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7 février 2006 2 07 /02 /février /2006 00:57

    LE JEUNE homme à qui je parlais était étudiant en histoire. Quand je lui dis l’intérêt que je portais à l’histoire biblique, il me répondit quelque chose qui résonne encore à mes oreilles: “Qu’espérez-vous trouver dans la Bible ? Vous oubliez qu’il existe des récits historiques bien plus anciens.”

 

“Auxquels pensez-vous?” dis-je. “À l’Épopée de Gilgamesh, répliqua-t-il. Elle remonte bien plus haut dans l’Histoire que le récit biblique.”

 

Je me rappelais que l’ancienne épopée babylonienne de Gilgamesh contenait une narration concernant un grand déluge qui détruisit toute l’humanité. Beaucoup de gens prétendent que cette légende est basée sur un fait historique bien plus ancien que le récit biblique d’un déluge universel, tel qu’on le trouve dans Genèse, chapitres 6 à 8.

 

Ma curiosité éveillée, j’ai décidé de faire des recherches sur la question. Je suis allé à la bibliothèque nationale de Vienne, bien fournie en toutes sortes d’ouvrages, et j’ai pu consulter un certain nombre de publications techniques sur l’Épopée de Gilgamesh. Permettez que je vous fasse bénéficier de quelques-uns des résultats de mes recherches.

 

Les histoires babyloniennes du Déluge

 

J’ai découvert que pendant la première moitié du XIXe siècle, l’histoire biblique du Déluge universel auquel ont survécu Noé et sa famille était l’objet de nombreuses critiques, et beaucoup la rejetaient comme n’étant qu’une simple légende. Mais, grâce à une découverte archéologique faite au printemps 1850, le Déluge trouva un regain d’intérêt dans le monde entier. Des fouilles effectuées à Ninive permirent de découvrir une chambre remplie de tablettes d’argile. Les archéologues avaient mis au jour la bibliothèque de tablettes d’argile du roi assyrien Assurbanipal.

 

Plus tard, George Smith, du British Museum, procéda au déchiffrement des textes cunéiformes de cette collection. Il tomba sur une série de tablettes connue sous le nom d’Épopée de Gilgamesh. Tandis qu’il travaillait sur l’une de ces tablettes, Smith sentit son cœur bondir de joie. Lettre par lettre, il établit ce qui suit:

 

“Homme de Shuruppak, fils d’Ubar-Tutu, change de demeure, construit un vaisseau, abandonne les richesses et recherche la vie (...)! Fais monter la semence de toute vie dans un bateau, un bateau que toi tu auras construit. Que ses dimensions soient bien établies (...).”

 

Smith se rendit compte qu’il avait affaire à une relation du Déluge vu par les Assyrio-Babyloniens.

 

Bien que ce texte datât du VIIe siècle avant notre ère, les savants comprirent que les sources employées dans sa composition étaient bien plus anciennes. Aujourd’hui, certains des plus anciens récits ont été découverts. Le récit non biblique du Déluge, le plus ancien que l’on connaisse, fait partie d’une narration sumérienne. Des fragments de cette narration, sur une tablette d’argile cassée, ont été trouvés à Nippur, dans le sud de la Mésopotamie. Certaines autorités pensent que ce récit a été écrit entre le XXIe et le XVIIIe siècle avant notre ère. Un passage de ce document sumérien dit: “Prête-moi attention! Par mon ordre, un déluge sera déchaîné. Pour détruire la semence de l’humanité; telle est la décision, l’ordre de l’assemblée des dieux.”

 

L’Épopée de Gilgamesh

 

Mais retournons à l’Épopée de Gilgamesh. On pense que Gilgamesh était un ancien roi de la ville d’Uruk (appelée Érech en Genèse 10:10). Une liste des rois sumériens le situe dans la première dynastie d’Uruk. Un dictionnaire dit à son sujet: “Un cycle de poèmes sumériens mythico-épiques s’est construit autour de Gilgamesh vers 1900 avant notre ère, mais il ne nous est parvenu que fragmentairement.”

 

L’Épopée de Gilgamesh elle-même contient un certain nombre de poèmes assemblés en un seul ouvrage. Elle s’étend sur douze tablettes d’argile, dont la 11e présente l’histoire du Déluge qui m’intéressait tellement. Voici un résumé du récit: Gilgamesh apprend que son ami Enkidu est mort. La peur de la mort incite Gilgamesh à rechercher Um-Napishti, le seul homme qui aurait atteint l’immortalité. Gilgamesh traverse la rivière de la mort grâce à un passeur et rencontre Um-Napishti, qui lui parle du Déluge et lui explique comment il a survécu. Dans une histoire babylonienne plus ancienne du Déluge, Um-Napishti porte le nom d’Atrahasis, ce qui signifie le “Très-sage”.

