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19 février 2006 7 19 /02 /février /2006 15:48

LA BIBLE enseigne comment aller au ciel, pas ce qui s’y passe”, a déclaré Galilée, au XVIe siècle. C’est à cause d’idées comme celle-ci que cet astronome et physicien italien est entré en conflit avec l’Église catholique, qui l’a menacé de torture et d’emprisonnement. Quelque 350 ans plus tard, l’Église a révisé la manière dont elle s’était comportée avec Galilée. Ce qui s’est passé à cette époque reculée a été appelé une “confrontation entre la science empirique et le dogmatisme aveugle”.

 

Aujourd’hui, ce qui est arrivé à Galilée est très utile pour ceux qui cherchent la vérité. Mais pourquoi y a-t-il eu une telle confrontation? Pour trouver la réponse, examinons les idées scientifiques couramment admises à cette époque-là.

 

Au milieu du XVIe siècle, on croyait que la terre était le centre de l’univers, et que les planètes gravitaient sur des orbites parfaitement circulaires. Bien que n’étant pas prouvés scientifiquement, ces enseignements étaient considérés véritablement comme des faits établis. En réalité, la science, avec ses “idées mystiques”, était inséparable de la religion.

 

C’est dans un tel contexte que Galilée est né à Pise en 1564 dans une famille respectable. Son père voulait qu’il fasse des études de médecine, mais lui, curieux de nature, était fasciné par les mathématiques. Plus tard, alors qu’il était professeur de sciences, il a découvert certains principes de l’inertie. Ayant obtenu la description des premiers télescopes hollandais, il a considérablement amélioré le procédé et a construit son propre instrument, qui était de beaucoup supérieur aux premiers. Il l’a braqué sur le ciel et a publié le résultat de ses observations dans son premier livre, Sidereus Nuncius (Le Message céleste), faisant découvrir à ses contemporains quatre lunes de Jupiter. En 1611, il a été convoqué à Rome, et a présenté le fruit de ses recherches aux Jésuites du Collegio Romano (Collège romain). Ceux-ci l’ont honoré en organisant une conférence au cours de laquelle ils ont reconnu la valeur de ses découvertes.

 

Des enseignements contraires à ceux de l’Église

 

Avant que Galilée ne quitte Rome, il s’est passé quelque chose qui allait avoir de tristes conséquences: le cardinal Bellarmin, jésuite influent, a fait mener une enquête sur les enseignements de l’astronome. Galilée croyait que des lois régissent l’univers et que les hommes peuvent les découvrir en étudiant la création. L’Église catholique s’opposait à ce point de vue.

 

D’autres astronomes n’étaient pas non plus d’accord avec Galilée. Ils pensaient que le télescope ne pouvait pas donner une image exacte de la réalité et que cette invention n’était qu’un canular. Un prêtre a même émis l’idée que les étoiles visibles dans l’appareil avaient été dessinées sur les lentilles! Lorsque Galilée a découvert des montagnes lunaires, preuve que les corps célestes n’ont pas une surface lisse, le prêtre Calvius a riposté en disant que la lune était enfermée dans du cristal, de sorte que même si l’on pouvait voir des montagnes à travers, elle était toujours un globe parfait! “C’est, a répondu Galilée, un remarquable tour de l’imagination.”

 

L’intérêt que Galilée manifestait pour le “Livre de la Nature ” — c’est ainsi qu’il appelait la création — l’a conduit aux travaux de l’astronome polonais Nicolas Copernic. Ce dernier avait publié, en 1543, un livre dans lequel il expliquait que la terre tourne autour du soleil. Galilée a confirmé ce fait, ce qui lui a valu les foudres du monde scientifique, politique et religieux de son époque.

 

Alors que l’Église catholique se servait de l’astronomie copernicienne pour définir certaines dates, comme celle de Pâques, elle n’avait pas officiellement adopté les enseignements de Copernic. Elle soutenait la théorie aristotélicienne selon laquelle la terre était le centre de l’univers. Les nouvelles idées de Galilée mettaient donc en question la réputation et la puissance du clergé.

