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9 mai 2006 2 09 /05 /mai /2006 12:59

“ Dieu dit: ‘Il n’est pas bon que l’homme reste seul. Je vais lui faire une aide qui lui corresponde.’”— GENÈSE 2:18.

 

 

 

“AUCUN pays méditerranéen ou du Proche-Orient dans l’Antiquité n’accordait aux femmes la liberté qu’elles connaissent aujourd’hui dans la société occidentale. D’une manière générale, elles étaient subordonnées aux hommes comme les esclaves l’étaient aux citoyens libres et les jeunes gens aux vieillards. (...) On attachait beaucoup plus de prix aux garçons qu’aux filles, et il arrivait qu’on laisse mourir les bébés de sexe féminin en les abandonnant.” Telle était, selon un dictionnaire de la Bible , la condition des femmes dans les temps anciens.

 

 

 

De nos jours, la situation ne s’est guère améliorée en de nombreux endroits du monde. En 1994, le ministère américain des Affaires étrangères a, pour la première fois dans son rapport annuel sur les droits de l’homme, mis l’accent sur la condition féminine. “La discrimination: réalité quotidienne — selon les résultats d’une enquête menée dans 193 pays”, titrait à ce propos le New York Times.

 

 

 

“Une aide qui lui corresponde”

 

 

 

Après qu’Adam eut vécu seul dans le jardin d’Éden pendant quelque temps, Jéhovah fit cette remarque: “Il n’est pas bon que l’homme reste seul. Je vais lui faire une aide qui lui corresponde.” (Genèse 2:18). Adam avait beau être un homme parfait, il manquait quelque chose pour réaliser le dessein du Créateur. C’est pour combler ce besoin que Jéhovah a créé la femme et célébré le premier mariage. — Genèse 2:21-24.

 

 

 

L’expression “aide qui lui corresponde” indique-t-elle que Dieu avait assigné un rôle déshonorant à la femme? Au contraire. Le nom hébreu (`ézèr) traduit par “aide” est souvent appliqué à Dieu par les rédacteurs de la Bible. Par exemple, Jéhovah est “notre aide et notre bouclier”. (Psaume 33:20; Exode 18:4; Deutéronome 33:7.) En Osée 13:9, c’est Jéhovah lui-même qui se présente comme l’“aide” d’Israël. En ce qui concerne le mot hébreu (nèghèdh) rendu par l’expression “qui lui corresponde”, voici ce qu’en dit un bibliste: “Le concours recherché n’est pas une simple assistance dans le travail quotidien ou en vue de la procréation (...) mais le soutien mutuel que procure la compagnie de quelqu’un.”

 

 

 

Ainsi, Jéhovah ne rabaissait en rien la femme en la présentant comme ‘une aide qui corresponde’ à l’homme. La femme avait une constitution psychique, affective et physique qui lui était propre. Elle était le pendant de l’homme, lui était parfaitement assortie. Ils étaient différents, mais leur existence à tous deux était nécessaire pour ‘remplir la terre’ conformément au dessein du Créateur. C’est, semble-t-il, après la création de l’homme et de la femme que “Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici que cela était très bon”. — Genèse 1:28, 31.

 

 

 

L’apparition du péché modifia la situation de l’homme et de la femme. Sur chacun des deux pécheurs, Jéhovah prononça une sentence. “J’augmenterai beaucoup la douleur de ta grossesse”, dit-il à Ève, parlant de cette éventualité fâcheuse comme s’il allait la provoquer. “C’est dans les douleurs que tu mettras au monde des enfants, ajouta-t-il, et ton désir sera vers ton mari et, lui, il te dominera.” (Genèse 3:16). Depuis lors, un grand nombre de femmes subissent la domination souvent brutale de leurs maris, ceux-ci les traitant généralement davantage en domestiques ou en esclaves qu’en ‘aides qui leur correspondent’.

 

 

 

Qu’en était-il des adoratrices de Jéhovah? L’accomplissement de Genèse 3:16 les reléguerait-il à une condition servile et humiliante? Loin de là! Mais alors, que penser de ces coutumes relatives aux femmes dont il est question dans la Bible , coutumes qui, de nos jours, seraient jugées inacceptables dans certaines sociétés?

