Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

SOURCES:

http://www.bib-arch.org

http://www.biblos.com

http://www.jw.org

http://www.toutankharton.com

http://www.histoire-archeologie.comm

Recherche

Archives

4 mai 2006 4 04 /05 /mai /2006 12:45

ZEUS, Héra, Artémis, Apollon, Arès — vous avez sans doute entendu parler d’au moins l’un de ces dieux ou déesses. On trouve des vestiges de leurs statues à Athènes, la “ville aux nombreux dieux”. Cependant, la plus importante de toutes les divinités de la Grèce antique était Athéna, la déesse de la “raison”. C’est elle qui donna son nom à Athènes, et son temple, le Parthénon, est l’un des plus grands monuments de la cité.

 

 

Les nombreux restes de dieux en pierre qui parsèment Athènes, métropole pleine d’animation qui compte près de deux millions et demi d’habitants, pourraient très bien rappeler aux visiteurs les paroles que l’apôtre chrétien Paul prononça ici. Après avoir parcouru les rues de la ville, il déclara: “Je vois qu’en toutes choses vous êtes, semble-t-il, plus que les autres, voués à la crainte des divinités.” — Actes 17:22.

 

 

UNE VUE D’ENSEMBLE

 

 

Et si nous commencions par découvrir une vue d’ensemble de la ville? Pour y avoir vécu 2 ans fin des années 80, je me permettrais de vous faire visiter cette ville impressionnante.

 

 

En taxi, nous montons une côte étroite et raide qui mène au départ d’un funiculaire. Quelques minutes plus tard, nous arrivons au sommet du Lycabette, une colline escarpée et conique d’où l’on a un magnifique point de vue sur la ville. Selon la tradition, la chapelle Saint-Georges, qui s’élève au sommet de cette colline, a été bâtie sur l’emplacement d’un ancien autel de Zeus. Nous admirons le paysage tout en buvant des rafraîchissements à la terrasse d’un restaurant. La soirée est avancée. La chaleur étouffante qui a pesé toute la journée sur la ville diminue graduellement. Au sud-ouest, relié à Athènes par des kilomètres de banlieue, nous apercevons le Pirée. C’est le plus grand port et centre industriel de la Grèce. De là, les richesses du pays — olives, raisins et autres fruits — partent vers de nombreux endroits du monde. Nous sommes bien placés pour remarquer aussi qu’Athènes est entourée de montagnes et remplie de monuments, de musées et d’églises.

 

 

La nuit tombe et notre attention est soudain captivée. De l’autre côté de la vallée dans laquelle s’étend la ville d’Athènes, on vient d’allumer 1 500 projecteurs qui baignent l’Acropole de leur lumière. C’est un spectacle à couper le souffle.

 

 

DE L’AGORA À L’ARÉOPAGE

 

 

Le lendemain, nous nous faisons un devoir de visiter l’Acropole. Nous rangeons notre voiture dans une rue encombrée, près de l’Acropole, et nous continuons à pied. Plus bas, à notre gauche, nous voyons ce qui reste de l’ancienne Agora, la place du marché. Outre qu’on y traitait les affaires commerciales, c’était aussi un lieu où l’on débattait de diverses questions et où l’on réglait les problèmes de la cité. En fait, l’Agora était le centre de la vie publique. C’est pourquoi l’apôtre Paul y passa du temps, vers l’an 50 de notre ère, quand il visita Athènes lors de son second voyage missionnaire. “Chaque jour, sur la place du marché [l’Agora]”, il raisonnait avec les gens “qui s’y rencontraient”. Les paroles suivantes montrent combien ces gens étaient curieux: “Tous les Athéniens, en effet, et les étrangers séjournant chez eux ne passaient leur temps de loisir à rien d’autre qu’à dire ou à écouter du nouveau.” — Actes 17:17, 21.

 

 

Paul lui-même se trouva entraîné dans une discussion avec des philosophes épicuriens et stoïciens, et, très vite, “ils se saisirent donc de lui et le menèrent à l’Aréopage en disant: ‘Pourrions-nous savoir quel est ce nouvel enseignement dont tu parles?’” (Actes 17:18, 19). De nos jours, l’Agora est un endroit intéressant, au centre de la ville, un lieu où les pique-niqueurs et les peintres échappent au remue-ménage des touristes qui visitent l’Acropole l’appareil-photo en bandoulière.

 

 

Nous ne nous laisserons pas absorber par cette scène contemporaine au point d’oublier que la situation de Paul était extrêmement dangereuse. Il était soupçonné d’être un “annonceur de divinités étrangères”, et la loi disait: ‘Personne n’aura de dieux différents ou nouveaux, ni n’adorera en privé des dieux inconnus à moins d’y avoir été publiquement autorisé.’ Rien d’étonnant, donc, à ce que les Athéniens se soient saisis de l’apôtre et l’aient emmené à l’Aréopage pour l’interroger. De toute façon, le récit biblique au sujet de l’Aréopage nous incitait à partir à la recherche de ce célèbre site.

 

 

Nous réussissons à en trouver le chemin, et une courte marche nous mène au pied de l’Aréopage ou colline de Mars, au nord-ouest de l’Acropole. Quel instant émouvant! Peut-être nous tenons-nous à l’endroit même où Paul se tint autrefois lorsqu’il donna le témoignage mémorable rapporté en Actes 17:22-31. Le célèbre discours de Paul est d’ailleurs inscrit sur une plaque de bronze, sur le flanc de la petite colline. Le moment est venu d’ouvrir nos Bibles et de revivre ce qui se passa il y a dix-neuf siècles.

 

 

LA PRÉDICATION À ATHÈNES COMMENCE À PORTER DU FRUIT

 

 

Le témoignage éloquent que Paul donna devant les lettrés d’Athènes est une excellente leçon de tact et de discernement. Par la même occasion, il marqua un point sur le plan de la légalité en employant un argument approprié pour répondre à ceux qui l’accusaient d’introduire une nouvelle divinité. L’apôtre leur montra qu’il prêchait justement le Créateur du ciel et de la terre, celui qui ne réside pas dans des temples construits par les hommes. Avec tact, Paul dit à ses auditeurs qu’il leur annonçait le “Dieu inconnu” auquel ils avaient eux-mêmes élevé un autel et qu’ils honoraient pieusement sans le connaître. L’apôtre leur rendit ce “Dieu inconnu” plus proche en citant les écrits d’Aratos, un poète de Cilicie, et l’Hymne à Zeus de Cléanthe. De cette manière, Paul pouvait expliquer aux Athéniens que certains de leurs poètes avaient dit: ‘Nous sommes aussi sa lignée.’ Par conséquent, tous les hommes devaient leur existence à ce Dieu.

 

 

Paul continua en montrant que Dieu jugerait la terre habitée avec justice par un homme qu’il avait établi et qu’il avait même ressuscité d’entre les morts pour fournir une garantie aux humains. À ce moment-là, le discours de Paul fut interrompu. En effet, “quand ils entendirent parler d’une résurrection des morts, certains raillaient et d’autres disaient: ‘Nous t’entendrons là-dessus une autre fois.’ ” Que se passa-t-il ensuite?

 

 

Paul sortit du milieu d’eux, mais son argumentation de qualité souleva un autre genre de réaction. Il y avait aussi un troisième groupe, car “quelques hommes se joignirent à lui et devinrent croyants, parmi lesquels se trouvaient également Denys, juge du tribunal de l’Aréopage, et une femme nommée Damaris, et d’autres avec eux”. (Actes 17:32-34.) Très tôt, le christianisme se développa donc dans la “ville aux nombreux dieux”.

 

 

REMARQUES SUR L’HISTOIRE DE LA VILLE

 

 

Non loin de l’Aréopage se dresse l’Acropole. Nous gravissons les impressionnants escaliers de marbre des Propylées (ou portes principales), magnifique voie d’accès au Parthénon, la couronne de l’Acropole. Le temple de la Victoire aptère se trouve sur notre droite, mais la déesse en a disparu. Nous traversons les imposantes colonnades des Propylées qui, bien que partiellement dégradées, donnent encore l’impression accablante que ce fut autrefois une construction énorme. En haut des escaliers, nous découvrons les ruines immenses du Parthénon. Quand fut-il bâti et pour quelle raison?

 

 

L’origine d’Athènes se perd dans le passé, bien que l’archéologie jette quelques lueurs sur son histoire primitive. Au VIIe siècle avant notre ère, la cité était dirigée par les Eupatrides, une aristocratie qui détenait le pouvoir politique et qui gouvernait l’Aréopage, le principal tribunal criminel de l’époque. Au siècle suivant, un législateur nommé Solon posa les fondements d’une démocratie. C’est de cette manière qu’Athènes devint le centre du premier État possédant un gouvernement démocratique.

 

 

L’ascension de l’Empire médo-perse s’avéra être une menace sérieuse pour la Grèce , car, comme le prophète Daniel l’avait prédit, le quatrième roi de Perse “soulèvera tout contre le royaume de Grèce”. (Dan. 11:2.) Il y eut des guerres entrecoupées de périodes de paix jusqu’à ce que le “quatrième roi”, Xerxès de Perse, soulevât tout son empire pour envahir la Grèce en 480 avant notre ère. Il atteignit Athènes et brûla entièrement la forteresse de l’Acropole. Cependant, les Athéniens coulèrent la flotte perse à Salamine, ce qui força l’ennemi à se retirer. Grâce à sa puissante marine, Athènes conquit l’hégémonie de la Grèce.

 

 

La ville entra dans son âge d’or. Pendant cette période de grande prospérité, sous la direction efficace de Périclès, Athènes devint la capitale culturelle du monde antique. Elle prit son essor en tant que centre pédagogique avec ses professeurs, ses orateurs et ses philosophes, tels que Socrate, Platon et Aristote. Quatre écoles de philosophes y étaient établies: les platoniciens, les péripatéticiens, les épicuriens et les stoïciens (Actes 17:18, 19). À cette époque également, on construisit de nombreux temples et bâtiments magnifiques dont le Parthénon, principal monument de la religion païenne antique.

 

 

LES ÉCRITURES CONTRE LA PHILOSOPHIE

 

 

À l’époque où Jésus et ses apôtres étaient sur terre, les écoles de philosophie d’Athènes étaient encore florissantes. De son berceau en Grèce, la philosophie se répandit dans le monde. Paul dut même avertir la congrégation chrétienne de Colosses, en Asie Mineure, par ces mots: “Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un qui vous emporte comme une proie au moyen de la philosophie et de vaines tromperies, selon la tradition des hommes, (...) et non selon Christ.” Paul prêchait Christ et dit à son sujet: “En lui sont soigneusement cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance.” — Col. 2:3, 8.

 

 

Aux Grecs de Corinthe, Paul écrivit des paroles très puissantes contre la sagesse humaine. Il prit la défense du vrai christianisme et remit la philosophie humaine à sa place, en disant: “Si quelqu’un parmi vous pense être sage dans ce système de choses, qu’il devienne sot pour devenir sage. (...) ‘Jéhovah sait que les raisonnements des sages sont futiles.’” (I Cor. 3:18-20). Non seulement leurs raisonnements s’avèrent futiles, mais les œuvres de leurs mains périssent aussi. Regardez l’Acropole. Sa statue d’Athéna décorée d’or a disparu. Seule une partie du Parthénon est encore debout. Et qu’en est-il de l’Érechthéion, le temple d’Athéna et de Poséidon? Il reste peu de choses de son ancienne splendeur.

 

 

En quittant l’Acropole et en descendant les marches des imposantes Propylées, les paroles que Paul adressa au tribunal d’Athènes nous reviennent à l’esprit: “Nous ne devons pas penser que l’Être divin soit semblable à de l’or ou à de l’argent ou à de la pierre, semblable à quelque chose de sculpté par l’art et l’ingéniosité de l’homme.” — Actes 17:29.

Repost 0
1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 15:46

DAVID, le jeune berger devenu musicien, poète, soldat, prophète et roi, occupe une place de premier plan dans la Bible. Son nom y apparaît 1 138 fois et on y trouve en 25 endroits l’expression " Maison de David ", qui désigne la plupart du temps sa dynastie (1 Samuel 20:16). Le roi David et sa dynastie ne sont-ils qu’un mythe ? Que peut nous apprendre l’archéologie à ce sujet ? Une importante découverte faite récemment sur le site archéologique de Tel Dan, dans le nord de la Galilée, semble bien confirmer l’historicité de David et de sa dynastie.

Au cours de l’été 1993, une équipe d’archéologues dirigée par le professeur Avraham Biran effectuait des fouilles non loin de la porte extérieure de Dan, une ancienne cité biblique. Une place pavée fut mise au jour et l’on dégagea sans difficulté une pierre noire de basalte qui affleurait. Puis quelqu’un tourna la pierre vers la lumière du jour et des lettres apparurent. " Mon Dieu, s’écria le professeur Biran, une inscription ! "

Avraham Biran et son collègue, le professeur Joseph Naveh, de l’université de Jérusalem, ont rédigé sans tarder une étude scientifique sur l’inscription. La Revue d’archéologie biblique (angl.) a publié dans son numéro de mars/avril 1994 un article inspiré de cette étude, dans lequel on lisait : " Ce n’est pas tous les jours qu’une découverte archéologique fait les gros titres du New York Times (sans parler de la revue Time). C’est pourtant l’accueil qu’a reçu cet été une découverte faite sur le site de Tel Dan, un beau tertre situé en Galilée du Nord, au pied du Mont Hermon, près de l’une des sources du Jourdain.

" Avraham Biran et son équipe d’archéologues ont trouvé là une inscription, datée du IXe siècle avant notre ère, qui contient les expressions ‘ Maison de David ’ et ‘ roi d’Israël ’. C’est la première fois que l’on trouve le nom de David dans une inscription ancienne non biblique, ce qui rend d’autant plus remarquable le fait que l’inscription ne mentionne pas simplement un ‘ David ’, mais la ‘ Maison de David ’, c’est-à-dire la dynastie du grand roi israélite.

" ‘ Roi d’Israël ’ est une expression fréquente dans la Bible, particulièrement dans le livre des Rois. Mais en dehors de la Bible, ceci semble être la plus ancienne mention d’Israël dans une écriture sémitique. Si cette inscription démontre quelque chose, c’est que, contrairement à ce qu’affirment certains spécialistes très critiques à l’égard de la Bible, Israël et Juda étaient à l’époque d’importants royaumes. "

Pour dater le fragment, les chercheurs se sont appuyés sur la forme des lettres, le contenu de l’inscription et l’analyse des poteries trouvées à côté de la pierre. Ces trois méthodes donnent des résultats convergents et indiquent le IXe siècle avant notre ère (David a vécu au siècle précédent). Les spécialistes pensent que l’inscription faisait partie d’un monument de victoire érigé à Dan par un Araméen ennemi du ‘ roi d’Israël ’ et du ‘ [roi de la] Maison de David ’. Les Araméens, dont le territoire se trouvait à l’est d’Israël, adoraient Hadad, un dieu du tonnerre dont le culte était très répandu.

