Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

SOURCES:

http://www.bib-arch.org

http://www.biblos.com

http://www.jw.org

http://www.toutankharton.com

http://www.histoire-archeologie.comm

Recherche

Archives

20 mai 2006 6 20 /05 /mai /2006 01:38

Première ville cananéenne à l’O. du Jourdain que conquirent les Israélites (Nb 22:1 ; Jos 6:1, 24, 25). On l’identifie à Tell es-Soultân (Tel Yeriho), à environ 22 km à l’E.-N.-E. de Jérusalem. On pense que Touloul Abou el-`Alayiq, non loin de là, correspond à l’emplacement de la Jéricho du Ier siècle. Nichée dans la vallée du Jourdain, à quelque 250 m au-dessous du niveau de la mer, Jéricho jouit d’un climat subtropical. Aujourd’hui, on cultive dans la région des oranges, des bananes et des figues et, comme autrefois, les palmiers y sont abondants.

Prémices de la conquête par Israël. Au terme des 40 ans qu’ils passèrent à errer dans le désert, les Israélites arrivèrent dans les plaines de Moab. Là, face à Jéricho, Moïse gravit le mont Nebo et contempla la Terre promise, dont Jéricho, " la ville des palmiers ", et la plaine qui l’environnait. — Nb 36:13 ; Dt 32:49 ; 34:1-3.

Au terme des 40 ans qu’ils passèrent à errer dans le désert, les Israélites arrivèrent dans les plaines de Moab. Là, face à Jéricho, Moïse gravit le mont Nebo et contempla la Terre promise, dont Jéricho, " la ville des palmiers ", et la plaine qui l’environnait. — Nb 36:13 ; Dt 32:49 ; 34:1-3.

Après la mort de Moïse, Josué envoya deux espions à Jéricho. Cachés par Rahab, ils échappèrent aux recherches, puis s’enfuirent de la ville en passant à l’aide d’une corde par la fenêtre de la maison de Rahab qui se trouvait en haut de la muraille de Jéricho. Pendant trois jours, les deux hommes se terrèrent près de la ville, dans la région montagneuse, après quoi ils franchirent le Jourdain à gué et regagnèrent le camp d’Israël. — Jos 2:1-23.

Le roi et les habitants de Jéricho durent être remplis de frayeur lorsqu’ils apprirent ou virent que les eaux en crue du Jourdain avaient été endiguées par miracle pour laisser les Israélites traverser à pied sec. Par la suite, bien que les Israélites mâles se soient fait circoncire et qu’il leur ait fallu se remettre de cette opération avant d’être en mesure de se défendre, personne n’osa les attaquer à Guilgal. Sans être molestés, les Israélites célébrèrent également la Pâque dans la plaine désertique de Jéricho. — Jos 5:1-10.

Plus tard, près de Jéricho, un prince angélique apparut à Josué et lui expliqua comment s’emparer de la ville, qui était alors hermétiquement close à cause des Israélites. Une fois par jour pendant six jours, les forces militaires d’Israël, obéissantes, sortirent, suivies de sept prêtres qui sonnaient continuellement du cor, puis des prêtres qui portaient l’Arche et enfin de l’arrière-garde, tous marchant autour de Jéricho. Mais le septième jour, elles marchèrent sept fois autour de la ville. Lorsque les cors retentirent lors de la dernière marche autour de Jéricho, le peuple poussa un grand cri de guerre et les murailles de la ville tombèrent sur place. — Jos 5:13–6:20.

Les Israélites se précipitèrent alors dans Jéricho et vouèrent ses habitants ainsi que tous ses animaux domestiques à la destruction. Toutefois, en raison de la bonté dont Rahab avait fait preuve en cachant les espions, elle et les membres de sa famille, à l’abri dans sa maison située sur la partie de la muraille qui ne s’était pas écroulée, furent épargnés. Toute la ville fut brûlée. Seuls l’or et l’argent furent déposés dans le sanctuaire de Jéhovah (Jos 6:20-25). Cependant, un Israélite nommé Akân vola un lingot d’or, de l’argent et un beau vêtement, et cacha le tout sous sa tente. Il causa ainsi sa mort et celle de sa famille entière. — Jos 7:20-26.

