International Standard Bible Encyclopedia.

 

 

Pierre devait réellement penser à cette ville. C’est ce qui ressort clairement d’une décision qu’il prit quelques années avant d’écrire sa première lettre inspirée. Lors d’une réunion avec Paul et Barnabas, il accepta de continuer à s’efforcer de répandre la bonne nouvelle parmi les Juifs. Nous lisons : “Voyant que la bonne nouvelle pour ceux qui sont incirconcis m’avait été confiée [à Paul], comme elle l’avait été à Pierre pour ceux qui sont circoncis — car Celui qui donna à Pierre les pouvoirs nécessaires à un apostolat pour ceux qui sont circoncis, me donna aussi des pouvoirs pour ceux qui sont des nations ; oui, quand ils purent reconnaître la bonté imméritée qui m’avait été donnée, Jacques et Céphas et Jean, ceux qui paraissaient être les colonnes, nous donnèrent, à moi et à Barnabas, la main droite de la participation, pour que nous allions vers les nations, mais eux vers ceux qui sont circoncis.” (Gal. 2:7-9). Pierre allait donc logiquement déployer son activité dans un centre du judaïsme, tel que Babylone, plutôt qu’à Rome, qui était essentiellement peuplée de Gentils.

 

 

La Bible ne fournit donc aucune base à la prétention selon laquelle Pierre est allé à Rome. Mais qu’en est-il des autres écrits anciens ?

 

 

Le témoignage de Clément

 

 

On prétend souvent que Clément de Rome, qui vécut au premier siècle de notre ère, confirme que Pierre a séjourné à Rome. Il écrivit :

 

 

“Considérons nos vaillants apôtres : Pierre, qui, victime d’une jalousie criminelle, souffrit non pas une ou deux épreuves, mais un grand nombre, et ainsi martyr s’en alla au séjour de gloire qui lui était dû. Victime de la jalousie et de la discorde, Paul montre comment on remporte le prix de la patience, sept fois chargé de chaînes, fugitif, lapidé, héraut du Christ en Orient et en Occident, après avoir conquis par sa foi une noble gloire, enseigné la justice au monde entier, être allé jusqu’au terme de l’Occident et avoir rendu témoignage devant les autorités.”

 

 

À propos de ce commentaire, le bibliste catholique Lardner fit cette remarque :

 

 

“De ce passage, je pense que l’on peut conclure fort justement que Pierre et Paul ont subi le martyre à Rome, lors des persécutions ordonnées par Néron. En effet, ils souffrirent parmi les Romains, où Clément était évêque et au nom de qui il écrivait aux Corinthiens.”

 

 

Mais Clément a-t-il vraiment dit cela ? Il est vrai qu’il mentionne Pierre et Paul, mais il ne dit pas que ceux-ci sont morts en martyrs à Rome. C’est seulement à propos de Paul qu’il dit qu’il prêcha “en Orient et en Occident”, ce qui laisse entendre que Pierre n’est jamais allé en Occident (puisqu’il servit plutôt en Orient, à Babylone par exemple). Ainsi, le témoignage de Clément laisse plutôt entendre que Pierre n’est pas allé à Rome.

 

 

Le témoignage d’Ignace

 

 

Pour démontrer que Pierre séjourna à Rome, les catholiques citent un autre témoignage ancien, celui d’Ignace, qui vécut à la fin du premier siècle et au début du deuxième siècle de notre ère. S’adressant aux chrétiens de Rome, Ignace leur dit : “Je ne vous donne point d’ordres, comme Pierre et Paul : ils étaient apôtres, je suis un condamné.” Expliquant ces paroles l’Encyclopédie catholique (angl.) déclare : “Cette remarque doit signifier que les deux apôtres travaillaient personnellement à Rome et, revêtus de l’autorité apostolique, y prêchaient l’évangile.” Cette conclusion est-elle exacte ? Ignace dit-il que Pierre et Paul étaient à Rome ? Non, il dit simplement qu’en tant qu’apôtres, ils donnaient des commandements. Rappelons que des commandements peuvent être donnés au moyen d’une lettre, par l’intermédiaire d’un messager ou verbalement quand on est visité par quelqu’un venant d’un autre lieu. Celui qui donne des commandements n’a pas besoin d’être personnellement présent dans une ville particulière.