Au cours de l’été 1994, deux autres fragments de la stèle furent découverts. Le professeur Biran raconte : " Dans ces deux fragments, on trouve le nom du dieu araméen Hadad et la mention d’une bataille entre Israélites et Araméens. "

Le fragment principal mis au jour en 1993 contenait 13 lignes partiellement lisibles écrites dans l’ancien alphabet hébreu. À l’époque, les mots d’un texte étaient séparés par des points. Cependant, ‘ Maison de David ’ est écrit, non pas en deux mots, mais en un seul, c’est-à-dire (transcrit en caractères romains) " bytdwd " et non " byt " (maison), un point, " dwd " (David). Ce " bytdwd " en un seul mot a soulevé bien des questions.

Le linguiste Anson Rainey a fait le commentaire suivant : " Dans leur explication, Joseph Naveh et Avraham Biran ne sont pas entrés dans les détails. Peut-être ont-ils estimé superflu de préciser au lecteur que dans une telle construction le point qui sépare les deux composants est souvent omis, particulièrement si le composé est un nom propre bien établi dans la langue. Au milieu du IXe siècle, c’était certainement le cas pour ‘ Maison de David ’, qui désignait une entité à la fois géographique et politique. "

Un autre témoignage archéologique

Après cette découverte, le professeur André Lemaire, un spécialiste de la stèle de Mésha, a signalé que cette dernière contenait aussi l’expression " Maison de David ". Cette stèle découverte en 1868 a beaucoup de points communs avec celle de Tel Dan. Elles datent toutes les deux du IXe siècle avant notre ère, sont faites dans le même matériau, ont à peu près la même taille et utilisent presque la même écriture sémitique.

Au sujet de la reconstitution d’une ligne endommagée de la stèle de Mésha, André Lemaire a écrit : " Près de deux ans avant la découverte du fragment de Tel Dan, je suis arrivé à la conclusion que la stèle de Mésha contenait l’expression ‘ Maison de David ’. (...) La raison pour laquelle la présence de cette expression n’a pas été remarquée tient peut-être au fait que personne n’a encore donné d’édition princeps de la stèle de Mésha. C’est cette édition que je prépare actuellement, 125 ans après la découverte de la stèle. "

Ces données archéologiques sont intéressantes parce qu’elles rejoignent les témoignages apportés par un ange, par Jésus lui-même et par ses disciples, ainsi que par une foule anonyme, à l’appui de l’historicité de David (Matthieu 1:1 ; 12:3 ; 21:9 ; Luc 1:32 ; Actes 2:29). Manifestement, les découvertes archéologiques le confirment : le roi et sa dynastie, la " Maison de David ", appartiennent bien à la réalité historique et non au mythe.

Repost 0
1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 03:26

SI “LA paléontologie est l’étude des fossiles, vestiges de la vie des temps passés”, elle est également, pour reprendre l’expression d’un paléontologue, “une science des plus spéculative et des plus dogmatique”. On peut en voir la démonstration dans les différentes hypothèses échafaudées pour expliquer l’extinction des dinosaures. G. Jepson, de l’Université Princeton, a déclaré à ce sujet:

 

“Des auteurs de compétences inégales ont émis l’idée que les dinosaures avaient disparu à cause d’un bouleversement climatique (...) ou d’une carence alimentaire. (...) D’autres ont incriminé la maladie, des parasites, (...) des changements dans la pression ou la composition atmosphérique, des émanations toxiques, des poussières volcaniques, un dégagement excessif d’oxygène par les plantes, des météorites, des comètes, des petits mammifères mangeurs d’œufs, (...) des radiations cosmiques, un déplacement de l’axe de rotation de la terre, des inondations, la dérive des continents, (...) l’assèchement des marécages et des lacs, les taches solaires.” — L’énigme des dinosaures (angl.).

 

Au vu de telles spéculations, il est manifeste que les scientifiques ne sont pas en mesure de répondre avec certitude à la question: Qu’est-il arrivé aux dinosaures?

 

La théorie de l’extinction brutale

 

Plus récemment, une nouvelle théorie a été formulée par deux chercheurs, père et fils, Luis et Walter Alvarez. Walter Alvarez a découvert à proximité de la ville de Gubbio, dans le centre de l’Italie, une curieuse couche d’argile rouge, très fine, prise en sandwich entre deux couches sédimentaires. Comme la couche inférieure contenait de nombreux fossiles et la couche supérieure presque pas, les géologues en ont déduit qu’il y avait eu disparition soudaine de la vie et que la mince couche d’argile avait quelque rapport avec le phénomène.

 

Des analyses de l’argile ont révélé une concentration d’iridium (un métal) 30 fois supérieure à la normale. Or, on savait qu’une concentration aussi élevée de cet élément rare ne pouvait avoir que deux origines: le centre de la terre ou l’espace. Les chercheurs en ont conclu que le dépôt d’iridium devait provenir d’un choc entre la terre et un énorme astéroïde, lequel choc avait causé la brutale extinction des dinosaures.

 

Après la découverte à Gubbio de cette argile riche en iridium, des dépôts similaires ont été trouvés dans d’autres endroits du monde. L’hypothèse de l’astéroïde s’en est-elle trouvée corroborée? Certains scientifiques restent sceptiques. Cependant, comme le signale le livre L’énigme des dinosaures, la théorie des Alvarez a apporté un “nouveau ferment à l’étude de l’extinction et de l’évolution”. Par ailleurs, le paléontologue Stephen Gould a reconnu qu’elle pouvait amoindrir “l’importance de la compétition entre les espèces”.

 

À propos de cette nouvelle théorie et de la disparition apparemment soudaine des dinosaures, un écrivain scientifique fait cet aveu: “Elles pourraient ébranler les fondements de la biologie évolutionniste et remettre en question le concept actuel de la sélection naturelle.”

 

Selon David Jablonski, de l’université d’Arizona, ‘pour quantité de plantes et d’animaux, l’extinction intervint brutalement et, pour une raison ou pour une autre, de façon spéciale. Les disparitions massives ne tiennent pas simplement à l’accumulation du nombre des victimes. Un phénomène inhabituel a dû se produire’. Tout aussi brutale a été l’apparition de ces formes de vie. La revue Pour la science déclare à ce sujet: “L’apparition soudaine de ces deux sous-ordres [de ptérosaures] sans précurseur annonciateur connu est un phénomène assez courant en paléontologie.” C’est également le cas des dinosaures. Leur apparition et leur disparition relativement soudaines sont incompatibles avec l’idée communément admise selon laquelle l’évolution se serait faite lentement.

 

L’âge des dinosaures

 

Puisque les ossements de dinosaures sont systématiquement retrouvés dans des couches géologiques inférieures à celles renfermant les fossiles humains, beaucoup en déduisent qu’ils datent d’une époque antérieure. Les géologues appellent cette époque ère mésozoïque, qu’ils divisent en trois périodes: le crétacé, le jurassique et le trias. L’échelle de temps utilisée pour ces périodes est de l’ordre de la dizaine de millions d’années. Mais cette échelle a-t-elle été établie avec certitude?

 

L’une des méthodes utilisées pour déterminer l’âge des fossiles porte le nom de datation au radiocarbone. Ce procédé mesure la vitesse de désintégration du carbone radioactif à partir de l’instant où l’organisme étudié a cessé de vivre. “Une fois mort, explique le livre Science et technologie illustrées (angl.), un organisme n’absorbe plus le gaz carbonique de l’air, et la proportion des isotopes décroît avec le temps au fur et à mesure que se poursuit la désintégration des radioéléments.”

 

Toutefois, le système présente de graves lacunes. Tout d’abord, pour un fossile daté de 50 000 ans environ, le taux de radioactivité est tombé si bas que sa mesure devient extrêmement délicate. Ensuite, même chez les spécimens les plus récents, ce taux est tellement bas qu’il est, là encore, très difficile de faire une mesure précise. Enfin, si l’on sait mesurer la vitesse actuelle de formation du radiocarbone, on est en revanche incapable de savoir quelle était la concentration du carbone en ces temps éloignés.

 

Ainsi, qu’ils utilisent la méthode au radiocarbone pour dater les fossiles, ou bien d’autres méthodes comme celles faisant intervenir le potassium, l’uranium ou le thorium radioactifs pour dater les roches, les scientifiques n’ont aucun moyen de déterminer la concentration de chacun de ces éléments aux époques de référence. Ce que Melvin Cook, professeur de métallurgie, confirme en ces termes: “Nous ne pouvons émettre que des conjectures sur la concentration [des radioéléments], et il s’ensuit que les datations ainsi obtenues ne sont jamais que des conjectures.” Il serait normal, en particulier, qu’il y ait eu des variations si l’on considère que le déluge qui s’est abattu au temps de Noé, voilà plus de 4 300 ans, a modifié profondément la terre et l’atmosphère.

 

La déclaration suivante, que l’on doit à deux géologues du Dartmouth College, Charles Officer et Charles Drake, permet de douter un peu plus encore de la précision des méthodes de datation faisant intervenir la radioactivité: “Nous sommes arrivés à la conclusion que l’iridium et les éléments qui lui sont associés ne se sont pas déposés instantanément (...), mais qu’ils ont plutôt été apportés en énorme quantité et de façon discontinue au cours d’une période géologique relativement courte comprise entre 10 000 et 100 000 ans.” Selon eux, le morcellement et la dérive des continents ont provoqué des perturbations sur tout le globe, causant des éruptions volcaniques qui ont voilé la lumière du soleil et pollué l’atmosphère. Il est certain que des événements d’une telle ampleur ont pu modifier la concentration des radioéléments, et fausser ainsi les résultats fournis par les horloges radioactives de la science moderne.

 

Les dinosaures et la Genèse

 

La méthode de datation basée sur la radioactivité des éléments a beau être une innovation, elle n’en repose pas moins sur la spéculation et la supposition. En contraste, dans le premier chapitre de la Genèse , la Bible énonce en termes simples l’ordre général dans lequel s’est effectuée la création. Rien dans ces pages ne s’oppose à ce que la formation de la terre ait demandé des milliards d’années ni à ce que son aménagement en vue d’en faire l’habitation des hommes se soit étalé sur de nombreux millénaires, que les Écritures divisent en six “jours”, ou périodes de création.

 

Certains dinosaures (et ptérosaures) peuvent effectivement avoir été créés lors de la cinquième période dont parle la Genèse , celle au cours de laquelle Dieu fit “les créatures volantes” et “les grands monstres marins”. Peut-être d’autres types de dinosaures ont-ils été créés lors de la sixième période. Leur appétit phénoménal conjugué à leur grande variété aurait été bien utile compte tenu de l’abondante végétation qui couvrait, semble-t-il, la terre à leur époque. — Genèse 1:20-24.

 

Lorsque les dinosaures ont eu rempli leur mission, Dieu a mis fin à leur existence. Quand? Comment s’y prit-il? La Bible ne dit rien à ce sujet. Toutefois, nous pouvons être sûrs que les dinosaures ont été créés par Jéhovah dans un dessein précis, même si ce dessein nous échappe en partie aujourd’hui. Les dinosaures ne furent ni une erreur ni le produit de l’évolution. Le fait qu’ils soient apparus soudainement dans les registres fossiles, sans rien qui les relie à des fossiles plus anciens, et qu’ils en aient disparu tout aussi brutalement, s’oppose à ce qu’ils aient évolué lentement pendant des millions d’années. Le témoignage des fossiles ne confirme donc pas la théorie de l’évolution. Il est plutôt conforme à ce que la Bible dit des actes créateurs de Dieu.

Repost 0
29 avril 2006 6 29 /04 /avril /2006 23:29

De nos jours il n’est pas nécessaire de parler le Grec ancien pour pouvoir lire la bible sans risque d’erreur. Pourtant certains d’entre vous utilisent peut-être une Bible interlinéaire Grec/Anglais ou Grec/Français. Quoi qu’il en soit, voici quelques bases historiques et pratiques simples permettant de vous familiariser avec cette langue dont a été écrit le ‘Nouveau Testament’ à son origine (sauf l’Évangile de Matthieu, qui fut rédigé d’abord en hébreu). C’est également dans cette langue que fut réalisée la première traduction complète des Écritures hébraïques, la Septante. Le grec est une langue flexionnelle, qui offre une grande variété d’expression au moyen de radicaux, de préfixes et de désinences.

 

 

La koinè. L’époque de la koinè, ou grec commun, dura d’environ 300 av. n. è. à environ 500 de n. è. ; il s’agissait d’un mélange de différents dialectes grecs parmi lesquels l’attique exerça la plus forte influence. La koinè devint la langue internationale. Par rapport aux autres langues de l’époque, elle présentait l’avantage très net d’être presque universellement connue. Le terme koinè signifie langue commune ou dialecte parlé par tous. L’usage de la koinè était si répandu que les décrets des gouverneurs impériaux et du sénat romain étaient traduits dans cette langue pour être publiés à travers tout l’empire. De même, l’accusation affichée au-dessus de la tête de Jésus Christ lorsqu’il fut attaché sur un poteau était écrite non seulement en latin, la langue officielle, et en hébreu, mais encore en grec (koinè). — Mt 27:37 ; Jn 19:19, 20.

 

 

À propos de l’emploi du grec dans le pays d’Israël, un helléniste a fait ce commentaire : “ Bien que la plupart des Juifs aient rejeté l’hellénisme et ses coutumes, les relations avec les Grecs et l’utilisation de leur langue ne pouvaient être évitées. [...] Les enseignants palestiniens regardaient d’un œil favorable la traduction en grec des Écritures, la considérant comme un moyen de porter la vérité aux Gentils. ” (Hellenism, par N. Bentwich, 1919, p. 115). Bien entendu, la Septante fut surtout faite à l’intention des Juifs, en particulier de ceux de la Diaspora , qui ne parlaient plus l’hébreu pur, mais qui connaissaient le grec. Les termes en hébreu ancien qui se rapportaient au culte juif en vinrent à être remplacés par des mots d’origine grecque. Le terme sunagôgê, qui signifie “ action de réunir ”, est un exemple de mot grec adopté par les Juifs.