Mentions historiques postérieures. La ville détruite de Jéricho se retrouva par la suite dans le territoire de Benjamin à la frontière d’Éphraïm et de Manassé (Jos 16:1, 7 ; 18:12, 21). Il semble qu’une sorte de petit village s’y constitua assez rapidement. Églôn, roi de Moab, en prit possession et en resta maître pendant 18 ans (Jg 3:12-30). À l’époque du roi David, il y avait encore un petit village à Jéricho (2S 10:5 ; 1Ch 19:5). Toutefois, la ville ne fut vraiment reconstruite que sous le règne d’Ahab par Hiel le Béthélite. Alors s’accomplit la malédiction prophétique prononcée par Josué plus de 500 ans auparavant : Hiel perdit Abiram, son premier-né, quand il posa les fondations de la ville, et Segoub, son plus jeune fils, lorsqu’il en érigea les portes. — Jos 6:26 ; 1R 16:34.

La ville détruite de Jéricho se retrouva par la suite dans le territoire de Benjamin à la frontière d’Éphraïm et de Manassé (Jos 16:1, 7 ; 18:12, 21). Il semble qu’une sorte de petit village s’y constitua assez rapidement. Églôn, roi de Moab, en prit possession et en resta maître pendant 18 ans (Jg 3:12-30). À l’époque du roi David, il y avait encore un petit village à Jéricho (2S 10:5 ; 1Ch 19:5). Toutefois, la ville ne fut vraiment reconstruite que sous le règne d’Ahab par Hiel le Béthélite. Alors s’accomplit la malédiction prophétique prononcée par Josué plus de 500 ans auparavant : Hiel perdit Abiram, son premier-né, quand il posa les fondations de la ville, et Segoub, son plus jeune fils, lorsqu’il en érigea les portes. — Jos 6:26 ; 1R 16:34.

À peu près à la même époque, des " fils des prophètes " résidaient à Jéricho (2R 2:4, 5). Après que Jéhovah eut enlevé le prophète Éliya dans une tempête de vent, Élisha resta quelque temps à Jéricho et guérit la réserve d’eau de la ville (2R 2:11-15, 19-22). On a dit de l’eau de `Aïn es-Soultân (la source qui fut guérie par Élisha, selon la tradition), eau qui arrose les jardins de la Jéricho moderne, qu’elle est douce et agréable.

À l’époque d’Ahaz, méchant roi de Juda, Jéhovah permit aux armées israélites commandées par le roi Péqah d’infliger une défaite humiliante au royaume infidèle de Juda ; elles tuèrent 120 000 hommes et firent 200 000 captifs. Cependant, Oded, prophète de Jéhovah, rencontra les vainqueurs à leur retour et leur déconseilla vivement de réduire les captifs en esclavage. Par conséquent, après avoir été habillés et nourris, les prisonniers furent emmenés à Jéricho et libérés. — 2Ch 28:6-15.

Après la chute de Jérusalem en 607 av. n. è., le roi Tsidqiya s’enfuit en direction de Jéricho, mais les Babyloniens le rattrapèrent et le firent prisonnier dans les plaines désertiques de la ville (2R 25:5 ; Jr 39:5 ; 52:8). Après la libération de la captivité à Babylone, 345 " fils de Jéricho " figuraient parmi ceux qui revinrent avec Zorobabel en 537 av. n. è. Tout porte à croire qu’ils s’installèrent à Jéricho (Ezr 2:1, 2, 34 ; Ne 7:36). Plus tard, des hommes de Jéricho travaillèrent à la reconstruction de la muraille de Jérusalem. — Ne 3:2.

Vers la fin de l’an 32 et le début de l’an 33 de n. è., Jéricho est mentionnée dans le cadre du ministère de Jésus. À proximité de cette ville, Jésus Christ redonna la vue à Bartimée et à son compagnon (Mc 10:46 ; Mt 20:29 ; Lc 18:35). À Jéricho, Jésus rencontra également Zachée et fut son hôte par la suite (Lc 19:1-7). Plus tôt, en Judée, dans son exemple du bon Samaritain, Jésus avait parlé de la route qui reliait Jérusalem à Jéricho (Lc 10:30). D’après d’anciens témoignages historiques, cette route était infestée de bandits.

Les archéologues ont-ils trouvé des preuves de la destruction de Jéricho à l’époque de Josué ?