 

À travers l’Europe, des scientifiques travaillaient de leur côté pour confirmer le système de Copernic, mais ils se contentaient d’en discuter entre eux. L’Église catholique les laissait donc tranquilles. Par contre, Galilée a diffusé ses découvertes auprès du grand public, rédigeant en italien courant et non en latin. Les membres du clergé ont considéré qu’il portait atteinte non seulement à leur réputation, mais aussi à la Parole de Dieu.

 

Pas un livre scientifique

 

Bien sûr, les découvertes sur l’univers ne portent pas vraiment atteinte à la Parole de Dieu. Ceux qui étudient la Bible se rendent compte qu’elle n’est pas un livre de science, bien qu’elle s’avère exacte lorsqu’elle aborde des sujets scientifiques. Elle a été écrite pour fournir un enseignement spirituel aux croyants, non pour leur apprendre la physique ou d’autres sciences naturelles (2 Timothée 3:16, 17). Galilée l’avait compris. Il a émis l’idée que les mots employés dans les Écritures étaient de deux sortes: les uns étaient des termes scientifiques précis, les autres des mots de tous les jours utilisés par les rédacteurs inspirés de Dieu. “Il est nécessaire dans les Écritures, a-t-il écrit, (...) d’adapter celles-ci à la compréhension du commun peuple, de dire beaucoup de choses qui semblent différentes (quant à la signification des mots) de la vérité absolue.”

 

Différents textes de la Bible illustrent ces propos. Par exemple, celui de Job 38:6, où les Écritures disent de la terre qu’elle a des “socles” et une “pierre angulaire”. Certains ont pris à tort ce passage pour montrer que la terre est immobile. Cependant, ces mots n’ont pas pour but de décrire scientifiquement la terre; ils servent plutôt à faire une comparaison poétique entre la création de la terre et la construction d’un bâtiment, Dieu étant le Maître Constructeur.

 

Comme l’a fait remarquer le biographe L. Geymonat dans son livre Galileo Galilei: “Les théologiens bornés qui voulaient limiter la science au raisonnement biblique ne faisaient rien d’autre que de jeter le discrédit sur la Bible elle-même.” Des hommes obstinés ont agi ainsi pour des raisons égoïstes. Une lettre a été envoyée au Saint-Office pour demander qu’une enquête soit ouverte sur Galilée.

 

Le 19 février 1616, Galilée a exposé aux théologiens catholiques deux propositions: 1) “le Soleil est au centre du monde”, et 2) “ la Terre n’est pas au centre du monde”. Le 24 février, les théologiens ont déclaré ces idées insensées et hérétiques, puis ont donné l’ordre à Galilée de ne pas soutenir ni enseigner ces théories.

 

Galilée était réduit au silence. Non seulement l’Église catholique lui avait tourné le dos, mais en plus ses amis n’avaient pas pu lui venir en aide. Il s’est ensuite entièrement consacré à la recherche. N’eût été un changement de pape en 1623, nous n’aurions peut-être jamais plus entendu parler de lui. Mais le nouveau pape, Urbain VIII, était un intellectuel et soutenait Galilée. On a rapporté à l’astronome que le pape ne s’opposerait pas à un nouveau livre. Il a même obtenu une audience auprès du pape. Après ce qui lui semblait être un signe d’ouverture d’esprit de la part du pape, Galilée s’est mis au travail.

 

Son livre Dialogue sur les deux plus grands systèmes du monde a été publié avec l’autorisation de l’Église catholique en 1632, mais l’enthousiasme du pape a vite diminué. À 70 ans, Galilée a été cité à comparaître une seconde fois devant l’Inquisition. L’accusation d’hérésie portée contre lui exigeait que l’on explique tout d’abord pourquoi l’Église avait donné l’autorisation de publier ce livre; on a prétendu que Galilée avait usé de fraude en cachant l’interdiction qui lui avait été faite précédemment d’enseigner la doctrine copernicienne. Puisque Dialogue comparait des systèmes astronomiques, y compris celui de Copernic, on a soutenu que la publication violait l’interdit.

