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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 22:02

Religion et science n’ont pas toujours fait bon ménage. Dans les siècles passés, des théologiens se sont opposés aux découvertes scientifiques qu’ils jugeaient compromettantes pour leur interprétation des Écritures. Faut-il pour autant voir dans la science l’ennemie de la Bible ?

SI LES rédacteurs de la Bible avaient adhéré aux conceptions les plus répandues de leur temps, leur œuvre ne serait qu’un tissu d’aberrations scientifiques. Or, loin de cautionner pareilles inexactitudes, certaines de leurs affirmations sont non seulement scientifiquement fondées, mais encore en totale contradiction avec les vues de l’époque.

La forme de la terre

Des milliers d’années durant, cette question a intrigué les humains. L’idée communément admise dans l’Antiquité était celle d’une terre plate. C’est ainsi que les Babyloniens croyaient que l’univers était une boîte, ou une chambre, dans le fond de laquelle se trouvait la terre. Pour les prêtres védiques de l’Inde, la terre était plate et habitée seulement sur une face. Une tribu primitive d’Asie la représentait sous la forme d’un gigantesque plateau à thé.

Dès le VIe siècle avant notre ère, le philosophe grec Pythagore avait déduit de la forme de la lune et du soleil que la terre devait elle aussi être sphérique. Aristote (IVe siècle av. n. è.) fut du même avis. Selon lui, la rotondité de la terre était démontrée par les éclipses lunaires, car l’ombre de la terre sur la lune est alors incurvée.

La notion d’une terre plate dont seule la face supérieure serait habitée n’en disparut pas pour autant. L’idée d’une terre ronde heurtait l’esprit de certains, car il leur aurait fallu en accepter le corollaire : l’existence des antipodes. Lactance, apologiste chrétien du IVe siècle de notre ère, trouvait l’idée absurde. Voici le raisonnement qu’il tenait : " Y a-t-il quelqu’un d’assez fou pour croire que des hommes marchent la tête en bas ? [...] que des plantes ou des arbres poussent à l’envers ? que pluie, neige et grêle tombent de bas en haut2 ? "

Pour quelques théologiens, le concept des antipodes relevait du dilemme. Quand bien même de telles populations auraient existé, on les imaginait séparées du monde connu tantôt par un océan immense, tantôt par une zone torride autour de l’équateur, l’un et l’autre infranchissable. Se posait alors la question de l’apparition des antipodes. Perplexes, certains théologiens préféraient nier purement et simplement leur existence, ou avançaient, après Lactance, que la terre ne pouvait tout bonnement pas être ronde !

Mais l’idée d’une terre sphérique faisait son chemin, et elle finit par s’imposer largement. Il fallut toutefois attendre le XXe siècle et l’ère spatiale pour que des humains s’éloignent suffisamment dans l’espace et constatent de visu que la terre est un globe.

Mais que disait la Bible sur cette question ? Au VIIIe siècle avant notre ère, époque où l’on croyait généralement à une terre plate, des siècles avant que les philosophes grecs n’émettent l’hypothèse d’une terre sphérique, et plusieurs milliers d’années avant que des humains ne voient le globe terrestre depuis l’espace, le prophète hébreu Isaïe fit cette déclaration remarquable de simplicité : " Il y a Quelqu’un qui habite au-dessus du cercle de la terre. " (Isaïe 40:22). Le terme hébreu traduit par " cercle ", hough, peut également être rendu par " sphère3 ". D’autres traductions donnent d’ailleurs le " globe de la terre " (Crampon 1905 ; Zadok Kahn) ou " la rondeur de la terre ". — Estienne Michel.

Laissant de côté les mythes qui avaient cours, le rédacteur biblique Isaïe fit concernant la terre une affirmation qui n’a pas été démentie par le progrès scientifique.

Sur quoi la terre repose-t-elle ?

Dans les temps anciens, d’autres questions ayant trait au cosmos hantaient les humains : Sur quoi la terre repose-t-elle ? Qu’est-ce qui maintient en place le soleil, la lune et les étoiles ? La loi de la gravitation universelle, formulée par Newton, ne serait publiée qu’en 1687, et l’idée que des corps célestes puissent être littéralement suspendus dans le vide, sur rien, était étrangère à l’esprit de l’époque. L’explication généralement avancée était donc que des objets ou des substances concrètes maintenaient la terre et les autres corps célestes en suspension.

Selon une ancienne croyance, peut-être imaginée par un peuple insulaire, la terre était entourée d’eau et flottait. Les hindous se figuraient que la terre reposait sur plusieurs fondements successifs : d’abord sur quatre éléphants, les éléphants sur une tortue géante, et la tortue sur un gigantesque serpent enroulé qui flottait sur les eaux de l’univers. Empédocle, philosophe grec du Ve siècle avant notre ère, croyait, quant à lui, que la terre reposait sur un tourbillon à l’origine du déplacement des corps célestes.

À l’époque, l’influence d’Aristote était déterminante. Tout en supposant la terre sphérique, il niait catégoriquement qu’elle puisse être suspendue dans le vide. Réfutant l’idée que la terre repose sur l’eau, il déclara ceci dans son Traité du ciel : " L’eau non plus [pas plus que la terre] ne reste pas naturellement immobile en l’air, mais elle doit reposer sur quelque chose4. " Quel est donc ce " quelque chose " ? Aristote affirmait que le soleil, la lune et les étoiles étaient fixés à la surface de sphères solides et transparentes. Chaque sphère se trouvait imbriquée dans une autre, et la terre se tenait, immobile, au centre. À mesure que les sphères tournaient les unes dans les autres, les corps qu’elles soutenaient — le soleil, la lune et les planètes — se déplaçaient dans le ciel.

L’explication d’Aristote se tenait. En effet, comment interpréter autrement que des corps célestes restent en suspension sans être retenus à quoi que ce soit ? L’admiration qui entourait ce personnage valut à son opinion d’être admise comme un fait pendant environ 2 000 ans. Une encyclopédie (The New Encyclopædia Britannica) explique qu’aux XVIe et XVIIe siècles l’Église " a élevé au rang de dogme religieux " les conceptions d’Aristote5.

L’invention de la lunette astronomique entraîna une remise en cause de la théorie d’Aristote. L’énigme ne devait toutefois trouver solution qu’avec Isaac Newton, lequel expliqua que les planètes sont suspendues dans le vide, maintenues sur leur orbite par une force invisible : la gravité. La chose paraissait incroyable. Même certains collègues de Newton doutaient que l’espace fût un vide, un vide presque totalement dépourvu de matière6.

Que disait la Bible sur cette question ? Il y a près de 3 500 ans, elle affirmait en termes on ne peut plus clairs que la terre est suspendue " sur rien ". (Job 26:7.) Dans l’original hébreu, le mot traduit ici par " rien " (belimah) signifie littéralement " sans rien7 ". Une traduction anglaise (Contemporary English Version) emploie l’expression " sur le vide ".

Une planète suspendue " sur le vide " : voilà qui à l’époque ne cadrait pas du tout avec l’image que l’on se faisait généralement de la terre. Bien en avance sur son temps, le rédacteur biblique consigna pourtant cette affirmation scientifiquement exacte.

Bible et médecine

La médecine moderne nous a beaucoup appris sur la propagation et la prévention des maladies. Les progrès du XIXe siècle ont introduit dans la pratique médicale l’antisepsie, méthode consistant à lutter contre l’infection par des mesures d’hygiène. Le résultat ne se fit pas attendre. On nota une diminution sensible des cas d’infection et de mort prématurée.

Les médecins de l’Antiquité, eux, ne saisissaient pas pleinement les phénomènes de contagion ni ne mesuraient l’importance de l’hygiène dans la prévention des maladies. Nombre de leurs pratiques médicales passeraient d’ailleurs pour barbares aujourd’hui.

Un des plus anciens textes médicaux parvenus jusqu’à nous est le papyrus Ebers, une compilation du savoir thérapeutique égyptien des années 1550 avant notre ère. Répertoriés dans ce rouleau, quelque 700 remèdes contre les maux les plus divers, " de la morsure de crocodile à la douleur d’orteil8 ". Une encyclopédie biblique (The International Standard Bible Encyclopaedia) déclare ceci : " Les connaissances médicales de ces médecins étaient purement empiriques, essentiellement magiques et tout à fait contraires à la science9. " La plupart des remèdes proposés étaient au mieux inefficaces, au pire extrêmement dangereux. Une prescription censée favoriser la cicatrisation recommandait par exemple de panser la plaie avec des excréments humains mélangés à d’autres substances10.

Ce précis médical égyptien est à peu près contemporain des premiers livres de la Bible, donc de la Loi mosaïque. Né en 1593 avant notre ère, Moïse grandit en Égypte (Exode 2:1-10). Comme il appartenait à la maisonnée de Pharaon, il fut " instruit dans toute la sagesse des Égyptiens ". (Actes 7:22.) Il connaissait bien " les médecins " d’Égypte (Genèse 50:1-3). Trouve-t-on l’empreinte de leurs thérapeutiques inefficaces ou dangereuses dans les écrits de Moïse ?

Pas du tout. La Loi mosaïque renferme au contraire des règles sanitaires très en avance sur leur temps. C’est ainsi qu’une loi concernant les campements militaires stipulait que l’on enterre les excréments en dehors du camp (Deutéronome 23:13). C’était là une mesure préventive particulièrement avancée. En effet, outre qu’elle empêchait la contamination de l’eau, elle offrait une protection contre la shigellose, transmise par les mouches, et contre les autres maladies diarrhéiques qui, aujourd’hui encore, fauchent chaque année des millions de vies dans les pays où les conditions sanitaires sont déplorables.

La Loi mosaïque contenait d’autres mesures préventives contre la propagation des maladies infectieuses. C’est ainsi que tout individu contagieux ou supposé tel était mis en quarantaine (Lévitique 13:1-5). Vêtements et récipients touchés par un animal mort de lui-même, peut-être de maladie, devaient être ou lavés ou détruits (Lévitique 11:27, 28, 32, 33). Quiconque touchait un cadavre était considéré comme impur et devait passer par tout un processus de purification, qui prévoyait notamment des bains et le lavage de ses vêtements. Pendant les sept jours de son ‘ impureté ’, l’individu devait éviter tout contact physique avec les autres. — Nombres 19:1-13.

La sagesse d’un tel code sanitaire offrait un contraste saisissant avec la médecine des nations environnantes. Plusieurs milliers d’années avant que la science médicale n’étudie les modes de propagation des maladies, la Bible recommandait des mesures préventives équilibrées. Nul ne s’étonnera dès lors des paroles de Moïse selon lesquelles les Israélites vivaient à son époque en moyenne 70 ou 80 ans. — Psaume 90:10.

L’exactitude scientifique des faits bibliques précédents ne doit pas faire oublier que d’autres affirmations bibliques sont, elles, scientifiquement indémontrables. Faut-il y voir une incompatibilité entre Bible et science ?

Admettre l’indémontrable

Indémontrable ne veut pas dire faux. Les preuves scientifiques dépendent en effet de la découverte de témoignages satisfaisants ainsi que de la capacité de l’homme à interpréter correctement les faits. Certaines vérités sont indémontrables, soit qu’aucune trace n’en a été conservée, soit que ces traces sont vagues ou toujours enfouies, soit encore que les moyens ou les compétences scientifiques ne permettent pas de tirer une conclusion définitive. Serait-ce le cas de certaines affirmations pour lesquelles on manque de preuves matérielles extrabibliques ?

Du point de vue scientifique, l’affirmation de la Bible selon laquelle il existe des sphères invisibles peuplées d’êtres spirituels ne peut être ni confirmée ni infirmée. Il en est de même des événements miraculeux qu’elle rapporte. D’aucuns trouvent par exemple insuffisants les indices géologiques concernant le déluge (Genèse, chapitre 7). Doit-on en conclure qu’il ne s’est pas produit ? Le temps ou certaines transformations brouillent parfois les événements historiques. Est-il vraiment impossible que des milliers d’années d’activité géologique aient en grande partie effacé les preuves du déluge ?

Certes, la Bible affirme des choses que les faits matériels disponibles ne peuvent ni confirmer ni infirmer. Doit-on s’en étonner ? La Bible n’est pas un manuel de science. Elle est cependant un livre véridique. On l’a vu, les faits montrent que ses rédacteurs étaient des hommes intègres et honnêtes. Qui plus est, quand elle aborde des points d’ordre scientifique, les termes employés sont exacts et ne portent pas l’empreinte des anciennes théories pseudo-scientifiques qui, finalement, n’étaient que des mythes. La science n’est donc pas l’ennemie de la Bible. Ce livre mérite vraiment d’être examiné sans parti pris.

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15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 14:08

 

 

 

“L’homme est par nature un animal religieux.” — Edmund Burke, homme d’État irlandais du XVIIIe siècle

 

 

L’HOMME ressent instinctivement le besoin d’adorer. Selon la Nouvelle Encyclopédie britannique, “les ethnologues n’ont encore découvert aucun peuple dénué de tout sens religieux, et ce, en quelque lieu ou époque que ce soit”. Dès le commencement de l’humanité, l’homme et la femme ont en toute logique adoré leur Créateur. Ils le reconnaissaient comme l’Autorité suprême, se tournant vers lui pour recevoir conseils et direction. On pourrait donc dire que l’apparition de la religion sur terre coïncide avec la création d’Adam. D’après la chronologie biblique, cela s’est passé en 4026 avant notre ère.