Entre 1929 et 1936, le professeur John Garstang dirigea une expédition anglaise à Tell es-Soultân ; il découvrit qu’une des villes bâties selon lui sur ce site avait subi de terribles incendies et que ses murailles s’étaient écroulées. Il identifia cette ville à la Jéricho de l’époque de Josué et situa sa destruction vers 1 400 av. n. è. Aujourd’hui, certains spécialistes souscrivent toujours aux conclusions de J. Garstang, mais d’autres interprètent différemment les vestiges. On lit sous la plume de l’archéologue G. Wright : " Les deux murailles qui entouraient le haut de la vieille ville, et qui, d’après Garstang [...], avaient été détruites par un tremblement de terre et par un incendie à l’époque de Josué, dataient en fait du IIIe millénaire et ne représentaient que deux des quelque quatorze murailles ou pans de mur érigés successivement au cours de cette période. " (Biblical Archaeology, 1963, p. 79, 80). Beaucoup pensent qu’il reste peu de chose, sinon rien, de la Jéricho du temps de Josué, les fouilles effectuées précédemment à cet endroit ayant fait disparaître ce qui aurait pu subsister de l’époque de sa destruction. Le professeur Jack Finegan fait l’observation suivante : " Actuellement, il ne reste donc presque plus aucun vestige sur le site qui permette de tenter de déterminer la date de la prise de Jéricho par Josué. " — Light From the Ancient Past, 1959, p. 159.

C’est pourquoi nombre de savants datent la chute de Jéricho à partir de preuves indirectes, et les dates proposées s’étalent sur une période d’environ 200 ans. À cause de cette incertitude, le professeur Merrill Unger fait observer avec pertinence : " Les spécialistes doivent aussi se montrer extrêmement prudents afin de ne pas accorder une autorité excessive aux estimations de dates fournies par les archéologues et à leur interprétation des données. Les divergences considérables qui séparent les autorités compétentes en ces matières démontrent amplement que la datation et les conclusions tirées des découvertes archéologiques dépendent souvent de facteurs subjectifs. " — Archaeology and the Old Testament, 1964, p. 164.

Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter parce que les interprétations des archéologues ne correspondent pas à la chronologie biblique qui situe la destruction de Jéricho en 1473 av. n. è. Les différences de vues entre J. Garstang et d’autres archéologues concernant Jéricho illustrent la nécessité d’être circonspect quand il s’agit d’ajouter foi au témoignage de l’archéologie, qu’il semble confirmer ou contredire le récit et la chronologie de la Bible.

Repost 0
15 mai 2006 1 15 /05 /mai /2006 03:28

LE MOYEN-ORIENT est aujourd’hui au centre de l’actualité internationale, tout comme il y a deux mille ans. Alors, comme aujourd’hui, il abritait un État juif cerné par des voisins hostiles, dans un contexte religieux et nationaliste exacerbé. Comme aujourd’hui, le Moyen-Orient jouait un rôle clé dans l’économie du monde. (Le blé d’Égypte nourrissait toute la population de la Rome antique.) Ajoutons qu’à l’époque, cette région d’un très grand intérêt stratégique était la tête de pont de l’Empire romain chez ses rivaux.

 

C’est dans ce contexte que des prophéties ont été prononcées sur la nation juive, prophéties qui se sont réalisées jusque dans les moindres détails. Par exemple, il était prédit que Jérusalem serait cernée, tout d’abord par des troupes de siège, puis par une fortification de poteaux pointus, et que la ville tomberait finalement aux mains de ses ennemis après une lutte acharnée marquée par la famine, la peste et des atrocités. Il était même prédit que le magnifique temple de Jérusalem, dont les travaux d’agrandissement et d’embellissement venaient de s’achever, serait rasé de fond en comble.

 

En quoi sommes-nous concernés?

 

L’accomplissement point par point de ces prophéties 37 ans après qu’elles eurent été prononcées leur confère un intérêt majeur pour quiconque observe aujourd’hui la scène politique mondiale. La raison en est que les étudiants de la Bible se rendent compte que les prophéties de Jésus vont connaître un accomplissement encore plus grand, qui aura des répercussions sur tous les habitants de notre planète. — Luc 19:43, 44; 21:5-35.

 

Mais tout ceci s’est produit il y a plus de dix-neuf siècles. Comment sait-on que les prophéties de Jésus sur Jérusalem se sont réalisées jusque dans les moindres détails? Eh bien, la connaissance que l’on a aujourd’hui des événements qui ont entouré la destruction de Jérusalem par les armées romaines en l’an 70 repose en grande partie sur les écrits de l’historien juif Flavius Josèphe. Dans son ouvrage intitulé La guerre des Juifs, il mentionne les événements que Jésus avait prédits, bien que rien n’indique que Josèphe ait été lui-même chrétien, voire simplement au courant des prophéties de Jésus.