 

Galilée a répondu que son livre critiquait Copernic. Défense bien faible en vérité, car son ouvrage présentait des arguments très convaincants en faveur de la doctrine copernicienne. De plus, les paroles du pape avaient été mises dans la bouche du personnage le plus niais, Simplicio, ce qui offensait Urbain VIII.

 

Galilée convaincu d’hérésie

 

Galilée a été déclaré coupable. Malade et menacé de torture s’il n’abjurait pas, il céda. À genoux, il prononça ces paroles: “Je viens (...) abjurer (...) les susdites erreurs et hérésies (...). Je ne dirai ni affirmerai jamais plus (...) des choses qui puissent m’en rendre suspect.” La légende veut qu’en se relevant, il frappa du pied le sol et marmonna: “Eppur si muove!” [Et pourtant, elle tourne!].

 

Il a été condamné à l’emprisonnement et à faire pénitence pour le restant de ses jours; il est décédé neuf ans plus tard. Dans une lettre qu’il a écrite en 1634, il dit: “Ce qui a fait mon malheur, ce n’est pas d’avoir professé telle ou telle autre opinion, mais d’avoir encouru la disgrâce des Jésuites.”

 

En 1822, l’interdiction qui pesait sur ses ouvrages a été levée. Mais ce n’est qu’en 1979 que le pape Jean-Paul II a rouvert le dossier et a reconnu que Galilée avait “beaucoup souffert (...) à cause des hommes et des organes de l’Église”. Dans le journal du Vatican, L’Osservatore Romano, Mario D’Addio, membre éminent de la commission spéciale formée par Jean-Paul II pour réviser la condamnation de Galilée en 1633, a dit: “Il semble que la soi-disant hérésie de Galilée n’ait aucun fondement, ni du point de vue théologique ni du point de vue du droit canon.” Selon D’Addio, l’Inquisition a outrepassé ses pouvoirs; les théories de Galilée ne violaient aucun article de foi. Le journal du Vatican a reconnu que la condamnation de Galilée pour hérésie ne reposait sur aucun fondement.

 

Que nous apprend ce qui est arrivé à Galilée? Les chrétiens doivent comprendre que la Bible n’est pas un livre de science. Lorsque les deux semblent entrer en contradiction, ils ne doivent pas essayer de concilier la moindre “divergence”. Après tout, la foi chrétienne repose sur “la parole au sujet de Christ”, non sur des données scientifiques (Romains 10:17). En outre, les connaissances scientifiques évoluent continuellement. Une théorie qui semble contredire la Bible et qui est couramment admise aujourd’hui peut, demain, se révéler fausse et être rejetée.

 

Cependant, si les scientifiques veulent se servir de l’affaire Galilée pour démontrer que la religion étouffe la science, ils feraient bien de se rappeler que les découvertes de Galilée n’avaient pas non plus été acceptées par les chercheurs de son époque. Contrairement aux croyances d’alors, la Bible n’était pas en contradiction avec cette vérité. La Parole de Dieu n’a pas eu besoin d’être révisée. C’est la mauvaise interprétation qu’en avait faite l’Église catholique qui a été à l’origine du conflit.

 

Tout le monde devrait être émerveillé par la remarquable harmonie de l’univers et les lois naturelles qui le régissent, car cela permet de mieux connaître le Créateur, Dieu. Galilée avait demandé: “L’Œuvre est-elle moins noble que la Parole ?” L’apôtre répond: “[Les] qualités invisibles [de Dieu] se voient distinctement depuis la création du monde, car elles sont perçues par l’intelligence grâce aux choses qui ont été faites.” — Romains 1:20.

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