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15 mai 2006 1 15 /05 /mai /2006 03:28

LE MOYEN-ORIENT est aujourd’hui au centre de l’actualité internationale, tout comme il y a deux mille ans. Alors, comme aujourd’hui, il abritait un État juif cerné par des voisins hostiles, dans un contexte religieux et nationaliste exacerbé. Comme aujourd’hui, le Moyen-Orient jouait un rôle clé dans l’économie du monde. (Le blé d’Égypte nourrissait toute la population de la Rome antique.) Ajoutons qu’à l’époque, cette région d’un très grand intérêt stratégique était la tête de pont de l’Empire romain chez ses rivaux.

 

C’est dans ce contexte que des prophéties ont été prononcées sur la nation juive, prophéties qui se sont réalisées jusque dans les moindres détails. Par exemple, il était prédit que Jérusalem serait cernée, tout d’abord par des troupes de siège, puis par une fortification de poteaux pointus, et que la ville tomberait finalement aux mains de ses ennemis après une lutte acharnée marquée par la famine, la peste et des atrocités. Il était même prédit que le magnifique temple de Jérusalem, dont les travaux d’agrandissement et d’embellissement venaient de s’achever, serait rasé de fond en comble.

 

En quoi sommes-nous concernés?

 

L’accomplissement point par point de ces prophéties 37 ans après qu’elles eurent été prononcées leur confère un intérêt majeur pour quiconque observe aujourd’hui la scène politique mondiale. La raison en est que les étudiants de la Bible se rendent compte que les prophéties de Jésus vont connaître un accomplissement encore plus grand, qui aura des répercussions sur tous les habitants de notre planète. — Luc 19:43, 44; 21:5-35.

 

Mais tout ceci s’est produit il y a plus de dix-neuf siècles. Comment sait-on que les prophéties de Jésus sur Jérusalem se sont réalisées jusque dans les moindres détails? Eh bien, la connaissance que l’on a aujourd’hui des événements qui ont entouré la destruction de Jérusalem par les armées romaines en l’an 70 repose en grande partie sur les écrits de l’historien juif Flavius Josèphe. Dans son ouvrage intitulé La guerre des Juifs, il mentionne les événements que Jésus avait prédits, bien que rien n’indique que Josèphe ait été lui-même chrétien, voire simplement au courant des prophéties de Jésus.

 

C’est ainsi que Josèphe rapporte que Titus, le général romain, avait bâti une fortification de poteaux pointus pour que la famine surprenne plus rapidement la ville assiégée, en accord avec la prophétie de Jésus. (Jésus avait dit: “Tes ennemis feront une fortification autour de toi, avec des pieux taillés en pointe, et t’encercleront, et te presseront de toutes parts.”) Josèphe parle longuement de l’état critique auquel les habitants de la ville avaient été réduits à cause de la famine, de la peste et du carnage qu’ils avaient affrontés, aspects que Jésus avait tous mentionnés. (“Il y aura (...) des pestes et des disettes.” “Ils tomberont sous le tranchant de l’épée.”) Cet historien rapporte également que le temple fut complètement rasé, sans qu’il en reste une seule pierre, exactement comme Jésus l’avait annoncé. (“Il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée.”)

 

Qui était Flavius Josèphe?

 

Qui était exactement cet historien juif qui en vint à être connu sous le patronyme romain de “Flavius”? Était-il vraiment à même de nous transmettre des renseignements précis sur les événements survenus dans la Judée du premier siècle? Peut-on se fier à ses dires?

 

Notons tout d’abord que Josèphe n’écrivait pas de l’histoire ancienne, grâce aux facilités que donne l’accès à quelque bibliothèque impériale. Non, il écrivait l’histoire de son temps. De fait, il fut contemporain de la plupart des événements qu’il a rapportés. Son récit est d’autant plus passionnant qu’il servit activement dans les deux camps durant la guerre entre les Juifs et les Romains, après avoir commencé comme général des forces juives stationnées en Galilée et terminé comme conseiller du général Titus. Il était si ami avec Titus et son père Vespasien qu’il finit par adopter leur nom de famille, Flavius, raison pour laquelle nous le connaissons sous le nom de Flavius Josèphe, et non par son nom juif de Joseph ben Matthias.