 

 

Peut-être d’aucuns trouvent-ils à redire à l’expression “création d’Adam”. Pourtant, la théorie non prouvée de l’évolution a récemment été sérieusement ébranlée, notamment par certains de ses partisans.

 

 

Aujourd’hui, personne, en s’en tenant aux faits, ne peut soutenir que le récit biblique de l’origine commune de l’humanité n’est pas scientifique. En 1988, la revue Newsweek a expliqué que les généticiens sont enclins à reconnaître que l’homme moderne descend d’une mère unique. L’article citait S. Gould, paléontologiste à l’Université Harvard: “Quelles que soient les différences qu’ils présentent dans leur apparence extérieure, tous les êtres humains procèdent de la même entité, apparue il y a peu de temps à un endroit particulier.” Il ajoutait: “Il existe une espèce de parenté biologique beaucoup plus profonde que nous ne l’avions imaginé.”

 

 

Ces faits et bien d’autres témoignent de l’exactitude de la Bible. Nous n’avons donc aucune raison de mettre en doute l’explication qu’elle nous donne sur l’origine des divisions religieuses.

 

 

La scission de la première religion

 

 

D’après l’Encyclopédie de la religion (angl.), presque toutes les religions connues possèdent des croyances qui, tout en différant sur les détails, sont étonnamment similaires. Par exemple, elles enseignent que les hommes ont perdu la faveur divine qu’ils possédaient à l’origine, que la mort n’est pas naturelle et que les sacrifices sont nécessaires pour retrouver la faveur divine. Voilà une solide preuve indirecte de l’origine commune des religions actuelles.

 

 

La Bible explique comment les choses se sont passées. Elle raconte que le premier couple humain a rejeté la direction de Dieu et a cherché des conseils en matière de conduite religieuse auprès d’un tiers. Bien que n’étant, semble-t-il, pas conscients de l’existence de Satan et de sa rébellion contre Dieu, ils empruntèrent la voie de l’indépendance et suivirent le conseil d’une créature, représentée par le serpent, de préférence à celui du Créateur. Par la suite, la Bible révéla que c’était Satan qui avait prêté sa voix au serpent trompeur. — Genèse 2:16 à 3:24; Révélation (Apocalypse) 12:9.

 

 

Par sa décision, l’homme s’est soustrait à la direction théocratique et a établi ses propres critères du bien et du mal. En manifestant l’esprit d’indépendance, Adam et Ève placèrent l’humanité sur une voie qui allait déboucher sur l’apparition de nombreuses religions différentes. Dans leur grande majorité, elles constitueraient un faux culte qui contrasterait avec la véritable forme d’adoration. Directement ou indirectement, c’est Satan, le grand Adversaire, qui bénéficia de ce faux culte. L’apôtre Paul put donc écrire: “Les choses que sacrifient les nations, elles les sacrifient à des démons et non à Dieu; et je ne veux pas que vous deveniez les associés des démons. Vous ne pouvez pas boire la coupe de Jéhovah et la coupe des démons; vous ne pouvez pas avoir part à ‘la table de Jéhovah’ et à la table des démons.” — 1 Corinthiens 10:20, 21.

 

 

Ainsi, la rébellion d’Adam instaura une seconde forme d’adoration, qui faisait passer la créature avant le Créateur. Et celui qui, en réalité, soutenait cette nouvelle religion était le même qui s’était proclamé “dieu”, Satan le Diable. — 2 Corinthiens 4:4; 1 Jean 5:19.

 

 

Caïn et Abel, les deux premiers fils d’Adam et Ève, offraient des sacrifices au Créateur, ce qui indique que tous deux avaient des sentiments religieux innés. Cependant, la suite des événements montra qu’ils n’étaient pas unis en matière de religion. La preuve en fut apportée moins de 130 ans après le début de l’histoire humaine, lorsque le Créateur accepta un sacrifice présenté par Abel et rejeta celui de Caïn. Manifestement, Dieu n’était pas disposé à agréer la pratique d’une religion toute personnelle. Cette situation suscita la colère de Caïn et l’amena à assassiner son frère. — Genèse 4:1-12; 1 Jean 3:12.

 

 

Pour la première fois dans l’histoire humaine, un sang innocent souillait la terre à cause de la haine religieuse. Ce n’allait pas être la dernière fois. Analysant la situation actuelle, un chroniqueur a écrit que “probablement la moitié ou plus des conflits qu’on livre dans le monde sont soit des conflits de nature purement religieuse, soit des guerres où les disputes religieuses ne sont pas exclues”.

 

 

Aux jours d’Énosch, neveu de Caïn et d’Abel, “on commença à invoquer le nom de Dieu”. (Genèse 4:26.) Puisqu’Abel avait déjà, en son temps, prié Dieu avec foi par son nom, cette ‘invocation du nom de Jéhovah’ s’entend dans le sens que les gens se mirent à le profaner, à l’employer de façon dégradante. Il s’agissait manifestement d’hypocrisie religieuse.

 

 

Le Targum de Jérusalem, une paraphrase des Écritures, dit ceci: “C’est durant cette génération qu’ils commencèrent à s’égarer, à se faire des idoles et à les appeler du nom de la parole du Seigneur.” L’idolâtrie, ainsi que la prétention de vouloir se faire une représentation de Dieu, n’a cessé d’être une caractéristique de la fausse religion jusqu’à nos jours.

 

 

Le passage de Jude 14, 15 fait allusion à la prophétie prononcée par le fidèle Hénoch à l’encontre des idolâtres de ce premier millénaire de l’histoire humaine. On y lit: “Voici que Jéhovah est venu avec ses saintes myriades, pour exécuter le jugement contre tous, et pour convaincre tous les impies de tous leurs actes d’impiété qu’ils ont commis avec impiété, et de toutes les choses choquantes que les pécheurs impies ont proférées contre lui.” Ces paroles se réalisèrent au cours du second millénaire, alors que la fausse religion était florissante. Peut-être même l’impiété se traduisait-elle alors par le culte d’anges qui, désobéissant à Dieu, s’étaient matérialisés sur terre et mariés avec “les filles des hommes”. De ces unions étaient nés des êtres hybrides qui “furent les hommes forts du temps jadis, les hommes de renom”. — Genèse 6:4.

 

 

Cependant, “Noé trouva faveur aux yeux de Jéhovah” parce qu’il “marchait avec le vrai Dieu”. (Genèse 6:8, 9.) Lui et sa famille, soit en tout huit membres de la vraie religion, étaient bien isolés dans le monde méchant qui les entourait. À cause de la fausse religion et parce que ceux qui la pratiquaient étaient en majorité, “la méchanceté de l’homme était abondante sur la terre” et “la terre se remplit de violence”. (Genèse 6:5, 11.) Dieu décida alors de déclencher un déluge pour détruire les pratiquants de la fausse religion. Seuls à bénéficier de la protection divine, Noé et sa famille furent les uniques survivants du cataclysme, ce qui les incita par la suite à ‘bâtir un autel à Jéhovah’, un acte conforme au vrai culte (Genèse 8:20). Le déluge avait permis de distinguer très clairement des deux religions existant à l’époque de Noé laquelle était la vraie et laquelle était la fausse.

 

 

Ce qui précède part du principe que le récit biblique est véridique. Mais outre les preuves mentionnées au début de l’article, considérez celles qui sont présentées dans l’encadré suivant.

 

 

 

 

Y a-t-il vraiment eu un déluge universel?

 

 

 

 

  “Loin d’être un événement improbable des périodes géologiques récentes, le déluge de la Genèse cadre au contraire tout à fait avec elles (...). En réalité, c’est la période la plus propice à un bouleversement rapide et violent de ce genre.” — Le déluge reconsidéré (angl.).

 

 

  “L’archéologie a également permis de découvrir d’autres versions du récit [biblique] du déluge (...). Les similitudes sont plus frappantes que les différences.” — Fouilles aux pays bibliques (angl.).

 

 

  “Un cataclysme universel au cours duquel la terre fut inondée ou submergée par les flots [est] un concept commun à presque toutes les mythologies du monde. (...) Selon la mythologie inca, il fut provoqué par le dieu suprême, Viracocha, qui, mécontent des premiers hommes, avait décidé de les détruire.” — Dictionnaire Funk et Wagnalls du folklore, de la mythologie et des légendes (angl.).

 

 

  “On rencontre de plus grandes similitudes encore avec le récit de la Genèse dans une autre épopée babylonienne dont le héros porte le nom de Gilgamesh. (...) Elle a probablement été composée vers le début du second millénaire. (...) [La tablette d’argile XI] est presque intacte, ce qui nous permet d’avoir en notre possession la plus complète des versions du récit du déluge en écriture cunéiforme.” — Encyclopédie judaïque (angl.).

 

 

  “Tout comme les Hébreux, les Babyloniens, les Grecs, les Scandinaves et d’autres peuples de l’ancien monde, de nombreuses tribus indiennes d’Amérique du Nord et du Sud perpétuent des traditions du déluge. (...) ‘Lorsque les premiers missionnaires arrivèrent (...), écrivit le révérend Myron Eells en 1878, ils découvrirent que ces Indiens avaient leurs traditions du déluge, d’après lesquelles un homme et sa femme avaient été sauvés sur un radeau.’” — Légendes indiennes du nord-ouest du Pacifique (angl.).

 

 

 

 

L’avenir de la religion et le vôtre

 

 

Connaître le passé de la religion est essentiel, car il n’existe fondamentalement que deux types de religion: l’une, agréée par le Créateur de l’humanité, et l’autre, manifestement inacceptable à ses yeux. Logiquement donc, celui qui désire obtenir l’approbation de Dieu se doit de partager Son point de vue sur la religion. Souvenez-vous que nous sommes tous concernés, car “l’homme est par nature un animal religieux”.

 

 

Lorsque vous examinez une religion en particulier, prenez suffisamment de recul pour vous demander si ses enseignements sont compréhensibles, clairs et logiques; si elle a produit de bons fruits. A-t-elle aidé ses membres à s’approcher de Dieu en leur inculquant l’importance d’obéir à Ses commandements, ou bien leur a-t-elle permis de fixer leurs propres règles de conduite? La religion a-t-elle enseigné aux gens à faire confiance à Dieu pour résoudre les problèmes du monde? Ne les a-t-elle pas plutôt trompés en les encourageant à placer leur confiance dans des moyens politiques? A-t-elle favorisé la paix et l’unité parmi les habitants de la terre, ou a-t-elle suscité des divisions et fomenté des guerres?

 

 

D’autres articles de ce site développeront bientôt l’évolution des religions suivant les époques.

 

 

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6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 17:07

ON A écrit beaucoup de livres pour mettre en doute l’authenticité et l’exactitude de la Bible. Le récit des Évangiles sur la vie du Christ a été tout particulièrement la cible des critiques. Que devons-nous croire ? Jésus a-t-il réellement existé ? Le récit de sa vie, tel qu’on le trouve dans les Évangiles, est-il authentique ?

De nombreux critiques partagent le point de vue d’Albert Schweitzer. Selon lui, le Jésus des Évangiles qui se disait le Messie, qui prêchait le Royaume de Dieu et qui fut mis à mort, consécration finale de son œuvre, est "une fiction littéraire des premiers Évangélistes". Schweitzer aurait voulu nous faire croire que Jésus était un religieux fanatique qui prêchait la destruction imminente de l’univers. D’après lui, rien ne permet de penser qu’il s’agit d’un ‘personnage historique réel’. Étant arrivé à cette conclusion, Schweitzer avait renoncé à sa fonction de pasteur et de professeur de théologie. Il retourna à l’école, étudia la médecine et devint médecin.

Certains critiques sont si sceptiques qu’ils vont jusqu’à nier que Jésus ait jamais existé. Quelles preuves avons-nous donc de l’existence de Jésus ?

LE TÉMOIGNAGE JUIF

Tout d’abord, il y a le témoignage des premiers écrits talmudiques. Après avoir étudié soigneusement leur témoignage, Joseph Klausner, célèbre savant juif, déclara que les "premiers récits talmudiques" sur Jésus confirment ‘à la fois l’existence et le caractère général de Jésus’. — Jesus of Nazareth, p. 20.

On trouve deux allusions à Jésus dans les œuvres de Josèphe, historien juif du premier siècle. L’une d’elles est souvent mise en doute parce qu’elle donne l’impression que Josèphe parle comme un chrétien (Histoire ancienne des Juifs, traduction d’Arnauld d’Andilly, livre XVIII, chapitre 4, paragraphe 3). Cependant, comme le montrent Klausner et d’autres biblistes, il n’est pas raisonnable de conclure que Josèphe n’a fait aucune allusion à Jésus, alors qu’il parle longuement de Jean le Baptiste. D’autre part, Josèphe dit plus loin qu’on fit "assembler un conseil [le Sanhédrin] devant lequel il fit venir Jacques, frère de Jésus, nommé Christ". (Histoire ancienne des Juifs, livre XX, chapitre 8, paragraphe 1.) Ces biblistes disent avec raison que cette citation laisse entendre que Josèphe a déjà parlé de Jésus. En effet, s’il n’en avait pas fait mention plus tôt, pourquoi aurait-il précisé que Jacques, homme inconnu, était le frère de Jésus ? Selon eux, Josèphe a bien parlé du ministère de Jésus, mais quelqu’un d’autre a par la suite embelli son récit.