 

C’est ainsi que Josèphe rapporte que Titus, le général romain, avait bâti une fortification de poteaux pointus pour que la famine surprenne plus rapidement la ville assiégée, en accord avec la prophétie de Jésus. (Jésus avait dit: “Tes ennemis feront une fortification autour de toi, avec des pieux taillés en pointe, et t’encercleront, et te presseront de toutes parts.”) Josèphe parle longuement de l’état critique auquel les habitants de la ville avaient été réduits à cause de la famine, de la peste et du carnage qu’ils avaient affrontés, aspects que Jésus avait tous mentionnés. (“Il y aura (...) des pestes et des disettes.” “Ils tomberont sous le tranchant de l’épée.”) Cet historien rapporte également que le temple fut complètement rasé, sans qu’il en reste une seule pierre, exactement comme Jésus l’avait annoncé. (“Il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée.”)

 

Qui était Flavius Josèphe?

 

Qui était exactement cet historien juif qui en vint à être connu sous le patronyme romain de “Flavius”? Était-il vraiment à même de nous transmettre des renseignements précis sur les événements survenus dans la Judée du premier siècle? Peut-on se fier à ses dires?

 

Notons tout d’abord que Josèphe n’écrivait pas de l’histoire ancienne, grâce aux facilités que donne l’accès à quelque bibliothèque impériale. Non, il écrivait l’histoire de son temps. De fait, il fut contemporain de la plupart des événements qu’il a rapportés. Son récit est d’autant plus passionnant qu’il servit activement dans les deux camps durant la guerre entre les Juifs et les Romains, après avoir commencé comme général des forces juives stationnées en Galilée et terminé comme conseiller du général Titus. Il était si ami avec Titus et son père Vespasien qu’il finit par adopter leur nom de famille, Flavius, raison pour laquelle nous le connaissons sous le nom de Flavius Josèphe, et non par son nom juif de Joseph ben Matthias.

 

Né quelques années après la mort de Jésus, Josèphe se montra un observateur attentif des divers courants politiques de son temps. Il était de naissance noble, membre de la secte religieuse des Pharisiens et lié, par sa famille, à la secte plus aristocratique des Sadducéens. Il raconte qu’à l’âge de 26 ans, on l’envoya à Rome avec une délégation chargée d’obtenir la libération de certains prêtres juifs qui avaient été emmenés captifs chez César par le procurateur romain Félix, sur la base d’accusations “mineures et dérisoires”. Ce récit rappellera au lecteur de la Bible les difficultés que l’apôtre Paul a rencontrées avec ce même Félix, qui l’a gardé deux ans en prison dans l’espoir de toucher de l’argent (Actes 24:27). Durant son séjour à Rome, le jeune Josèphe se lia d’amitié avec la propre femme de Néron, l’impératrice Poppée, qui intervint en faveur de la libération de ses amis.

 

De retour à Jérusalem, Josèphe, rempli d’admiration pour la culture et la puissance de Rome, fut ahuri de voir que la nation juive se préparait de plus en plus ouvertement à une guerre avec les Romains. Comme il se jugeait sans doute en position de négocier avec les Romains, Josèphe accepta que ses concitoyens de Jérusalem le nomment gouverneur général en Galilée. Là, il s’attacha à fortifier les villes de Galilée, organisant ses troupes sur le modèle romain et déjouant toutes sortes de complots tramés contre lui par des zélotes de la région.

 

Un personnage tout de ruse et d’audace

 

De la personnalité de Josèphe se dégage une impression de ruse. C’est ce qui ressort de la façon dont il a réagi lorsque la ville de Tibériade, sur la mer de Galilée, s’est révoltée contre son autorité et l’a chassé. Comme Josèphe ne disposait pas de forces suffisantes pour marcher contre la ville, ses partisans et lui prirent chacun un bateau et firent voile vers Tibériade. Josèphe avait juste assez d’hommes pour manœuvrer les 230 navires qu’il commandait. Mais les habitants de Tibériade n’en savaient rien et croyaient que chaque embarcation était bourrée de soldats. Bluffant jusqu’au bout, Josèphe fit peur aux habitants, qui se rendirent sans la moindre effusion de sang.

