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13 mars 2006 1 13 /03 /mars /2006 13:01

PARTICULIÈREMENT depuis 1967, Jérusalem est le théâtre d’importantes activités archéologiques pleines d’enseignement. De nombreux sites sont maintenant ouverts au public : visitons-en donc quelques-uns et voyons comment l’archéologie s’accorde avec l’histoire biblique.

 

La Jérusalem du roi David

 

L’endroit que la Bible appelle le mont Sion, site de l’antique Cité de David, semble assez insignifiant dans la métropole qu’est la Jérusalem moderne. Les fouilles menées dans la Cité de David par le défunt professeur Yigal Shiloh de 1978 à 1985 ont mis au jour une construction en degrés faite de pierres, ou mur de soutènement, sur le côté est de la colline.

 

Le professeur Shiloh affirmait que ce devait être les restes d’une immense infrastructure de murs en terrasse sur lesquels les Yebousites (les habitants de la ville avant sa conquête par David) avaient construit une citadelle. Selon lui, la construction qu’il avait découverte en haut de ces murs en terrasse faisait partie de la nouvelle forteresse que David avait fait construire sur le site de la citadelle yebousite. En 2 Samuel 5:9, nous lisons : “ David s’établit dans la forteresse et on l’appela alors la Cité de David ; puis David bâtit tout autour, depuis le Remblai vers l’intérieur. ”

 

Près de cette construction se trouvent les entrées des systèmes d’alimentation en eau de la ville, dont plusieurs parties semblent remonter à l’époque de David. Certaines déclarations bibliques au sujet du tunnel d’eau de Jérusalem ont suscité des questions. Par exemple, David dit à ses hommes que “ quiconque frappe les Yebousites, que celui-là — par le moyen du tunnel d’eau — prenne contact ” avec l’ennemi (2 Samuel 5:8). Ce que fit Yoab, le général de David. Que signifie exactement l’expression “ tunnel d’eau ” ?

 

D’autres questions ont été soulevées en rapport avec le célèbre tunnel de Siloam, construit probablement par les ouvriers du roi Hizqiya au VIIIe siècle avant notre ère et dont il est fait mention en 2 Rois 20:20 et en 2 Chroniques 32:30. Comment les deux équipes de travailleurs, creusant chacune à un bout du tunnel, sont-elles parvenues à se rencontrer ? Pourquoi ont-elles choisi de suivre un tracé sinueux, allongeant ainsi considérablement la longueur du tunnel, au lieu de creuser tout droit ? Comment ont-elles eu suffisamment d’air pour respirer, d’autant plus qu’elles utilisaient certainement des lampes à huile ?

 

La Biblical Archaeology Review a avancé quelques hypothèses à travers ces explications de Dan Gill, un expert-géologue qui a participé aux fouilles : “ Il y a, sous la Cité de David, un système naturel karstique assez étendu. Le karst est un terme géologique qui décrit un réseau irrégulier de cavités, de grottes et de galeries creusées par la circulation et l’infiltration de l’eau à travers les formations rocheuses souterraines. [...] Notre étude géologique des systèmes hydrauliques situés sous la Cité de David indique qu’ils doivent leur existence à l’intervention habile de l’homme qui a élargi des galeries et des puits ayant subi une érosion naturelle (karstique) et les a intégrés aux systèmes hydrauliques en fonction. ”

 

Cela pourrait expliquer comment le tunnel de Siloam a été creusé. Il a pu suivre le tracé sinueux d’une galerie naturelle se trouvant sous la colline. Peut-être les équipes travaillant à chaque extrémité ont-elles creusé un tunnel provisoire en modifiant les grottes existantes. Puis elles ont excavé un tunnel en pente afin que l’eau provenant de la source de Guihôn se répande dans la piscine de Siloam, qui se situait sans doute à l’intérieur des murs de la ville. C’était un véritable exploit technique de la part de ces ouvriers car, malgré ses 533 mètres de long, le tunnel n’accuse que 32 centimètres de dénivellation.