LE TÉMOIGNAGE DES HISTORIENS ROMAINS

On ne doit pas s’attendre à ce que les historiens romains aient écrit beaucoup sur un mouvement religieux apparemment sans importance en Palestine, pays très éloigné de Rome. Tout au plus peut-on espérer trouver quelques rares allusions au Christ, ce qui est le cas. Ainsi, Tacite, célèbre historien romain, rapporte que Néron rejeta la responsabilité de l’incendie de Rome sur les chrétiens. Il ajoute que "l’auteur de ce nom [chrétiens], le Christ, avait souffert le supplice, sous le règne de Tibère, par ordre du procurateur Ponce-Pilate". — Annales, livre XV, par. 44.

D’autres écrivains romains, tels que Pline le Jeune, Sénèque et Juvénal, ont également fait allusion aux disciples du Christ.

Parlant du témoignage des écrivains juifs et païens du début de notre ère, l’Encyclopédie britannique dit fort justement : "Ces récits indépendants prouvent que dans l’ancien temps même les ennemis du christianisme n’ont jamais douté de l’historicité de Jésus, historicité qui fut mise en doute pour la première fois et sur des bases inexactes par plusieurs auteurs de la fin du 18ème, du 19ème et du début du 20ème siècles." — Édition de 1974, t. X, p. 145.

UN RÉCIT INOUBLIABLE

L’historicité de Jésus est établie non seulement par de tels récits "indépendants", mais par le récit des Évangiles lui-même. Comment cela ? John Stuart Mill, célèbre économiste et philosophe anglais du dix-neuvième siècle, fit cette remarque : "Qui d’entre ses disciples ou d’entre leurs prosélytes était capable d’inventer les paroles attribuées à Jésus ou d’imaginer sa vie et son caractère révélés dans les Évangiles ? Certainement pas les pêcheurs de Galilée." Dans le même ordre d’idée, Theodore Parker déclara : "Nous dira-t-on qu’un tel homme n’a jamais existé, que toute cette histoire est un mensonge ? Supposez que Platon et Newton n’aient jamais vécu. Dans ce cas, qui aurait fait leurs œuvres et imaginé leurs pensées ? Il fallait Newton pour inventer Newton. Quel homme aurait pu inventer Jésus ? Nul autre que Jésus."

David Hartley, philosophe anglais, émet une pensée semblable quand il dit : "Si nous comparons la grandeur transcendante de ce personnage [Jésus] à la manière indirecte dont il a été présenté, (...) il apparaît impossible qu’ils aient dû l’inventer, qu’ils n’aient pas eu devant eux un personnage original réel (...). Comment des hommes humbles et illettrés auraient-ils pu surpasser les plus grands génies, anciens et modernes, en dépeignant un personnage ? Comment en sont-ils venus à le dépeindre d’une manière indirecte ? C’est vraiment une preuve puissante de sincérité et de vérité."

SA PERSONNALITÉ UNIQUE

Il y a une preuve encore plus puissante de l’historicité de Jésus Christ. C’est le fait que son influence ne dépend pas de sa présence physique sur la terre. Alors que l’influence qu’ont exercée sur l’histoire des monarques aussi puissants que Nébucadnezzar, Alexandre le Grand et César a cessé, celle de Jésus demeure. Des millions de gens suivent encore aujourd’hui son enseignement.

Bien qu’étant à son époque un personnage très puissant, Napoléon fut obligé de reconnaître le caractère unique de l’influence exercée par l’homme Jésus. Il déclara : "Alexandre, Charlemagne et moi avons reçu l’extraordinaire pouvoir d’influencer et de commander les hommes. Mais notre présence était nécessaire. (...) Jésus Christ, lui, a influencé et commandé ses sujets depuis dix-huit siècles sans être visiblement présent de corps." Il dit encore : "Alexandre, César, Charlemagne et moi avons fondé des empires. Mais sur quoi avons-nous basé les réalisations de notre génie ? Sur la force. Seul Jésus Christ a fondé son royaume sur l’amour."

Rousseau, célèbre philosophe français du dix-huitième siècle, écrivit à propos de Jésus : "Quelle élévation dans ses maximes ! quelle profonde sagesse dans ses discours ! quelle présence d’esprit, quelle finesse et quelle justesse dans ses réponses ! quel empire sur ses passions ! Où est l’homme, où est le sage qui sait agir, souffrir et mourir sans faiblesse et sans ostentation ?"

À notre époque moderne, Mahatma Gandhi, le "père" hindou de la nation indienne, déclara un jour à Lord Irwin, ancien vice-roi de l’Inde : "Quand votre pays et le mien mettront en pratique les enseignements donnés par le Christ dans son Sermon sur la montagne, nous résoudrons nos propres problèmes et encore ceux du monde entier." Portant un témoignage semblable sur le Sermon sur la montagne, J. T. Fisher, psychiatre américain, écrivit vers la fin de sa carrière que le Sermon sur la montagne surpassait de loin tout ce que les philosophes, les psychologues et les poètes du monde avaient pu offrir.

LES MIRACLES DE JÉSUS

Plus que toute autre partie des Évangiles, le récit des miracles de Jésus a été une pierre d’achoppement pour beaucoup de gens. Si les miracles avaient été présentés comme des événements ordinaires, les gens auraient pu trouver une raison de les nier. Mais ce n’est pas le cas. Les Évangiles en parlent comme de faits extraordinaires qui démontraient que Jésus était vraiment le Fils de Dieu. Nous lisons : "Jésus opéra, devant les disciples, encore bien d’autres signes qui ne sont pas écrits dans ce rouleau. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu." (Jean 20:30, 31). Il n’aurait certainement pas suffi que Jésus prétende être le Fils de Dieu. Il devait pouvoir le démontrer. Y avait-il une meilleure façon de le faire qu’en opérant des miracles ?

Mais que répondre à ceux qui disent que les miracles sont contraires aux lois de la nature ? Voici ce qu’écrivit à ce sujet Victor Hess, qui découvrit les rayons cosmiques : "On dit parfois que la ‘nécessité des lois’ de la nature est incompatible avec (...) les miracles. Ce n’est pas vrai. (...) Nombre de nos lois physiques sont de simples énoncés statistiques. Elles s’appliquent à une moyenne de nombreux cas. Elles n’ont aucun sens dans un cas particulier. (...) Un homme de science doit-il douter de la réalité des miracles ? En ma qualité de savant je réponds catégoriquement : Non. Je ne vois pas de raisons pour lesquelles le Dieu tout-puissant qui nous a créés et qui a créé tout ce qui nous entoure, ne suspendrait pas ou ne changerait pas, s’il jugeait sage de le faire, le cours naturel et normal des événements." — Faith of Great Scientists, édité par W. Howey, p. 10.

L’effet des miracles sur ceux qui en furent témoins confirme également leur véracité. C’est ce que montre le Dr W. Paley quand il dit qu’ils "passèrent toute leur vie dans les travaux, les dangers et les souffrances, conditions qu’ils endurèrent volontairement pour attester les récits qu’ils avaient fournis, et uniquement à cause de leur croyance à ces récits ; (...) ils se soumirent également pour les mêmes motifs à de nouvelles règles de conduite". — The Works of William Paley, p. 300.

Il faut en convenir. Les preuves avancées ci-dessus nous permettent, si nous sommes objectifs et raisonnables, de tirer une seule conclusion : Non seulement Jésus de Nazareth a bel et bien existé, mais le récit de sa vie tel qu’il est rapporté dans les Évangiles nous fait bien connaître le personnage historique qu’était Jésus.

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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 12:52

"NOUS avons décidé depuis longtemps, braves soldats, de n’être esclaves ni des Romains ni de personne autre que Dieu: (...) tant que ces mains sont libres et tiennent un glaive, (...) mourons sans avoir été esclaves de l’ennemi et, en hommes libres, quittons ensemble cette vie avec nos enfants et nos femmes."

C’est ainsi que Josèphe, historien du Ier siècle, rapporte dans son ouvrage La guerre des Juifs l’exhortation désespérée qu’aurait faite Éléazar, fils de Jaïr (ou Ben Ya´ir), aux défenseurs de Massada. Pourquoi ce chef juif a-t-il poussé ses compagnons au meurtre et au suicide collectifs, à l’encontre de la loi divine (Exode 20:13)?

Les Sicaires de Massada

Avant que la révolte juive n’éclate en 66 de notre ère, une garnison romaine stationnait à Massada, colline fortifiée près de la mer Morte. Bien que Massada fût située dans un endroit isolé, Hérode le Grand y avait fait bâtir un magnifique palais d’hiver. Il y avait fait installer un système permettant même de prendre des bains chauds. Mais ce qui fut décisif, c’est que le lieu servait de cachette, sous l’occupation romaine, à un important stock d’armes. Tandis que l’animosité grandissait à l’égard des Romains qui occupaient la Palestine, le risque de voir les armes tomber aux mains des révolutionnaires juifs augmentait. L’une des factions était celle des Sicaires, mot qui signifie "hommes armés de poignards". La Bible y fait allusion en rapport avec une révolte. — Actes 21:38.

En 66 de notre ère, ces "hommes armés de poignards" prirent Massada. Équipés de leurs armes nouvellement acquises, ils marchèrent sur Jérusalem afin de soutenir la rébellion contre l’autorité romaine. Le massacre par les rebelles juifs des garnisons romaines de Massada et de Jérusalem attira sur leurs compatriotes la colère de Rome. Avant la fin de l’an 66, la douzième légion, sous le commandement de Cestius Gallus, entra en Judée et campa autour de Jérusalem. Les Romains attaquèrent la cité de toutes parts et allèrent jusqu’à saper les fondations nord du temple. Soudain, Gallus retira ses troupes et quitta la Judée sans raison apparente. Josèphe, un témoin oculaire, rapporte: "S’il avait pressé le siège un instant de plus, il aurait pris la ville tout de suite."

Mais les Romains n’allaient pas en rester là. Quatre ans plus tard, le général romain Titus marcha sur Jérusalem avec quatre légions. Cette fois-ci, la ville fut complètement détruite et la Judée se retrouva de nouveau sous la férule de Rome. Toute la Judée, sauf Massada.

Résolus à écraser cette ultime poche de résistance, les Romains ont bâti des murs de pierres autour de la forteresse et autour de leurs huit campements. Finalement, ils ont construit une rampe de terre menant au sommet, un remblai artificiel long de 197 mètres et atteignant 55 mètres, en haut duquel ils ont érigé une tour et ont placé un bélier destiné à percer les murs de Massada. Ce n’était qu’une question de temps avant que les armées romaines n’investissent et ne prennent cette dernière forteresse judéenne.

Aujourd’hui, le tracé très net des campements romains, le mur de siège périphérique et l’énorme rampe attestent le dénouement de la révolte juive. Des fouilles archéologiques intensives ont été effectuées à Massada en 1965. À propos des découvertes qui ont été faites, la Nouvelle Encyclopédie britannique (1987, angl.) déclare: "Les descriptions de l’historien judéo-romain Josèphe, qui constituaient jusqu’alors la seule source détaillée de l’histoire de Massada, se sont révélées extrêmement exactes."

Mais comment les "hommes armés de poignards" ont-ils réagi devant l’exhortation au suicide d’Éléazar, fils de Jaïr, alors que les Romains étaient sur le point de percer les murs? Josèphe rapporte: "[Ils tuèrent] leurs femmes et leurs enfants de leurs propres mains (...). Puis, ayant tiré au sort les dix d’entre eux qui seraient chargés d’égorger tous les autres, ils se couchèrent, chacun près de sa femme et de ses enfants étendus morts et, les tenant serrés dans leurs bras, tendirent leur gorge au glaive de ceux qui s’acquittaient de ce funeste office. Quand les derniers les eurent tous tués, sans broncher, ils établirent la même loi du tirage au sort les uns pour les autres (...); mais une femme âgée et une autre (...) se cachèrent (...). Le nombre des victimes fut de neuf cent soixante, en comptant les femmes et les enfants."

Découvertes

Les archéologues ont retrouvé à Massada des centaines de pièces de monnaie portant des inscriptions hébraïques comme "Pour la liberté de Sion" et "Jérusalem la sainte" qui célébraient la révolte. Dans son livre Massada, Yigael Yadin déclare: "Nous avons trouvé des sicles correspondant à chaque année de la révolte, depuis la première jusqu’à la cinquième pour laquelle ils sont très rares, car c’est la dernière année où des sicles ont été frappés. Elle correspond à 70, année où le temple de Jérusalem a été détruit." Voir la pièce de monnaie ci-dessus.

 

À un endroit stratégique près d’une porte de Massada, on a retrouvé 11 fragments de poterie; chacun d’eux porte un court surnom hébreu. Plusieurs spécialistes pensent qu’il pourrait s’agir des sorts dont parle Josèphe. Sur l’un d’eux, on lit: "Ben Ya´ir", ce qui signifie "fils de Jaïrus". "La découverte de ces sorts par Yadin, dont l’un contient le nom Ben Jaïr, est une confirmation troublante du récit de Josèphe", déclare Louis Feldman dans Josèphe et le savoir contemporain

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19 septembre 2006 2 19 /09 /septembre /2006 14:57

LA BIBLE raconte que Jonas fut englouti par un grand poisson et qu’il survécut à l’intérieur de l’animal près de trois jours. Ceux qui critiquent la Bible se sont souvent servis de ce récit pour prouver que la Bible contient des mythes et des allégories.

