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31 octobre 2006 2 31 /10 /octobre /2006 21:13

“Il n’y a qu’une seule religion, mais il en existe une centaine de versions.” — George Bernard Shaw, dramaturge irlandais (1856-1950)

 À LA création de l’homme, et aussi après le déluge survenu à l’époque de Noé, il n’y avait effectivement qu’une seule religion. Sans doute vous demandez-vous pourquoi ‘il en existe aujourd’hui une centaine — voire davantage — de versions’.

 Pour le savoir, nous nous intéresserons à Nimrod, l’un des arrière-petits-fils de Noé. À son sujet, la Bible déclare: “Il fut le premier qui devint un homme puissant sur la terre. Il se montra un puissant chasseur en opposition avec Jéhovah. (...) Et le commencement de son royaume fut Babel, et Érech, et Accad, et Calnéh, au pays de Schinéar. De ce pays il passa en Assyrie et bâtit Ninive, et Réhoboth-Ir, et Calah.” — Genèse 10:8-11.

 Puisque Nimrod “fut le premier qui devint un homme puissant sur la terre”, il donna manifestement le départ à quelque chose de nouveau. Quoi donc? L’expression “le commencement de son royaume” nous fournit un indice. Si Nimrod avait un royaume, c’est qu’il était roi. Le commentaire biblique allemand d’August Knobel parle de lui à juste titre comme du “premier monarque postdiluvien”, expliquant que personne lui ressemblant n’avait jamais existé. De même, la Bible de Jérusalem rend ainsi Genèse 10:8: “Nemrod (...) fut le premier potentat sur la terre.”

 Nimrod s’opposa au Créateur, qui n’avait absolument pas destiné les hommes à se diriger eux-mêmes. Quand “il passa en Assyrie”, Nimrod s’appliqua à étendre sa domination politique, peut-être par la force. Il devint ainsi “un puissant chasseur”, non seulement d’animaux, mais aussi d’humains.

 Nimrod et la tour de Babel ont-ils réellement existé?

 L’Encyclopédie Collier (angl.) explique: “Les exégètes ont tenté, sans grand succès, d’identifier Nimrod à quantité de rois, de héros ou de divinités antiques, dont le dieu assyro-babylonien Mérodach (Mardouk); Gilgamesh, héros babylonien à la réputation de chasseur; Orion, un chasseur dans la mythologie classique.” Un ouvrage allemand de référence reconnaît qu’en réalité “nous ne savons rien de plus sur lui que ce qu’en dit le récit biblique”.

 Quoi qu’il en soit, Nimrod a bel et bien existé. La tradition arabe fait mention de lui. Son nom, encore orthographié Nimrud ou Nimroud, entre dans la composition de différents noms de lieu du Moyen-Orient. Des poèmes didactiques suméro-akkadiens célèbrent ses hauts faits. Quant à l’historien juif Flavius Josèphe, il le cite nommément.

 Destiné à supplanter Dieu dans son rôle de Souverain légitime de l’humanité, le système politique de Nimrod prit une teinte religieuse. Des hommes commencèrent à bâtir ‘une tour dont le sommet serait dans les cieux’ pour se faire “un nom célèbre”, et non pour glorifier Dieu. — Genèse 11:4.

 Bien que les archéologues ne soient pas parvenus à identifier avec certitude les ruines de la tour de Babel construite par Nimrod, ils ont découvert en Mésopotamie au moins une vingtaine de structures vraisemblablement similaires. En réalité, dans cette région, ce type de tour religieuse était caractéristique de l’architecture des temples. Le livre Les chemins de la foi (angl.) affirme que les temples babyloniens “s’organisaient autour d’une ziggourat, sorte de pyramide surmontée d’un petit temple”. Il ajoute: “Ressemblant à des édifices religieux allant des pyramides d’Égypte aux stūpa indiens ou aux pagodes du monde bouddhiste, la ziggourat (...) est probablement un lointain ancêtre de l’église coiffée d’un clocher.”

 L’archéologue allemand Walter Andrae effectua de nombreuses fouilles en Mésopotamie au début du XXe siècle. Il explique que le petit temple situé au sommet de la ziggourat était considéré comme “la porte (...) par laquelle le Dieu des cieux passait pour descendre l’escalier de la ziggourat et atteindre son lieu de résidence terrestre”. Il n’est guère étonnant que les habitants de Babel aient prétendu que le nom de leur ville était formé de Bab (porte) et d’ilu (Dieu), et qu’il signifiait “Porte de Dieu”.

 Examinons maintenant d’autres éléments qui ôtent toute raison de douter du récit biblique concernant Nimrod et sa tour.