 

Depuis longtemps, les biblistes savent que la source de Guihôn était le principal point d’eau de la ville antique. Elle se situait à l’extérieur de ses murs, mais suffisamment près pour que l’on puisse creuser un tunnel et un puits de 11 mètres de profondeur, qui permettait aux habitants de puiser de l’eau sans sortir des murs protecteurs. Ce puits est connu sous le nom de puits de Warren, du nom de Charles Warren, qui a découvert le système en 1867. Mais à quelle époque le tunnel et le puits ont-ils été faits ? Existaient-ils au temps de David ? Était-ce le tunnel d’eau qu’avait emprunté Yoab ? Dan Gill répond : “ Pour vérifier si le puits de Warren était effectivement une cavité naturelle, nous avons cherché la présence de carbone 14 dans un fragment de la croûte calcaire prélevé sur ses murs irréguliers. Il n’y en avait pas, ce qui indique que la croûte a plus de 40 000 ans. Cela prouve d’une manière catégorique que le puits n’a pas pu être creusé par l’homme. ”

 

Vestiges du temps de Hizqiya

 

Le roi Hizqiya vivait à l’époque où la nation assyrienne balayait tout sur son chemin. En la sixième année de son règne, les Assyriens conquirent Samarie, la capitale du royaume des dix tribus. Huit ans plus tard (en 732 avant notre ère), les Assyriens étaient de retour et menaçaient Juda et Jérusalem. La stratégie de défense de Hizqiya est décrite en 2 Chroniques 32:1-8. Avons-nous des témoignages concrets de cette période ?

 

En 1969, le professeur Nahman Avigad a découvert des vestiges de cette époque. Des fouilles ont mis au jour un morceau d’une muraille imposante, dont la première partie mesure 40 mètres de long, 7 mètres de large et, selon des estimations, 8 mètres de haut. La muraille reposait en partie sur un soubassement et en partie sur des maisons de construction récente. Qui l’avait édifiée ? Et quand ? Une revue archéologique rapporte que “ deux passages de la Bible ont aidé M. Avigad à définir l’âge de la muraille et la raison de son existence ”. On lit dans ces versets : “ De plus, il prit courage et rebâtit toute la muraille démolie et éleva sur elle des tours, et, à l’extérieur, une autre muraille. ” (2 Chroniques 32:5). “ Vous abattrez aussi les maisons pour rendre inaccessible la muraille. ” (Isaïe 22:10). Aujourd’hui, les visiteurs peuvent voir une partie de ce qui est appelé la Muraille Large dans le quartier juif de la vieille ville.

 

Plusieurs fouilles ont également révélé qu’à cette époque Jérusalem était beaucoup plus étendue qu’on ne l’avait cru jusque-là : c’était probablement dû à l’afflux de réfugiés venus du royaume du Nord, après leur défaite face aux Assyriens. Le professeur Shiloh a estimé que la ville yebousite couvrait une superficie d’environ 6 hectares. Sous le règne de Salomon, elle s’étendait sur près de 16 hectares. Trois cents ans plus tard, sous le roi Hizqiya, la zone fortifiée de la ville atteignait quelque 60 hectares.

 

Les cimetières à l’époque du premier temple

 

Des cimetières appartenant à la période du premier temple, c’est-à-dire avant la destruction de Jérusalem par les Babyloniens en 607 avant notre ère, ont été une autre source de renseignements. Des découvertes spectaculaires ont été faites lorsque, en 1979 et en 1980, un groupe de grottes mortuaires a été mis au jour sur les flancs de la vallée de Hinnom. “ Dans toute l’histoire de la recherche archéologique à Jérusalem, c’était l’un des très rares entrepôts du premier temple à être découvert avec tout son contenu : il s’y trouvait plus d’un millier d’objets ”, déclare l’archéologue Gabriel Barkay. Et de poursuivre : “ Le rêve le plus cher de tout archéologue travaillant en Israël, et particulièrement à Jérusalem, est de découvrir des écrits. ” Deux petits rouleaux d’argent ont été trouvés. Que contenaient-ils ?

 

M. Barkay explique : “ Lorsque j’ai déroulé la bande en argent et l’ai placée sous la loupe, j’ai pu remarquer que la surface — très mince et fragile — était couverte de caractères délicatement gravés à l’aide d’un instrument pointu. [...] Le nom divin, qui apparaît clairement sur l’inscription, est composé de quatre caractères hébraïques, Yod Waw , de forme ancienne. ” Dans une publication plus récente, l’auteur ajoute : “ À notre grande surprise, les deux plaques d’argent comprenaient des formules de bénédiction presque identiques à celles que prononçaient les prêtres dans la Bible. ” (Nombres 6:24-26). Pour la première fois, on avait trouvé le nom de Jéhovah sur une inscription découverte à Jérusalem.