 

 

Faut-il être bête ou naïf pour croire à l’histoire de Jonas rapportée dans la Bible ?

 

 

Les baleines ne mangent pas d’animaux; elles vivent de plancton, des organismes microscopiques. La plupart des baleines n’ont pas l’œsophage assez large pour avaler un homme.

 

 

Jonas fut-il englouti par une baleine?

 

 

On dit qu’il n’y a qu’une sorte de baleine qui aurait pu engloutir Jonas: le cachalot. On dit que c’est la seule baleine dont l’œsophage serait assez grand pour avaler un homme1 (chaque numéro correspond à une citation notée en annexe).

 

 

Le cachalot ne se nourrit pas que de plancton. En fait, il préfère la seiche et le calmar2. On a pêché un cachalot qui avait un calmar géant long de 10,50 m dans l’estomac3!

 

 

Néanmoins, même si une baleine avait pu avaler Jonas, il n’y a pas de baleine dans la mer Méditerranée et que c’est là que se passe l’histoire de Jonas.

 

 

Pourtant on y a trouvé des squelettes de baleines4. Naturellement, le cachalot n’est pas le seul poisson capable d’une telle chose. Notez ce que dit Jonas 1:17: “Dieu désigna un grand poisson pour engloutir Jonas.”

 

 

Un poisson, peut être n’importe quel grand animal vivant dans la mer, comme le requin, par exemple.

 

 

Cela aurait-il pu être un requin?

 

 

Les requins sont-ils assez grands pour pouvoir avaler un homme entier?

 

 

Le grand requin blanc est largement assez grand. Dans certains cas, il atteint 12 mètres de long5. Contrairement au cachalot qui, en général, n’est pas agressif, le grand requin blanc est connu pour sa férocité et sa tendance à avaler tout ce qu’il trouve sur son chemin6.

 

 

Un livre (Australian Zoological Handbook) dit que le grand requin blanc “pourrait facilement engloutir un homme tout entier”7. Un autre livre (The Natural History of Sharks) raconte qu’un requin blanc de 4,50 m de long fut capturé en 1939. Son estomac contenait deux requins entiers mesurant chacun 1,80 m, soit à peu près la taille d’un homme8.

 

 

Trouve-t-on le requin blanc en Méditerranée?

 

 

Les spécialistes sont d’accord pour dire qu’on le trouve dans toutes les mers du monde, y compris en Méditerranée9. Plusieurs experts racontent qu’on a connu des cas où ce requin suivait des bateaux pendant des jours entiers afin de manger tout ce que l’on jetait par-dessus bord10. Vous souvenez-vous de ce qui s’est passé sur le bateau de Jonas avant que les marins ne se soient laissé persuader de jeter Jonas à la mer?

 

 

“Il y eut une grande tempête sur la mer; (...) et ils continuèrent à lancer à la mer les objets qui étaient dans le navire pour l’en alléger.” — Jonas 1:4, 5.

 

 

Cela aurait pu attirer des requins et ensuite l’un d’eux aurait pu avaler Jonas.Cela aurait été une succession naturelle d’événements.

 

 

Il est possible que Jonas ait été englouti par un grand requin blanc. Il est également possible que cela ait été un cachalot, bien que l’hypothèse du requin blanc paraisse plus vraisemblable. Il est même possible que Dieu ait utilisé quelque immense créature marine que la science n’a pas encore découverte. En ce qui concerne le requin, en tout cas, s’il vous arrive de visiter le Muséum américain d’histoire naturelle de New York, vous pourrez voir par vous-mêmes la reconstitution des mâchoires d’un énorme requin: le Carcharodon megalodon. Des hommes de science pensent qu’elles sont trop grandes. Mais même une fois reproduites à une échelle plus petite, il restera évident que ce monstre aurait pu avaler Jonas. Il mesure au moins 12,90 m de long11.

 

 

Si ce requin est si grand, pourquoi n’a-t-on retrouvé que les dents et pas d’os?

 

 

Parce que les requins n’ont pas d’os. Ils ont un squelette en cartilage. Les hommes de science ne disposent que des dents pour leurs travaux. Bien que la plupart d’entre elles soient fossilisées, Theo Brown signale (dans son livre Sharks The Silent Savages) que l’on a trouvé d’énormes dents, non fossilisées, au fond de l’océan Pacifique12.

 

 

Ceci signifie que ces requins géants auraient encore existé récemment? Il est possible qu’il y en ait encore de vivants. Au vingtième siècle, certains ont dit avoir vu des créatures de ce genre, mais cela n’a pas été prouvé13.

 

 

On a trouvé un grand nombre de dents de requin fossilisées près de Malte, en Méditerranée, ce qui serait juste sur le trajet de Jonas, entre Joppé et Tarsis, si l’on considère que Tarsis, c’est l’Espagne14. Il ne fait donc pas de doute qu’il y a eu une sorte de requin géant en Méditerranée dans le lointain passé et peut-être aussi dans un passé récent.

 

 

Comment Jonas aurait-il pu survivre?

 

 

Jonas a certainement bénéficié d’un miracle pour pouvoir survivre à l’intérieur du poisson qui l’avala. Il est vrai qu’il existe plusieurs récits de marins qui ont été avalés vivants par des sortes de baleines et qui ont survécu15, mais beaucoup de gens doutent de la véracité de ces récits, et on ne peut plus vérifier ces histoires maintenant. L’arrivée du poisson à point nommé était un miracle aussi, de même que le fait qu’il rejeta Jonas à terre sain et sauf. Mais pourquoi est-ce si difficile de croire que Jéhovah Dieu aurait pu protéger miraculeusement Jonas dans le ventre du poisson? Jean, ne crois-tu pas à la résurrection de Jésus? Cela demandait une intervention miraculeuse de la part de Jéhovah Dieu.

 

 

Regardez ce qu’il dit en Matthieu 12:40. “De même, en effet, que Jonas a été trois jours et trois nuits dans le ventre de l’énorme poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre.”

 

 

Ce qui est arrivé à Jésus est un fait tangible. Serait-il logique que Jésus ait utilisé le récit de Jonas pour illustrer sa propre mort et sa résurrection si l’histoire de Jonas n’avait pas été vraie?

 

 

Jésus continue dans le même ordre d’idées. “Des hommes de Ninive ressusciteront, lors du jugement, avec cette génération et ils la condamneront, car ils se sont repentis à la prédication de Jonas, mais voici qu’il y a ici plus que Jonas.” (Mat. 12:41). L’archéologie a prouvé que Ninive a réellement existé. Pourquoi Jonas serait-il un personnage fictif? Pourquoi Jésus déclarerait-t-il qu’il serait “plus que” quelqu’un qui n’aurait même pas existé? Si Jésus s’était comparé à une personne qui n’avait jamais existé, les gens auraient pu penser qu’il était en train de les mystifier.

 

 

Lisez maintenant le verset 42. “La reine du sud sera relevée, lors du jugement, avec cette génération et elle la condamnera, car elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, mais voici qu’il y a ici plus que Salomon.” Croyez-vous que Salomon a vraiment existé? Si tous les autres étaient des personnages réels, pourquoi Jonas ne le serait-il pas? Par conséquent, même si l’aventure de Jonas a été miraculeuse, elle est historique et non fictive.

 

 

Bibliographie

 

 

 1 Mammals of the World (troisième édition), Vol. II, 1975, page 1098.

 

 

 2 Ibid.

 

 

 3 Whales, de E. Slipjer, université d’Amsterdam, pages 276 et 277.

 

 

 4 Auxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible (angl., 1971), publié par la Watchtower Bible and Tract Society of New York, page 1057.

 

 

 5 The Fishes of South Australia, E. White, South Australian Museum , page 40.

 

 

 6 Sharks and Survival, Perry Gilbert de l’Université Cornell, page 13.

 

 

 7 Australian Zoological Handbook, The Fishes of Australia, G. Whitley, Australian Museum , Partie I — The Sharks, page 125.

 

 

 8 The Natural History of Sharks, R. Backus et T. Lineaweaver III, Andre Deutsch Ltd., Londres, 1970, page 111.

 

 

 9 Ibid., page 113.

 

 

10 Sharks The Silent Savages, T. Brown, Little, Brown and Co., Boston Toronto, 1973, page 40; Sea Fishes of Southern Africa, J. Smith, Université Rhodes, page 49; Australian Zoolagical Handbook, page 106.

 

 

11 Natural History, novembre 1980, pages 112 et 113.

 

 

12 Sharks The Silent Savages, page 79; Australian Zoological Handbook, page 125.

 

 

13 Sharks The Silent Savages, pages 79-81.

 

 

14 Australian Zoological Handbook, page 126 (note en bas de page).

 

 

15 The Year of the Whale, V. Scheffer, pages 84-86.

 

 

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18 août 2006 5 18 /08 /août /2006 15:17

SELON la Bible , des millions de créatures angéliques habitent le monde des esprits (Daniel 7:9, 10 ; Révélation (Apocalypse) 5:11). Les anges restés fidèles à Dieu sont mentionnés des centaines de fois tout au long des Écritures. Pourtant, seules deux de ces créatures spirituelles sont nommées. L’une est l’ange Gabriel, qui, sur une période d’environ 600 ans, a transmis en personne des messages divins à trois humains (Daniel 9:20-22 ; Luc 1:8-19, 26-28). L’autre est l’ange Mikaël.

 

Manifestement, Mikaël est un ange éminent. Le livre de Daniel le présente luttant contre les démons, en faveur du peuple de Jéhovah (Daniel 10:13 ; 12:1). Dans la lettre inspirée de Jude, il s’oppose verbalement à Satan à propos du corps de Moïse (Jude 9). Le livre de la Révélation (Apocalypse) le montre faisant la guerre à Satan et à ses démons, qu’il jette hors du ciel (Révélation (Apocalypse) 12:7-9). Aucun autre ange n’est représenté avec autant de pouvoir et d’autorité sur les ennemis de Dieu. C’est donc à juste titre que la Bible appelle Mikaël “ l’archange ”, le préfixe “ arch ” signifiant “ en chef ” ou “ principal ”.

 

La controverse sur l’identité de Mikaël

 

De nombreuses religions Chrétiennes, de même que le judaïsme et l’islam, ont des idées contradictoires sur les anges. Leurs explications sont parfois confuses. Un dictionnaire biblique (The Anchor Bible Dictionary) déclare : “ Il existerait un ange suprême et/ou un petit groupe d’archanges (généralement quatre ou sept). ” D’après un autre (The Imperial Bible-Dictionary), Mikaël est le “ nom d’un être surhumain sur lequel les avis sont partagés : il est soit le Seigneur Jésus Christ — le Fils de Dieu —, soit l’un des sept présumés archanges ”.

 

Dans la tradition juive, ces sept archanges se nomment Gabriel, Jermiel, Michaël, Raguel, Raphaël, Sariel et Uriel. Les musulmans, quant à eux, croient à quatre archanges, à savoir Jibril, Mikaël, Izraïl et Israfil, de même que les catholiques croient à Mikhaël, Gabriel, Raphaël et Ouriel. Et la Bible , que dit-elle ? Y a-t-il sept archanges ?

 

La réponse de la Bible

 

Aucun autre archange que Mikaël n’est mentionné dans la Bible. En outre, le terme “ archange ” n’apparaît jamais au pluriel. La Bible appelle Mikaël l’archange, ce qui laisse entendre que lui seul porte ce titre. Il est donc logique de conclure que Jéhovah Dieu a délégué tout pouvoir sur les anges à une, et une seule, de ses créatures célestes.

 

Hormis le Créateur lui-même, il n’est cité qu’une personne fidèle ayant autorité sur les anges : Jésus Christ (Matthieu 13:41 ; 16:27 ; 24:31). L’apôtre Paul a parlé expressément du “ Seigneur Jésus ” et de “ ses anges puissants ”. (2 Thessaloniciens 1:7.) Et Pierre a dit de Jésus ressuscité : “ Il est à la droite de Dieu, car il est allé au ciel ; et anges et autorités et puissances lui ont été soumis. ” — 1 Pierre 3:22.

 

Bien que la Bible ne dise nulle part explicitement que l’archange Mikaël est Jésus, il existe un verset établissant un lien entre Jésus et la fonction d’archange. Dans sa lettre aux Thessaloniciens, l’apôtre Paul a prophétisé ceci : “ Le Seigneur lui-même descendra du ciel avec un cri de commandement, avec une voix d’archange et avec la trompette de Dieu, et ceux qui sont morts en union avec Christ ressusciteront d’abord. ” (1 Thessaloniciens 4:16). Ce passage décrit Jésus dans sa position de Roi messianique établi par Dieu. Toutefois, il parle avec “ une voix d’archange ”. Notez également qu’il a le pouvoir de relever les morts.

