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La médecine moderne nous a beaucoup appris sur la propagation et la prévention des maladies. Les progrès du XIXe siècle ont introduit dans la pratique médicale l’antisepsie, méthode consistant à lutter contre l’infection par des mesures d’hygiène. Le résultat ne se fit pas attendre. On nota une diminution sensible des cas d’infection et de mort prématurée.
Les médecins de l’Antiquité, eux, ne saisissaient pas pleinement les phénomènes de contagion ni ne mesuraient l’importance de l’hygiène dans la prévention des maladies. Nombre de leurs pratiques médicales passeraient d’ailleurs pour barbares aujourd’hui.
Un des plus anciens textes médicaux parvenus jusqu’à nous est le papyrus Ebers, une compilation du savoir thérapeutique égyptien des années 1550 avant notre ère. Répertoriés dans ce rouleau, quelque 700 remèdes contre les maux les plus divers, “ de la morsure de crocodile à la douleur d’orteil”. Une encyclopédie biblique (The International Standard Bible Encyclopaedia) déclare ceci : “ Les connaissances médicales de ces médecins étaient purement empiriques, essentiellement magiques et tout à fait contraires à la science. ” La plupart des remèdes proposés étaient au mieux inefficaces, au pire extrêmement dangereux. Une prescription censée favoriser la cicatrisation recommandait par exemple de panser la plaie avec des excréments humains mélangés à d’autres substances. Par exemple, un certain texte sur papyrus explique que le cœur est relié par des vaisseaux à toutes les parties du corps ; toutefois, le même texte dit que dans les vaisseaux circulent non du sang, mais de l’air, de l’eau, du sperme et du mucus. Outre cette méconnaissance élémentaire des fonctions de l’organisme vivant, les textes médicaux sont fortement imprégnés de magie et de superstition ; les formules magiques et les incantations constituent une très grande partie des renseignements qu’ils donnent. Comme remèdes, on prescrivait bien des herbes et des plantes bénéfiques, mais aussi des ingrédients tels que du sang de souris, de l’urine ou des excréments de mouches qui, associés aux formules magiques, étaient “ calculés pour dégoûter totalement le démon et ainsi le faire sortir du corps de l’homme qu’il possédait ”. (History of Mankind, par J. Hawkes et Sir Leonard Woolley, 1963, vol. I, p. 695.) Ces aberrations contribuèrent peut-être à certaines des ‘ affections terrifiantes d’Égypte ’, dont probablement l’éléphantiasis, la dysenterie, la variole, la peste bubonique, l’ophtalmie et d’autres maux ; Israël pouvait en être protégé par une obéissance fidèle (Dt 7:15 ; voir aussi Dt 28:27, 58-60 ; Am 4:10).
Ce précis médical égyptien est à peu près contemporain des premiers livres de
Pas du tout.
La sagesse d’un tel code sanitaire offrait un contraste saisissant avec la médecine des nations environnantes. Plusieurs milliers d’années avant que la science médicale n’étudie les modes de propagation des maladies,