 

De quelle manière les biblistes ont-ils daté ces rouleaux d’argent ? Principalement grâce au contexte archéologique dans lequel ils ont été trouvés. Le dépôt contenait plus de 300 poteries que la datation a fait remonter aux VIIe et VIe siècles avant notre ère. Comparé à d’autres inscriptions datées, le texte renvoyait à la même période. Les rouleaux sont exposés au musée d’Israël, à Jérusalem.

 

La destruction de Jérusalem en 607 avant notre ère

 

La Bible parle de la destruction de Jérusalem en 607 avant notre ère en 2 Rois chapitre 25, en 2 Chroniques chapitre 36 et en Jérémie chapitre 39 ; on y lit que l’armée de Neboukadnetsar a mis le feu à la ville. Des fouilles récentes ont-elles confirmé ce récit historique ? Selon le professeur Yigal Shiloh, “ le témoignage précis de l’archéologie complète le témoignage biblique [de la destruction babylonienne] [...] : la destruction totale des diverses structures et un incendie qui a consumé les boiseries des maisons ”. Il fait cet autre commentaire : “ Des traces de cette destruction ont été trouvées dans chaque fouille effectuée à Jérusalem. ”

 

Les touristes peuvent visiter les vestiges de cette destruction, qui a eu lieu il y a plus de 2 500 ans. La Tour d’Israël, la Pièce brûlée et la Maison des médaillons sont des sites archéologiques célèbres qui sont préservés et ouverts au public. Les archéologues Jane Cahill et David Tarler résument ainsi les faits dans le livre La Jérusalem antique révélée (angl.) : “ La destruction massive de Jérusalem par les Babyloniens est manifeste non seulement par les épaisses couches de vestiges carbonisés mis au jour dans des structures telles que la Pièce brûlée et la Maison des médaillons, mais aussi par l’amas de décombres provenant de bâtiments effondrés qui couvrent le versant est. Les descriptions que la Bible donne de la dévastation de la ville [...] viennent appuyer les preuves archéologiques. ”

 

Ainsi, les fouilles archéologiques effectuées ces 25 dernières années ont confirmé de bien des manières le récit biblique concernant la Jérusalem du temps de David jusqu’à sa destruction survenue en 607 avant notre ère. Mais qu’en est-il de la Jérusalem du Ier siècle de notre ère ?

 

Jérusalem aux jours de Jésus

 

Grâce aux fouilles, à la Bible , à Josèphe, historien du Ier siècle, et à d’autres sources, les biblistes peuvent décrire la Jérusalem du temps de Jésus, avant que les Romains ne l’aient détruite en 70 de notre ère. Derrière un grand hôtel de Jérusalem se trouve une reproduction miniature de la ville, régulièrement mise à jour d’après ce que révèlent de nouvelles fouilles. La caractéristique principale de la ville était le mont du Temple, dont Hérode doubla la superficie par rapport à celle de l’époque de Salomon. Dans l’Antiquité, cette terrasse, de 480 mètres sur 280, était la plus vaste construite par l’homme. Certaines pierres de construction pesaient 50 tonnes ; l’une d’elles, “ d’une taille sans égale dans le monde antique ” selon un bibliste, avoisinait les 400 tonnes.

 

Il n’est pas étonnant que certains aient été scandalisés lorsqu’ils ont entendu Jésus dire : “ Abattez ce temple, et en trois jours je le relèverai. ” Ils pensaient qu’il parlait de ce temple colossal, alors qu’il s’agissait du “ temple de son corps ”. Aussi lui ont-ils répliqué : “ Ce temple a été bâti en quarante-six ans, et toi, tu le relèveras en trois jours ? ” (Jean 2:19-21). Grâce aux fouilles réalisées aux environs du mont sur lequel se dressait le temple, les visiteurs peuvent observer des morceaux de murailles et d’autres éléments architecturaux de l’époque de Jésus ; il leur est même possible de gravir les marches qui menaient aux portes sud du temple, marches que Jésus a certainement foulées.