 

Quand il était sur la terre en tant qu’humain, Jésus a opéré plusieurs résurrections : il a alors utilisé sa voix pour pousser des ‘ cris de commandements ’. Voici par exemple ce qu’il a déclaré au moment de ressusciter le fils d’une veuve de la ville de Naïn : “ Jeune homme, je te le dis : Lève-toi ! ” (Luc 7:14, 15). Plus tard, juste avant de ramener son ami Lazare à la vie, il ‘ a crié d’une voix forte : “ Lazare, viens dehors ! ” ’ (Jean 11:43). Mais, en ces occasions, la voix de Jésus était celle d’un homme parfait.

 

Une fois lui-même ressuscité, Jésus a été élevé à “ une position supérieure ” dans les cieux, comme créature spirituelle (Philippiens 2:9). N’étant plus de condition humaine, il possède une voix d’archange. Ainsi, quand la trompette de Dieu a sonné pour que soient relevés au ciel “ ceux qui sont morts en union avec Christ ”, Jésus a poussé “ un cri de commandement ”, mais cette fois “ avec une voix d’archange ”. Or, il est logique de penser que seul un archange lancerait un appel “ avec une voix d’archange ”.

 

Il est vrai qu’il existe d’autres créatures angéliques de haut rang, telles que les séraphins et les chérubins (Genèse 3:24 ; Isaïe 6:2). Néanmoins, les Écritures désignent Jésus Christ ressuscité comme le chef de tous les anges : Mikaël l’archange.

 

 

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16 août 2006 3 16 /08 /août /2006 23:32

“ CERTAINS ermites portaient des entraves de fer, des chaînes, des ceintures barbelées et des colliers cloutés [...]. D’autres se roulaient dans les épines et les orties, s’exposaient volontairement aux piqûres d’insectes, se brûlaient et irritaient leurs blessures pour en entretenir la purulence. La pratique du jeûne allant de soi, certains poussaient le zèle jusqu’à manger uniquement de la nourriture pourrie ou répugnante. ” — The Saints [Les Saints], par Edith Simon.

 

Ces gens étaient des ascètes. Pourquoi s’infligeaient-ils des traitements aussi durs ? Les auteurs du livre Pour l’amour du monde L’esprit des monachismes bouddhiste et chrétien (angl.) expliquent que “ depuis l’époque de Socrate (Ve siècle av. n. è.) au moins, on estimait généralement qu’une vie dépouillée de tout superflu, débarrassée des plaisirs sensuels et matériels, était une condition préalable à la vraie sagesse ”. Les ascètes pensaient que les mortifications corporelles aviveraient leur sensibilité spirituelle et les mèneraient à l’illumination véritable.

 

Il n’est pas facile de donner une définition précise de l’ascétisme. Pour certains, il s’agit uniquement d’autodiscipline et de renoncement. Les premiers chrétiens tenaient ces vertus en haute estime (Galates 5:22, 23 ; Colossiens 3:5). Jésus Christ lui-même recommanda à ses disciples de mener une vie simple, exempte des inquiétudes qui peuvent résulter d’un mode de vie matérialiste (Matthieu 6:19-33). Cependant, on associe généralement l’ascétisme à des mesures beaucoup plus austères, voire extrêmes, telles que celles décrites plus haut. Ces pratiques ascétiques, spécialement dans leurs formes les plus extrêmes, sont-elles vraiment la clé de la sagesse ?

 

Prenons l’exemple de Catherine de Fiesque, fille de famille italienne, intelligente et d’une grande piété. Déçue par un mariage malheureux, cette jeune femme chercha d’abord du réconfort dans les plaisirs et les agréments que sa position sociale pouvait lui procurer.

 

Tout changea lorsqu’elle eut 26 ans, au moment où elle ressentit ce que l’on appela sa “conversion”. Dès lors, “elle s’infligea de grandes pénitences de façon à mortifier tous ses sens. (...) Dès qu’elle se rendait compte qu’elle avait envie de quelque chose, elle s’en privait aussitôt. (...) Elle portait une haire, ne mangeait ni viande ni rien de ce qu’elle aimait; elle ne prenait jamais de fruits, ni frais ni secs (...) et elle vivait dans la plus grande soumission envers tous, s’efforçant continuellement de faire tout le contraire de ce que sa nature réclamait”.

 

Cette citation est extraite de la biographie de celle qui fut appelée par la suite “sainte Catherine de Gênes”. Quand on lui demanda pour quelle raison elle s’imposait de telles mortifications, elle répondit: “Je ne sais pas, mais je me sens intérieurement poussée à le faire (...) et je pense que c’est la volonté de Dieu.” Elle croyait que ces mortifications constituaient un moyen de purification qui lui vaudrait la faveur de Dieu et le bonheur véritable.

 

La même attitude se retrouve chez un Espagnol connu sous le nom de “saint Jean de la Croix ”. Entre autres conseils, ce dernier recommandait que l’on cherche “non pas ce qui a le meilleur goût, mais ce qu’il y a de pire; non pas ce qui plaît, mais ce qui dégoûte; non pas ce qui est élevé et précieux, mais ce qu’il y a de plus vil et de plus méprisable, en tout non le meilleur, mais le pire”. C’est encore lui qui disait: “Méprisez-vous et aspirez à ce que les autres vous méprisent; parlez en votre défaveur et souhaitez que les autres en fassent autant; concevez une piètre opinion de vous-même et trouvez bon que d’autres la partagent.” Même encore aujourd’hui, on trouve des gens pour défendre ce genre d’attitude.

 

Mais les extrêmes dans lesquels tombe cette ascèse masochiste sont-ils la voie vers le bonheur véritable et durable? La Bible répond par la négative. En effet, l’apôtre Paul écrivit:

 

“S’il est vrai que, dans la communion avec Christ, vous êtes morts pour les puissances spirituelles qui régissent ce monde, et que vous êtes libérés de ses notions religieuses rudimentaires, pourquoi continuez-vous à agir comme si votre vie appartenait encore à ce monde? Pourquoi acceptez-vous de vous laisser imposer règlements et défenses: ‘Ne prends pas ceci, ne mange pas de cela, ne touche pas ici, ne fais pas usage de cela!...’ Toutes ces choses matérielles ne sont-elles pas destinées à être consommées et à périr par leur usage même? Voilà bien les commandements et les enseignements des hommes! Les prescriptions de ce genre ont, il est vrai, bonne réputation et paraissent renfermer une grande sagesse. Elles semblent dénoter de la part de ceux qui s’y soumettent beaucoup de dévotion spontanée, d’humilité et de mépris de ce corps qu’on ne craint pas de mortifier sévèrement. En réalité, aucune de ces règles n’a la moindre valeur devant Dieu. Elles n’aboutissent qu’à nourrir l’orgueil des gens qui veulent se mettre en valeur.” — Col. 2:20-23, “Kuen”.

 

Ce ‘mépris du corps que l’on ne craint pas de mortifier sévèrement’ n’est qu’une comédie qui ‘paraît renfermer une grande sagesse’. Non seulement Dieu n’y trouve aucun plaisir, mais ces règles ne contribuent nullement à procurer le bonheur.

 

Des prémisses erronées

 

L’un des fondements de l’ascétisme est l’idée selon laquelle les choses matérielles et les plaisirs physiques sont intrinsèquement mauvais et font obstacle aux progrès spirituels. La croyance très répandue selon laquelle les humains sont constitués d’un corps et d’une âme en est un autre. Pour les ascètes, le corps est la prison de l’âme ; la chair, son ennemie.

 

Que dit la Bible ? Les Écritures montrent que lorsque Dieu eut achevé la création de la terre il déclara que tout ce qu’il avait fait — toute sa création physique, matérielle — était “ très bon ”. (Genèse 1:31.) Dieu désirait que, dans le jardin d’Éden, l’homme et la femme profitent de choses matérielles. Le nom Éden signifie d’ailleurs “ Plaisir ” ou “ Délices ”. (Genèse 2:8, 9.) Adam et Ève étaient parfaits et jouissaient de bonnes relations avec leur Créateur jusqu’au moment où ils péchèrent. Dès lors, l’imperfection devint une barrière entre Dieu et l’homme. Toutefois, en satisfaisant des désirs légitimes et en jouissant de plaisirs physiques donnés par Dieu en harmonie avec ses lois morales, les adorateurs de Dieu ne risquaient en aucun cas de nuire à leurs relations avec lui. — Psaume 145:16.

 

En outre, la Bible enseigne clairement que l’homme, créé à partir de la poussière et fait de chair, est une âme. Les Écritures ne disent pas que l’âme est une entité immatérielle et immortelle emprisonnée dans le corps physique, ni que la chair empêche une personne d’avoir des relations étroites avec Dieu. — Genèse 2:7.

 

Il apparaît que l’ascétisme repose sur une vision déformée des relations entre l’homme et Dieu. L’apôtre Paul annonça que certains prétendus chrétiens préféreraient des philosophies humaines trompeuses aux vérités bibliques fondamentales (1 Timothée 4:1-5). Un historien des religions a écrit : “ La croyance selon laquelle la matière est mauvaise [...] et l’âme humaine doit être libérée de toute attache avec la matière donna naissance à un ascétisme sévère qui interdisait la consommation de viande, les relations sexuelles, etc., et ne pouvait être suivi que par une élite de ‘ parfaits ’ ou perfecti ayant reçu une initiation spéciale. ” Cette façon de voir les choses n’a aucun fondement biblique et ne correspond pas aux croyances des premiers chrétiens. — Proverbes 5:15-19 ; 1 Corinthiens 7:4, 5 ; Hébreux 13:4.

 

Vanité de l’ascétisme

 

Jésus et ses disciples n’étaient pas des ascètes. Ils endurèrent diverses épreuves et tribulations, mais ne se les infligèrent jamais eux-mêmes. L’apôtre Paul mit en garde les chrétiens contre la séduction exercée par des philosophies humaines trompeuses pouvant les éloigner de la vérité de la Parole de Dieu et les conduire à des pratiques déraisonnables, extrêmes. Cela incluait, comme il le dit explicitement, “ un traitement sévère du corps ”. Il expliqua : “ Ces choses-là ont bien une apparence de sagesse, par un culte que l’on s’impose à soi-même et une fausse humilité, un traitement sévère du corps, mais elles n’ont aucune valeur pour combattre la satisfaction de la chair. ” (Colossiens 2:8, 23). L’ascétisme n’ouvre pas la voie à une sainteté particulière ni à une illumination véritable.

 

Il est vrai que l’obéissance chrétienne demande de vigoureux efforts et de l’autodiscipline (Luc 13:24 ; 1 Corinthiens 9:27). Il faut se donner de la peine pour acquérir la connaissance de Dieu (Proverbes 2:1-6). La Bible nous exhorte vivement à ne pas être “ esclaves de désirs et de plaisirs divers ” ni “ amis des plaisirs plutôt qu’amis de Dieu ”. (Tite 3:3 ; 2 Timothée 3:4, 5.) Toutefois, ces passages ne soutiennent pas la pratique de l’ascétisme. Jésus Christ, qui était un homme parfait, aimait passer des moments agréables où l’on mangeait, buvait, jouait de la musique et dansait. — Luc 5:29 ; Jean 2:1-10.

 

La vraie sagesse est raisonnable ; elle ne porte pas aux extrêmes (Jacques 3:17). Lorsque Jéhovah Dieu a créé notre corps physique, il l’a doté de la capacité d’apprécier de nombreux plaisirs de la vie. Il veut que nous soyons heureux. On lit dans sa Parole : “ J’ai appris qu’il n’y a rien de mieux pour eux que de se réjouir et de faire le bien durant sa vie ; et aussi que tout homme mange, oui qu’il boive et qu’il voie le bien pour tout son dur travail. C’est le don de Dieu. ” — Ecclésiaste 3:12, 13.

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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 20:53

VOUS connaissez sans doute le récit biblique de la création de l’homme et de sa chute dans le péché. En effet, qui n’a pas entendu parler d’Adam et Ève, de l’arbre de vie, du serpent et de l’arbre de la connaissance du bien et du mal (Gen. chap. 2 et 3) ? Si ce récit est si universellement connu, c’est parce qu’il parle d’événements qui ont eu des conséquences tragiques pour la famille humaine et qui ont laissé une impression indélébile sur l’homme. L’humanité ne peut oublier complètement la tragédie de l’Éden.

Si les souvenirs d’Éden subsistent encore, c’est surtout grâce au récit biblique. Saviez-vous toutefois que les conceptions religieuses de nombreux peuples non chrétiens reflètent les faits relatés par la Bible ?

Évidemment, ces conceptions ne sont pas identiques au récit biblique. Néanmoins, il existe entre les deux des analogies curieuses et intéressantes.

Elles montrent tout d’abord combien les raisonnements humains sont dénués de sens quand ceux qui les échafaudent ignorent la vérité divine ou s’en détournent. De plus, les nombreuses croyances polythéistes font vivement ressortir, par contraste, la beauté et la majesté du récit simple, pur et véridique de la Genèse, augmentant ainsi notre confiance dans la Bible comme Parole inspirée de Dieu. L’existence même de tant de croyances diverses, dont chacune contient quelques éléments déformés du récit véridique, constitue un témoignage confirmant qu’il y a eu effectivement un jardin paradisiaque que l’homme a perdu. — Rom. 1:21-23.

Pourquoi ces croyances diffèrent du récit de la Genèse

Avant d’examiner certaines de ces croyances, il convient de savoir pourquoi elles diffèrent du récit biblique et comment elles ont pris naissance. La Bible montre qu’à l’origine les hommes avaient une seule langue et qu’ils étaient au courant des événements survenus en Éden. Sans aucun doute Adam en parla à ses descendants ; tous pouvaient donc les connaître.