 

 

Utilisation de la koinè par les écrivains chrétiens inspirés. Puisque les rédacteurs des Écritures chrétiennes inspirées désiraient faire comprendre leur message à tous, ils n’employèrent pas le grec classique, mais la koinè. Tous ces rédacteurs étaient eux-mêmes des Juifs. Bien que Sémites, ils ne s’intéressaient pas à la propagation du sémitisme, mais à la vérité du christianisme pur, et la langue grecque leur permettait de toucher davantage de gens. Elle les aidait à mieux s’acquitter de leur mission, qui consistait à faire “ des disciples de gens d’entre toutes les nations ”. (Mt 28:19, 20.) Par ailleurs, la koinè constituait un excellent véhicule pour les subtilités de la pensée qu’ils désiraient exposer.

 

 

Les écrivains chrétiens divinement inspirés conférèrent à la koinè force, dignité et chaleur du fait de leur noble message. Les mots grecs revêtirent un sens plus riche, plus complet et plus spirituel dans le contexte des Écritures inspirées.

 

 

L’alphabet. Tous les alphabets européens actuels proviennent directement ou indirectement de l’alphabet grec. Cependant, les Grecs n’inventèrent pas leur alphabet ; ils l’empruntèrent aux Sémites. C’est ce qui ressort de la ressemblance qui existe entre les lettres grecques (des environs du VIIe siècle av. n. è.) et les caractères hébreux (des environs du VIIIe siècle av. n. è.). De plus, elles étaient dans le même ordre, à quelques exceptions près. En outre, la prononciation du nom de certaines de ces lettres se ressemble beaucoup ; par exemple, alpha (grec) et ´alèph (hébreu) ; bêta (grec) et béth (hébreu) ; delta (grec) et dalèth (hébreu) ; et beaucoup d’autres. La koinè comportait 24 lettres. En adaptant l’alphabet sémitique à la langue grecque, les Grecs l’enrichirent : ils prirent les lettres supplémentaires pour lesquelles ils ne disposaient pas de consonnes correspondantes (´alèph, hé´, héth, `ayin, waw et yôdh) et s’en servirent pour représenter les sons voyelles a, é (court), ê (long), o, u et i.

 

 

Le vocabulaire. Le vocabulaire grec est très fourni et précis. L’écrivain grec disposait de suffisamment de mots pour faire des différences ténues et pour exprimer exactement la nuance de sens qu’il voulait. Par exemple, le grec distingue la connaissance ordinaire, gnôsis (1Tm 6:20), de la connaissance plus profonde ou épignôsis (1Tm 2:4) ; il différencie allos (Jn 14:16), qui signifie “ un autre ” du même genre, et hétéros, qui veut dire “ un autre ” d’un genre différent (Ga 1:6). Dans d’autres langues, de nombreuses expressions ont assimilé des mots grecs, ainsi que des racines comprenant des mots grecs, ce qui a rendu ces langues plus précises et plus explicites.

 

 

Les noms. Les noms se déclinent suivant le cas, le genre et le nombre. Les termes liés aux noms, comme les pronoms et les adjectifs, se déclinent pour s’accorder avec leurs antécédents ou ce qu’ils modifient.

 

 

Les cas. Selon l’opinion générale, la koinè possède cinq cas. (Certains hellénistes en comptent jusqu’à huit.) En français, les noms ne changent d’ordinaire pas de forme, si ce n’est en nombre (les pronoms, eux, sont davantage transformés). En revanche, en koinè, chaque cas exige habituellement une forme ou une désinence différente, ce qui rend cette langue beaucoup plus complexe que le français sous ce rapport.

 

 

L’article. En français, il existe un article défini (“ le ”, “ la ”, “ les ”) et un article indéfini (“ un ”, “ une ”, “ des ”). La koinè n’a qu’un seul article, ο (ho), qui correspond à certains égards à l’article défini “ le ”. Non seulement l’article grec se modifie en fonction du genre et du nombre, comme l’article défini français, mais encore il se décline suivant le cas, à la manière des noms.

 

 

L’article grec est employé pour mettre en valeur non seulement des substantifs, mais encore des infinitifs, des adjectifs, des adverbes, des expressions, des propositions et même des phrases entières. On trouve dans le grec un article joint à un adjectif en Jean 10:11, dont la traduction littérale se lit : “ Je suis le berger l’excellent. ” C’est plus puissant que simplement : “ Je suis l’excellent berger. ” Cela revient à mettre “ excellent ” en italique.

 

 

En Romains 8:26 se trouve un exemple où l’article définit toute une proposition ; l’expression “ ce pour quoi nous devons prier comme nous en avons besoin ” est précédée de l’article au neutre. Littéralement, cette locution se lirait : “ Le pour quoi nous devons prier. ” (Int). Pour faire passer cette idée en français, il est utile d’insérer les mots “ problème, le voici ”. L’article défini concentre les choses de telle manière que le problème est ramassé en une question distincte. C’est pourquoi la traduction : “ Car le [problème, le voici] : ce pour quoi nous devons prier comme nous en avons besoin, nous ne le savons pas ” (MN) rend plus exactement la force de la pensée de l’écrivain.

 

 

Les verbes. Les verbes grecs sont construits à partir de racines verbales, essentiellement à l’aide de radicaux et de désinences, ou d’affixes et de suffixes. Ils sont conjugués suivant la voix, le mode, le temps, la personne et le nombre. En grec, leur étude est plus difficile que celle des noms. Grâce à la meilleure compréhension acquise ces dernières années de la koinè, particulièrement en ce qui concerne les verbes, les traducteurs ont pu, mieux que dans les anciennes versions, rendre la force et la signification réelles des Écritures grecques chrétiennes. Dans les paragraphes qui suivent sont considérés certains des aspects les plus intéressants concernant les verbes grecs et leur incidence sur l’intelligence de la Bible.

 

 

La voix. Le français ne possède que deux voix, la voix active et la voix passive, tandis que le grec comporte en outre une voix caractéristique, le “ moyen ”. À la voix moyenne, le sujet prend part aux résultats de l’action ou, parfois, en est la cause. Le moyen met l’accent sur l’intérêt que l’agent prend à l’action exprimée par le verbe.

 

 

Le moyen avait également une valeur intensive, qui correspond à peu près à l’emploi de l’italique. Ayant appris quand il se rendait à Jérusalem que des liens et des tribulations l’attendaient, Paul déclara : “ Et pourtant je n’attache aucun prix à mon âme, comme si elle m’était précieuse, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus. ” (Ac 20:22-24). Ici, le verbe traduit par ‘ attacher ’, poïoumaï, est au moyen. Paul explique, non qu’il n’accorde aucune valeur à sa vie, mais que l’accomplissement de son ministère est beaucoup plus important. C’est son opinion, peu importe ce que les autres pensent.

 

 

On trouve la voix moyenne en Philippiens 1:27 : “ Seulement, conduisez-vous [ou : “ conduisez-vous en citoyens ”] d’une manière digne de la bonne nouvelle concernant le Christ. ” Dans ce texte, le verbe politeuomaï est à la voix moyenne, politeuésthé, “ conduisez-vous en citoyens ”, c’est-à-dire prenez part aux activités des citoyens, en participant à la proclamation de la bonne nouvelle. En règle générale, les citoyens romains prenaient une part active aux affaires de l’État ; la citoyenneté romaine était très prisée, surtout dans des villes dont les habitants se l’étaient vu accorder par Rome, comme Philippes. Ainsi, Paul dit ici aux chrétiens qu’ils ne doivent pas être inactifs, se contenter du titre de chrétiens, mais doivent participer à l’activité chrétienne. Cela s’accorde avec ces paroles qu’il leur adresse par la suite : “ Quant à nous, notre droit de cité se trouve dans les cieux. ” — Ph 3:20.

 

 

Les temps. L’emploi des temps constitue une autre caractéristique importante et distinctive du grec qui contribue à sa précision. Les verbes et leurs temps indiquent deux éléments : l’aspect de l’action (le plus important) et le moment de l’action (moins important). Le grec considère l’action sous trois perspectives principales, chacune entraînant des modifications : 1) l’action qui dure (“ être en train de faire ”), principalement exprimée au présent, lequel indique essentiellement une action considérée dans son déroulement ou qui se reproduit habituellement ou successivement ; 2) l’action achevée ou terminée (“ avoir fait ”), le principal temps étant là le parfait ; 3) l’action ponctuelle ou momentanée (“ faire ”) signalée par l’aoriste. Bien entendu, il existe d’autres temps comme l’imparfait, le plus-que-parfait et le futur.

 

 

Illustrons la différence entre les temps en grec. En 1 Jean 2:1, l’apôtre Jean déclare : “ Si quelqu’un pèche, nous avons un paraclet chez le Père, Jésus Christ. ” (Pl). Le verbe grec rendu par ‘ pécher ’ est à l’aoriste ; l’action est donc ponctuelle, ou momentanée. L’aoriste met ici l’accent sur un seul péché, alors que le présent évoquerait soit la condition de pécheur, soit un péché continuel ou qui dure. Dès lors, Jean ne parle pas de quelqu’un qui pratique le péché, mais de quelqu’un qui “ vient à commettre un péché ”. (Voir aussi Mt 4:9, où l’aoriste indique que le Diable n’a pas demandé à Jésus de lui rendre un culte constant ou continuel, mais d’accomplir “ un acte d’adoration ”.)

 

 

Toutefois, si on lit 1 Jean 3:6, 9 sans tenir compte de ce que le verbe est au présent, Jean semble contredire ses paroles citées plus haut. Votre Bible déclare : “ Quiconque demeure en lui ne pèche pas ” et : “ Quiconque est né de Dieu ne commet pas de péché. ” Ces traductions ne rendent pas en français la continuité de l’action exprimée par le présent des verbes grecs. Des traductions modernes, au lieu de dire ici : “ ne pèche point ” et “ ne commet point le péché ”, prennent en considération que l’action est continue et rendent les verbes en conséquence : “ ne pratique pas le péché ” (MN) ; “ ne continue pas à pécher ” ; “ de s’adonner au péché ” (PV) ; “ cesse de pécher ”. (BFC.) En Matthieu 6:33, Jésus ordonna à ses disciples : “ Continuez donc à chercher d’abord le royaume ”, impliquant un effort soutenu, plutôt que simplement : “ Cherchez donc premièrement son Royaume. ” (VB).

 

 

Dans les interdictions, le présent et l’aoriste sont pareillement différents. Énoncée au présent, une interdiction n’implique pas seulement de ne pas faire une chose. Elle implique de cesser de la faire. Sur le chemin du Golgotha, Jésus ne dit pas simplement aux femmes qui le suivaient : “ Ne pleurez pas ”, mais, puisqu’elles pleuraient déjà, il dit : “ Cessez de pleurer pour moi. ” (Lc 23:28). De même, Jésus dit à ceux qui vendaient des colombes dans le temple : “ Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ! ” (Jn 2:16). Dans le Sermon sur la montagne, il déclara : Cessez de vous inquiéter quant à ce que vous mangerez, boirez ou mettrez (Mt 6:25). En revanche, à l’aoriste une interdiction représentait l’ordre de ne pas faire quelque chose, à n’importe quel moment. Il est rapporté que Jésus déclara à ses auditeurs : “ Donc, ne vous inquiétez jamais [en d’autres termes, ne vous inquiétez à aucun moment] du lendemain. ” (Mt 6:34). Ici l’aoriste est employé pour indiquer que les disciples ne devaient s’inquiéter à aucun moment.

 

 

Hébreux 11:17 fournit un autre exemple de la nécessité de prendre en considération le temps en grec quand on traduit. Certaines versions ne tiennent pas compte de la portée particulière du temps des verbes. Ainsi, au sujet d’Abraham, la Bible de Crampon (1905 et 1939) met : “ Celui qui avait reçu les promesses [...] offrit ce fils unique. ” (v. 17, 18). Le verbe grec traduit ici par “ offrit ” est à l’imparfait, ce qui peut indiquer que l’action a été projetée ou tentée, mais qu’elle n’a pas été concrétisée ou accomplie. Par conséquent, conformément à ce qui se passa réellement, il est préférable de rendre le verbe grec par “ tenta d’offrir ”. Pareillement, en Luc 1:59, qui parle du moment de la circoncision du fils de Zekaria et d’Élisabeth, l’emploi de l’imparfait montre qu’au lieu de la leçon : “ Ils le nommaient Zacharie d’après le nom de son père ” (AC), ce passage devrait donner : “ Ils allaient l’appeler du nom de son père : Zekaria. ” (MN). Cela s’accorde avec ce qui se passa dans la réalité : le petit enfant reçut le nom de Jean, conformément aux instructions de l’ange Gabriel. — Lc 1:13.

 

 

Transcription. Ce mot désigne la notation des mots grecs en lettres d’un autre alphabet. Dans la plupart des cas, il s’agit simplement d’une substitution lettre par lettre, b pour β, g pour γ, etc. Il en va de même des voyelles grecques, a pour α, é pour ε, ê pour η, i ou ï pour ι, o pour ο, u pour υ et ô pour ω.

 

 

Les diphtongues. Le principe général de substitution lettre par lettre exposé ci-dessus s’applique aussi aux diphtongues : pour αι, au pour αυ, éï pour ει, eu pour ευ, eu pour ηυ, pour οι, ou pour ου, pour υι.

 

 

Toutefois, il arrive que ce qui ressemble à première vue à une diphtongue ait un tréma (?) sur la deuxième lettre, par exemple αϋ, εϋ, οϋ, ηϋ, ωϋ, αϊ, οϊ. Le tréma placé sur un iôta (ϊ) ou sur un upsilon (ϋ) indique que cette lettre ne forme pas vraiment une diphtongue avec la voyelle qui la précède. Les exemples ci-dessus donneraient respectivement , éü, , êü, ôü, , .

 

 

Certaines voyelles (α, η, ω) portent un petit iôta () (appelé iôta souscrit) écrit au-dessous. Dans la translittération de ces formes grecques, le iôta (ou i) n’est pas placé sous la ligne, mais à côté de (après) la lettre sous laquelle il figure. Ainsi, α est rendu par , η par êï, ω par ôï.

 

 

Les accents. Il y a trois sortes d’accents en grec : l’aigu (), le circonflexe (?) et le grave (). Dans le grec, ils sont placés sur la voyelle des syllabes qu’ils accentuent. Toutefois, dans le présent ouvrage, ces accents n’ont pas été indiqués dans les transcriptions.

 

 

Les esprits. Toute voyelle au début d’un mot requiert soit un esprit “ doux ” (᾿), soit un esprit “ rude ” (). On peut faire abstraction de l’esprit “ doux ” (᾿) dans la transcription ; l’esprit “ rude ” () exige qu’on ajoute un h au début du mot. Si la première lettre est une capitale, ces esprits se placent devant le mot. Dans ce cas, ᾿Ι devient I, tandis que Ι est transcrit Hi. Quand les mots commencent par une minuscule, l’esprit se met sur l’initiale ou, dans la plupart des diphtongues, sur la deuxième lettre. Par conséquent, αιών devient aïôn, αγνός donne hagnos et αιρέοµαι donne haïréomaï.