 

 

 

Comprendre les coutumes des temps bibliques

 

 

 

Chez les fidèles des temps bibliques, les femmes étaient bien traitées. Évidemment, quand on considère les coutumes qui concernaient les femmes à cette époque, il y a plusieurs facteurs à ne pas perdre de vue. Tout d’abord, ce n’est pas parce que la Bible fait mention de conditions pénibles apparues à cause de la domination égoïste d’hommes méchants que Dieu approuvait cette façon de traiter les femmes. Ensuite, si Jéhovah a toléré certains usages parmi ses serviteurs pendant un temps, il ne les en a pas moins réglementés, afin de protéger les femmes. Enfin, il convient de ne pas juger les coutumes antiques sur la base de critères modernes. Des mœurs qui pourraient sembler déplaisantes aujourd’hui n’étaient pas nécessairement regardées comme dégradantes par les femmes d’alors. Voyons quelques exemples.

 

 

 

La polygamie: Dans son dessein originel, Jéhovah n’avait pas prévu qu’une femme partage son mari avec une autre. Il n’avait créé qu’une femme pour Adam (Genèse 2:21, 22). Après la rébellion en Éden, la polygamie a fait son apparition dans la lignée de Caïn. Par la suite, elle est devenue une coutume que certains adorateurs de Jéhovah ont adoptée (Genèse 4:19; 16:1-3; 29:21-28). Bien que Jéhovah ait toléré la polygamie (elle a favorisé la croissance démographique d’Israël), il a montré sa considération pour les femmes en réglementant cette pratique de manière à protéger les mères et leurs enfants (Exode 21:10, 11; Deutéronome 21:15-17). Par ailleurs, Jéhovah n’a jamais renoncé à la monogamie, le modèle qu’il avait établi à l’origine. Noé et ses fils, à qui il a réitéré le commandement d’‘être féconds et de remplir la terre’, étaient monogames (Genèse 7:7; 9:1; 2 Pierre 2:5). Dans les évocations imagées qu’il fait de ses relations avec Israël, Dieu se présente comme un époux monogame (Isaïe 54:1, 5). Finalement, ce modèle originel qu’est la monogamie a été rétabli par Jésus Christ et il est devenu la règle au sein de la congrégation chrétienne primitive. — Matthieu 19:4-8; 1 Timothée 3:2, 12.

 

 

 

La dot: “Cette obligation qui consistait à verser une somme d’argent, ou son équivalent, à la famille de la jeune fille donnait manifestement au mariage israélite l’apparence d’un achat, déclare le livre Les institutions de l’Ancien Testament. Il semble pourtant que [la dot] était moins le prix payé pour la femme qu’une compensation donnée à la famille.”. Ainsi, la dot servait à dédommager la famille de l’épouse pour la perte de ses services ainsi que pour les efforts et les frais consentis pour l’élever. La dot ne déshonorait donc pas la femme, mais elle confirmait au contraire qu’elle était précieuse à sa famille. — Genèse 34:11, 12; Exode 22:16.

 

 

 

Des maris “propriétaires”: Un incident survenu dans la vie d’Abraham et de Sara vers 1918 avant notre ère révèle qu’à l’époque il était, semble-t-il, habituel de considérer l’homme marié comme le “propriétaire” (hébreu ba`al) et la femme mariée comme la “possédée” (hébreu be`oulah). (Genèse 20:3.) Ces termes apparaissent de nouveau dans la suite des Écritures, mais rien n’indique que les femmes d’avant l’ère chrétienne les trouvaient insultants (Deutéronome 22:22). D’ailleurs, les femmes mariées ne devaient pas être traitées comme des biens fonciers. On pouvait acheter, vendre ou recevoir en héritage des biens fonciers ou de la fortune, mais pas une épouse. “Héritage des pères: une maison et de la fortune, dit la Bible , mais de Jéhovah vient une épouse avisée.” — Proverbes 19:14; Deutéronome 21:14.

 

 

 

Une place honorable

 

 

 

Quelle place les femmes occupaient-elles donc chez les fidèles des temps préchrétiens? Comment étaient-elles considérées et traitées? Disons simplement que lorsque des hommes pieux suivaient l’exemple de Jéhovah et obéissaient à ses lois, les femmes conservaient leur dignité et jouissaient de nombreux droits et privilèges.