Les huit survivants du déluge ont dû également parler à leurs enfants. Cependant, par la suite, la plupart des hommes, sous la conduite d’un tyran nommé Nimrod, se sont rebellés contre Dieu. Il est donc raisonnable de penser que sous son influence et pour braver Dieu, les rebelles commencèrent à déformer la vérité concernant l’origine de l’homme. Finalement, Dieu brisa leur unité en confondant leur langage. Par cet acte il les obligea à se disperser sur la face de la terre. — Gen. 10:8-12 ; 11:1-9.

Ces peuples rebelles parlaient désormais des langues différentes, mais ils n’avaient pas oublié leurs anciennes croyances religieuses. Partout où ils allaient, ils emportaient ces croyances avec eux, les exprimant dans leur propre langue. Bien sûr, leurs nouveaux milieux et les cultures qui s’y développaient contribuaient à modifier leurs conceptions religieuses. C’est ainsi qu’au cours des années, chaque peuple en vint à avoir sa propre version de l’origine de l’homme et de la perte du paradis en raison du péché.

Il ne faut pas oublier non plus l’influence de l’ennemi de Jéhovah Dieu, Satan le Diable. Puisqu’il ne pouvait effacer les preuves que l’Éden avait existé, il veillait à déformer les faits véritables à ce sujet. — Jean 8:44.

On peut comparer cet état de choses à un morceau de musique comportant un thème et des variations. Le thème, simple et pur, se joue d’abord, puis suivent les variations qui le modifient ou même le déforment par des changements de rythme, de mesure, de mode et de ton ou par une harmonisation différente. Malgré ces variations, on distingue toujours le thème originel ou du moins certains de ses éléments. Il en va de même des faits historiques, purs et simples, concernant les événements survenus en Éden. Le temps, le milieu, les diverses cultures ethniques et l’influence des démons sont autant d’éléments qui ont contribué à modifier le récit originel en y apportant des variations qui l’ont déformé.

D’anciens souvenirs d’Éden

Les peuples de l’Antiquité possédaient incontestablement des souvenirs d’Éden. Lors de leurs fouilles, les archéologues en ont trouvé de nombreux témoignages. Des tablettes d’argile, des sceaux, des papyrus, des monuments et d’autres objets mis au jour, nous aident à connaître les conceptions religieuses des Babyloniens, des Assyriens, des Égyptiens et d’autres peuples.

Ces peuples de l’Antiquité ont vécu dans diverses régions et ont professé des croyances différentes, mais ils possédaient tous quelques souvenirs d’Éden. L’ouvrage Le manuel biblique de Halley (angl.) dit à ce sujet : "Ces anciens récits gravés sur la pierre et l’argile à l’aube de l’Histoire, dans la région qui fut le berceau de l’humanité, (...) prouvent que les principaux éléments de l’histoire biblique d’Adam étaient profondément enracinés dans la pensée de l’homme primitif."

Dans son livre La Bible rendue vivante (angl.), sir Charles Marston abonde dans le même sens. Il dit :

"L’étude des anciens écrits cunéiformes, dont certains sont antérieurs à Abraham, ainsi que des sceaux et des pierres sculptées de Babylonie, d’Assyrie et d’autres civilisations anciennes, nous apporte des témoignages remarquables. Même le nombre relativement restreint de ces vestiges d’un passé lointain nous donne l’impression que les récits de la création, de la tentation et de la chute de l’homme (...) contenus dans la Genèse, étaient bien connus et qu’ils étaient enseignés probablement dans un cadre polythéiste, dans les écoles d’Ur en Chaldée."

En Babylonie et en Assyrie

Quelles étaient au juste les histoires que l’on enseignait probablement dans un cadre polythéiste ? En ce qui concerne les inscriptions babyloniennes, Halley nous dit que les anciens écrits religieux affirment que "près d’Éridou se trouvait un jardin dans lequel il y avait un mystérieux Arbre sacré, un Arbre de Vie, planté par les dieux et dont les racines étaient très profondes, tandis que les branches s’élevaient jusqu’au ciel. Personne ne pouvait entrer dans ce lieu gardé par des esprits protecteurs". De telles inscriptions révèlent que certains éléments saillants des événements rattachés au jardin d’Éden subsistaient encore dans l’esprit des Babyloniens.

Cette croyance semble indiquer que l’arbre de vie était quelque chose d’inoubliable pour les Anciens. Dans son ouvrage Prophètes, idoles et archéologues (angl.), John Elder dit : "L’ancienne littérature babylonienne contient de nombreuses allusions à un Arbre de Vie semblable à celui dont parle Genèse 2:9. Bon nombre de bas-reliefs en albâtre et de sceaux représentent cet arbre. Ses fruits étaient censés conférer la vie éternelle à ceux qui en mangeaient. L’un des sceaux cylindriques que l’on a mis au jour semble représenter la tentation et l’Arbre de Vie."

Le sceau auquel M. Elder fait allusion est sans doute celui qui se trouve au Musée britannique de Londres et qu’on appelle souvent le "Sceau de la tentation". L’impression faite par ce sceau lorsqu’on le fait rouler sur de l’argile molle, reflète les événements survenus dans le jardin d’Éden. Un arbre occupe le centre de l’image. À sa droite un homme est assis et à sa gauche une femme. Derrière celle-ci on voit un serpent dressé, comme s’il lui parlait. Bien que l’on ignore la signification exacte du symbole que représente ce sceau babylonien, il évoque le récit de la Genèse de façon remarquable.

Les souvenirs assyriens d’Éden ne diffèrent guère de ceux de Babylone, car les conceptions religieuses des deux peuples se ressemblent beaucoup. En général, les divinités assyriennes sont identiques à celles de Babylone, à l’exception du dieu Ashour.

L’un des principaux souvenirs assyriens d’Éden est également celui d’un arbre sacré ou "arbre de vie". L’arbre sacré gardé par deux créatures ailées est un motif qui se retrouve souvent sur les objets sculptés découverts dans les palais assyriens. Dans certains cas, les créatures ailées sont moitié homme moitié animal. Ces représentations mythiques sont peut-être des souvenirs déformés des deux chérubins postés à l’entrée de l’Éden "pour garder le chemin de l’arbre de vie". — Gen. 3:24.

En 1932, on mit au jour un sceau en pierre à une vingtaine de kilomètres de Ninive. Ce sceau, qui se trouve au musée de l’université de Philadelphie, aux États-Unis, semble refléter un autre souvenir d’Éden. L’image qu’il porte montre un homme et une femme nus marchant tête basse, comme s’ils étaient abattus et avaient le cœur brisé. Un serpent les suit. Le Dr E. A. Speiser, qui trouva cet objet, déclara qu’il "évoque fortement l’histoire d’Adam et Ève".

Au pays de Sumer et en Égypte

Les Sumériens avaient eux aussi des souvenirs d’Éden. Leurs tablettes d’argile révèlent qu’ils croyaient à un paradis situé dans le pays de Dilmoun, probablement une région du sud-ouest de la Perse. Selon ces écrits, Outou, le dieu-soleil, avait reçu l’ordre d’arroser Dilmoun d’eau douce tirée du sol et de le transformer ainsi en un jardin luxuriant. Ce récit évoque le passage biblique où il est dit qu’une vapeur s’éleva de la terre et arrosa toute la surface du sol (Gen. 2:6). Lorsque le dieu de l’eau, Ea, mangea des précieuses plantes de ce jardin, il encourut la sentence de mort. Cette légende rappelle le péché d’Adam et Ève qui mangèrent du fruit défendu. — Gen. 3:6.

Les anciens Égyptiens aussi possédaient des souvenirs d’Éden, comme en témoignent leurs croyances religieuses. Ils croyaient notamment qu’après sa mort le pharaon devait se nourrir du fruit d’un arbre de vie dans le royaume de son père céleste, Rê. Chez les Égyptiens, pareille croyance est pour le moins étrange, car leur pays comporte peu d’arbres. Malgré ce fait, le souvenir de l’arbre de vie en Éden, dont l’homme n’a jamais mangé, semble avoir persisté. — Gen. 2:9.

Un autre souvenir d’Éden qui a subsisté dans les croyances égyptiennes concerne le serpent. Bien sûr, l’influence démoniaque a modifié la conception qu’avaient les Égyptiens de ce reptile, car ils le regardaient comme le symbole de la sagesse et lui rendaient un culte. On le retrouve sur la coiffure du pharaon et également dans les temples et les tombeaux, sur les statues des dieux et d’autres monuments. Le rapport entre ce culte et le jardin d’Éden est évident pour ceux qui se souviennent que Satan le Diable présenta ses mensonges à Ève par l’intermédiaire d’un serpent. Il se faisait passer ainsi pour une source de sagesse profonde dans laquelle elle pouvait puiser de grandes connaissances. — Gen. 3:1-5.

D’autres peuples ont des souvenirs d’Éden

Il existe de nombreux autres peuples dont les croyances et la mythologie comportent des souvenirs d’Éden. Le livre La migration de symboles (angl.), de G. d’Alviella, contient un chapitre de plus de cinquante pages consacré aux légendes et aux symboles associés aux arbres sacrés. Le texte de ce chapitre et ses nombreuses illustrations indiquent que dans les croyances de bon nombre de peuples — Phéniciens, Syriens, Perses, Grecs, Siciliens, Mayas, Mexicains (Aztèques), Javanais, Japonais, Chinois et Indiens — il est question d’un arbre de vie et d’un arbre du bien et du mal.

Ce chapitre dit entre autres que "la tradition des Perses conservait le souvenir d’un Arbre de Vie ou haoma dont la sève conférait l’immortalité". Il déclare encore que "les Chinois croyaient à un Arbre de Vie. Des légendes chinoises parlent de sept arbres merveilleux. (...) Le fruit de l’un d’eux, fait de jade, conférait l’immortalité".

Le même chapitre dit aussi que la mythologie scandinave contient un souvenir déformé d’Éden. Elle parle d’un arbre sacré dénommé Yggdrasil. À côté d’une de ses racines jaillit la fontaine où réside toute connaissance et toute sagesse. Une autre légende parle d’une déesse qui gardait dans une boîte les pommes de l’immortalité. Les dieux mangeaient de ces fruits afin de renouveler leur jeunesse.

On peut lire à la page 173 du Manuel de mythologie (angl.) de A. S. Murray, que "le jardin des Hespérides, qui renfermait les pommes d’or, existait, croyait-on, dans une île au milieu de l’océan. (...) Ce jardin fabuleux était célèbre dans l’Antiquité, car c’était là que des sources de nectar coulaient près de la couche de Zeus et que des bénédictions spéciales des dieux rendaient la terre merveilleusement fertile ; c’était un autre Éden". L’arbre qui produisait les pommes d’or était confié aux soins des Hespérides, filles d’Atlas, mais elles ne purent résister à la tentation de cueillir et de manger de ses fruits. C’est pourquoi le serpent Ladon fut placé dans le jardin pour garder cet arbre. Cette légende fait partie de la mythologie grecque.

De nombreux Papous (habitants de la Nouvelle-Guinée) croient à un arbre invisible dans lequel et autour duquel vivent éternellement tous ceux qui ont eu une bonne conduite ici-bas. Dans son ouvrage Le langage perdu du symbolisme (angl.), Harold Bailey rapporte le commentaire d’un voyageur à ce sujet. Celui-ci, qui avait visité cette île, dit qu’"il n’est pas difficile d’en déduire que [les Papous] possèdent encore de vagues souvenirs de croyances héritées de peuples disparus ayant eu une culture plus raffinée, lorsque le monde était plus jeune et sans doute plus près de son Créateur qu’il ne l’est aujourd’hui".

Quant aux souvenirs d’Éden dans les Amériques, Harold Bailey écrit ce qui suit :

"Le British Museum possède un manuscrit mexicain montrant deux personnes en train de cueillir les fruits du prétendu ‘Arbre de notre vie’. Les Mayas et d’autres peuples de l’AMÉRIQUE CENTRALE représentent toujours leurs arbres sacrés avec deux branches sortant horizontalement du sommet du tronc et formant ainsi une croix. (...) Les premiers missionnaires espagnols au MEXIQUE constatèrent, à leur grand étonnement, que la croix était déjà en usage dans ce pays ‘comme symbole de l’Arbre de Vie’."

Quant au serpent, de nombreuses tribus nord-américaines vénèrent cette bête comme le faisaient les anciens Égyptiens. En fait, le culte du serpent se pratique dans toutes les régions du globe. Chaque peuple rend un culte à un serpent propre à son pays.

Divers peuples ont également une conception déformée d’un jardin paradisiaque où ils espèrent parvenir un jour après leur mort.

Les souvenirs humains ou le dessein divin ?

Ce bref examen des souvenirs humains d’Éden nous montre que la majorité des humains ont été "ballottés comme par des vagues et emportés çà et là par tout vent d’enseignement, au moyen de la fourberie des hommes, au moyen d’astuce en concevant l’erreur". (Éph. 4:14.) De plus, ils ont prêté "attention à des paroles inspirées trompeuses et à des enseignements de démons". (I Tim. 4:1.) La vérité sur les événements survenus en Éden a failli être étouffée complètement par de nombreuses variations et déformations. Si nous devions dépendre des fantaisies de l’imagination humaine pour apprendre l’histoire de nos premiers parents, nous ne la connaîtrions jamais.