 

 

De plus, la lettre grecque rhô (ρ), translittérée r, porte toujours un esprit “ rude ” () au début d’un mot. Aussi ραββεί se transcrit rhabbéï.

                           ALPHABET GREC

 

 

   Lettre         Nom             Transcription et Prononciation1

 

 

   Α    α         alpha                   a

 

 

   Β    β         bêta                     b

 

 

   Γ    γ         gamma                 g toujours dur, comme dans guerre2

 

 

   Δ    δ         delta                    d

 

 

   Ε    ε         épsilon                 é bref, comme dans été

 

 

   Ζ    ζ         zêta                     z prononcé dz comme dans Zeus

 

 

   Η    η         êta                      ê long, comme dans tête

 

 

   Θ    θ         thêta                   th (th anglais)

 

 

   Ι    ι           iôta                      i ou ï

 

 

   Κ    κ         kappa                  k

 

 

   Λ    λ         lambda                l

 

 

   Μ    µ         mu                      m ne nasalise pas la voyelle précédente ; toujours comme dans âme.

 

 

   Ν    ν         nu                        n ne nasalise pas la voyelle précédente ; toujours comme dans âne.

 

 

   Ξ    ξ         xi                         x

 

 

   Ο    ο         omikron               o bref, comme dans homme

 

 

   Π    π         pi                        p

 

 

   Ρ    ρ         rhô                       r

   Σ    σ,  ς3    sigma                  s toujours dur, comme dans soleil

 

 

   Τ    τ         tau                        t

 

 

   Υ    υ         upsilon                 u

 

 

   Φ    φ         phi                       ph comme dans phase

 

 

   Χ    χ         khi                       kh

 

 

   Ψ    ψ         psi                      ps comme dans psaume

 

 

   Ω    ω         ôméga                ô long comme dans dôme

 

 

  1 La prononciation indiquée diffère de celle du grec moderne.

 

 

  2 Devant κ, ξ, χ, ou un autre γ, γ se nasalise et se prononce comme dans camping.

 

 

  3 Sigma ne s’écrit ainsi qu’en fin de mot.

 

 

Repost 0
19 avril 2006 3 19 /04 /avril /2006 16:31

AU XIe SIÈCLE avant notre ère, Dieu a chargé le prophète Samuel d’une mission secrète. Il lui a dit de se rendre chez un homme du nom de Jessé et d’oindre un de ses fils comme futur roi d’Israël. En voyant le fils aîné de Jessé, Éliab, Samuel a eu la conviction d’avoir trouvé celui que Dieu avait choisi. Mais Jéhovah lui a dit : “ Ne considère pas son apparence ni la hauteur de sa taille, car je l’ai rejeté. Car Dieu voit non pas comme voit l’homme ; c’est que l’homme voit ce qui paraît aux yeux, mais Dieu, lui, voit ce que vaut le cœur. ” (1 Samuel 16:6, 7). Samuel n’avait pas vu Éliab comme Jéhovah le voyait. Beaucoup de gens ont la même attitude avec l'apôtre Pierre.

 

Lorque l'on demande de décrire cet apôtre, beaucoup pensent aussitôt à l’impulsivité, à l’impétuosité, voire à la présomption. Il est vrai qu’il a manifesté parfois ces traits de caractère. Mais Jésus l’aurait-il choisi pour être l’un de ses 12 apôtres s’il avait vraiment été impulsif, impétueux ou présomptueux (Luc 6:12-14) ? Bien sûr que non ! De toute évidence, Jésus a vu au-delà de ces défauts et a perçu les qualités de Pierre.

 

Pierre a quelquefois pris la parole au nom des autres apôtres. Certains y verront un manque de modestie. Mais est-ce forcément le cas ? On a avancé l’hypothèse que Pierre était plus âgé que ses compagnons, peut-être même plus âgé que Jésus. Cela expliquerait pourquoi il parlait si souvent le premier (Matthieu 16:22). Quoi qu’il en soit, un autre facteur doit être pris en compte : Pierre était un homme spirituel. Sa soif de connaissance le poussait à poser des questions. Celles-ci nous sont d’ailleurs profitables, puisque, pour y répondre, Jésus a fait de nombreuses et précieuses déclarations qui sont conservées dans la Bible. Par exemple, c’est en réponse à une interrogation de Pierre que Jésus a mentionné “ l’intendant fidèle ”. (Luc 12:41-44.) Voyez aussi cette question : “ Nous avons tout quitté et nous t’avons suivi ; qu’y aura-t-il en fait pour nous ? ” Elle a amené Jésus à énoncer cette promesse réconfortante : “ Tout homme qui a quitté maisons, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou enfants, ou terres, à cause de mon nom, recevra des quantités de fois plus et héritera de la vie éternelle. ” — Matthieu 15:15 ; 18:21, 22 ; 19:27-29.

 

Pierre avait une autre qualité : il était fidèle. À un moment où nombre de disciples de Jésus ont cessé de le suivre parce qu’ils ne comprenaient pas un de ses enseignements, c’est Pierre qui a lancé, au nom des 12 apôtres : “ Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. ” (Jean 6:66-68). Ces paroles ont dû vraiment réchauffer le cœur de Jésus. Plus tard, lorsqu’une foule est venue arrêter le Maître, la plupart des apôtres ont fui. Pierre, lui, a suivi cette foule à distance et il est entré jusque dans la cour du grand prêtre. C’est le courage, non la lâcheté, qui le guidait. Pendant l’interrogatoire de Jésus, Pierre s’est joint à un groupe de Juifs qui se chauffaient près d’un feu clair. L’un des esclaves du grand prêtre l’a reconnu et l’a accusé d’avoir été avec Jésus. Certes, Pierre a renié son Maître, mais n’oublions pas que c’est par fidélité et par inquiétude pour Jésus qu’il s’est retrouvé dans cette situation dangereuse, une situation que la majorité des apôtres n’avaient pas osé affronter. — Jean 18:15-27.

 

Les qualités de Pierre surpassaient largement ses manquements. Entraînons-nous de même à porter sur les apôtres et disciples de Jésus mais aussi nos frères et nos sœurs spirituels un regard plus positif.

 

Repost 0
18 avril 2006 2 18 /04 /avril /2006 11:45

LE TÉMOIGNAGE de l’histoire profane sur l’apparence de Jésus est fortement influencé par plusieurs facteurs, qui expliquent les différences considérables que l’on relève dans les représentations artistiques de sa personne.

 

Citons d’abord la culture du pays, l’époque, ainsi que les croyances religieuses de l’artiste et de ceux pour qui il travaille.

 

Des artistes célèbres (Michel-Ange, Rembrandt, Rubens...) ont accordé une grande attention au physique du Christ. Leurs œuvres, souvent marquées au coin du symbolisme ou du mysticisme, ont grandement façonné l’image que l’on se fait généralement de l’apparence de Jésus. Mais sur quoi reposaient leurs interprétations ?

 

Le témoignage de l’histoire profane

 

Avant l’empereur romain Constantin (280 environ-337 de notre ère), les artistes représentaient souvent Jésus sous les traits d’un “ bon Pasteur ”, d’un jeune homme aux cheveux soit courts, soit longs et bouclés. À propos de cette vision, on lit dans L’Art à travers les âges (angl.) : “ Le thème du bon Pasteur se retrouve chez les Grecs [des païens] de la période archaïque et jusque dans l’art égyptien. Il devient ici le symbole du fidèle protecteur du troupeau chrétien. ”

 

Avec le temps, cette influence païenne se renforça. “ Jésus, ajoute l’ouvrage précité, cadrait bien avec les divinités familières du monde méditerranéen, particulièrement avec Hélios (Apollon), le dieu-soleil [dont il hérita plus tard du nimbe, ainsi que les “ saints ” après lui], ou avec son pendant latinisé d’Orient, Sol invictus (le Soleil invaincu). ” Dans un mausolée découvert à Rome sous la basilique Saint-Pierre, Jésus apparaît sous les traits d’Apollon “ conduisant dans le ciel son char de feu ”.

 

Cette image jeune du Christ n’allait pas durer très longtemps. Dans son livre Iconographie chrétienne (angl.), Adolphe Didron explique : “ Le personnage du Christ, juvénile au départ, vieillit de siècle en siècle, [...] comme le christianisme lui-même. ”

 

Un texte du XIIIe siècle qui se veut être une lettre d’un certain Publius Lentulus au sénat romain fait une description de l’apparence physique de Jésus : il avait “ jusqu’au niveau des oreilles les cheveux lisses et couleur noisette immature [châtain clair], mais plus bas des mèches bouclées un peu plus sombres et plus brillantes qui lui tombaient sur les épaules. Il avait la raie au milieu [...] et une barbe de la couleur de ses cheveux, qui n’était pas longue mais un peu pointue sur le menton. [...] Les yeux étaient gris [...] et clairs ”. Ce portrait fantaisiste influença de nombreux artistes. “ Chaque période se créait le Christ qu’elle souhaitait ”, relève-t-on dans la Nouvelle Encyclopédie catholique (angl.).

 

Chaque période, mais aussi chaque race et chaque religion. Là où les missionnaires sont passés en Afrique, aux Amériques et en Asie, on a adopté le Christ aux cheveux longs des Occidentaux. Mais on lui ajoute parfois “ des traits indigènes ”, précise la même encyclopédie.

 

Les protestants avaient eux aussi leurs artistes, qui entretenaient leur propre vision de l’apparence du Christ. Dans son livre Christ et les apôtres : les formes changeantes de l’imagerie religieuse (angl.), F. M. Godfrey écrit : “ Le Christ sombre que peint Rembrandt est une émanation de l’esprit protestant. Cet air triste, cette allure fantomatique, cette mine austère, [...] — tout cela est une image de l’âme protestante, faite d’introspection et de renoncement. ” On en trouve le reflet, dit-il, dans “ l’émaciation de Son corps — traduction du mépris de la chair, de ‘ l’humilité, du pathétique et du solennel ’ qui, pour [Rembrandt], font l’épopée chrétienne ”.

 

Cependant, comme nous allons le voir, le Christ frêle, nimbé, efféminé, chevelu et mélancolique cher aux artistes de la chrétienté ne correspond pas à la réalité. Pour tout dire, il n’a rien à voir avec le Jésus de la Bible.

 

Le témoignage de la Bible

 

Étant “ l’Agneau de Dieu ”, donc sans défaut, Jésus était sans nul doute un bel homme (Jean 1:29 ; Hébreux 7:26). Par ailleurs, il n’avait sûrement pas cet air de perpétuelle mélancolie que lui donne l’art populaire. Certes, il a traversé plus d’un moment difficile dans sa vie, mais son humeur générale était le reflet parfait de celle de son Père, le “ Dieu heureux ”. — 1 Timothée 1:11 ; Luc 10:21 ; Hébreux 1:3.

 

Jésus avait-il les cheveux longs ? Seuls les naziréens ne devaient pas se faire couper les cheveux ni boire de vin. Or Jésus n’était pas un naziréen. Par conséquent, sa coupe était certainement nette, comme celle de tout autre Juif de sexe masculin (Nombres 6:2-7). Jésus buvait du vin — avec modération — quand il était avec les autres, preuve supplémentaire qu’il n’était pas un individu morne (Luc 7:34). Mieux, il en a produit miraculeusement lors d’un festin de mariage à Cana de Galilée (Jean 2:1-11). Et il portait de toute évidence la barbe, ce qu’atteste une prophétie sur les souffrances qu’il connaîtrait. — Isaïe 50:6.

 

Que dire du teint et des traits de Jésus ? Ils étaient probablement sémites. Ses ancêtres et sa mère, Marie, étaient Juifs, descendants d’Hébreux. De sorte que Jésus avait probablement le faciès juif.

 

Apparemment, le physique de Jésus ne tranchait guère avec celui de ses apôtres : lorsqu’il l’a livré à ses ennemis, Judas a dû l’embrasser pour qu’ils l’identifient. Jésus passait donc facilement inaperçu dans une foule. Ce qu’il a exploité, puisqu’en au moins une occasion il s’est rendu de Galilée à Jérusalem sans qu’on le reconnaisse. — Marc 14:44 ; Jean 7:10, 11.

 

Pour certains, Jésus devait être frêle ; d’abord parce qu’il a eu besoin d’aide pour porter son poteau de supplice, ensuite parce qu’il est mort avant les deux hommes attachés comme lui sur un poteau. — Luc 23:26 ; Jean 19:17, 32, 33.

 

Un homme robuste

 

Contrairement à la tradition, la Bible ne présente pas Jésus comme un homme frêle ou efféminé. Au contraire, elle dit de lui, alors qu’il n’était encore qu’un adolescent, qu’il “ continuait à progresser en sagesse et en développement physique et en faveur auprès de Dieu et des hommes ”. (Luc 2:52.) Pendant près de 30 ans, Jésus a été charpentier, ce qui n’est guère un métier pour gens menus ou de faible constitution — d’autant moins qu’à l’époque il n’y avait pas de machines (Marc 6:3). De plus, Jésus a chassé hors du temple les bovins, les moutons et les changeurs d’argent, dont il a renversé les tables (Jean 2:14, 15). Cet épisode évoque lui aussi l’image d’un homme viril et vigoureux.

 

Pendant les trois ans et demi qui ont clôturé sa vie sur la terre, Jésus a fait des centaines de kilomètres à pied dans le cadre de ses tournées de prédication. Or ses disciples ne lui ont jamais conseillé de ‘ se reposer un peu ’. C’est lui qui leur a dit, à eux qui étaient pour certains de robustes pêcheurs : “ Venez, vous autres, à part, dans un endroit isolé, et reposez-vous un peu. ” — Marc 6:31.

 

On le voit, “ le récit évangélique tout entier indique que [Jésus était] physiquement fort et en bonne santé ”. (Cyclopædia de M’Clintock et Strong.) Mais alors, pourquoi a-t-il eu besoin d’aide pour porter son poteau de supplice ? Et pourquoi est-il mort avant les hommes attachés comme lui sur un poteau ?