 

 

Le témoignage d’Irénée

 

 

“Mais, diront certains, Irénée n’a-t-il pas dit clairement que Pierre séjourna à Rome ?” Effectivement, si l’on en juge d’après ses écrits (deuxième siècle de notre ère). Nous y lisons : “Ainsi Matthieu, chez les Hébreux, a publié un Évangile écrit en leur langue, au temps où Pierre et Paul proclamaient la Bonne Nouvelle à Rome et y fondaient l’Église.” Il est également question de “l’Église de Rome (...), connue de tous ; (...) fondée et constituée par les deux très glorieux Apôtres Pierre et Paul”. Toutefois, il se peut que ces déclarations ne soient pas d’Irénée. Pourquoi ? Parce que les écrits originaux en grec d’Irénée ont été perdus. Ces déclarations qui lui sont attribuées ont été traduites d’une mauvaise version latine retrouvée des centaines d’années plus tard. Un copiste latin a pu facilement ajouter ces déclarations relatives à Pierre. Louis Elliès Dupin, historien et ecclésiastique de l’Église catholique romaine, reconnaît qu’il y a eu des interpolations de ce genre. Il dit :

 

 

“Les catholiques ont inventé de fausses histoires, de faux miracles et de fausses vies de saints pour nourrir et entretenir la piété des fidèles.”

 

 

La preuve la plus puissante que l’on puisse opposer à ces déclarations attribuées à Irénée est sans doute leur désaccord avec la Bible. La lettre de Paul aux Romains montre de façon évidente qu’il y avait des chrétiens à Rome avant que l’apôtre ne vînt dans cette ville. C’est ce que reconnaît l’introduction à l’épître aux Romains que l’on trouve dans une traduction catholique, la New American Bible. Nous y lisons :

 

 

“Puisque ni la tradition chrétienne primitive ni la lettre de Paul aux Romains ne mentionnent un fondateur de la communauté chrétienne à Rome, on peut en conclure que la foi chrétienne a été transmise dans cette ville par l’intermédiaire de membres de la communauté juive de Jérusalem qui s’étaient convertis au christianisme.”

 

 

Ni Pierre ni Paul n’ont fondé l’église chrétienne de Rome en prêchant dans cette ville. En revanche, le jour de la Pentecôte de l’an 33 de notre ère, Pierre s’adressa à “ceux de Rome en séjour ici [à Jérusalem], tant Juifs que prosélytes”. (Actes 2:10.) C’est peut-être cela qui a servi de base aux traditions qui voudraient que Pierre fût le fondateur de l’église de Rome. Mais, comme l’indiquent les faits, cette croyance ne repose sur aucun fondement valable.

 

 

Le témoignage de l’archéologie

 

 

Ainsi, après un examen sérieux, les prétendues preuves historiques du séjour de Pierre à Rome n’ont en réalité aucun fondement. Il en est de même des prétendues preuves archéologiques. Des fouilles ont mis au jour ce que l’on croit être les vestiges d’un petit monument funéraire. Ceux qui prétendent qu’il s’agit du tombeau de Pierre fondent leurs conclusions sur les prétentions affirmant que l’apôtre séjourna à Rome. À propos des ossements qui y furent retrouvés, la Nouvelle encyclopédie catholique (angl.) déclare :

 

 

“Les examens anatomique et géologique indiquent que ces os datent du premier siècle ; parmi eux, se trouvent les os d’un homme de grande taille. Mais rien ne prouve qu’il s’agisse des os de saint Pierre.”

 

 

Il n’y a donc aucune preuve solide archéologique ou historique, démontrant que Pierre séjourna à Rome. Le témoignage biblique affirme le contraire. La prétention de l’Église catholique romaine relative à la “primauté apostolique de Pierre” est donc fausse.

 

 

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commentaires

Anthoine C. 12/12/2016 15:40

Très bonne et solide argumentation