 

 

 

Le respect était dû aux femmes. La Loi que Dieu leur avait donnée commandait aux Israélites de respecter tant leur père que leur mère (Exode 20:12; 21:15, 17). “Vous devrez craindre chacun sa mère et son père”, lit-on en Lévitique 19:3. Un jour, Bath-Schéba se présenta devant son fils Salomon. “Aussitôt, dit le texte, le roi se leva à sa rencontre et se prosterna” en signe de respect (1 Rois 2:19). Dans l’Encyclopédie judaïque (angl.), on relève cette remarque: “Les comparaisons prophétiques entre l’amour de Dieu pour Israël et l’amour d’un mari pour sa femme ne peuvent être le fait que d’une société dans laquelle on respectait les femmes.”

 

 

 

Jéhovah attend de ses adorateurs masculins qu’ils respectent les femmes, comme lui-même les respecte. Cette considération transparaît dans certains passages imagés des Écritures où Jéhovah assimile ses sentiments à ceux que les femmes éprouvent dans différents moments de leur vie (Isaïe 42:14; 49:15; 66:13). Grâce à ces illustrations, le lecteur saisit mieux ce que Jéhovah ressent. Signalons d’ailleurs que le mot hébreu traduit par “miséricorde” ou “pitié”, mot que Jéhovah applique à sa personne, est très proche d’un terme qui signifie “matrice” et qu’on peut qualifier de “sentiment maternel”. — Exode 33:19; Isaïe 54:7.

 

 

 

On faisait cas du conseil des femmes pieuses. À Abraham qui hésitait à suivre le conseil de sa femme Sara, qui, elle aussi, craignait Dieu, Jéhovah a dit: “Écoute sa voix.” (Genèse 21:10-12). Les femmes hittites d’Ésaü “furent une source d’amertume d’esprit pour Isaac et pour Rébecca”. Rébecca finit par confier à Isaac la détresse qui serait la sienne si leur fils Jacob se mariait à son tour avec une Hittite. Quelle fut la réaction d’Isaac? “Aussi, nous apprend le récit, Isaac appela-t-il Jacob, et le bénit, et lui donna ordre, et lui dit: ‘Tu ne dois pas prendre une femme d’entre les filles de Canaan.’” Bien que Rébecca ne lui ait pas donné directement un conseil, son mari a pris une décision qui tenait compte de ses sentiments (Genèse 26:34, 35; 27:46; 28:1). Des siècles plus tard, le roi David évita de se rendre coupable d’un meurtre en prêtant attention à la supplication d’Abigaïl. — 1 Samuel 25:32-35.

 

 

 

Les femmes détenaient une certaine autorité au sein de la famille. Aux enfants s’adressait ce commandement: “Écoute, mon fils, la discipline de ton père, et n’abandonne pas la loi de ta mère.” (Proverbes 1:8). Le portrait de l’“épouse capable” brossé en Proverbes chapitre 31 révèle qu’une femme travailleuse ne se contentait pas de tenir sa maison. Elle pouvait aussi procéder à l’acquisition de biens immobiliers, cultiver un champ, s’occuper d’un petit commerce et être connue pour exprimer des paroles de sagesse. Le plus important était la crainte révérencielle qu’elle éprouvait envers Jéhovah, attitude qui lui valait des louanges. Il n’est donc pas étonnant que la valeur d’une telle femme fût jugée “bien plus grande que celle des coraux”, ces précieux coraux rouges qui servaient à la fabrication de bijoux et d’objets décoratifs. — Proverbes 31:10-31.

 

 

 

Des femmes qui ont reçu une faveur spéciale de la part de Dieu

 

 

 

On voit une preuve supplémentaire de la considération de Jéhovah envers les femmes dans les faveurs spéciales qu’il a accordées à quelques-unes d’entre elles dans les temps bibliques. Ainsi, Agar, Sara et la femme de Manoah ont reçu la visite d’anges qui leur ont communiqué la direction divine (Genèse 16:7-12; 18:9-15; Juges 13:2-5). De plus, il y avait des “servantes” au tabernacle et des chanteuses à la cour de Salomon. — Exode 38:8; 1 Samuel 2:22; Ecclésiaste 2:8.