 

Non loin de la muraille occidentale du mont du Temple, dans le quartier juif de la vieille ville, on peut voir deux sites bien restaurés, qui datent du Ier siècle de notre ère ; ils sont connus sous le nom de Pièce brûlée et de Quartier d’Hérode. Après la découverte de la Pièce brûlée, l’archéologue Nahman Avigad a écrit : “ Il était maintenant on ne peut plus évident que ce bâtiment avait été brûlé par les Romains en 70 après Jésus Christ, lors de la destruction de Jérusalem. Pour la première fois dans l’histoire des fouilles effectuées dans la ville, on avait des preuves archéologiques claires et précises de l’incendie de la ville. ” — Voir les photos page 12.

 

Quelques-unes de ces découvertes éclaircissent certains événements de la vie de Jésus. Les maisons se situaient dans la ville haute de Jérusalem, là où vivaient les gens riches, dont les grands prêtres. On y a trouvé beaucoup de bains rituels. Une bibliste fait remarquer : “ Le nombre important de bains atteste que durant la période du second temple les habitants de la ville haute observaient strictement les lois relatives à la pureté rituelle (ces lois sont consignées dans la Mishna , qui consacre dix chapitres aux détails du Mikvéh). ” Ce renseignement nous permet de comprendre les paroles que Jésus a adressées aux scribes et aux Pharisiens concernant ces rites. — Matthieu 15:1-20 ; Marc 7:1-15.

 

Un nombre étonnant de récipients en pierre a aussi été découvert à Jérusalem. Nahman Avigad écrit : “ Pourquoi cette apparition soudaine ? Pourquoi une telle quantité dans les maisons de Jérusalem ? La réponse réside dans le domaine de la halaka, ou loi juive de la pureté rituelle. La Mishna nous révèle que les récipients en pierre font partie de ces objets que l’impureté ne touche pas. [...] La pierre était tout bonnement exempte de contamination rituelle. ” On comprend par là pourquoi l’eau que Jésus a transformée en vin était conservée dans des jarres, non de terre, mais de pierre. — Lévitique 11:33 ; Jean 2:6.

 

Une visite au musée d’Israël montrera deux ossuaires peu ordinaires. La Biblical Archaeology Review explique : “ Les ossuaires furent principalement utilisés environ une centaine d’années avant la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 de notre ère. [...] Le mort était placé dans un renfoncement creusé dans la paroi de la grotte mortuaire ; après que la chair s’était décomposée, les ossements étaient recueillis et placés dans un ossuaire — récipient généralement en pierre calcaire décorée. ” Les deux ossuaires exposés ont été trouvés dans une grotte mortuaire en novembre 1990. L’archéologue Zvi Greenhut déclare : “ Le mot [...] ‘ Caïphe ’, qu’on peut lire sur deux ossuaires trouvés dans la tombe, apparaît pour la première fois dans un contexte archéologique. Il s’agit probablement du nom de la famille du grand prêtre Caïphe, mentionné [...] dans le Nouveau Testament [...]. Jésus a été livré au procureur romain Ponce Pilate depuis la maison de Caïphe, à Jérusalem. ” Un ossuaire contenait les restes d’un homme d’environ 60 ans ; les biblistes se demandent si ces ossements ne sont pas en fait ceux de Caïphe. Un spécialiste rattache ces découvertes à l’époque de Jésus en ces termes : “ Une pièce de monnaie trouvée dans l’un des autres ossuaires a été frappée sous le règne d’Hérode Agrippa (37-44 de notre ère). Les deux ossuaires de Caïphe pourraient remonter au début du siècle. ”

 

William Dever, professeur d’archéologie du Proche-Orient dans une université en Arizona, a fait ce commentaire au sujet de Jérusalem : “ Nous n’exagérons en rien lorsque nous disons que nous en avons appris davantage sur l’histoire archéologique de ce site clé au cours des 15 dernières années que pendant les 150 années précédentes réunies. ” À n’en pas douter, nombre des importantes activités archéologiques déployées à Jérusalem ces dernières décennies ont permis des découvertes qui éclairent l’histoire de la Bible.

 

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