 

Ces renseignements sur tablettes d’argile sont vraiment significatifs. Bien qu’accompagnés d’un tas de détails fantaisistes, ils démontrent qu’un déluge de vastes proportions a laissé son empreinte dans la mémoire de l’humanité.

 

Divergence d’opinions

 

Après que les experts eurent examiné attentivement l’épopée de Gilgamesh, les opinions divergèrent sur la question de savoir quel récit du Déluge était le plus ancien, le récit mésopotamien mentionné dans l’Épopée ou celui que donne la Bible. Beaucoup étaient d’avis que la narration non biblique venait en premier lieu. Par exemple, dans l’ouvrage Des dieux, des tombeaux, des savants, C. Ceram écrit: “Pouvait-on douter encore d’avoir trouvé la forme primitive de la légende biblique?” Peut-être que le jeune homme avec qui je m’étais entretenu avait basé son point de vue sur une pareille déclaration.

 

Mais est-elle exacte? Le récit du Déluge tel qu’on le lit dans la Genèse a-t-il son origine dans des légendes sumériennes ou babyloniennes? Pour trouver la réponse à cette question, le mieux, me semblait-il, était de comparer le récit biblique avec celui que contient l’Épopée de Gilgamesh.

 

Certaines similitudes

 

Le Déluge universel occupe une place éminente dans les histoires des nations anciennes. On a découvert plus de 100 narrations du Déluge, venant de toutes les parties de la terre, et, parmi elles, celle que contient l’Épopée de Gilgamesh.

 

Comme mes recherches me l’ont montré, le récit mésopotamien ressemble par certains détails à celui des Écritures Saintes. Par exemple, les deux sources relatent qu’à l’exception de quelques survivants, toute la race humaine a été détruite. On a dit à une personne de construire un vaisseau à des fins de préservation. Les eaux se déversèrent du ciel, jour après jour. Ensuite, des oiseaux ont été envoyés hors du vaisseau pour permettre de déterminer si de la terre sèche avait émergé. Après avoir quitté le bateau, les survivants ont offert un sacrifice.

 

Ces ressemblances constituent-elles une preuve que l’Épopée de Gilgamesh ou des légendes mésopotamiennes plus anciennes précédèrent le récit biblique? Avant de répondre, j’ai trouvé utile d’isoler certaines...

 

Différences remarquables

 

D’abord, voyons la cause du Déluge. Selon l’Épopée de Gilgamesh, une assemblée de dieux résolut de détruire l’humanité par un déluge. Bien que la décision eût dû être tenue secrète, le dieu Ea (“Enki” dans le récit sumérien) avertit son favori, Um-Napishti.

 

L’Épopée babylonienne d’Atrahasis, plus ancienne, déclare qu’un des dieux (Enlil) était dérangé dans son sommeil par le bruit fait par les humains. Il demanda l’aide de la divine assemblée des “grands dieux” qui fit alors régner sur la terre une famine qui dura environ six ans. Mais cela n’apporta pas le calme désiré. Quand les dieux décidèrent d’envoyer un déluge, Ea révéla le plan à Atrahasis, qui construisit un bateau selon les mesures que le dieu lui donna.

 

Le récit biblique du Déluge est complètement différent. Il donne à la catastrophe une cause vraiment concevable. Nous lisons:

 

“Dieu vit que la malice de l’homme était abondante sur la terre et que toute inclination des pensées de son cœur n’était toujours que mauvaise. Et la terre se dégrada sous le regard du vrai Dieu et la terre se remplit de violence. Ainsi Dieu vit la terre et voici qu’elle était dégradée, car toute chair avait dégradé sa voie sur la terre. Après cela, Dieu dit à Noé: ‘La fin de toute chair est venue devant moi, car la terre est pleine de violence à cause d’eux; et voici que je les saccage avec la terre.’” — Gen. 6:5, 11-13.

 

Quant au fait de périr dans le Déluge ou d’y survivre, la Bible raconte que les gens sont morts parce qu’ils n’ont tenu compte ni de la construction de l’arche par Noé et sa famille, ni de ce que Noé leur disait en tant que “prédicateur de justice”. (Mat. 24:39; II Pierre 2:5.) S’ils avaient pris garde aux avertissements de Noé et à son exemple, ils auraient survécu.