 

 

 

À plusieurs reprises dans l’histoire d’Israël, Jéhovah a utilisé des femmes pour le représenter ou transmettre sa parole. Ainsi est-il dit, à propos de la prophétesse Déborah, que “les fils d’Israël montaient vers elle pour le jugement”. (Juges 4:5.) Après la victoire d’Israël sur le roi cananéen Jabin, Déborah a eu un privilège vraiment peu ordinaire. Il semble en effet que ce soit elle qui ait composé une partie au moins du chant de victoire, chant qui fut plus tard intégré à la Parole inspirée de Jéhovah (Juges chapitre 5). Quelques siècles plus tard, le roi Josias, désireux d’interroger Jéhovah, a envoyé vers la prophétesse Huldah une délégation dans laquelle figurait le grand prêtre. Forte de son autorité, Huldah a pu répondre: “Voici ce qu’a dit Jéhovah, Dieu d’Israël.” (2 Rois 22:11-15). En l’occurrence, le roi a demandé à la délégation d’aller trouver une prophétesse, mais c’était pour obtenir la direction de Jéhovah. — Voir Malachie 2:7.

 

 

 

Jéhovah se soucie du bonheur des femmes. Ses actions en faveur de certaines de ses adoratrices l’attestent. À deux reprises, il est intervenu pour protéger du viol la belle Sara, femme d’Abraham (Genèse 12:14-20; 20:1-7). Il a également témoigné sa faveur à Léa, la moins aimée des femmes de Jacob, en ‘ouvrant sa matrice’, afin qu’elle ait un fils (Genèse 29:31, 32). Reconnaissant envers les deux accoucheuses israélites qui avaient risqué leur vie pour sauver les enfants hébreux mâles de l’infanticide en Égypte, Jéhovah “leur donna de la famille”. (Exode 1:17, 20, 21.) Il a aussi répondu favorablement à la prière fervente de Hannah (1 Samuel 1:10, 20). Enfin, il n’a pas abandonné la veuve d’un prophète à qui un créancier s’apprêtait à prendre les enfants en compensation d’une dette. Avec amour, il a donné au prophète Élisée le pouvoir d’augmenter la réserve d’huile de cette femme, de sorte qu’elle a pu rembourser sa dette, sauvegardant de cette façon sa famille et sa dignité. — Exode 22:22, 23; 2 Rois 4:1-7.

 

 

 

Ainsi, loin d’encourager le mépris pour les femmes, les Écritures hébraïques donnent une description honnête de leur condition chez les serviteurs de Dieu. Bien que Jéhovah n’ait pas préservé ses adoratrices de l’accomplissement de Genèse 3:16, les femmes étaient traitées avec dignité et respect lorsqu’elles avaient affaire à des hommes pieux qui imitaient Jéhovah et suivaient sa Loi.

 

 

 

 

 

 

Les chrétiennes méritent honneur et respect

 

 

 

“Vous les maris, (...) continuez à demeurer avec elles selon la connaissance, leur assignant de l’honneur comme à un vase plus faible, le vase féminin.” — 1 PIERRE 3:7.

 

 

 

PRÈS d’un vieux puits situé non loin de la ville de Sychar, un jour de la fin de l’an 30 de notre ère, vers midi, Jésus va révéler comment il faut, selon lui, se conduire envers les femmes. Après avoir marché péniblement toute la matinée à travers la campagne accidentée de la Samarie , il s’est arrêté au puits, fatigué, affamé et assoiffé. Alors qu’il est assis là, une Samaritaine arrive pour tirer de l’eau. “Donne-moi à boire”, lui demande-t-il. La femme doit le regarder, interdite. “Comment se fait-il que toi, qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi qui suis une femme samaritaine?” s’étonne-t-elle. Un peu plus tard, lorsque ses disciples, qui sont partis acheter de la nourriture, reviennent, eux aussi sont stupéfaits; ils ne comprennent pas que Jésus ‘parle avec une femme’. — Jean 4:4-9, 27.

 

 

 

Pourquoi la femme a-t-elle posé cette question et qu’est-ce qui étonne les disciples? L’interlocutrice de Jésus est samaritaine, or les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains (Jean 8:48). Mais il y a, semble-t-il, une autre raison à leur étonnement. À l’époque, la tradition rabbinique dissuade les hommes de parler aux femmes en public. Pourtant, cela n’a pas empêché Jésus de prêcher ouvertement à cette femme sincère, et même de lui révéler qu’il est le Messie (Jean 4:25, 26). Ce faisant, il montre qu’il ne se laisse pas entraver par des traditions non fondées sur les Écritures, y compris celles qui rabaissent les femmes (Marc 7:9-13). Au contraire, tant par ses actes que par son enseignement, Jésus démontre que les femmes méritent honneur et respect.