 

Bientôt, le général romain Vespasien envahit la Galilée avec 60 000 hommes, pour venger les humiliations subies par Cestius Gallus en 66. Finalement, Vespasien accula Josèphe dans la petite ville montagneuse de Jotapata, qui succomba après un siège impitoyable de 47 jours. Josèphe et 40 survivants se réfugièrent dans une grotte. Lorsqu’on découvrit leur cachette, les Romains lui firent dire qu’il aurait la vie sauve s’il se rendait.

 

Josèphe aurait bien cédé, mais ses hommes n’étaient pas de cet avis, préférant un suicide collectif. Feignant de rejoindre leurs idées, Josèphe proposa que l’on tire au sort pour déterminer l’ordre dans lequel les hommes se tueraient mutuellement. Certains ont soupçonné Josèphe d’avoir “pipé les dés”, parce qu’à la fin, il ne restait plus qu’un survivant et lui. C’est à ce moment-là qu’il le persuada de se rendre avec lui aux Romains.

 

Après avoir été emmené en captivité, Josèphe eut l’audace de flatter cet homme superstitieux qu’était Vespasien en prétendant être devin et en prédisant que Vespasien deviendrait maître du monde. Vespasien fut si impressionné qu’il modifia son projet initial, qui était d’envoyer Josèphe à Néron. Il préféra le garder prisonnier en attendant la suite des événements. En 69, lorsque Vespasien fut proclamé empereur, il se rappela la prophétie de Josèphe, qui datait de deux ans, et, dès lors, notre homme devint l’ami et le conseiller intime de la famille Flavius.

 

Quand Vespasien s’en fut à Rome prendre son empire en mains, Josèphe partit avec Titus, le fils de Vespasien, pour mettre un terme à la guerre contre les Juifs en s’emparant de Jérusalem. Il servit à Titus de conseiller sur les tactiques juives, et, se faisant le propagandiste des Romains, il risqua sa vie sous les murailles de Jérusalem en poussant son peuple à la reddition.

 

Un témoin oculaire

 

C’est durant cette période que Josèphe a pu suivre aux premières loges les événements qui confirmaient la véracité de la remarquable prophétie de Jésus sur Jérusalem. Jésus avait prédit “grande détresse sur le pays et courroux sur ce peuple”, et Josèphe ne manqua pas de noter le courroux des Romains, qui étaient à l’origine favorablement disposés à l’égard des Juifs mais qui virent rouge lorsqu’ils se rendirent compte que les Juifs n’étaient pas disposés à céder. — Luc 21:23.

 

Lorsque la ville tomba, au terme d’un siège relativement court de quatre mois et demi, les soldats romains se livrèrent au carnage, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus la force de poursuivre leurs massacres. “Glaive au poing, ils massacraient indistinctement tous ceux qu’ils rencontraient et brûlaient les maisons avec tous les gens qui avaient cherché refuge à l’intérieur. Tandis qu’ils en ravageaient des quantités lorsqu’ils pénétraient à l’intérieur pour piller, ils tombaient sur des familles entières de cadavres et des pièces bourrées de victimes de la famine (...) poursuivant ceux qu’ils rencontraient, ils engorgeaient les ruelles de cadavres et répandaient des flots de sang dans toute la ville.”

 

Il vaut la peine de noter que non seulement la férocité, mais la brièveté même du siège de Jérusalem avaient fait l’objet d’une prédiction de Jésus, lorsqu’il avait dit: “Oui, si ces jours-là n’étaient écourtés, nulle chair ne serait sauvée.” (Mat. 24:22). Durant le siège, Josèphe, glacé d’horreur, vit les Juifs entasser 600 000 cadavres sur les murailles de la ville, à savoir les victimes de la famine, de la maladie et des guerres intestines qui se livraient dans la capitale. À cette cadence, toute la population de Jérusalem serait morte si le siège s’était poursuivi cinq mois de plus.

 

Josèphe rapporte que le total des Juifs qui ont péri dans le siège atteignait 1 100 000 morts, et il appuie ce chiffre en soulignant que le siège était survenu alors que de grandes foules de pèlerins s’étaient rendus à Jérusalem pour fêter la pâque. On a mis en doute le chiffre avancé par Josèphe, sous prétexte que Tacite, historien romain, donne l’estimation plus modeste de 600 000 morts.

 

Il faut pourtant se rappeler que Tacite n’était pas témoin oculaire des événements. Ses écrits fourmillent d’inexactitudes sur l’histoire et les coutumes juives, et lui-même reconnaît qu’il tenait de seconde main le nombre des victimes.