 

L’état de tension extrême dans lequel se trouvait Jésus explique déjà bien des choses. Alors que le moment de son exécution approchait, il a dit : “ Oui, j’ai un baptême dont je dois être baptisé, et comme je suis oppressé jusqu’à ce qu’il soit achevé ! ” (Luc 12:50). La dernière nuit, cette oppression s’est muée en “ angoisse ”. “ Étant pris d’angoisse, il continua à prier de façon plus ardente ; et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient à terre. ” (Luc 22:44). Jésus savait qu’il lui fallait être intègre jusqu’à la mort pour que les humains puissent un jour vivre éternellement. Un poids terrible reposait donc sur ses épaules (Matthieu 20:18, 19, 28). Il savait également qu’il serait mis à mort comme un criminel, un “ maudit ”, par le peuple de Dieu lui-même. Il craignait donc que le nom de son Père s’en trouve sali. — Galates 3:13 ; Psaume 40:6, 7 ; Actes 8:32.

 

Après avoir été trahi, Jésus a subi quantité de mauvais traitements. Dans un simulacre de procès tenu bien après minuit, les plus hautes instances du pays l’ont tourné en ridicule, lui ont craché dessus et l’ont frappé de leurs poings. Tôt le matin, un nouveau procès a eu lieu, destiné à donner un semblant de légitimité au premier. Jésus a d’abord été interrogé par Pilate ; puis par Hérode qui, avec ses soldats, s’est moqué de lui ; puis de nouveau par Pilate. Ce dernier a fini par le faire fouetter. Or, chez les Romains, la flagellation n’était pas ordinaire. Le Journal of the American Medical Association explique :

 

“ L’instrument habituel était un fouet court [...] comprenant plusieurs lanières de cuir de longueur variable, tressées ou non, sur lesquelles étaient fixées à intervalles réguliers de petites boules de métal ou des esquilles d’os de mouton particulièrement tranchantes. [...] Les soldats romains frappant de toutes leurs forces et à coups répétés sur le dos de la victime, les boules de métal causaient de profondes contusions, tandis que les lanières de cuir et les os de moutons lacéraient les tissus cutanés et sous-cutanés. La flagellation se poursuivant, ces lacérations déchiraient les muscles qui se trouvaient au-dessous, en contact avec les os, et laissaient apparaître des lambeaux de chair sanguinolente. ”

 

De toute évidence, la vitalité de Jésus avait dû commencer à décliner bien avant qu’il ne s’écroule sous le poids du poteau qu’il portait. Le Journal of the American Medical Association dit d’ailleurs : “  Les mauvais traitements physiques et psychologiques que lui avaient infligés les Juifs et les Romains, ainsi que le manque de nourriture, d’eau et de sommeil, contribuaient également à son état de faiblesse. De sorte que, avant même sa crucifixion, Jésus était, sur le plan physique, dans un état grave, sinon critique. ”

 

Son apparence a-t-elle de l’importance ?

 

La description de Lentulus, les œuvres de certains maîtres, les vitraux d’aujourd’hui — la chrétienté semble passionnément attachée à tout ce qui attire l’œil. “ Il faut préserver l’exceptionnel pouvoir d’évocation de l’image de Jésus Christ ”, a dit l’archevêque de Turin, gardien d’un suaire qui suscite bien des débats.

 

Pourtant, la Parole de Dieu omet délibérément les détails ‘ évocateurs ’ de l’apparence de Jésus. Pourquoi cela ? Probablement parce qu’ils nous détourneraient de ce qui “ signifie la vie éternelle ” : la connaissance de la Bible (Jean 17:3). Jésus lui-même, notre modèle, ‘ ne regarde pas ’, n’attache pas d’importance, “ à l’apparence des hommes ”. (Matthieu 22:16 ; voir aussi Galates 2:6.) Insister sur l’apparence physique de Jésus alors que les Évangiles n’en parlent pas s’oppose à l’esprit même de ces écrits inspirés. D’ailleurs, Jésus n’a plus un corps physique.

 

Repost 0
5 avril 2006 3 05 /04 /avril /2006 12:41

GRÂCE à une technique informatique de pointe, celle qui permet d’obtenir des images de haute définition de la surface de la Lune ou de Mars, on vient de ressusciter le texte d’un vieux manuscrit illisible de la Bible.

 

Le manuscrit en question a été découvert en 1892, dans le monastère Sainte-Catherine, situé au pied du mont Sinaï. Il s’agit d’une copie, faite à la fin du IIe ou au début du IIIe siècle, d’une traduction syriaque des quatre Évangiles. Le syriaque est apparenté à l’araméen, langue parlée couramment à l’époque de Jésus. Selon certains exégètes, la traduction elle-même pourrait fort bien dater de la fin du Ier siècle. Il s’agit donc presque de l’original, ce qui est absolument exceptionnel.

 

Les efforts pour déchiffrer le manuscrit sont longtemps restés vains. La raison en est qu’on a affaire à un manuscrit “gratté”, encore appelé palimpseste. Il s’agit d’un parchemin dont la première écriture a été effacée pour pouvoir écrire un nouveau texte. Cependant, avec le temps, les résidus des composants chimiques de l’encre ont fait apparaître dessous une trace du texte original.

 

Le secours de la technologie

 

C’est là qu’intervient une technique informatique de pointe. On a commencé par photographier chaque page du manuscrit. Puis chaque cliché a été converti en code numérique. Un ordinateur a analysé le cliché en le fractionnant en de minuscules parties, auxquelles il a assigné un chiffre correspondant à sa densité. Par exemple, une tache claire, de densité nulle, se voyait attribuer le chiffre zéro, et plus la tache était sombre, plus le chiffre était important. Une fois cette opération terminée, il est devenu possible d’assombrir ou d’éclaircir chaque partie du cliché en lui attribuant un nouveau chiffre. On a ainsi pu atténuer l’écriture de dessus et faire ressortir celle de dessous. Grâce à ce procédé sélectif, on a enfin fait apparaître ce qui était resté caché pendant des siècles.

 

Le texte

 

Qu’est-ce qui a poussé les chercheurs à se lancer dans cette entreprise complexe? Bien sûr, de si vieux manuscrits des Évangiles présentent toujours un grand intérêt aux yeux des biblistes. On espérait donc que ces travaux jetteraient de nouvelles lumières sur le texte de la Bible.

 

L’un des points intéressants concerne la conclusion de l’Évangile de Marc. Se termine-t-il en Marc 16:8, ou existe-t-il des versets supplémentaires comme le mentionnent un certain nombre d’autres manuscrits anciens?

 

 

Regardez dans votre Bible au chapitre 16 de Marc. Certains pensent que Marc 16:8, qui se termine par ces mots : “ Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur ”, est trop abrupt pour avoir été la conclusion originelle de cet Évangile. Toutefois, il n’y a pas lieu de le penser si on considère le style général de Marc. En outre, Jérôme et Eusèbe, biblistes du IVe siècle, s’accordent sur le fait que le récit authentique s’achève par les mots : “ Car elles avaient peur. ” — Jérôme, lettre CXX, question III ; Eusèbe, “ Ad Marinum ”, I, publié dans Patrologia Græca, Paris, 1857, vol. XXII, col. 937.

 

Un certain nombre de manuscrits et de versions ajoutent une conclusion longue ou courte après ces mots. La conclusion longue (composée de 12 versets) figure dans l’Alexandrinus, le Codex Ephræmi Syri rescriptus et le Codex Bezae Cantabrigiensis. On la trouve également dans la Vulgate , dans la version syriaque Cureton et dans la Peshitta. Toutefois , elle est absente du Manuscrit sinaïtique, du Vaticanus 1209, de la version syriaque sinaïtique et de la version arménienne. Quelques versions et manuscrits postérieurs contiennent la conclusion courte. Le Codex Regius du VIIIe siècle contient les deux conclusions. Il donne d’abord la plus courte. Il fait précéder chaque conclusion d’une note disant que ces passages sont couramment acceptés dans certains milieux, mais, semble-t-il, n’en reconnaît aucune comme faisant autorité.

 

Qu’en est-il maintenant de ce document très proche de l’original par sa rédaction ? Si Marc 16:8 apparaissait au bas d’une page, on pourrait toujours supposer qu’il existe d’autres versets sur une page qui a disparu. Or sur le cliché obtenu par le procédé informatique, Marc 16:8 apparaît au milieu de la colonne de gauche. On trouve ensuite une ligne de petits ronds suivie d’un léger espace, et juste dessous commence l’Évangile de Luc. La fin du livre est donc clairement délimitée; il ne manque aucune page ni aucun verset, Marc se termine donc apparemment bien par le verset 8 du chapitre 16 sans conclusion.

 

Le texte présente quelques différences qui pourraient donner lieu à des études exégétiques, mais d’une manière générale on n’a relevé aucun point surprenant. Il n’y a cependant pas lieu d’en être déçu. Cela démontre simplement que le texte de nos Bibles modernes est essentiellement le même que celui que les rédacteurs ont couché par écrit. Grâce à ce bond en arrière de 19 siècles que la technologie moderne a rendu possible, nous avons la preuve que Jéhovah Dieu n’est pas seulement le Grand Inspirateur des Saintes Écritures, mais qu’il en est aussi le Gardien.

 

 

Repost 0
4 avril 2006 2 04 /04 /avril /2006 13:22

POUR que la loi préserve pendant longtemps l’unité d’une nation, elle doit être juste, droite et solide. Ainsi, la prospérité et la longévité d’un gouvernement ou d’une nation dépendent dans une large mesure de la droiture et de la justice de leurs lois.

 

Ces nations sont établies sur des lois humaines dont parfois quelques textes ont été empruntés à la Loi mosaïque qui fut donnée à Israël au mont Sinaï, en Arabie. Israël a été la seule nation à avoir jamais reçu un recueil de lois complet de la part de Dieu. Les Dix Paroles (Ex 34:28), ou Dix Commandements, constituaient la partie fondamentale de la Loi , mais elles se combinaient avec environ 600 autres lois qui avaient toutes la même force et la même valeur obligatoire pour les Israélites (Jc 2:10). Beaucoup jugent la Loi mosaïque pesante et compliquée. La réalité est tout autre. Si un code de plus de 600 lois vous paraît impressionnant, songez qu’à la fin du XXe siècle les lois fédérales des États-Unis remplissaient 150 000 pages et que ce mastodonte continue de s’alourdir de 600 nouvelles lois tous les deux ans. Pour ce qui est du volume, la Loi mosaïque fait donc figure de naine à côté des législations humaines. Pourtant, elle réglait la vie des Israélites dans des domaines encore intouchés par les lois modernes. Ces lois ont été données à Moïse en 1513-1512 avant notre ère dans le désert du Sinaï. Bien qu’Israël ait connu de nombreuses difficultés pour s’être continuellement détourné de cette Loi, 905 années ont passé avant que Jérusalem ne soit finalement assujettie à cause de l’apostasie des Juifs. C’est pourquoi, le gouverneur Néhémie écrivit : “Et aujourd’hui, nous voici esclaves ! Nous voici esclaves sur la terre que tu as donnée à nos pères, pour qu’ils jouissent de ses fruits et de ses biens ! Elle multiplie ses produits pour les rois auxquels tu nous as assujettis, à cause de nos péchés ; ils dominent à leur gré sur nos corps et sur notre bétail, et nous sommes dans une grande angoisse.” (Néh. 9:36, 37). Le fait qu’Israël ait existé durant cette longue période sous la forme d’une nation organisée, dirigée par un gouvernement autonome, prouve de façon éloquente la force et la justice de ces lois.

 

Cependant, puisque la Bible montre que la Loi condamnait les Juifs parce qu’ils la transgressaient, nous pourrons être tentés de développer un point de vue inexact quant à la valeur de cette Loi et penser qu’elle était extrêmement stricte et difficile à suivre. Mais son examen révèle qu’elle était largement supérieure à tout autre code de lois jamais élaboré et qu’elle procurait un grand bonheur à ceux qui s’y conformaient. En examinant la Loi , nous pouvons également comprendre clairement comment Dieu considère les choses et les principes qui régissent ses relations avec sa création. En voici quelques exemples parmi tant d’autres.

 

De la considération pour les pauvres

 

L’économie d’Israël était essentiellement agricole, chaque homme ayant son lopin de terre reçu par héritage. Pour avoir mal géré leurs biens ou à cause de revers financiers, certains Israélites pouvaient s’appauvrir et être dans l’obligation de vendre leurs terres ; des résidents étrangers pouvaient se trouver dans une mauvaise situation. Par bonté pour eux, il était prévu qu’au moment de la moisson, chaque cultivateur ne devait pas moissonner les bords de son champ ; il laissait également derrière lui toute gerbe que les moissonneurs faisaient tomber par mégarde (Lév. 19:9 ; Deut. 24:19-21). Les pauvres pouvaient ainsi glaner ce qui restait (Ruth 2:3, 7). Évidemment, cela demandait du travail de leur part, car on ne glane pas sans peine. Il n’y avait donc pas de pauvres oisifs vivant aux crochets du gouvernement. De plus, cette excellente disposition était un bienfait pour le propriétaire du champ, car elle faisait appel à sa générosité ainsi qu’à son obéissance à Dieu. Elle encourageait l’union fraternelle. — Lév. 25:35-43 ; Deut. 15:11 ; Ruth 2:15, 16.

 

L’esclavage, une bénédiction ?

 

Il y avait la question de l’esclavage qui, à notre époque, a un son désagréable. Cependant, lorsque nous considérons les lois la concernant, nous nous rendons compte que c’était une bénédiction pour Israël. Si, en raison de problèmes financiers, un homme avait été obligé de vendre son héritage et qu’il n’eût pas de parent assez riche pour le racheter à sa place, sa famille et lui n’étaient pas livrés à la disette. Dans un tel cas, il pouvait se vendre, ainsi que ses proches, comme esclave (Lév. 25:47). Les Israélites qui devenaient esclaves de cette façon n’étaient pas traités comme les membres d’une “caste” inférieure, mais comme des ouvriers loués. Dans Lévitique 25:53 (Da), il est écrit : “Il sera chez lui comme un homme à gages, d’année en année ; le maître ne dominera pas sur lui avec dureté devant tes yeux.”

 

Cette forme d’esclavage était utile à l’homme pauvre, car elle lui procurait la nourriture, le vêtement et l’abri, à lui et à sa famille, et en même temps il faisait un travail honorable pour subvenir à ses besoins. Un esclave israélite pouvait être racheté par un parent et affranchi (Lév. 25:48, 49). Sinon, la septième année, il était automatiquement libéré, mais pas dans le dénuement. Il recevait du grain, de l’huile et du vin, selon les moyens de son maître (Ex. 21:2 ; Deut. 15:12-14). Ainsi, l’esclave pouvait prendre un bon départ jusqu’à ce qu’il soit en mesure de subvenir à ses besoins par son travail ou ses affaires. Les esclaves avaient diverses possibilités. Quelques-uns sont devenus riches, car ils avaient le droit de faire fructifier leur argent (Lév. 25:49). Grâce à leur zèle et à leur honnêteté, de nombreux esclaves ont été élevés à des positions très honorables ; certains se sont vus confier toutes les affaires de leur maître. — Gen. 15:2 ; 24:2 ; 39:5, 6.