 

 

 

L’attitude de Jésus envers les femmes

 

 

 

La tendre compassion que Jésus éprouvait pour les gens en général se retrouve dans son attitude envers les femmes. Un jour, une femme qui souffre d’un flux de sang depuis 12 ans cherche Jésus dans la foule. Son état la rendant impure au regard de la Loi , elle ne devrait pas se trouver là (Lévitique 15:25-27). Mais, poussée par le désespoir, elle se glisse derrière Jésus et touche son vêtement. Elle est guérie instantanément. Bien qu’il se rende chez Jaïrus, dont la fille est gravement malade, Jésus s’arrête. Il a senti une force sortir de lui, et il cherche du regard qui l’a touché. La femme finit par s’approcher et tombe à ses pieds, tremblante. Jésus va-t-il la réprimander pour s’être mêlée à la foule ou pour avoir touché son vêtement sans son autorisation? Au contraire, il se montre bon et chaleureux. “Ma fille, lui dit-il, ta foi t’a rétablie.” C’est la seule fois où Jésus s’adressera directement à une femme en l’appelant “ma fille”. Quel soulagement elle a dû ressentir! — Matthieu 9:18-22; Marc 5:21-34.

 

 

 

Jésus ne prenait pas la Loi au pied de la lettre. Il en discernait l’esprit et savait l’importance de la miséricorde et de la compassion (voir Matthieu 23:23). En l’occurrence, il a remarqué le désespoir de cette femme malade et a tenu compte du fait que son geste était motivé par la foi. Ce faisant, il a laissé un bel exemple aux membres masculins de la congrégation chrétienne, surtout aux surveillants. Si une chrétienne a des problèmes personnels ou se trouve dans une situation particulièrement éprouvante, les anciens doivent s’efforcer de voir au delà des paroles ou des actes et tenir compte des circonstances et des motivations. Cette analyse leur révélera peut-être que cette chrétienne a moins besoin de conseils et de correction que de patience, de compréhension et de compassion. — Proverbes 10:19; 16:23; 19:11.

 

 

 

Entravées à cause des traditions rabbiniques, les femmes qui vivent à l’époque de Jésus ne sont pas autorisées à servir de témoins. Or, voyez ce qui se passe peu de temps après la résurrection de Jésus, le matin du 16 Nisan de l’an 33. Qui verra en premier Jésus ressuscité et ira attester aux autres disciples que leur Seigneur a été relevé? Les femmes qui sont restées à portée de vue du lieu d’exécution jusqu’au dernier souffle de Jésus. — Matthieu 27:55, 56, 61.

 

 

 

Le matin du premier jour de la semaine, Marie Madeleine et d’autres femmes se rendent au tombeau de bonne heure avec des aromates pour préparer le corps de Jésus. Trouvant le tombeau vide, Marie court prévenir Pierre et Jean. Ses compagnes restent sur place. Peu après, un ange leur apparaît et leur annonce que Jésus a été ressuscité. “Allez vite [le] dire à ses disciples”, leur demande-t-il. Alors qu’elles courent porter la nouvelle, Jésus en personne vient à leur rencontre. “Allez annoncer la nouvelle à mes frères”, leur dit-il (Matthieu 28:1-10; Marc 16:1, 2; Jean 20:1, 2). Ignorant tout de l’intervention de l’ange, écrasée de chagrin, Marie Madeleine retourne au tombeau vide. Jésus lui apparaît et, après qu’elle l’a reconnu, il la charge d’une mission: “Va-t’en vers mes frères et dis-leur: ‘Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu.’” — Jean 20:11-18; voir aussi Matthieu 28:9, 10.

 

 

 

Jésus aurait pu apparaître d’abord à Pierre, à Jean ou à un autre de ses disciples masculins. Il a préféré accorder cette faveur à ces femmes en faisant d’elles les premiers témoins oculaires de sa résurrection et en les chargeant de l’attester à ses disciples masculins. Comment ceux-ci ont-ils réagi au début? Le récit déclare: “Ces propos leur parurent comme de pures absurdités, et ils ne croyaient pas les femmes.” (Luc 24:11). Se pourrait-il qu’ils aient eu du mal à accepter ce témoignage parce qu’il émanait de femmes? Si c’est le cas, avec le temps ils ont reçu abondance de preuves que Jésus avait été ressuscité d’entre les morts (Luc 24:13-46; 1 Corinthiens 15:3-8). De nos jours, les éléments masculins de la congrégation font preuve de sagesse en prenant en considération les remarques de leurs sœurs chrétiennes. — Voir Genèse 21:12.