 

En outre, dans la Bible , Dieu n’ordonne pas à Noé de garder secret le fait qu’un déluge universel était imminent. Dans la légende mésopotamienne, le dieu Ea va jusqu’à suggérer à Um-Napishti de tromper ses contemporains pour qu’ils ignorent tout de la catastrophe qui allait sévir.

 

Des différences importantes apparaissent également en ce qui concerne les effets du Déluge. Selon l’Épopée de Gilgamesh, les dieux étaient pleins d’épouvante et cherchèrent refuge dans les cieux les plus élevés du dieu Anu. “Les dieux s’accroupissent comme des chiens, ils se couchent.” En pleurant, ils s’élèvent en protestations. Il y a surtout la déesse Ishtar, qui se reproche amèrement d’avoir à l’origine consenti à la destruction de l’humanité dans l’assemblée des dieux.

 

Il y a encore d’autres différences. L’Épopée raconte qu’après le Déluge, quand Um-Napishti a offert le sacrifice, “les dieux, comme des mouches, se groupèrent au-dessus du sacrificateur”. Mais Ishtar, “la grande déesse”, voulut exclure Enlil du sacrifice et lui reprocha d’avoir causé la catastrophe. Le récit mésopotamien montre Enlil furieux de voir qu’un homme avait survécu.

 

J’ai trouvé que cette analyse des similitudes et des différences était très utile pour déterminer quel récit est le plus ancien. Et d’autres ouvrages de références ici, à la Bibliothèque nationale, ont confirmé mes conclusions.

 

‘Un emprunt est tout à fait improbable’

 

Après avoir constaté les différences entre le récit du Déluge contenu dans la Bible et celui que donnent les documents mésopotamiens, P. Wiseman écrivit dans son ouvrage Nouvelles découvertes babyloniennes concernant la Genèse (angl.): “Le récit biblique est simple dans ses idées, et son enseignement concernant Dieu est irréprochable. Les tablettes babyloniennes sont compliquées et polythéistes. On peut comparer cette différence à celle qui existe entre les eaux pures de la Tamise à sa source et les eaux polluées de cette même Tamise aux bassins de Londres. Il y a des ressemblances entre la source d’un fleuve et son estuaire, car il s’agit du même fleuve. Ainsi dans la Genèse , nous trouvons l’histoire à sa source pure tandis que les documents babyloniens la montrent dans ses développements contaminés.”

 

Quant à savoir si la Bible a emprunté son récit du Déluge aux documents babyloniens, le Lexikon zur Bibel de Fritz Rienecker contient cette remarque: “Étant donné les différences de style et de contenu entre les deux textes, il semble tout à fait improbable que le récit biblique du Déluge, récit absolument non mythologique, soit un emprunt aux Babyloniens.”

 

D’après mon étude personnelle de la chronologie biblique, je savais que le rédacteur de la Genèse n’avait pas besoin de s’inspirer des légendes babyloniennes. À cause du chevauchement des générations, la vérité concernant le Déluge a pu facilement être transmise par Sem, fils de Noé (qui en a été témoin oculaire) jusqu’à Moïse, qui a écrit la Genèse , par trois chaînons humains seulement. Il est déraisonnable de penser que les Hébreux, qui adoraient le même Dieu que Noé, n’auraient pas inclus dans leur histoire un événement de cette importance.

 

Je savais aussi que d’autres écrivains bibliques ont appuyé le récit de la Genèse. Par exemple, Ésaïe et Ézéchiel ont attiré l’attention sur Noé et le Déluge (És. 54:9; Ézéch. 14:14, 18, 20). Les apôtres Pierre et Paul se sont référés au Déluge de façon explicite (I Pierre 3:20; II Pierre 2:5; 3:5, 6; Héb. 11:7). Et tous ces rédacteurs bibliques, y compris Moïse, étaient “inspirés de Dieu”, ce qui me donne l’assurance que leurs écrits sont véridiques. — II Tim. 3:16.

 

Jésus Christ aussi reconnaissait que le récit de la Genèse était la vérité. Quand il parla de la destruction du présent système de choses méchant, il dit: “Comme ils étaient, en effet, en ces jours d’avant le déluge: ils mangeaient et buvaient, et les hommes se mariaient et les femmes étaient données en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche; et ils ne s’aperçurent de rien jusqu’à ce que le déluge vînt et les emportât tous.” Il en sera de même du système actuel. — Mat. 24:37-39.

 

Les recherches que j’ai faites ont renforcé ma conviction que le récit biblique du Déluge est authentique, véridique. Il ne repose pas sur le folklore de peuples primitifs, folklore qui abonde en variantes et en exagérations.

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