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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 21:52

LES armées coalisées de quatre rois d’Orient franchissent l’Euphrate. Elles suivent la route royale, à l’est de la vallée du Jourdain. Au passage, elles soumettent les Réphaïm, les Zuzim, les Émim et les Horites. Puis elles font demi-tour et investissent tout le sud du Négueb.

 

Quel est le but de cette campagne militaire? Le butin, le District du Jourdain, est une vallée située entre les régions envahies dans la Transjordanie et le Négueb (Genèse 13:10). Là, les habitants de cinq Cités-États, Sodome, Gomorrhe, Admah, Zéboïm et Béla, mènent une vie insouciante et prospère (Ézéchiel 16:49, 50). Après avoir été soumis par celui qui semble commander les armées coalisées, Kédorlaomer, roi d’Élam, ils se sont rebellés. Maintenant, privés du soutien de leurs voisins, ils vont devoir lui rendre des comptes. Kédorlaomer et ses alliés remportent la bataille qui s’ensuit et prennent le long chemin du retour, chargés d’abondantes dépouilles.

 

Parmi les captifs se trouve un homme juste du nom de Lot. C’est le neveu d’Abraham, qui campe non loin de là, dans la région montagneuse de Hébron. Dès qu’Abraham apprend la terrible nouvelle, il rassemble 318 de ses hommes. Courageusement, avec l’aide de quelques gens du voisinage, ils se lancent à la poursuite des quatre rois et surprennent leurs armées de nuit. Les envahisseurs s’enfuient. Lot et sa maisonnée sont délivrés, ainsi que les autres captifs, et les biens sont repris.

 

Avons-nous des raisons d’ajouter foi à ce récit consigné dans le 14e chapitre de la Genèse ? Cette histoire a-t-elle été forgée de toutes pièces pour faire de l’ancêtre de nombreuses nations, y compris des Juifs, un héros national? Que dire des autres événements qui ont marqué la vie d’Abraham?

 

L’avis d’ecclésiastiques

 

Au début du XIXe siècle, le théologien luthérien Peter von Bohlen déclara qu’Abraham était un personnage mythique et que le récit de l’invasion menée par Kédorlaomer n’avait aucun fondement historique. De son côté, le professeur Julius Wellhausen écrivit: “Nous ne disposons d’aucun renseignement historique sur les patriarches.” Il a émis cette pensée: “Il vaudrait peut-être mieux considérer Abraham comme le fruit d’une imagination fertile.”

 

Les théologiens anglais ont emboîté le pas à leurs confrères allemands. “Les grands contes de la Genèse consacrés aux patriarches sont surannés et ne sont guère plus historiques que les contes du (...) roi Arthur”, a écrit Stopford Brooke dans son livre L’Ancien Testament et la vie moderne (angl.). “ La Genèse (...) ne nous offre qu’une vision incomplète et déformée de la vie et de la personnalité des patriarches”, a déclaré John Colenso, évêque anglican de l’ancienne colonie britannique du Natal. “Il est impossible, a-t-il ajouté, de croire aveuglément à l’un quelconque de ces récits.”

 

Ce genre de critique s’étendit comme la gangrène (2 Timothée 2:17). De nos jours, des millions de fidèles ne prennent plus au sérieux les récits de la vie des patriarches. Or, à la plus grande honte des théologiens, des athées affirment maintenant que la critique biblique est allée trop loin. Par exemple, on lit dans Bol’shaia Sovetskaia Entsiklopediia (Grande Encyclopédie soviétique): “Ces dernières années, on a reconsidéré nombre de thèses de la critique biblique à la lumière de nouvelles découvertes, notamment à partir des renseignements fournis par ‘l’archéologie biblique’. Certaines traditions bibliques qui étaient considérées comme des mythes (...) semblent avoir un fondement historique.” Voyons comment l’archéologie a éclairé le récit de la vie d’Abraham.

 

Ur des Chaldéens

 

Selon la Bible , Abraham grandit à “Ur des Chaldéens”. (Genèse 11:27-31; 15:7.) Pendant des siècles, le site d’Ur est resté inconnu. Les critiques pensaient qu’il devait s’agir d’une localité insignifiante et reculée, si tant est qu’elle ait existé. Puis, à leur embarras, on a identifié sans doute possible des ruines situées entre Babylone et le golfe Persique à celles d’Ur. Des milliers de tablettes d’argile mises au jour sur ce site ont révélé qu’Ur était un carrefour commercial populeux et cosmopolite. À l’époque d’Abraham, la ville avait même des écoles où l’on apprenait à écrire et à compter aux enfants.

 

En outre, des fouilles faites à Ur ont révélé que ses architectes connaissaient la colonne, l’arche, la voûte et le dôme. Les artisans d’Ur fabriquaient des bijoux magnifiques, des harpes finement ouvragées et des dagues à lame d’or fin. Dans de nombreuses maisons, les archéologues ont mis au jour des canalisations d’égout en argile cuite qui donnaient dans de grandes fosses pouvant avoir jusqu’à 12 mètres de profondeur.

 

Ces découvertes ont amené nombre d’exégètes à considérer Abraham sous un jour nouveau. “Nous pensions qu’Abraham était simplement un homme habitant sous des tentes, et nous nous apercevons qu’il habitait peut-être une maison de briques bien équipée dans une ville”, écrit Sir Leonard Woolley dans son livre Mise au jour du passé (angl.). “Abraham, dit l’archéologue Alan Millard dans son livre Trésors des temps bibliques (angl.), a quitté une ville bien équipée, qui offrait confort et sécurité, pour devenir un nomade méprisé!”