 Des conséquences qui vous touchent

 Nimrod, le premier à associer la religion à la politique, établit le modèle de toutes les alliances ultérieures du même genre. Son projet allait-il bénéficier de l’approbation divine? Le principe suivant énoncé plus tard dans la Bible allait s’appliquer: “Un bon arbre ne peut porter des fruits sans valeur, pas plus qu’un arbre pourri ne peut produire de beaux fruits.” — Matthieu 7:18.

 À l’origine, tous les habitants de la terre parlaient la même langue. Mais lorsque Nimrod et ses partisans entreprirent la construction de la tour de Babel, Dieu manifesta son désaccord. Nous lisons: “Jéhovah les dispersa donc de là sur toute la surface de la terre et ils cessèrent graduellement de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel [de balal, qui signifie “confondre”], car, là, Jéhovah avait confondu le langage de toute la terre.” (Genèse 11:1, 5, 7-9). Les bâtisseurs durent se sentir frustrés quand, brusquement, ils furent dans l’impossibilité de discuter du phénomène, et encore plus de s’entendre sur sa cause. Sans doute avancèrent-ils de nombreuses théories, dont la diversité fut accrue par l’incapacité des groupes linguistiques à communiquer entre eux.

 Quand ces groupes se dispersèrent sur la terre, ils emmenèrent logiquement avec eux leurs conceptions religieuses. Avec le temps, ces conceptions, semblables dans le fond, subirent l’influence de traditions et d’événements locaux. D’“une seule religion” naquit bientôt “une centaine de versions”. Manifestement, ce premier projet politico-religieux avait bien mal tourné.

 Ses conséquences, qui se sont fait sentir au fil des siècles jusqu’à aujourd’hui, vous touchent personnellement. Vous avez pu vous en rendre compte si vous avez déjà essayé de discuter religion avec quelqu’un d’une autre confession. Même des mots courants du vocabulaire religieux, tels que “Dieu”, “péché”, “âme” et “mort”, n’ont pas la même signification pour tout le monde. Il y a 300 ans, l’exégète anglais John Selden fit cette remarque pertinente: “Tout bien considéré, il est difficile de trouver quelque part trois [personnes] qui aient exactement la même religion.” Voilà ce dont l’homme a hérité, tout cela à cause d’un puissant chasseur qui fut jadis incapable de terminer sa tour, parce qu’il ne bénéficiait pas de l’approbation du Créateur.

 Croyances issues de Babel

 “Aucune religion actuelle n’a un panthéon aussi fourni que le culte suméro-assyro-babylonien”, affirme l’auteur Petra Eisele. Elle avance le chiffre de 500 dieux, précisant que certaines des listes les plus longues en comptent jusqu’à 2 500. En fin de compte, d’après la Mythologie générale, publiée chez Larousse, “les théologiens officiels de la Babylonie fixèrent de façon à peu près définitive la hiérarchie des dieux, en les répartissant en triades”. Une triade marquante était composée d’Anou, d’Enlil et d’Ea. Une autre, des dieux-astres Sin, Shamash et Ishtar, cette dernière déesse étant également connue sous le nom d’Astarté, la Grande Déesse.

 Mardouk, le principal dieu de Babylone, appelé plus tard Enlil ou Bel, était le dieu de la guerre. Dans Les chemins de la foi, on lit que cela “constituait l’aveu religieux d’un fait historique: la guerre devenait une préoccupation de plus en plus nette chez les adorateurs babyloniens”. Il était logique qu’un puissant chasseur comme Nimrod, qui s’attaquait autant aux hommes qu’aux animaux, adore le dieu de la guerre, et non “le Dieu d’amour et de paix” dont parle la Bible. — 2 Corinthiens 13:11.

 Les dieux babyloniens et assyriens étaient étonnamment “humains”; ils avaient les mêmes besoins et les mêmes passions que les mortels. C’est la raison pour laquelle se répandirent des rites religieux, tels que la prostitution sacrée, que l’on peut difficilement considérer comme étant d’origine divine.

 La sorcellerie, l’exorcisme et l’astrologie faisaient également partie intégrante de la religion babylonienne. Petra Eisele affirme: “Il est fort possible que la hantise des sorcières en Occident (...) tire son origine de Chaldée.” Les Babyloniens firent aussi de grands progrès dans l’astronomie en essayant de lire l’avenir dans les étoiles.

 On sait que les Mésopotamiens croyaient également en l’immortalité de l’âme, car ils plaçaient dans les tombeaux des objets destinés à être utilisés par les morts dans l’au-delà.

 

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