 

Né quelques années après la mort de Jésus, Josèphe se montra un observateur attentif des divers courants politiques de son temps. Il était de naissance noble, membre de la secte religieuse des Pharisiens et lié, par sa famille, à la secte plus aristocratique des Sadducéens. Il raconte qu’à l’âge de 26 ans, on l’envoya à Rome avec une délégation chargée d’obtenir la libération de certains prêtres juifs qui avaient été emmenés captifs chez César par le procurateur romain Félix, sur la base d’accusations “mineures et dérisoires”. Ce récit rappellera au lecteur de la Bible les difficultés que l’apôtre Paul a rencontrées avec ce même Félix, qui l’a gardé deux ans en prison dans l’espoir de toucher de l’argent (Actes 24:27). Durant son séjour à Rome, le jeune Josèphe se lia d’amitié avec la propre femme de Néron, l’impératrice Poppée, qui intervint en faveur de la libération de ses amis.

 

De retour à Jérusalem, Josèphe, rempli d’admiration pour la culture et la puissance de Rome, fut ahuri de voir que la nation juive se préparait de plus en plus ouvertement à une guerre avec les Romains. Comme il se jugeait sans doute en position de négocier avec les Romains, Josèphe accepta que ses concitoyens de Jérusalem le nomment gouverneur général en Galilée. Là, il s’attacha à fortifier les villes de Galilée, organisant ses troupes sur le modèle romain et déjouant toutes sortes de complots tramés contre lui par des zélotes de la région.

 

Un personnage tout de ruse et d’audace

 

De la personnalité de Josèphe se dégage une impression de ruse. C’est ce qui ressort de la façon dont il a réagi lorsque la ville de Tibériade, sur la mer de Galilée, s’est révoltée contre son autorité et l’a chassé. Comme Josèphe ne disposait pas de forces suffisantes pour marcher contre la ville, ses partisans et lui prirent chacun un bateau et firent voile vers Tibériade. Josèphe avait juste assez d’hommes pour manœuvrer les 230 navires qu’il commandait. Mais les habitants de Tibériade n’en savaient rien et croyaient que chaque embarcation était bourrée de soldats. Bluffant jusqu’au bout, Josèphe fit peur aux habitants, qui se rendirent sans la moindre effusion de sang.

 

Bientôt, le général romain Vespasien envahit la Galilée avec 60 000 hommes, pour venger les humiliations subies par Cestius Gallus en 66. Finalement, Vespasien accula Josèphe dans la petite ville montagneuse de Jotapata, qui succomba après un siège impitoyable de 47 jours. Josèphe et 40 survivants se réfugièrent dans une grotte. Lorsqu’on découvrit leur cachette, les Romains lui firent dire qu’il aurait la vie sauve s’il se rendait.

 

Josèphe aurait bien cédé, mais ses hommes n’étaient pas de cet avis, préférant un suicide collectif. Feignant de rejoindre leurs idées, Josèphe proposa que l’on tire au sort pour déterminer l’ordre dans lequel les hommes se tueraient mutuellement. Certains ont soupçonné Josèphe d’avoir “pipé les dés”, parce qu’à la fin, il ne restait plus qu’un survivant et lui. C’est à ce moment-là qu’il le persuada de se rendre avec lui aux Romains.

 

Après avoir été emmené en captivité, Josèphe eut l’audace de flatter cet homme superstitieux qu’était Vespasien en prétendant être devin et en prédisant que Vespasien deviendrait maître du monde. Vespasien fut si impressionné qu’il modifia son projet initial, qui était d’envoyer Josèphe à Néron. Il préféra le garder prisonnier en attendant la suite des événements. En 69, lorsque Vespasien fut proclamé empereur, il se rappela la prophétie de Josèphe, qui datait de deux ans, et, dès lors, notre homme devint l’ami et le conseiller intime de la famille Flavius.

 

Quand Vespasien s’en fut à Rome prendre son empire en mains, Josèphe partit avec Titus, le fils de Vespasien, pour mettre un terme à la guerre contre les Juifs en s’emparant de Jérusalem. Il servit à Titus de conseiller sur les tactiques juives, et, se faisant le propagandiste des Romains, il risqua sa vie sous les murailles de Jérusalem en poussant son peuple à la reddition.

 

Un témoin oculaire

 

C’est durant cette période que Josèphe a pu suivre aux premières loges les événements qui confirmaient la véracité de la remarquable prophétie de Jésus sur Jérusalem. Jésus avait prédit “grande détresse sur le pays et courroux sur ce peuple”, et Josèphe ne manqua pas de noter le courroux des Romains, qui étaient à l’origine favorablement disposés à l’égard des Juifs mais qui virent rouge lorsqu’ils se rendirent compte que les Juifs n’étaient pas disposés à céder. — Luc 21:23.