 

Le jour du sabbat

 

Le jour du sabbat était une bénédiction. Cette disposition accordait aux hommes et aux animaux domestiques un jour de repos sur sept. Les six autres jours étaient consacrés au travail et non à l’oisiveté. Dans Exode 20:9, Jéhovah donna ce commandement : “Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage.” Les six jours de travail encourageaient le zèle et contribuaient à la prospérité de la nation. On se rend compte aujourd’hui que la semaine de cinq jours de travail a favorisé la décadence morale, car les hommes ont tendance à faire un mauvais usage de leurs moments de repos. Ce n’était pas le cas en Israël. Le seul jour libre de tout travail pouvait être consacré aux choses spirituelles. Il était considéré comme un jour “sacré”. (Ex. 20:8, 10, 11). Par conséquent, il ne fallait pas le profaner, mais l’utiliser à des fins sacrées. Durant cette journée, il était possible d’examiner la Loi de Dieu et de l’enseigner aux enfants, ce qui rendait plus étroites leurs relations avec leur Roi et Créateur. Les paroles de Dieu rapportées dans Deutéronome 5:15 et 6:6-8 convenaient fort bien pour ce jour-là ; nous y lisons : “Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte, et que Jéhovah, ton Dieu, t’en a fait sortir d’une main forte et d’un bras étendu : c’est pourquoi Jéhovah, ton Dieu, t’a ordonné d’observer le jour du sabbat.” “Et ces commandements que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les attacheras sur ta main pour te servir de signe, et ils seront comme un frontal entre tes yeux.”

 

L’année sabbatique

 

Chaque septième année était une année sabbatique. Le sol devait rester en jachère, c’est-à-dire ne pas être cultivé ni moissonné. Les hommes qui travaillent à la protection du sol reconnaissent la valeur de cette disposition (Lév. 25:1-4). Le propriétaire d’un champ pouvait, selon ses besoins, manger ce qui poussait librement cette année-là. Les pauvres du pays pouvaient également venir et manger. Les Israélites avaient également de la considération et des égards pour les animaux, puisque ceux-ci avaient la liberté de consommer ce que produisaient les champs (Lév. 25:5-7). Étant donné que la plupart des Israélites étaient cultivateurs, les habitants du pays avaient beaucoup moins de travail durant l’année sabbatique. Là encore, la liberté ainsi accordée ne devait pas être mal employée, mais plutôt permettre de consacrer davantage de temps à des réunions d’ordre spirituel et à l’édification de la famille dans la Loi de Dieu. Chaque septième année, à l’occasion de la fête des Huttes, les prêtres lisaient la Loi tout entière à la nation. Dans Deutéronome 31:10-13 , nous lisons : “Il [Moïse] leur fit ce commandement : ‘Après chaque septième année, à l’époque de l’année de rémission, à la fête des tabernacles [ou des huttes], quand tout Israël viendra se présenter devant Jéhovah, ton Dieu, dans le lieu qu’il aura choisi, tu liras cette loi devant tout Israël, de sorte qu’ils l’entendent. Assemble le peuple, les hommes, les femmes, les enfants, et l’étranger qui sera dans tes portes, afin qu’ils entendent, et afin qu’ils apprennent à craindre Jéhovah, votre Dieu, et qu’ils aient soin de mettre en pratique toutes les paroles de cette loi. Et leurs enfants qui ne la connaîtront pas, l’entendront et apprendront à craindre Jéhovah, votre Dieu, tout le temps que vous vivrez sur la terre dont vous allez prendre possession, après avoir passé le Jourdain.”

 

Le jubilé

 

Chaque cinquantième année était un jubilé pendant lequel la terre devait également rester en jachère (Lév. 25:8, 9, 11, 12). Durant cette année-là, on appliquait les mêmes principes concernant la consommation des produits de la terre. Il fallait une grande foi pour respecter le jubilé. Les Israélites devaient avoir confiance en Jéhovah et être convaincus que la récolte de la quarante-huitième année de chaque cycle de cinquante ans serait suffisante pour leur permettre d’attendre la récolte de la cinquante et unième année, celle qui suivait le jubilé. — Lév. 25:20-22.

 

Dans un certain sens, le jubilé était une année entière de fête, de liberté, de bonheur et de gratitude pour tout ce qu’avait fait Jéhovah. Les terres et les possessions héréditaires qui avaient été vendues étaient récupérées. Chaque homme retournait dans sa famille et retrouvait sa propriété ancestrale (Lév. 25:13). Tous les esclaves hébreux étaient affranchis (Lév. 25:10). Grâce à cette disposition, aucune famille ne pouvait s’enfoncer dans un état de pauvreté perpétuel. Chacune avait son honneur et son amour-propre. Même si un homme avait gaspillé ses biens, il ne pouvait priver éternellement ses descendants de leur héritage ni déshonorer leur nom à jamais. Grâce à la loi sur le jubilé, aucun habitant du pays ne pouvait être vendu à perpétuité (Lév. 25:23, 24). En réalité, l’achat d’une propriété correspondait seulement à un bail, son prix étant calculé d’après la valeur des récoltes à venir jusqu’au jubilé suivant. — Lév. 25:14-16.

 

On pourra mieux apprécier la grande valeur de cette disposition merveilleuse qu’était le jubilé en ne considérant pas seulement les bienfaits qu’en retirait individuellement chaque Israélite, mais plus particulièrement les conséquences pour l’ensemble de la nation. Quand on l’examine bien, le jubilé doit être considéré comme une restauration totale et appropriée de la théocratie que Dieu avait établie au début, en Terre promise. De cette façon, l’économie nationale était maintenue stable. Dieu avait promis à Israël que s’il restait obéissant “tu prêteras à beaucoup de nations, et tu n’emprunteras point”. (Deut. 15:6.) Le jubilé stabilisait la valeur des terres et évitait une importante dette intérieure ainsi qu’une prospérité trompeuse avec ses conséquences : l’inflation, la déflation et la dépression économique. Le jubilé évitait également le recours à des impôts très lourds.

 

Lorsque la loi sur le jubilé était suivie, la nation évitait de se trouver continuellement dans la triste situation qui est aujourd’hui celle de nombreux pays où il n’y a pratiquement que deux classes : les personnes très riches et celles qui sont particulièrement pauvres, tels les serfs, les métayers et autres hommes semblables. Les bienfaits reçus par les individus fortifiaient la nation, car personne ne risquait d’être défavorisé ou réduit à l’improductivité à cause d’une mauvaise situation économique. À notre époque, un grand nombre de citoyens de valeur ne peuvent employer leur talent parce que les conditions économiques les obligent à s’en tenir à un travail ennuyeux et routinier pour subvenir à leurs besoins. En Israël, par contre, les citoyens actifs pouvaient utiliser leur talent et leurs capacités pour contribuer au bonheur de la nation.

 

La protection des femmes

 

Les femmes étaient protégées par les lois sur le mariage. Dieu n’étant pas encore intervenu pour restaurer la monogamie originelle (Gen. 2:23, 24), la polygamie était pratiquée, mais elle était réglementée. Le fils premier-né d’un homme ne pouvait être déchu de ses droits même s’il était issu de la femme la moins aimée (Deut. 21:15-17). Un homme devait avoir une raison valable pour divorcer d’avec sa femme et il était tenu de lui donner une lettre de divorce (Deut. 24:1). Cela évitait à cette femme d’être éventuellement accusée par la suite d’adultère ou de prostitution. La nourriture, le vêtement et les droits conjugaux étaient garantis à la jeune esclave juive qui avait été prise pour femme par un homme, même si celui-ci accordait ensuite ses faveurs à une autre femme (Ex. 21:7-11). Celui qui avait séduit une jeune fille vierge avant de l’épouser ne pouvait pas la renvoyer (Deut. 22:28, 29). Le soldat qui épousait une jeune vierge captive ne pouvait pas la vendre plus tard comme esclave. — Deut. 21:10-14.

 

Les lois sur le crime

 

Les lois sur le crime étaient bien meilleures que celles d’aujourd’hui. La Loi ne prévoyait pas de prison. Ce n’est que plus tard, au temps des rois, que les prisons furent indûment introduites en Israël (Jér. 37:15, 16 ; 38:6, 28). Le fait qu’aucune peine de prison n’était infligée pour quelque crime que ce soit signifiait que les criminels n’étaient pas nourris ni logés aux frais des Israélites laborieux qui obéissaient à la Loi. Lorsqu ’un homme avait volé quelque chose à un de ses frères, il n’était pas mis en prison, car il aurait été ainsi incapable de rendre ce qu’il avait dérobé, et sa victime aurait souffert une perte. Il devait plutôt rendre le double de ce qu’il avait volé ou même davantage, selon la nature des objets dérobés et l’usage qu’il en avait fait (Ex. 2:1, 7). S’il ne payait pas, il était alors vendu comme esclave ; il devait ainsi travailler jusqu’à ce qu’il fût en mesure de payer la somme prévue par les juges et correspondant à la valeur de ce qu’il avait dérobé (Ex. 22:3). Non seulement cette loi venait en aide à la victime du voleur, mais elle était une vigoureuse mise en garde contre le vol.

 

Sous la Loi , la vie était une chose sacrée. Le meurtrier volontaire ne pouvait être en aucun cas épargné. Il devait être mis à mort sans faute. Dans Nombres 35:30-33, où il est question des meurtriers qui s’enfuyaient dans les villes de refuge, nous lisons : “Si un homme tue quelqu’un, on ôtera la vie au meurtrier, sur la déposition de témoins. Un seul témoin ne suffira pas pour faire condamner une personne à mort. Vous n’accepterez point de rançon pour la vie d’un meurtrier qui mérite la mort, car il sera puni de mort. Vous n’accepterez point de rançon, qui lui permette de s’enfuir dans sa ville de refuge, et de retourner habiter dans le pays après la mort du sacrificateur. Vous ne souillerez point le pays où vous serez, car le sang souille le pays ; et il ne sera fait pour le pays aucune expiation du sang qui sera répandu que par le sang de celui qui l’aura répandu.” Cette loi prévoyait le retranchement de toute personne méchante de la société israélite. En revanche, on pouvait accorder la miséricorde au meurtrier involontaire (Nomb. 35:9-15, 26-29). Il fallait même faire l’expiation d’un meurtre dont on ne connaissait pas l’auteur. On considérait que la ville la plus proche de l’endroit où avait été perpétré le crime s’était chargée d’une dette de sang et se trouvait sous une malédiction tant qu’elle n’avait pas accompli la cérémonie requise, afin que la communauté soit déchargée de cette dette de sang devant Dieu. — Deut. 21:1-9.

 

Toute personne était considérée comme sacrée. Les femmes étaient protégées contre le viol (Deut. 22:25-27). Le kidnapping était un crime puni de la peine capitale. L’homme entre les mains de qui on retrouvait la personne enlevée ou celui qui l’avait vendue comme esclave devait être mis à mort sans faute. — Ex. 21:16 ; Deut. 24:7.

 

Ni émeutes ni délinquance

 

Quand la nation se conformait à la Loi , il n’y avait pas de problème dû à la délinquance. Il n’y avait pas non plus de grève, de manifestation de foule, d’émeute ou d’action populaire pour prendre le pouvoir. Dans Exode 23:2, il est dit : “Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal ; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du plus grand nombre, pour violer la justice.” Il en était ainsi parce que le cercle familial servait de base à l’union de la nation. On y enseignait un profond respect des chefs et des parents (Ex. 20:12 ; 22:28). Par exemple, quiconque frappait son père ou sa mère, ou prononçait une malédiction sur eux, était mis à mort (Ex. 21:15, 17 ; Lév. 20:9). Un fils qui se montrait rebelle en se livrant, par exemple, à des excès et à l’ivrognerie devait être mis à mort (Deut. 21:18-21). Le respect du foyer et de la famille favorisait le respect des chefs de la nation et plus particulièrement de Jéhovah Dieu, le Chef suprême.

 

Le respect du droit à la propriété

 

À notre époque, il est courant d’entendre dire ceux qui trouvent un objet : “Je l’ai trouvé, je le garde.” En revanche, en Israël, quiconque trouvait un objet était tenu de le rendre à son propriétaire. Si celui-ci vivait en un endroit très éloigné ou était inconnu, il fallait alors garder l’objet perdu jusqu’à ce que son propriétaire le réclame (Deut. 22:1-3). Cela laisse entendre que la personne ayant trouvé l’objet devait le signaler officiellement pour aider le propriétaire dans ses recherches.

 

Le droit à la propriété était particulièrement respecté. Un homme ne pouvait recouvrer une dette en pénétrant dans la maison de son débiteur pour prendre le gage servant de garantie. Le créancier devait rester dehors et laisser à son débiteur le soin de le lui apporter (Deut. 24:10, 11). Un créancier ne pouvait pas non plus saisir ce qui était indispensable à son débiteur pour vivre et se vêtir. À ce propos, dans Deutéronome 24:6, 12, 13 , il est écrit : “On ne prendra pas en gage les deux meules, ni la meule de dessus : ce serait prendre en gage la vie même. Si cet homme est pauvre, tu ne te coucheras point avec son gage ; tu ne manqueras pas de le lui rendre au coucher du soleil, afin qu’il couche dans son vêtement et qu’il te bénisse, et ce sera là une justice pour toi devant Jéhovah, ton Dieu.”

 

Doux avec les animaux

 

Les Israélites devaient également se montrer doux envers les animaux. Lorsqu’un homme voyait un animal en difficulté, il était tenu de lui porter secours, même s’il appartenait à son ennemi (Ex. 23:5 ; Deut. 22:4). Les bêtes de somme ne devaient pas être surchargées ou maltraitées. On ne muselait pas le bœuf qui foulait le grain pour l’empêcher d’avoir part au fruit de son travail (Deut. 25:4). Les animaux sauvages devaient être traités avec bonté. On ne pouvait pas prendre dans un nid d’oiseaux la mère et ses petits, ni l’oiseau et ses œufs, ce qui aurait provoqué la disparition de cette famille animale (Deut. 22:6, 7). On n’avait pas le droit non plus d’égorger une vache ou une brebis avec son petit le même jour. — Lév. 22:28.