 

 

 

Il est extrêmement réconfortant de remarquer l’attitude de Jésus envers les femmes. Toujours compatissant et parfaitement équilibré dans ses rapports avec elles, jamais il ne les mettait sur un piédestal ni ne les rabaissait (Jean 2:3-5). Il refusait les traditions rabbiniques qui frustraient les femmes de leur dignité et annulaient la Parole de Dieu (voir Matthieu 15:3-9). En témoignant honneur et respect aux femmes, Jésus a montré directement quelle conduite Jéhovah Dieu souhaite voir les hommes adopter envers elles (Jean 5:19). Il a également laissé un magnifique exemple aux chrétiens masculins. — 1 Pierre 2:21.

 

 

 

L’enseignement de Jésus sur les femmes

 

 

 

Jésus réfutait les traditions rabbiniques et accordait de la dignité aux femmes non seulement par ses actes mais aussi par son enseignement. Voyez, par exemple, ce qu’il a dit sur le divorce et l’adultère.

 

 

 

À propos du divorce, on lui a posé la question suivante: “Est-il permis à un homme de divorcer avec sa femme pour n’importe quel motif?” Voici la réponse de Jésus, telle qu’elle est consignée dans le récit de Marc: “Quiconque divorce avec sa femme [sauf pour motif de fornication] et se marie avec une autre commet un adultère envers elle, et si jamais une femme, après avoir divorcé avec son mari, se marie avec un autre, elle commet un adultère.” (Marc 10:10-12; Matthieu 19:3, 9). En une simple phrase, Jésus révèle son respect pour la dignité des femmes. Comment?

 

 

 

Tout d’abord, en précisant “sauf pour motif de fornication” (expression mentionnée dans l’Évangile de Matthieu), Jésus montre qu’on ne peut prendre le lien conjugal à la légère ou le briser facilement. À l’époque, l’enseignement des rabbins permet aux hommes de divorcer de leur femme pour des motifs aussi futiles que celui d’avoir raté un plat ou d’avoir parlé à un inconnu. Un homme est même autorisé à divorcer s’il trouve une femme plus séduisante à ses yeux! “Par ses paroles, écrit un bibliste, Jésus (...) prenait fermement fait et cause pour les femmes en s’efforçant de rétablir le mariage à la place qui lui revient.” De fait, le mariage devrait être une union permanente dans laquelle la femme se sente en sécurité. — Marc 10:6-9.

 

 

 

Ensuite, par l’expression “commet un adultère envers elle”, Jésus introduit une notion qui n’est pas reconnue par les tribunaux rabbiniques: celle d’un mari commettant un adultère envers sa femme. On relève cette explication dans un Commentaire interprétatif de la Bible (angl.): “Dans le judaïsme rabbinique, une femme infidèle pouvait commettre un adultère envers son mari; un homme, en ayant des relations sexuelles avec la femme d’un autre, pouvait commettre un adultère envers cet homme. Mais, quoi qu’il fît, un homme ne pouvait jamais commettre un adultère envers sa femme. En plaçant le mari sous la même obligation morale que sa femme, Jésus a élevé le statut et la dignité de la femme.”

 

 

 

Enfin, par l’expression “après avoir divorcé avec son mari”, Jésus légitime le droit d’une femme à divorcer d’un mari infidèle, possibilité apparemment connue, mais peu en usage sous la loi juive de l’époque. “Un mari, disait-on, peut divorcer de sa femme avec ou sans son consentement, mais une femme ne le peut qu’avec le consentement de son mari.” Selon Jésus, cependant, dans les normes chrétiennes hommes et femmes seraient soumis au même principe.

 

 

 

À travers son enseignement, Jésus a montré à quel point le bonheur des femmes lui tenait à cœur. On comprend donc aisément que certaines lui aient manifesté de l’amour en mettant leur avoir à son service (Luc 8:1-3). “Ce que j’enseigne n’est pas mien, disait Jésus, mais appartient à celui qui m’a envoyé.” (Jean 7:16). Son enseignement traduisait donc la tendre considération que Jéhovah éprouve envers les femmes.