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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 20:18

LA LISTE des passagers de l’arche était assez impressionnante. Outre Noé, sa femme, ses trois fils et leurs femmes, des créatures vivantes “ de toute sorte de chair, [...] deux de chaque ”, devaient monter à bord. “ Ils seront mâle et femelle. Des créatures volantes selon leurs espèces et des animaux domestiques selon leurs espèces, de tous les animaux qui se meuvent sur le sol selon leurs espèces, deux de chaque y entreront, vers toi, pour les garder en vie. ” Quant aux bêtes et aux oiseaux purs, il fallait en prendre sept de chaque espèce. Il fallait également emmagasiner une grande quantité de nourriture variée en vue de nourrir toutes ces créatures pendant plus d’un an. — Gn 6:18-21 ; 7:2, 3.

 

L’arche (héb. : tévah ; gr. : kibôtos) était une embarcation rectangulaire en forme de coffre, probablement coupée à angles droits et à fond plat. Elle n’avait besoin ni d’un fond arrondi, ni d’une étrave pour fendre l’eau rapidement, ni d’un gouvernail, puisqu’il suffisait qu’elle soit étanche et qu’elle flotte. Un vaisseau de cette forme est très stable, il ne se retourne pas facilement et sa capacité est supérieure d’environ un tiers à celle des navires de forme traditionnelle. Une porte était aménagée sur un côté de l’arche pour charger et décharger la cargaison.

 

L’arche mesurait 300 coudées de long, 50 de large et 30 de haut. En calculant sur la base d’une coudée de 44,5 cm, évaluation la plus faible (certains pensent que l’ancienne coudée faisait plutôt 56 ou 61 cm), l’arche mesurait 133,50 m par 22,30 m par 13,40 m, soit moins de la moitié de la longueur du paquebot Queen Elizabeth 2. Ce rapport entre la longueur et la largeur (6 pour 1) est utilisé aujourd’hui par les architectes navals. L’arche offrait donc un volume d’environ 40 000 m3. On estime qu’un tel vaisseau avait un déplacement sensiblement égal à celui du Titanic, grand paquebot de 269 m du XXe siècle. Aucun bateau de marchandises des temps anciens n’avait des dimensions aussi gigantesques que l’arche, loin s’en faut. L’intérieur fut consolidé par l’ajout de deux étages, et les trois ponts ainsi disponibles offraient une superficie totale d’environ 8 900 m2.

 

Jéhovah dit à Noé : “ Tu feras à l’arche un tsohar [toit ou fenêtre]. ” (Gn 6:16). On ne sait pas exactement ce qu’était ce tsohar ni comment il fut construit. Certains biblistes pensent que tsohar est apparenté au mot lumière, si bien qu’ils le traduisent par “ fenêtre ” (AG ; Sa), “ jour ” (Da ; Od), “ une ouverture ”. (Sg.) Toutefois, d’autres rapprochent tsohar d’une racine arabe ultérieure signifiant “ dos (de la main) ”, “ dos (d’un animal) ”, “ pont (d’un bateau) ”, c’est-à-dire la partie en retrait du sol ou de l’eau ; c’est pourquoi ils le traduisent par “ toit ”. (BFC ; ; Os.) Ce tsohar, Noé reçut l’ordre de l’achever “ à une coudée vers le haut ”. — Gn 6:16.

 

Il se peut donc que le tsohar fournissait la lumière et l’aération nécessaires, n’étant pas une simple lucarne d’une coudée de côté, mais une ouverture d’une coudée de hauteur près du toit et sur les quatre côtés, soit de presque 140 m2. D’autre part, tout en laissant une ouverture suffisante pour l’aération sous le toit ou ailleurs, la bordure du toit était peut-être légèrement inclinée. James Armstrong a écrit dans Vetus Testamentum (Leyde, 1960, p. 333) à propos de cette possibilité : “ Il est difficile de comprendre ‘ tu l’achèveras à une coudée vers le haut ’ lorsque sohar est traduit par ‘ jour (= fenêtre) ’, voire par ‘ toit (plat) ’. Cependant, si on opte pour un toit sur pignons, la ‘ coudée vers le haut ’ peut correspondre à la différence de niveau entre le faîte et le haut des parois. En termes d’architecture moderne, la ‘ coudée ’ déterminerait la hauteur des fermes sur lesquelles repose le pan du toit. [...] D’après l’argument présenté, le toit de l’arche de Noé avait une inclinaison de quatre pour cent (1 coudée de hauteur — 25 coudées du mur au faîte), idéale pour que les eaux de pluie s’écoulent. ”

 

Jéhovah indiqua clairement avec quoi il fallait construire cette arche immense ; il dit : “ Fais-toi une arche en bois d’arbres résineux [littéralement : “ arbres de gopher ”]. ” (Gn 6:14). Certains pensent que le bois résineux prescrit dans ce verset était du cyprès ou une espèce similaire. L’arbre qu’on appelle aujourd’hui cyprès poussait en abondance dans cette partie du monde ; c’est ce bois que les Phéniciens et Alexandre le Grand préféraient pour la construction de navires, et qu’on préfère encore de nos jours ; et il est particulièrement résistant à l’eau et au pourrissement. On a signalé l’existence de portes et de montants en cyprès qui auraient duré 1 100 ans. En outre, Noé reçut l’ordre non seulement de calfater les joints, mais aussi de “ couvrir [l’arche] de goudron en dedans et en dehors ”.

 

Les “ espèces ” animales choisies étaient définies par les frontières ou limites bien arrêtées et immuables fixées par le Créateur et à l’intérieur desquelles les animaux peuvent se reproduire “ selon leurs espèces ”. Certains estiment qu’on pourrait réduire les centaines de milliers d’espèces d’animaux qui existent aujourd’hui à un nombre relativement faible d’“ espèces ” ou familles, telles que l’espèce des équidés et celle des bovidés pour n’en citer que deux. Les limites établies par Jéhovah dans lesquelles chaque espèce se reproduisait ne pouvaient être et ne furent pas franchies. Cela posé, certains chercheurs ont déclaré que même s’il n’y avait eu dans l’arche que 43 “ espèces ” de mammifères, 74 “ espèces ” d’oiseaux et 10 “ espèces ” de reptiles, elles auraient pu produire toute la variété des espèces connues à ce jour. D’autres, plus larges dans leur estimation, pensent qu’il aurait suffi de 72 “ espèces ” de quadrupèdes et de moins de 200 “ espèces ” d’oiseaux. La preuve que la grande variété d’animaux connus aujourd’hui put descendre d’un nombre aussi restreint d’“ espèces ” est fournie par la variété infinie que compte l’espèce humaine : elle comprend des individus petits, grands, gros, maigres, aux cheveux, aux yeux et à la peau de couleurs innombrables, alors que tous sont issus de la seule famille de Noé.

 

Ces estimations peuvent sembler trop restrictives à certains, surtout que des ouvrages comme The Encyclopedia Americana affirment qu’il existe plus de 1 300 000 espèces d’animaux (1977, vol. 1, p. 859-873). Toutefois, plus de 60 % de ces espèces sont des insectes. En décomposant encore ce chiffre, on s’aperçoit que sur les 24 000 amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères, 10 000 sont des oiseaux, 9 000 sont des reptiles ou des amphibiens, dont beaucoup étaient aptes à survivre hors de l’arche, et seulement 5 000 sont des mammifères, y compris les baleines et les marsouins qui, eux aussi, seraient restés en dehors de l’arche. D’autres chercheurs estiment qu’environ 290 espèces seulement de mammifères terrestres sont plus grosses que le mouton et quelque 1 360 plus petites que le rat (The Deluge Story in Stone, par B. Nelson, 1949, p. 156 ; The Flood in the Light of the Bible, Geology, and Archaeology, par A. Rehwinkel, 1957, p. 69). C’est pourquoi, même en calculant sur la base de ces chiffres plus élevés, l’arche pouvait facilement abriter un couple de tous ces animaux.

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3 juin 2006 6 03 /06 /juin /2006 16:10

Est-ce le visage du Christ? Des millions de gens dans le monde le croient. Pourquoi?

 CE VISAGE figure sur une étoffe de lin que l’on a qualifiée de “plus importante relique de l’histoire du christianisme”, à savoir le suaire de Turin.

 Ce voile de 1,10 m × 4,36 m serait pour certains le “fin lin” (Marc 15:46) utilisé pour recouvrir le corps de Jésus après sa mort. Il porte l’image pâle d’un corps taché de sang avec des blessures que l’on dit correspondre à celles qui ont été infligées à Jésus. L’étoffe aurait été, dit-on, repliée autour du corps, si bien que l’on voit de face et de dos la silhouette d’un homme, entre deux pliures sombres consécutives à un incendie.

 L’attention du monde s’est portée sur cette relique après l’ostension qui attira des millions d’observateurs (qui l’attendaient depuis longtemps), lorsqu’une équipe de chercheurs reçut l’autorisation d’examiner à fond le suaire. Au cours du mois d’octobre 1978, pendant cinq jours et cinq nuits, 45 savants, équipés de quatre tonnes de matériel ultramoderne, ont examiné la relique dans tous les sens. La revue Science News écrivit à ce propos:

 “Sur un autel de la cathédrale de Turin, cinq verges de linge donnent lieu aux mesures scientifiques sans doute les plus précises qu’ait jamais reçues une relique.”

 Bien avant que les résultats de ces recherches n’aient été publiés, les livres et les journaux présentèrent le suaire comme

 • “Une preuve de l’existence de Dieu”

 • “Le cinquième Évangile, écrit avec du sang”

 • “Un véritable ‘instantané’ de la Résurrection ”

 • “La photographie du Christ”

  Quel chrétien n’aimerait connaître l’aspect physique de Jésus? Si l’on pense, comme certains, qu’il existe une preuve concrète de la résurrection, on comprend l’excitation qui les a gagnés. D’un autre côté, quelle serait votre réaction si l’on découvrait un jour que le suaire est un faux? Quelle confusion! Par la large publicité dont il est l’objet, ce suaire pourrait-il égarer les gens et leur faire négliger des arguments beaucoup plus puissants en faveur de la résurrection?

 N’aimeriez-vous pas connaître tous les faits? Dans quelle mesure un chrétien doit-il se sentir concerné par cette relique?

 Examinons tout d’abord ce qui a causé l’émoi de tant de savants à propos de ce suaire.

 Les arguments des partisans

 Le tissage en chevrons d’un lin très solide avait cours en Palestine au temps du Christ, et l’on a retrouvé sur le suaire des pollens de plantes qui poussaient jadis dans cette région. La préservation d’un linge de l’époque de Jésus ne présente rien d’extraordinaire en soi, puisque l’on possède des tissus encore plus anciens. Le caractère unique de cette étoffe provient de l’image qu’elle porte.

 En 1898, lorsque le suaire fut photographié pour la première fois, un élément tout à fait inattendu se fit jour, élément qui attira l’attention du monde scientifique d’alors. En effet, au développement, l’image du suaire s’avéra être en réalité un négatif, comme une épreuve photographique qui présente l’inverse de la luminosité du portrait. Les empreintes pâles du suaire semblèrent prendre vie sur le négatif. Elles montraient avec des détails exceptionnels le visage d’un homme.

 On observa aux poignets et aux pieds les mêmes marques que s’ils avaient été percés. Il y avait également une grande tache de sang sur le côté droit de la poitrine et quantité de marques doubles qui évoquaient les traces laissées par les fouets qu’utilisaient les Romains au temps du Christ. On découvrit aussi des taches de sang sur la tête, comme si on lui avait appliqué une calotte d’épines.

 La plus grande énigme concerne la formation même de l’image. Les examens les plus récents n’ont pas permis de déceler la moindre trace des pigments utilisés au Moyen Âge, époque où le suaire a été signalé pour la première fois. De puissants microscopes ont révélé que l’image était constituée de grains minuscules sur les fibres, d’une couleur jaune-rouge. Quelle qu’en soit la cause, l’image n’a pas pénétré le tissu. “On a l’impression, écrit I. Wilson, qu’il s’est agi d’une action ‘à sec’, comme provenant de quelque force physique qui aurait réagi avec les fibres superficielles des fils, ces fibres ayant ainsi formé d’elles-mêmes les granules que l’on constate.”

 D’après un chimiste qui fait autorité sur le suaire, R. Rogers, la dernière théorie en vogue est que l’image “a été formée par une explosion d’énergie radiante”. Certains pensent que celle-ci aurait eu lieu au moment de la résurrection de Jésus. Ces conclusions emportent-elles la conviction unanime de tous?

 De solides raisons de douter

 Un certain nombre de biblistes éminents révoquent en doute l’authenticité du suaire à cause des Écritures. La Bible décrit en effet l’ensevelissement de Jésus dans des conditions différentes de celles qu’évoque le suaire. Pour que ce dernier soit authentique, il aurait fallu que deux conditions soient remplies au moment où l’image s’est formée: Premièrement, que le corps n’ait pas été lavé, car les taches de sang sont bien visibles sur l’étoffe. Deuxièmement, que le suaire ait simplement recouvert le corps, mais sans être appliqué contre lui. Selon un partisan du suaire, E. Wuenschel, “les empreintes qui figurent sur le suaire n’ont pas été produites par le simple contact du linge avec un corps humain”. Cet auteur ajoute: “Un tel contact aurait provoqué une déformation considérable de l’image, or, celle du suaire ne présente aucune distorsion, ou très peu.”

