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7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 23:06

VOUS attendriez-vous à trouver de précieux manuscrits bibliques dans un monticule de détritus? C’est pourtant ce qui est arrivé à la fin du siècle dernier, en plein cœur du désert égyptien. Voyons ce qui s’est passé.

 

De 1778 à la fin du XIXe siècle, il y a eu en Égypte plusieurs découvertes fortuites de papyrus. Cependant, jusqu’à il y a une centaine d’années, on n’avait pas entrepris de recherches systématiques. Auparavant, des fellahs de la région trouvaient régulièrement de vieux documents; puis l’Egypt Exploration Fund, en Grande-Bretagne, a compris qu’il fallait envoyer une expédition avant qu’il ne soit trop tard. Deux savants d’Oxford, Bernard Grenfell et Arthur Hunt, ont été choisis pour effectuer des fouilles au sud de la région agricole du Fayoum (que l’on voit ci-dessus).

 

Pour M. Grenfell, le site d’al-Bahnasah semblait prometteur en raison de son ancien nom grec, Oxyrhynchos. Oxyrhynchos était un centre du christianisme en Égypte et une ville importante aux IVe et Ve siècles de notre ère. On avait fondé beaucoup de monastères dans ses environs, et il restait de très nombreuses ruines de cette ville de province. M. Grenfell espérait y trouver des fragments d’écrits chrétiens, mais les recherches effectuées dans les cimetières et les maisons en ruine n’ont rien donné. Restaient les monticules de détritus de la ville, certains d’une hauteur de neuf mètres. Chercher là-dedans des papyrus semblait un aveu d’échec; les archéologues ont quand même décidé d’essayer.

 

Découverte d’un trésor

 

En janvier 1897, une tranchée a été creusée à titre d’essai, et quelques heures plus tard d’anciens papyrus ont été découverts, parmi lesquels se trouvaient des lettres, des contrats et des documents officiels. Le sable, porté par le vent, les avait recouverts, et le climat sec les avait préservés pendant presque 2 000 ans.

 

En un peu plus de trois mois seulement, les chercheurs ont mis au jour à Oxyrhynchos environ deux tonnes de papyrus. Ils ont rempli 25 grandes caisses qu’ils ont expédiées en Angleterre. Et pendant les dix années qui ont suivi, les deux intrépides savants sont revenus chaque hiver en Égypte pour accroître leur collection.

 

Un jour, les seules trouvailles qu’ils ont faites en effectuant des fouilles dans un cimetière à Tebtunis ont été celles de momies de crocodiles. Un ouvrier, contrarié, en a mis une en pièces. À sa grande surprise, il a constaté qu’elle était enveloppée dans des feuilles de papyrus. Ils ont découvert que le même procédé avait été employé pour d’autres crocodiles, et que des rouleaux de papyrus avaient également été fourrés dans la gorge de certains d’entre eux. Des fragments d’anciens écrits classiques ont été mis au jour, ainsi que des ordonnances royales et des contrats, mêlés à de la comptabilité commerciale et à des lettres personnelles.

 

De quelle valeur étaient ces documents? Ils se sont révélés très intéressants, car la plupart avaient été écrits par des gens ordinaires en koinè, le grec commun de l’époque. Comme nombre des mots qu’ils utilisaient figuraient aussi dans les Écritures grecques de la Bible , le “Nouveau Testament”, il est soudain apparu que la langue employée dans les Écritures n’était pas un grec spécial, comme certains savants l’avaient suggéré, mais était la langue parlée par l’homme de la rue. Ainsi, en étudiant la façon dont les mots étaient couramment utilisés, on a pu mieux comprendre leur sens dans les Écritures grecques chrétiennes.

 

Des manuscrits bibliques

 

Des fragments de manuscrits bibliques ont également été trouvés; souvent d’une écriture grossière, sans beaucoup d’ornements, et sur un matériau de moindre qualité, ils représentent la Bible de l’homme ordinaire. Examinons quelques-uns de ces manuscrits.

 

M. Hunt a découvert une copie du premier chapitre de l’Évangile selon Matthieu, comprenant les versets 1 à 9, 12, et 14 à 20, écrite au IIIe siècle de notre ère en lettres onciales (capitales). Ce manuscrit en est venu à être identifié par le symbole P1 et il est devenu le premier d’un catalogue de papyrus découverts en différents endroits, catalogue qui compte actuellement presque cent manuscrits ou fragments de manuscrits des Écritures grecques chrétiennes. De quelle utilité ont été les quelques versets découverts par M. Hunt? Le caractère employé a permis, sans risque de se tromper, de faire remonter ce manuscrit au IIIe siècle de notre ère, et une vérification de son contenu a montré qu’il s’accordait avec le texte de Wescott et Hort, qui était assez récent au moment de la découverte. Le manuscrit P1 est conservé à l’University Museum de Philadelphie, aux États-Unis.

 

Une feuille de papyrus provenant d’un codex, ou livre, reproduit, sur la page de gauche, des portions de Jean, chapitre 1, et, sur la page de droite, des extraits de Jean, chapitre 20. En reconstituant les morceaux manquants, on peut penser que l’Évangile entier couvrait à l’origine 25 feuilles et que le chapitre 21 faisait partie de son contenu dès les premiers temps. On a répertorié ce manuscrit sous le symbole P5, on l’a daté du IIIe siècle de notre ère et il se trouve maintenant à la British Library de Londres.

 

Un fragment, renfermant le passage de Romains 1:1-7, est écrit avec des lettres si grandes et si grossières que certains savants pensent qu’il s’agit peut-être d’un exercice d’écolier. On lui a attribué le symbole P10 et on le fait remonter au IVe siècle de notre ère.

 

On a découvert un papyrus beaucoup plus grand, qui contient environ un tiers de la lettre aux Hébreux. Elle a été copiée au dos d’un rouleau comportant des écrits classiques de l’historien romain Tite-Live. Pourquoi des matières si différentes au recto et au verso? En ce temps-là, en raison de la rareté et du coût des matériaux d’écriture, on ne pouvait pas se permettre de gaspiller les vieux papyrus. Ce manuscrit porte le symbole P13, et il date du IIIe ou IVe siècle de notre ère.

 

Une feuille de papyrus, contenant des portions des chapitres 8 et 9 de la lettre aux Romains, et écrite en très petits caractères, provient d’un livre qui mesurait environ 11,5 cm de haut sur à peine 5 cm de large. Il semblerait donc que des éditions de poche des Écritures aient existé au IIIe siècle de notre ère. Ce manuscrit a reçu le symbole P27, et il concorde dans l’ensemble avec le Codex Vaticanus.

 

Quatre feuilles fragmentaires d’un codex de la Septante , version grecque, renferment des portions de six chapitres de la Genèse. Ce codex est important, car il date du IIe ou IIIe siècle de notre ère; de plus, les chapitres en question manquent dans le Codex Vaticanus et sont en mauvais état dans le Codex Sinaiticus. Répertoriées sous le nom de Papyrus 656, ces feuilles sont conservées à la bibliothèque Bodleian, à Oxford.

 

Tous ces fragments ne présentent aucune différence importante avec les manuscrits anciens dont nous disposons, et ils confirment que très tôt le texte biblique était en circulation parmi les gens ordinaires habitant une région reculée d’Égypte. Ils fortifient également notre foi dans la fiabilité et l’exactitude de la Parole de Dieu.

 

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