 

L’invasion de Kédorlaomer

 

Que dire de la victoire d’Abraham sur Kédorlaomer, roi d’Élam? Au début du XIXe siècle, on savait peu de choses sur les Élamites. Les critiques de la Bible se refusaient à croire qu’Élam ait jamais exercé une influence sur la Babylonie , et encore moins sur la Palestine. Mais on voit les Élamites sous un autre jour maintenant. L’archéologie révèle qu’ils étaient une puissante nation guerrière. Un ouvrage de référence (Funk & Wagnalls Standard Reference Encyclopedia) dit à ce sujet: “Les Élamites détruisirent la ville d’Ur vers 1950 avant notre ère. (...) Ils exercèrent ensuite une influence considérable sur les chefs de la Babylonie.”

 

En outre, on a retrouvé les noms de rois élamites sur d’anciennes inscriptions. Certains commencent par le mot “Kudur”, qui rappelle “Kédor”. Une importante déesse élamite s’appelait Lagamar, nom qui ressemble à “laomer”. Des historiens sont donc maintenant d’avis que Kédorlaomer fut un chef bien réel, dont le nom signifie peut-être “serviteur de Lagamar”. Une série d’inscriptions babyloniennes portent des noms proches de ceux des rois coalisés: Tudhula (Tidal), Eri-aku (Arioch), et Kudur-lahmil (Kédorlaomer) (Genèse 14:1). Dans le livre Secrets de la révélation divine (angl.), A. Custance ajoute: “Outre ces noms, des détails semblent avoir trait aux événements qui eurent lieu en Babylonie quand les Élamites y établirent leur domination (...). Ces tablettes confirment si bien les Écritures que les tenants de la haute critique ont aussitôt fait tout ce qu’ils pouvaient pour leur ôter délibérément toute importance.”

 

Et l’invasion des quatre rois? Est-elle étayée par des données archéologiques en provenance de la Transjordanie et du Négueb? Oui. Dans son livre L’archéologie en Israël (angl.), le professeur Yohanan Aharoni parle de la disparition d’une civilisation préisraélite qui avait des colonies de peuplement “importantes” en Transjordanie et dans le Négueb “vers l’an 2000 avant notre ère”. D’autres archéologues situent sa disparition aux environs de 1900 avant notre ère. “Les poteries datant de cette période qui ont été mises au jour dans le Négueb et la Transjordanie sont identiques et témoignent d’une fin soudaine et tragique de la civilisation”, dit Harold Stigers dans son Commentaire sur la Genèse (angl.). Même des critiques de la Bible reconnaissent ce fait, témoin cette déclaration de John Van Seters tirée de son livre Abraham dans l’Histoire et la tradition (angl.): “La question qui reste en suspens est de savoir où ces gens sont partis, s’ils sont effectivement partis quelque part, à la fin de cette période.”

 

Le chapitre 14 de la Genèse fournit peut-être une explication. Selon la chronologie biblique, Abraham arriva en Canaan en 1943 avant notre ère. Le pillage dirigé par Kédorlaomer dut avoir lieu peu après. Plus tard dans le courant du même siècle, Dieu détruisit par le feu les villes immorales de Sodome et de Gomorrhe, ce qui modifia définitivement l’écologie de la basse vallée du Jourdain autrefois fertile (Genèse 13:10-13; 19:24, 25). Celle-ci cessa d’être convoitée par des envahisseurs venus de l’étranger.

 

On pourrait encore citer bien d’autres exemples montrant que l’archéologie recoupe les Écritures en éclairant certains événements de la vie d’Abraham. Mais l’archéologie a ses limites. Les indices qu’elle fournit sont souvent indirects et livrés à l’interprétation d’hommes imparfaits.

 

Le témoignage le plus sûr

 

C’est le témoignage du Créateur de l’homme, qui constitue la preuve la plus solide qu’Abraham a réellement existé. En Psaume 105:9-15, Dieu parle d’Abraham, d’Isaac et de Jacob comme de ses “prophètes”. Plus de mille ans après la mort d’Abraham, Jéhovah Dieu fit mention de ce patriarche par la bouche d’au moins trois prophètes, l’appelant même son “ami”. (Ésaïe 41:8; 51:2; Jérémie 33:26; Ézéchiel 33:24.) Pareillement, Jésus Christ cita Abraham en exemple. Durant son existence préhumaine au ciel, le Fils de Dieu fut personnellement témoin des relations que son Père entretint avec le patriarche. Il put donc dire aux Juifs:

 

“‘Si vous êtes les enfants d’Abraham, faites les œuvres d’Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous a dit la vérité que j’ai entendue de la part de Dieu. Abraham n’a pas fait cela. Abraham, votre père, s’est grandement réjoui dans l’espérance de voir mon jour, et il l’a vu et s’est réjoui.’ Sur quoi, les Juifs lui dirent: ‘Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham?’ Jésus leur dit: ‘En toute vérité je vous le dis: avant qu’Abraham soit venu à l’existence, j’étais.’” — Jean 8:39, 40, 56-58.

 

Le témoignage des deux Personnes les plus illustres de l’univers nous donne les meilleures raisons qui soient d’accepter tout ce que la Bible dit à propos d’Abraham (Jean 17:5, 17). Bien que la Bible cite Abraham en exemple, elle ne l’élève pas indûment au rang de héros national. C’est ce qui ressort du récit de sa victoire sur les quatre rois alliés. Quand Abraham revint de la bataille, il fut salué par Melchisédek, roi de Salem, qui lui dit: “Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes oppresseurs en ta main!”. — Genèse 14:18-20.

 

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