 

Les lois militaires

 

Ces lois concernaient les guerres de Jéhovah livrées sous son commandement et sous sa direction. Mais même dans ce cas, la défense nationale n’était pas jugée importante au point de supplanter les droits familiaux. L’homme qui était fiancé et qui n’avait pas encore pris sa femme avec lui, ainsi que celui qui était marié depuis moins d’un an, était exempté jusqu’à ce que, dans chaque cas, le mariage ait été consommé depuis un an. Cette loi était basée sur le droit de chaque homme d’avoir un héritier et de le voir naître, ainsi que sur celui de la femme d’avoir un enfant par son mari (Deut. 20:7 ; 24:5). L’homme qui avait construit une maison, mais ne s’y était pas encore établi, ou celui qui n’avait pas eu le temps de récolter le produit de la vigne qu’il venait de planter étaient exemptés (Deut. 20:5, 6). Cette exemption était basée sur le principe selon lequel un homme a le droit de jouir du fruit de son travail. Les Lévites étaient dispensés du service militaire, parce qu’ils servaient au sanctuaire. Cette loi faisait nettement passer le culte de Jéhovah avant les besoins militaires. — Nomb. 1:47-49 ; 2:33.

 

Les guerres étant celles de Jéhovah, les soldats étaient sanctifiés, et la pureté était exigée dans le camp (Deut. 23:9-14). En outre, il n’y avait pas de femmes qui suivaient le camp, comme c’est le cas dans les armées du monde, pour que les soldats puissent satisfaire leur désir sexuel. Cela aurait été impur. D’ailleurs, les soldats devaient s’abstenir de toutes relations sexuelles durant les campagnes militaires, même avec leurs femmes (I Sam. 21:5 ; II Sam. 11:6-11). De cette façon, la pureté religieuse et physique de l’armée était garantie. Par conséquent, les Israélites ne violaient pas les femmes qui étaient parmi les ennemis capturés. Lorsqu’elle était appliquée strictement, la Loi avait des conséquences heureuses, car les ennemis, sachant que leurs femmes ne risquaient pas d’être violées, étaient incités à se rendre. — Deut. 21:10-13.

 

Le zèle pour la vérité

 

Tout témoin était tenu de déclarer sous serment ce qu’il savait (Lév. 5:1). Il ne devait pas commettre de parjure, car cela équivalait à mentir “devant Jéhovah”. Si les accusations portées par un Israélite contre son frère se révélaient être délibérément fausses, l’accusateur était condamné au même châtiment que celui qui aurait été infligé à l’accusé. C’est pourquoi, dans Deutéronome 19:16-19 , nous lisons : “Lorsqu’un témoin à charge s’élèvera contre un homme pour l’accuser d’un crime, les deux hommes en contestation se présenteront devant Jéhovah, devant les prêtres et les juges alors en fonction ; les juges feront avec soin une enquête, et si le témoin se trouve être un faux témoin, s’il a fait contre son frère une fausse déposition, vous lui ferez subir ce qu’il avait dessein de faire subir à son frère. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi.” Personne ne pouvait être mis à mort sur de simples présomptions. Il fallait deux témoins pour établir la vérité (Deut. 17:6 ; 19:15). Ceux qui avaient témoigné contre un homme jugé coupable d’un crime méritant la mort devaient être les premiers à lever la main sur lui pour le lapider. Cette loi encourageait le zèle pour la justice en Israël. Non seulement les juges, mais tous les citoyens devaient manifester leur désir de maintenir devant Jéhovah le pays pur de toute effusion de sang. Cette loi dissuadait également les Israélites de présenter un témoignage faux, hâtif ou imprudent. La loi rapportée dans Deutéronome 17:7 avait des conséquences heureuses ; elle déclarait : “La main des témoins se lèvera la première sur lui pour le faire mourir, et la main de tout le peuple ensuite. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi.”

 

Des relations sexuelles interdites

 

Les lois sur le mariage interdisaient de contracter une telle union avec un proche parent. Dans Lévitique 18:6 , nous pouvons lire : “Aucun de vous ne s’approchera d’une femme qui est sa proche parente, pour découvrir sa nudité : je suis Jéhovah.” De telles relations sont contraires à la nature et peu sages du point de vue génétique. Celui qui commettait un acte obscène en ayant délibérément des relations sexuelles avec sa femme pendant sa menstruation ‘découvrait le flux [la source, NW] de son sang’. L’homme et la femme devaient être retranchés (Lév. 20:18). Les pratiques répugnantes que sont l’homosexualité et la bestialité étaient également punies de mort, selon ce qu’on peut lire dans Lévitique 20:13, 15: “Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux. Si un homme couche avec une bête, il sera puni de mort ; et vous tuerez la bête.”

 

La pureté

 

Les lois sanitaires et diététiques avaient un double but. Elles contribuaient à maintenir Israël séparé des autres nations en rappelant constamment aux Israélites qu’ils devaient former un peuple spirituellement pur devant Jéhovah. Ces lois empêchaient également les membres de la nation de nouer des relations sociales avec les païens qui les entouraient. En lisant le livre biblique du Lévitique, les chapitres 11 à 15, vous vous rendrez compte que les Israélites devaient veiller scrupuleusement sur leur pureté tant religieuse que physique. Si une famille israélite acceptait l’invitation de prendre un repas dans une maison païenne, quantité de choses pouvaient lui faire perdre sa pureté religieuse ; ses membres risquaient également de se rendre coupables en mangeant involontairement du sang. Une telle famille courait également le grave danger de participer à quelque acte idolâtre et, bien sûr, d’inciter ses enfants à contracter des mariages avec les païens. Selon Deutéronome 7:3, la déclaration suivante avait été faite fort à propos à Israël : “Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils, et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils.”

 

En outre, sur le plan médical, les lois sur l’hygiène et la mise en quarantaine, ainsi que les lois morales et celle interdisant la consommation du sang, constituaient une merveilleuse protection contre la typhoïde, le typhus, la peste bubonique, l’hépatite, la blennorragie, la syphilis et de nombreuses autres maladies.

 

Bien que donnée uniquement à la nation typique de Dieu, la Loi était excellente et fournissait une ombre des bonnes choses à venir. C’est ce que montre Hébreux 10:1, où nous lisons : “Car, la Loi n’ayant que l’ombre des bonnes choses à venir, et non la substance même des choses, les hommes ne peuvent jamais, avec les mêmes sacrifices qu’ils offrent continuellement, d’année en année, rendre parfaits ceux qui s’approchent.” Nous devrions donc étudier avec empressement ce qu’elle préfigurait, c’est-à-dire la loi de la liberté introduite par Jésus-Christ, dont parle Jacques 1:25 en ces termes : “Mais celui qui plonge les regards dans la loi parfaite, celle de la liberté, et qui y persiste, cet homme, étant devenu, non un auditeur oublieux, mais un pratiquant de l’œuvre, sera heureux en la pratiquant.”

 

Repost 0
3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 21:52

LES armées coalisées de quatre rois d’Orient franchissent l’Euphrate. Elles suivent la route royale, à l’est de la vallée du Jourdain. Au passage, elles soumettent les Réphaïm, les Zuzim, les Émim et les Horites. Puis elles font demi-tour et investissent tout le sud du Négueb.

 

Quel est le but de cette campagne militaire? Le butin, le District du Jourdain, est une vallée située entre les régions envahies dans la Transjordanie et le Négueb (Genèse 13:10). Là, les habitants de cinq Cités-États, Sodome, Gomorrhe, Admah, Zéboïm et Béla, mènent une vie insouciante et prospère (Ézéchiel 16:49, 50). Après avoir été soumis par celui qui semble commander les armées coalisées, Kédorlaomer, roi d’Élam, ils se sont rebellés. Maintenant, privés du soutien de leurs voisins, ils vont devoir lui rendre des comptes. Kédorlaomer et ses alliés remportent la bataille qui s’ensuit et prennent le long chemin du retour, chargés d’abondantes dépouilles.

 

Parmi les captifs se trouve un homme juste du nom de Lot. C’est le neveu d’Abraham, qui campe non loin de là, dans la région montagneuse de Hébron. Dès qu’Abraham apprend la terrible nouvelle, il rassemble 318 de ses hommes. Courageusement, avec l’aide de quelques gens du voisinage, ils se lancent à la poursuite des quatre rois et surprennent leurs armées de nuit. Les envahisseurs s’enfuient. Lot et sa maisonnée sont délivrés, ainsi que les autres captifs, et les biens sont repris.

 

Avons-nous des raisons d’ajouter foi à ce récit consigné dans le 14e chapitre de la Genèse ? Cette histoire a-t-elle été forgée de toutes pièces pour faire de l’ancêtre de nombreuses nations, y compris des Juifs, un héros national? Que dire des autres événements qui ont marqué la vie d’Abraham?

 

L’avis d’ecclésiastiques

 

Au début du XIXe siècle, le théologien luthérien Peter von Bohlen déclara qu’Abraham était un personnage mythique et que le récit de l’invasion menée par Kédorlaomer n’avait aucun fondement historique. De son côté, le professeur Julius Wellhausen écrivit: “Nous ne disposons d’aucun renseignement historique sur les patriarches.” Il a émis cette pensée: “Il vaudrait peut-être mieux considérer Abraham comme le fruit d’une imagination fertile.”

 

Les théologiens anglais ont emboîté le pas à leurs confrères allemands. “Les grands contes de la Genèse consacrés aux patriarches sont surannés et ne sont guère plus historiques que les contes du (...) roi Arthur”, a écrit Stopford Brooke dans son livre L’Ancien Testament et la vie moderne (angl.). “ La Genèse (...) ne nous offre qu’une vision incomplète et déformée de la vie et de la personnalité des patriarches”, a déclaré John Colenso, évêque anglican de l’ancienne colonie britannique du Natal. “Il est impossible, a-t-il ajouté, de croire aveuglément à l’un quelconque de ces récits.”

 

Ce genre de critique s’étendit comme la gangrène (2 Timothée 2:17). De nos jours, des millions de fidèles ne prennent plus au sérieux les récits de la vie des patriarches. Or, à la plus grande honte des théologiens, des athées affirment maintenant que la critique biblique est allée trop loin. Par exemple, on lit dans Bol’shaia Sovetskaia Entsiklopediia (Grande Encyclopédie soviétique): “Ces dernières années, on a reconsidéré nombre de thèses de la critique biblique à la lumière de nouvelles découvertes, notamment à partir des renseignements fournis par ‘l’archéologie biblique’. Certaines traditions bibliques qui étaient considérées comme des mythes (...) semblent avoir un fondement historique.” Voyons comment l’archéologie a éclairé le récit de la vie d’Abraham.

 

Ur des Chaldéens

 

Selon la Bible , Abraham grandit à “Ur des Chaldéens”. (Genèse 11:27-31; 15:7.) Pendant des siècles, le site d’Ur est resté inconnu. Les critiques pensaient qu’il devait s’agir d’une localité insignifiante et reculée, si tant est qu’elle ait existé. Puis, à leur embarras, on a identifié sans doute possible des ruines situées entre Babylone et le golfe Persique à celles d’Ur. Des milliers de tablettes d’argile mises au jour sur ce site ont révélé qu’Ur était un carrefour commercial populeux et cosmopolite. À l’époque d’Abraham, la ville avait même des écoles où l’on apprenait à écrire et à compter aux enfants.

 

En outre, des fouilles faites à Ur ont révélé que ses architectes connaissaient la colonne, l’arche, la voûte et le dôme. Les artisans d’Ur fabriquaient des bijoux magnifiques, des harpes finement ouvragées et des dagues à lame d’or fin. Dans de nombreuses maisons, les archéologues ont mis au jour des canalisations d’égout en argile cuite qui donnaient dans de grandes fosses pouvant avoir jusqu’à 12 mètres de profondeur.

 

Ces découvertes ont amené nombre d’exégètes à considérer Abraham sous un jour nouveau. “Nous pensions qu’Abraham était simplement un homme habitant sous des tentes, et nous nous apercevons qu’il habitait peut-être une maison de briques bien équipée dans une ville”, écrit Sir Leonard Woolley dans son livre Mise au jour du passé (angl.). “Abraham, dit l’archéologue Alan Millard dans son livre Trésors des temps bibliques (angl.), a quitté une ville bien équipée, qui offrait confort et sécurité, pour devenir un nomade méprisé!”

 

L’invasion de Kédorlaomer

 

Que dire de la victoire d’Abraham sur Kédorlaomer, roi d’Élam? Au début du XIXe siècle, on savait peu de choses sur les Élamites. Les critiques de la Bible se refusaient à croire qu’Élam ait jamais exercé une influence sur la Babylonie , et encore moins sur la Palestine. Mais on voit les Élamites sous un autre jour maintenant. L’archéologie révèle qu’ils étaient une puissante nation guerrière. Un ouvrage de référence (Funk & Wagnalls Standard Reference Encyclopedia) dit à ce sujet: “Les Élamites détruisirent la ville d’Ur vers 1950 avant notre ère. (...) Ils exercèrent ensuite une influence considérable sur les chefs de la Babylonie.”

 

En outre, on a retrouvé les noms de rois élamites sur d’anciennes inscriptions. Certains commencent par le mot “Kudur”, qui rappelle “Kédor”. Une importante déesse élamite s’appelait Lagamar, nom qui ressemble à “laomer”. Des historiens sont donc maintenant d’avis que Kédorlaomer fut un chef bien réel, dont le nom signifie peut-être “serviteur de Lagamar”. Une série d’inscriptions babyloniennes portent des noms proches de ceux des rois coalisés: Tudhula (Tidal), Eri-aku (Arioch), et Kudur-lahmil (Kédorlaomer) (Genèse 14:1). Dans le livre Secrets de la révélation divine (angl.), A. Custance ajoute: “Outre ces noms, des détails semblent avoir trait aux événements qui eurent lieu en Babylonie quand les Élamites y établirent leur domination (...). Ces tablettes confirment si bien les Écritures que les tenants de la haute critique ont aussitôt fait tout ce qu’ils pouvaient pour leur ôter délibérément toute importance.”

 

Et l’invasion des quatre rois? Est-elle étayée par des données archéologiques en provenance de la Transjordanie et du Négueb? Oui. Dans son livre L’archéologie en Israël (angl.), le professeur Yohanan Aharoni parle de la disparition d’une civilisation préisraélite qui avait des colonies de peuplement “importantes” en Transjordanie et dans le Négueb “vers l’an 2000 avant notre ère”. D’autres archéologues situent sa disparition aux environs de 1900 avant notre ère. “Les poteries datant de cette période qui ont été mises au jour dans le Négueb et la Transjordanie sont identiques et témoignent d’une fin soudaine et tragique de la civilisation”, dit Harold Stigers dans son Commentaire sur la Genèse (angl.). Même des critiques de la Bible reconnaissent ce fait, témoin cette déclaration de John Van Seters tirée de son livre Abraham dans l’Histoire et la tradition (angl.): “La question qui reste en suspens est de savoir où ces gens sont partis, s’ils sont effectivement partis quelque part, à la fin de cette période.”