 

 

 

“Leur assignant de l’honneur”

 

 

 

L’apôtre Pierre a été témoin oculaire du comportement de Jésus envers les femmes. Une trentaine d’années plus tard, il a donné lui-même des conseils pleins d’amour aux femmes mariées, avant d’ajouter: “Vous les maris, de même, continuez à demeurer avec elles selon la connaissance, leur assignant de l’honneur comme à un vase plus faible, le vase féminin, puisque vous aussi, vous êtes avec elles héritiers de la faveur imméritée de la vie, afin que vos prières ne soient pas entravées.” (1 Pierre 3:7). Qu’entendait Pierre par l’expression “leur assignant de l’honneur”?

 

 

 

Selon un lexicographe, le nom grec traduit par “honneur” (timê) a pour sens “prix, valeur, honneur, respect”. Certaines formes de ce mot sont rendues par “présents” et “précieux”. (Actes 28:10; 1 Pierre 2:7.) L’emploi que Pierre fait d’une forme de ce mot en 2 Pierre 1:17 nous permet de mieux comprendre ce que signifie honorer quelqu’un. Au sujet de la transfiguration de Jésus, il écrit: “Il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, quand des paroles comme celles-ci furent portées jusqu’à lui par la gloire magnifique: ‘Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé, que moi j’ai agréé.’” Lors de la transfiguration de Jésus, Jéhovah a honoré son Fils en disant qu’il l’agréait, et il a fait cette déclaration en présence de témoins (Matthieu 17:1-5). Partant, l’homme qui honore sa femme ne l’humilie pas ni ne la dénigre; au contraire, il démontre par ses paroles et par ses actes, en privé comme en public, toute l’estime qu’il lui porte. — Proverbes 31:28-30.

 

 

 

Cet honneur, dit Pierre, le mari chrétien doit l’‘assigner’ à sa femme. Il doit le lui accorder, non comme une faveur, mais comme un droit légitime. Qu’est-ce qui vaut un tel honneur aux femmes? Pierre explique: “Vous êtes avec elles héritiers de la faveur imméritée de la vie.” Au Ier siècle de notre ère, les hommes et les femmes à qui Pierre adressait sa lettre étaient tous appelés à devenir cohéritiers du Christ (Romains 8:16, 17; Galates 3:28). Ils n’exerçaient pas tous les mêmes responsabilités au sein de la congrégation, mais tous finiraient par régner ensemble avec le Christ dans les cieux (Révélation 20:6).

 

 

 

Pierre présente une autre raison impérieuse pour laquelle un mari devrait témoigner de l’honneur à sa femme: “Pour que [ses] prières ne soient pas entravées.” La forme verbale ‘être entravé’ vient d’un verbe grec (énkoptô) qui signifie littéralement “couper dans”. Dans son Dictionnaire interprétatif des mots du Nouveau Testament (angl.), W. Vine explique qu’il désignait “l’action d’entraver la progression de personnes en défonçant les routes ou en plaçant un obstacle au beau milieu du passage”. Ainsi, le mari qui n’assigne pas de l’honneur à sa femme risque de constater l’existence d’une sorte de barrage empêchant ses prières d’arriver jusqu’à Dieu. Peut-être se sentira-t-il indigne d’approcher Dieu, à moins que ce ne soit Jéhovah qui refuse de l’écouter. Manifestement donc, Jéhovah accorde une grande importance à la manière dont les hommes se conduisent envers les femmes. — Voir Lamentations 3:44.

 

 

 

Le mari n’est pas le seul à devoir assigner de l’honneur. S’il doit témoigner de l’honneur à sa femme en lui accordant amour et dignité, celle-ci, de son côté, doit l’honorer en se montrant soumise et en lui manifestant un profond respect (1 Pierre 3:1-6). Du reste, Paul a exhorté les chrétiens à ‘s’honorer les uns les autres’. (Romains 12:10.)

 

 

 

Depuis l’apparition du péché en Éden, au sein de nombreuses sociétés la femme est reléguée à une place déshonorante. Telle n’est pourtant pas la condition à laquelle Jéhovah la destinait à l’origine. Quelle que soit la position assignée à la femme dans une culture ou dans une autre, il ressort clairement des Écritures hébraïques comme des Écritures grecques que les femmes pieuses méritent honneur et respect. Tel est le droit que Dieu leur reconnaît.

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