 L’enterrement de Jésus est rapporté très brièvement dans les Évangiles selon Matthieu (27:59, 60), Marc (15:46) et Luc (23:53). Mais tous disent que l’on “enveloppa” le corps dans du “fin lin”. La préparation du corps s’est-elle déroulée si rapidement que l’on n’aurait pas eu le temps de le laver? De la part de Juifs, ce serait étonnant au plus haut point. La raison en est qu’un historien juif du premier siècle, Josèphe, explique que contrairement à leurs ennemis, “les Juifs avaient coutume de prendre grand soin de l’enterrement des hommes”.

 Un témoin oculaire, l’apôtre Jean, fournit d’autres détails qui confirment que l’on a pris “grand soin” du corps de Jésus avant de l’enterrer. Il écrit en effet:

 “[Joseph d’Arimathée] vint donc et enleva son corps. Vint aussi Nicodème (...) il apportait un rouleau de myrrhe et d’aloès, cent livres environ. Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de bandelettes avec les aromates, comme les Juifs ont coutume de préparer l’ensevelissement.” — Jean 19:38-40.

 Quelle était la “coutume” des Juifs en matière d’ensevelissement? En pratique, les seuls témoignages contemporains figurent dans les Écritures grecques. On apprend que le corps était d’abord lavé, puis oint avec de l’huile et des aromates (Actes 9:37; Mat. 26:12). Le fait que Joseph et Nicodème ont utilisé de la myrrhe, des bandelettes et de l’aloès et qu’ils “lièrent” le corps indique qu’ils avaient pour le moins commencé à préparer le corps selon la coutume juive.

 D’autres écrits non bibliques juifs indiquent également que l’on avait coutume de laver le corps et de se servir d’aromates, non pas pour le préserver ou l’embaumer, comme d’aucuns le prétendent, mais plutôt, comme le dit le Talmud, pour que “les aromates enlèvent la mauvaise odeur”. Même le jour du sabbat, la préparation du corps n’était pas interdite. C’est ce que l’on relève au second siècle de notre ère dans la Mischna : “Ils peuvent préparer [le sabbat] tout ce qui est nécessaire pour le mort, l’oindre et le laver.” — Sabbat 23:5.

 Que les deux Juifs précités aient pris des dispositions pour préparer le corps en vue de l’ensevelissement, c’est aussi ce qui ressort de ce que l’on a retrouvé dans la tombe vide après la résurrection de Jésus. Le récit de l’évangéliste Jean déclare:

 “[Pierre] vit les bandelettes posées là, ainsi que le linge qui avait été sur sa tête, non pas posé avec les bandelettes, mais roulé à part, à une autre place.” — Jean 20:6, 7.

 Ici il n’est pas question de “fin lin” (sindôn, en grec), mais de “bandelettes” (othonia, en grec) et d’un “linge qui avait été sur sa tête” (soudarion, en grec). Peut-être le “fin lin” a-t-il été découpé en bandes pour donner les “bandelettes” avec lesquelles était enveloppé le corps du Christ. Si tel est le cas, celles-ci auraient maintenu le linceul contre le corps et permis une impression par contact, mais pas l’image projetée que présente le suaire. Si les bandelettes se trouvaient sous le suaire, elles auraient de toute évidence déformé l’image.

 Le fait qu’un morceau de tissu est mentionné séparément pour la tête révèle que le linge qui couvrait le visage n’était pas le même, alors que le suaire montre sans équivoque l’image de la tête sur le même linge que celui qui couvrait censément le corps. Certains ont néanmoins prétendu que ce linge qui couvrait la tête était en réalité le suaire. Il n’empêche que le mot grec pour désigner ce linge apparaît dans plusieurs traductions comme un “mouchoir” (Reuss, Lausanne). En Luc 19:20, il désigne un morceau de tissu dans lequel on garde son argent. Comment peut-on dire que ce vocable désignerait un linceul de 4,30 m de long? D’autres auteurs sont d’avis que le linge du visage était une mentonnière pour maintenir la mâchoire du cadavre. Dans cette hypothèse, cela voudrait dire que Jean n’a pas mentionné la présence du suaire dans la tombe vide. Il est certain que s’il a pris la peine de parler des “bandelettes” et du ‘linge du visage’, il n’allait pas manquer non plus de mentionner le suaire s’il y en avait eu un.

 Le texte biblique permet de comprendre que le corps a été lavé et oint de myrrhe et d’aloès comme le prescrit la coutume juive. Tout a été mené à bien, sauf l’onction avec l’huile et les aromates, onction que les femmes avaient l’intention de faire le lendemain matin du sabbat (Luc 23:55, 56; Marc 16:1). De tels préparatifs ne se prêtaient pas à ce que l’on observe une image comme celle du suaire. D’ailleurs, un partisan du suaire, R. Hoare, fait cet aveu au sujet du récit biblique:

 “Ce passage de saint Jean a constitué pendant des années le principal argument contre l’authenticité du suaire et, à vrai dire, un argument très puissant.” — Le témoignage du Suaire (angl.), p. 120.

 Le curieux silence des premiers auteurs chrétiens

 Si l’image de Jésus était présente sur son linge mortuaire, ne vous semble-t-il pas que cela aurait été remarqué et que l’on en aurait parlé? Or, à part ce que disent les Évangiles, le Nouveau Testament est absolument muet sur ce linge mortuaire.

 Même les auteurs des troisième et quatrième siècles qui se réclamaient du christianisme, dont beaucoup ont écrit au sujet d’une foule de prétendus miracles liés à quantité de reliques ne mentionnent pas l’existence d’un suaire qui aurait conservé l’image de Jésus. Certains prétendent que le suaire a été caché pendant toutes ces années. Pourtant, même après la “découverte” du suaire attribué à Jésus, les auteurs du septième siècle ne mentionnent aucune image sur l’étoffe. P. Beecher, partisan du suaire, énumère une foule d’individus qui l’ont vu entre le septième et le treizième siècle, et même une personne qui l’a “embrassé”; pourtant, aucun ne mentionne l’image. Voilà qui est difficile à comprendre, puisque d’après H. Thurston, les observateurs des quinzième et seizième siècles “décrivent le motif imprimé sur le suaire comme si détaillé et si coloré qu’il aurait pu être fait récemment”.

 Il fallut attendre 1205 pour qu’un soldat français, Robert de Clari, signale avoir vu “le sydoine [suaire] dans lequel Notre Seigneur avait été enveloppé, qu’on élevait tout droit chaque vendredi si bien qu’on pouvait y voir la figure de Notre Seigneur”. À propos de cette longue période de silence, un autre partisan du suaire, I. Wilson, pose ces questions très pertinentes:

 “Comment une pièce de tissu aussi passionnante que le Suaire de Turin, s’il est authentique, peut-elle avoir disparu totalement pendant treize siècles, pour resurgir soudain dans la France du XIVe siècle?

 “Peut-elle être demeurée cachée tout ce temps d’abord à cause des persécutions menées contre les chrétiens par les Juifs et les Romains, puis pour échapper au danger qu’ont couru toutes les images saintes à cause des iconoclastes (725-842)? Mais c’est tout à fait improbable.

 “De la conversion de Constantin le Grand au début de la guerre des icônes, il s’est passé quatre cents ans au cours desquels de nombreuses reliques ‘cachées’ ont revu la lumière du jour, y compris la vraie croix, la couronne d’épines, les clous, le manteau de pourpre, le roseau, la pierre du sépulcre, etc. Pendant ces quatre cents ans, un objet aussi important et aussi évident que le suaire aurait eu maintes occasions de réapparaître. Mais il n’existe aucun document concernant un tel événement.”

 Vu la signification accordée à cette relique, on ne peut que se demander pourquoi il a fallu attendre près de 1 200 ans avant que quelqu’un mentionne l’image qu’elle comportait.

 Quelques énigmes scientifiques et historiques

 Nombre de théories ont été proposées pour expliquer la formation de l’image. La plupart des spécialistes s’accordent sur les dernières découvertes qui ont prouvé que l’image tout entière s’explique par un seul et unique phénomène, peut-être par quelque procédé de roussiment du tissu.

 Cette conclusion scientifique pose un certain nombre de problèmes, car elle laisse entendre que l’impression du suaire ne peut forcément faire intervenir qu’une seule couleur dont l’intensité pourrait varier. Or, les observateurs du seizième siècle mentionnaient deux couleurs différentes. Non seulement les reproductions artistiques de l’époque montrent que l’étoffe était multicolore, mais un observateur du nom de Chifflet a dit:

 “La silhouette de Turin ne montre pas grand-chose sinon des taches sépia; (...) les marques des blessures semblent avoir été peintes sur la silhouette du corps, qui est jaune pâle.”

 On peut se demander si le suaire actuel est le même que celui qui était exposé au quatorzième siècle et qu’un évêque, Henri de Troyes, avait qualifié de faux habilement peint. Dans la revue New Scientist, J. Hanlon évoque cette possibilité intéressante:

 “Mais se pourrait-il qu’il y ait eu une double fraude, l’une au quatorzième siècle et l’autre au siècle dernier? Le Suaire a fait l’objet de nombreuses ostensions aux quinzième et seizième siècles, mais pas ensuite. Se peut-il que la première fraude ait été trop évidente? (...) Se peut-il que les propriétaires du Suaire aient fait un meilleur travail ensuite, en recourant à la technologie moderne et aux connaissances médicales, y compris à des contrôles identiques à ceux du docteur Barbet, et qu’ils aient utilisé une ancienne étoffe du Moyen-Orient? Se peut-il que l’on ait sculpté une statue uniquement à cette fin et qu’on l’ait chauffée pour imprimer le vêtement avant de la faire disparaître? (...) Quoi qu’il en soit, il existe suffisamment de faux archéologiques datant de l’époque victorienne pour que l’on ne puisse éluder cette hypothèse.”

 On a également suggéré que l’utilisation d’un mélange de myrrhe et d’aloès frotté sur un bas-relief produisait une silhouette identique. Toujours est-il que le président de la Confrérie du Saint-Suaire, A. Otterbein, tire la conclusion suivante: “La manière dont l’image a été formée restera peut-être un mystère jusqu’à la fin des temps. (...) Il est douteux que la science parvienne un jour à démontrer comment elle a été faite.”

 Le rapport avec la foi

 Il est évident que le débat sur le suaire n’est pas clos. Ceci vous paraît-il être la manière dont Dieu entendait attester la résurrection de son Fils? Comment les gens du premier siècle ont-ils acquis la conviction que Jésus était ressuscité? Loin de faire reposer leur foi sur une étoffe qui aurait à un moment donné enveloppé un cadavre, Jéhovah veilla à ce que plus de 500 témoins en chair et en os voient le Christ ressuscité (I Cor. 15:3-8). Devant un témoignage aussi puissant, l’intérêt des linges mortuaires pâlit considérablement.

 Quand bien même le suaire serait authentique, se pourrait-il que la publicité dont il est l’objet éclipse cette preuve indéniable de la résurrection? Pourrait-il égarer les gens au point qu’ils ajoutent foi à un morceau d’étoffe? Même des spécialistes du suaire en sont conscients, tel J. Jackson, qui a dit:

 “Mais si l’on devait baser entièrement sa foi sur un morceau d’étoffe qui sort de l’ordinaire, en réalité ce serait une forme d’idolâtrie.” — The Catholic Digest, avril 1979.

 Il est très facile de se laisser séduire par les hypothèses au sujet du suaire. Mais l’intérêt éveillé par ce tissu engendrera-t-il une foi solide? Aidera-t-il à ‘marcher par la foi et non par la vue’? (II Cor 5:7.) Et s’il était prouvé qu’il s’agit d’un faux? Perdriez-vous foi dans la résurrection de Jésus, ou du moins concevriez-vous des doutes à son sujet? Si le suaire vous enthousiasme, quelle en est la raison profonde? Est-ce là l’armature de votre foi? Se pourrait-il qu’en réalité ce ne soit qu’une béquille? Voilà des questions profondes auxquelles chaque chrétien doit réfléchir.

 Bien que nous vivions une époque où l’on aime le spectaculaire, cela a bien souvent détourné l’attention des gens des questions importantes. C’est ainsi qu’un prêtre catholique, F. Barbero, a lancé cette remarque: “Je me demande ce qu’il serait advenu de l’église de Turin si toute l’énergie dépensée rien que pour cet objet l’avait été pour prêcher la Parole !”

 Oui, c’est la ‘prédication de la Parole ’, et non l’ostension de reliques qui engendre une foi authentique, une solide espérance qui “ne cause pas de déception”. (Rom. 5:5.) Une telle espérance nous garantit que Celui-là même qui a ressuscité Jésus va agir une nouvelle fois, non pas en ‘envoyant’ une certaine étoffe pour étonner le monde, mais en se servant de son Fils glorifié pour mettre un terme au présent monde corrompu et dépourvu de foi réelle. Par la même occasion, il instaurera un nouvel ordre de justice pour les gens qui ont la vraie foi. — II Pierre 3:13.

 

 

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