 

Le chapitre 14 de la Genèse fournit peut-être une explication. Selon la chronologie biblique, Abraham arriva en Canaan en 1943 avant notre ère. Le pillage dirigé par Kédorlaomer dut avoir lieu peu après. Plus tard dans le courant du même siècle, Dieu détruisit par le feu les villes immorales de Sodome et de Gomorrhe, ce qui modifia définitivement l’écologie de la basse vallée du Jourdain autrefois fertile (Genèse 13:10-13; 19:24, 25). Celle-ci cessa d’être convoitée par des envahisseurs venus de l’étranger.

 

On pourrait encore citer bien d’autres exemples montrant que l’archéologie recoupe les Écritures en éclairant certains événements de la vie d’Abraham. Mais l’archéologie a ses limites. Les indices qu’elle fournit sont souvent indirects et livrés à l’interprétation d’hommes imparfaits.

 

Le témoignage le plus sûr

 

C’est le témoignage du Créateur de l’homme, qui constitue la preuve la plus solide qu’Abraham a réellement existé. En Psaume 105:9-15, Dieu parle d’Abraham, d’Isaac et de Jacob comme de ses “prophètes”. Plus de mille ans après la mort d’Abraham, Jéhovah Dieu fit mention de ce patriarche par la bouche d’au moins trois prophètes, l’appelant même son “ami”. (Ésaïe 41:8; 51:2; Jérémie 33:26; Ézéchiel 33:24.) Pareillement, Jésus Christ cita Abraham en exemple. Durant son existence préhumaine au ciel, le Fils de Dieu fut personnellement témoin des relations que son Père entretint avec le patriarche. Il put donc dire aux Juifs:

 

“‘Si vous êtes les enfants d’Abraham, faites les œuvres d’Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous a dit la vérité que j’ai entendue de la part de Dieu. Abraham n’a pas fait cela. Abraham, votre père, s’est grandement réjoui dans l’espérance de voir mon jour, et il l’a vu et s’est réjoui.’ Sur quoi, les Juifs lui dirent: ‘Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham?’ Jésus leur dit: ‘En toute vérité je vous le dis: avant qu’Abraham soit venu à l’existence, j’étais.’” — Jean 8:39, 40, 56-58.

 

Le témoignage des deux Personnes les plus illustres de l’univers nous donne les meilleures raisons qui soient d’accepter tout ce que la Bible dit à propos d’Abraham (Jean 17:5, 17). Bien que la Bible cite Abraham en exemple, elle ne l’élève pas indûment au rang de héros national. C’est ce qui ressort du récit de sa victoire sur les quatre rois alliés. Quand Abraham revint de la bataille, il fut salué par Melchisédek, roi de Salem, qui lui dit: “Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes oppresseurs en ta main!”. — Genèse 14:18-20.

 

Repost 0
1 avril 2006 6 01 /04 /avril /2006 17:39

POURQUOI la croyance au destin est-elle aussi répandue ? De tout temps, l’homme a essayé de comprendre les mystères de la vie et de découvrir une logique derrière la succession des événements. “ C’est ici, note l’historien Helmer Ringgren, que les notions de ‘ dieu ’, de ‘ destin ’ et de ‘ hasard ’ entrent en scène, selon que l’on voit derrière les événements une force personnelle, un ordre impersonnel ou aucun ordre du tout. ” L’Histoire regorge de croyances, de légendes et de mythes relatifs au destin.

 

Comme l’explique l’assyriologue Jean Bottéro, c’est dans la Mésopotamie antique, en Babylonie, que l’on trouve “ les plus anciennes réactions et réflexions perceptibles des hommes devant le surnaturel, leur plus vieille construction religieuse identifiable ”. C’est là qu’il faut rechercher l’origine de la croyance au destin.

 

Naissance du destin

 

En fouillant les ruines antiques de la Mésopotamie (l’Iraq actuel), les archéologues ont découvert certains des plus anciens écrits connus. Les milliers de tablettes cunéiformes mises au jour nous donnent une image précise de la manière dont on vivait dans l’ancienne civilisation de Sumer et d’Akkad et dans la célèbre ville de Babylone. Selon l’archéologue Samuel Kramer, les Sumériens “ étaient troublés par le problème de la souffrance humaine, particulièrement en rapport avec ses causes plutôt énigmatiques ”. Leurs interrogations les conduisirent à l’idée de destin.

 

Dans Babylone (angl.), l’archéologue Joan Oates note que “ les Babyloniens avaient chacun leur dieu ou leur déesse personnel ”. Ils croyaient que les dieux “ déterminaient les destins individuels et collectifs de toute l’humanité ”. Selon Samuel Kramer, les Sumériens croyaient quant à eux que “ les dieux organisateurs du cosmos étaient à l’origine du mal, du mensonge et de la violence, conçus comme faisant partie intégrante de la civilisation ”. La croyance au destin était très répandue et tenue en haute estime.

 

Les Babyloniens pensaient qu’il était possible de connaître les intentions des dieux au moyen de la divination, “ une technique de communication avec les dieux ”. On tentait de prédire l’avenir en observant, en déchiffrant et en interprétant des choses et des événements. Souvent, il s’agissait de l’analyse d’un rêve, d’entrailles ou du comportement d’un animal (Ézékiel 21:21 ; Daniel 2:1-4). Les événements inattendus ou inhabituels dont on pensait qu’ils révélaient l’avenir étaient consignés sur des tablettes d’argile.

 

“ Si haut que nous remontions dans le passé de l’histoire mésopotamienne ”, a écrit Édouard Dhorme, spécialiste français des civilisations antiques, “ nous rencontrons la personne du devin et la pratique de la divination. ” La divination occupait une place importante dans la vie quotidienne. Comme l’explique Jean Bottéro, pratiquement tous les phénomènes observables étaient “ considérés comme objets possibles de l’examen et de la déduction divinatoires ” ; “ l’univers matériel tout entier ” était “ tenu pour une matière dont une étude attentive pouvait, en quelque sorte, extraire l’avenir ”. Les Mésopotamiens étaient par conséquent de fervents adeptes de l’astrologie. — Voir Isaïe 47:13.

 

Les Babyloniens pratiquaient également la divination au moyen de dés et de sorts. Dans Le hasard (angl.), Deborah Bennett écrit que ces objets avaient pour fonction d’“ éliminer toute possibilité d’intervention humaine et de donner ainsi aux dieux un moyen d’exprimer clairement leur volonté ”. Néanmoins, les décisions divines n’étaient pas considérées comme inexorables. Il était parfois possible d’échapper à un destin funeste en faisant appel aux dieux.

 

Le destin dans l’Égypte ancienne

 

Au XVe siècle avant notre ère, il existait des contacts étroits entre la Babylonie et l’Égypte. Les échanges culturels qui en résultèrent entraînèrent une diffusion des pratiques religieuses associées à la croyance au destin. Pourquoi les Égyptiens adoptèrent-ils cette croyance ? John Baines, professeur d’égyptologie à l’université d’Oxford, répond : “ La religion [égyptienne] s’occupait en grande partie à comprendre et à conjurer l’imprévisible et le funeste. ”

 

La déesse Isis était regardée comme “ la maîtresse de la vie et du destin ”. Les Égyptiens pratiquaient eux aussi la divination et l’astrologie (voir Isaïe 19:3). “ Leur ingéniosité, pour interroger les dieux, est sans limite ”, commente une historienne. Mais l’Égypte ne fut pas la seule à subir l’influence de Babylone.

 

La Grèce et Rome

 

Dans le domaine religieux, écrit Jean Bottéro, “ la Grèce antique n’a pas échappé au lointain mais intense rayonnement de Babylone ”. L’historien Peter Green explique pourquoi la croyance au destin était très populaire en Grèce : “ Dans un monde plein d’incertitudes, où les hommes répugnaient de plus en plus à être responsables de leurs propres décisions et éprouvaient souvent le sentiment d’être de simples marionnettes, ballottées de ci, de là, par les exigences d’un Destin aussi impénétrable qu’inflexible, le décret oraculaire divin vous traçait les grandes lignes de votre avenir. Grâce à une intuition ou à des dons particuliers, il était possible de prédire les arrêts du Destin. Peut-être cela ne correspondait-il pas toujours à ce que l’on attendait, mais un homme averti n’en vaut-il pas deux ? ”

 

Si elle avait un effet rassurant, la croyance au destin servait également de moins nobles desseins. Certains l’utilisèrent pour opprimer les masses. Comme l’a écrit Francis Sandbach, “ l’idée que le monde était entièrement dirigé par la Providence devait séduire la classe dirigeante d’un peuple dirigeant ”.

 

Pour quelle raison ? Selon Peter Green, cette croyance “ était une justification intrinsèque — morale, théologique, sémantique — d’un ordre social et politique immuable : c’était l’instrument le plus puissant et le plus subtil que les milieux dirigeants hellénistiques eussent jamais conçu pour assurer leur perpétuation. Le simple fait que quelque chose arrivât voulait dire que cela devait arriver ; et dans la mesure où la nature était providentiellement disposée en faveur de l’humanité, ce qui devait arriver ne pouvait qu’être pour le mieux ”. En somme, le destin permettait à ces dirigeants de “ justifier aux yeux du monde la poursuite impitoyable de leurs intérêts personnels ”.

 

La littérature grecque révèle à quel point la croyance au destin était répandue. Dans l’épopée, la légende et la tragédie — trois des genres littéraires antiques —, le destin occupait une place centrale. Dans la mythologie grecque, la destinée de l’homme était représentée par trois déesses, les Moires. Clotho filait le fil de la vie, Lachésis l’enroulait, déterminant la longueur de la vie, et Atropos le coupait, mettant fin à la vie lorsque le temps était expiré. Les Romains possédaient une triade similaire, les Parques.

 

Les Romains et les Grecs, curieux de connaître leur destin, empruntèrent et développèrent l’astrologie et la divination babyloniennes. Les Romains appelaient portenta (“ signes ”) les événements utilisés pour prédire l’avenir, et omina les messages véhiculés par ces signes. Au IIIe siècle avant notre ère, l’astrologie était devenue populaire en Grèce. L’horoscope grec le plus ancien dont on connaisse la date remonte à l’an 62 avant notre ère. Les Grecs s’intéressaient tant à l’astrologie que Gilbert Murray, un helléniste, a écrit qu’elle s’était “ abattue sur la mentalité hellénistique comme une maladie nouvelle s’abat sur la population d’une île reculée ”.

 

Dans leur désir de connaître l’avenir, les Grecs et les Romains recouraient beaucoup aux augures, ou médiums. Ils pensaient que les dieux communiquaient avec eux au moyen de ces intermédiaires (voir Actes 16:16-19). Quels effets cette croyance produisit-elle ? Comme l’a écrit Bertrand Russell, “ la peur remplaça l’espoir ; on s’efforçait davantage d’échapper aux revers de fortune que d’atteindre un quelconque objectif positif ”. Ces questions furent par la suite un sujet de controverse au sein de la chrétienté.

 

Débats chrétiens autour du destin

 

Les premiers chrétiens vivaient dans un environnement très influencé par les idées grecques et romaines relatives au destin. Les “ Pères de l’Église ”, par exemple, étaient familiarisés avec les œuvres des philosophes grecs comme Aristote et Platon. L’un des problèmes qu’ils s’efforçaient de résoudre était le suivant : comment un Dieu omniscient et tout-puissant, “ Celui qui dès le commencement révèle la conclusion ”, peut-il être en même temps un Dieu d’amour (Isaïe 46:10 ; 1 Jean 4:8) ? Si Dieu connaît la fin dès le commencement, raisonnaient-ils, il savait au départ que l’homme tomberait dans le péché et que des conséquences désastreuses en résulteraient.

 

Origène, l’un des plus prolifiques des premiers auteurs chrétiens, souligna l’importance de garder à l’esprit la notion de libre arbitre. “ On trouve dans les Écritures, dit-il, d’innombrables affirmations, très claires, du libre arbitre. ”

 

Origène estime qu’attribuer à une force extérieure la responsabilité de ses actes “ n’est ni vrai ni noble ; la raison de qui veut qu’il en soit ainsi est la suivante : falsifier la notion de libre arbitre ”. Pour lui, si Dieu peut connaître les événements à l’avance, cela ne signifie pas qu’il influe sur leur déroulement ou que ces événements doivent se produire. Cependant, tous ses contemporains ne partagent pas son point de vue.

 

Augustin (354-430 de notre ère), un Père de l’Église influent, complique le débat en minimisant le rôle du libre arbitre. Il donne à la prédestination son fondement théologique dans la chrétienté. Au Moyen Âge, ses œuvres, et notamment le De libero arbitrio, sont au centre des discussions sur la prédestination. La question devient brûlante à l’époque de la Réforme , où elle divise profondément la chrétienté.

 

Une croyance répandue

 

La notion de destin n’est pas propre au monde occidental, loin de là ! Face à un événement tragique, de nombreux musulmans disent mektoub — c’est écrit —, révélant ainsi qu’ils croient au destin. Par ailleurs, s’il est vrai que les religions orientales soulignent généralement la responsabilité de l’individu dans son destin personnel, il y a cependant des traces de fatalisme dans leurs enseignements.

 

Dans l’hindouisme et le bouddhisme, par exemple, le karma est un destin inévitable qui résulte des actes commis dans des vies antérieures. En Chine, les plus anciens documents écrits que l’on connaisse sont des inscriptions divinatoires tracées sur des écailles de tortues. On retrouve également le destin dans les croyances des peuples indigènes des Amériques. Les Aztèques, par exemple, établissaient des calendriers divinatoires servant à révéler le destin des individus. Les croyances fatalistes sont également courantes en Afrique.

 

Le fait que la croyance au destin soit aussi répandue montre que l’homme a besoin de croire en une puissance supérieure. Dans Les religions de l’humanité (angl.), John Noss écrit : “ Chacune à leur manière, les religions enseignent que l’homme ne se suffit pas, et ne peut se suffire, à lui-même. Un lien vital le relie, l’assujettit aux forces qui, à l’extérieur de lui, animent la Nature et la Société. Plus ou moins consciemment, il sait qu’il n’est pas une force autonome capable d’exister indépendamment du monde. ”

 

Nous avons besoin de croire en Dieu, mais aussi de comprendre ce qui se passe autour de nous. Il y a cependant une différence entre croire en un Créateur tout-puissant et penser qu’il fixe notre destin de façon immuable.

 

Repost 0