 

Lorsque la ville tomba, au terme d’un siège relativement court de quatre mois et demi, les soldats romains se livrèrent au carnage, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus la force de poursuivre leurs massacres. “Glaive au poing, ils massacraient indistinctement tous ceux qu’ils rencontraient et brûlaient les maisons avec tous les gens qui avaient cherché refuge à l’intérieur. Tandis qu’ils en ravageaient des quantités lorsqu’ils pénétraient à l’intérieur pour piller, ils tombaient sur des familles entières de cadavres et des pièces bourrées de victimes de la famine (...) poursuivant ceux qu’ils rencontraient, ils engorgeaient les ruelles de cadavres et répandaient des flots de sang dans toute la ville.”

 

Il vaut la peine de noter que non seulement la férocité, mais la brièveté même du siège de Jérusalem avaient fait l’objet d’une prédiction de Jésus, lorsqu’il avait dit: “Oui, si ces jours-là n’étaient écourtés, nulle chair ne serait sauvée.” (Mat. 24:22). Durant le siège, Josèphe, glacé d’horreur, vit les Juifs entasser 600 000 cadavres sur les murailles de la ville, à savoir les victimes de la famine, de la maladie et des guerres intestines qui se livraient dans la capitale. À cette cadence, toute la population de Jérusalem serait morte si le siège s’était poursuivi cinq mois de plus.

 

Josèphe rapporte que le total des Juifs qui ont péri dans le siège atteignait 1 100 000 morts, et il appuie ce chiffre en soulignant que le siège était survenu alors que de grandes foules de pèlerins s’étaient rendus à Jérusalem pour fêter la pâque. On a mis en doute le chiffre avancé par Josèphe, sous prétexte que Tacite, historien romain, donne l’estimation plus modeste de 600 000 morts.

 

Il faut pourtant se rappeler que Tacite n’était pas témoin oculaire des événements. Ses écrits fourmillent d’inexactitudes sur l’histoire et les coutumes juives, et lui-même reconnaît qu’il tenait de seconde main le nombre des victimes.

 

Par contre, Josèphe défend son chiffre de 1 100 000 morts en faisant remarquer que peu avant l’invasion de la Judée par les Romains, on avait compté le nombre d’animaux sacrifiés durant la fête, et l’on était arrivé au chiffre de 256 500. Or, comme un seul animal permettait à dix personnes de manger la pâque, Josèphe en a déduit que deux millions et demi de Juifs se trouvaient à Jérusalem au moment de cette fête.

 

Un auteur crédible, mais pas infaillible

 

En tant que témoin oculaire, Josèphe possède un crédit d’historien incontestable. Certes, il n’a pas vu de ses yeux les événements qui se déroulaient à l’intérieur de Jérusalem durant le siège, mais il a pu obtenir la liberté de quelque 200 survivants juifs après la chute de la ville, ce qui lui a permis de les interroger. Durant le siège, il y avait également un flot continuel de transfuges juifs, et Josèphe avait tout loisir pour les interroger eux aussi. En outre, il semble qu’il ait eu accès aux notes et aux commentaires de ses maîtres, Vespasien et Titus, puisque, dans ses derniers écrits, il fait allusion à de tels documents.

 

Ceci ne veut pas dire que l’Histoire racontée par Josèphe est infaillible. Visiblement, il veut plaire à ses bienfaiteurs romains, et cela se trahit, au même titre que la haine qu’il nourrissait contre les zélotes, qui tenaient Jérusalem durant le siège, et dont certains avaient été ses ennemis lorsqu’il était gouverneur militaire de la Galilée. Toutefois , il n’y a aucune raison de douter de l’exactitude de l’œuvre de Josèphe dans son ensemble. Après tout, elle fut écrite durant la vie de tous les protagonistes de cette chronique. Toute inexactitude grave n’aurait pas manqué d’être relevée par les nombreux jaloux contempteurs de l’auteur.

 

Les écrits de Josèphe constituent une lecture passionnante, tant pour ceux qui étudient l’Histoire que pour ceux qui étudient la Bible. Peut-être n’étiez-vous pas conscient que l’histoire profane confirmait aussi remarquablement les prophéties bibliques. Bien que la Parole de Dieu n’ait pas besoin de Josèphe ni de quelque autre historien profane pour que l’on puisse vérifier ce qu’elle avance, néanmoins toute personne objective qui se rend compte de la précision de la Bible dans le passé se sentira mieux disposée à examiner ce qu’elle dit pour notre époque.

 

Vous représentiez-vous jusqu’ici Josèphe comme un savant dans une bibliothèque poussiéreuse? En un mot, notre homme fut diplomate, général, prisonnier de guerre, devin nommé de son propre chef, conseiller militaire auprès des Romains et chroniqueur pittoresque des événements de son temps; en somme, indéniablement, un historien qui collait parfaitement à son sujet.

 

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