 

Par contre, Josèphe défend son chiffre de 1 100 000 morts en faisant remarquer que peu avant l’invasion de la Judée par les Romains, on avait compté le nombre d’animaux sacrifiés durant la fête, et l’on était arrivé au chiffre de 256 500. Or, comme un seul animal permettait à dix personnes de manger la pâque, Josèphe en a déduit que deux millions et demi de Juifs se trouvaient à Jérusalem au moment de cette fête.

 

Un auteur crédible, mais pas infaillible

 

En tant que témoin oculaire, Josèphe possède un crédit d’historien incontestable. Certes, il n’a pas vu de ses yeux les événements qui se déroulaient à l’intérieur de Jérusalem durant le siège, mais il a pu obtenir la liberté de quelque 200 survivants juifs après la chute de la ville, ce qui lui a permis de les interroger. Durant le siège, il y avait également un flot continuel de transfuges juifs, et Josèphe avait tout loisir pour les interroger eux aussi. En outre, il semble qu’il ait eu accès aux notes et aux commentaires de ses maîtres, Vespasien et Titus, puisque, dans ses derniers écrits, il fait allusion à de tels documents.

 

Ceci ne veut pas dire que l’Histoire racontée par Josèphe est infaillible. Visiblement, il veut plaire à ses bienfaiteurs romains, et cela se trahit, au même titre que la haine qu’il nourrissait contre les zélotes, qui tenaient Jérusalem durant le siège, et dont certains avaient été ses ennemis lorsqu’il était gouverneur militaire de la Galilée. Toutefois , il n’y a aucune raison de douter de l’exactitude de l’œuvre de Josèphe dans son ensemble. Après tout, elle fut écrite durant la vie de tous les protagonistes de cette chronique. Toute inexactitude grave n’aurait pas manqué d’être relevée par les nombreux jaloux contempteurs de l’auteur.

 

Les écrits de Josèphe constituent une lecture passionnante, tant pour ceux qui étudient l’Histoire que pour ceux qui étudient la Bible. Peut-être n’étiez-vous pas conscient que l’histoire profane confirmait aussi remarquablement les prophéties bibliques. Bien que la Parole de Dieu n’ait pas besoin de Josèphe ni de quelque autre historien profane pour que l’on puisse vérifier ce qu’elle avance, néanmoins toute personne objective qui se rend compte de la précision de la Bible dans le passé se sentira mieux disposée à examiner ce qu’elle dit pour notre époque.

 

Vous représentiez-vous jusqu’ici Josèphe comme un savant dans une bibliothèque poussiéreuse? En un mot, notre homme fut diplomate, général, prisonnier de guerre, devin nommé de son propre chef, conseiller militaire auprès des Romains et chroniqueur pittoresque des événements de son temps; en somme, indéniablement, un historien qui collait parfaitement à son sujet.

 

Repost 0
10 mai 2006 3 10 /05 /mai /2006 14:57

C’était en l’an 31 de notre ère. Jésus et ses disciples se dirigeaient vers Naïn, une ville du nord de la Palestine. Comme ils approchaient des portes de la ville, ils aperçurent un cortège funèbre. On portait au tombeau un jeune homme, le fils unique d’une veuve qui allait maintenant se retrouver seule. Écoutons la suite du récit: ‘Ému de pitié pour elle Jésus lui dit: “Cesse de pleurer.” Puis, s’avançant, il toucha la civière et les porteurs s’arrêtèrent, et il dit: “Jeune homme, je te le dis, lève-toi!” Et le mort se dressa sur son séant et commença à parler.’ — Luc 7:11-15.

 

CETTE histoire est certes touchante, mais est-elle vraie? Beaucoup de gens ont du mal à admettre que des événements tels que celui-ci soient effectivement arrivés. Les miracles font néanmoins partie intégrante des Écritures. On ne peut donc croire en la Bible sans croire à ses miracles. D’ailleurs, l’ensemble des vérités bibliques sont suspendues à un miracle d’une importance capitale: la résurrection de Jésus Christ.

 

Pourquoi certains n’y croient pas

 

Croyez-vous aux miracles? Ou bien estimez-vous qu’en notre ère scientifique il soit illogique d’ajouter foi à des faits extraordinaires qui témoigneraient d’une intervention surnaturelle? Vous ne seriez pas le premier à ne pas croire aux miracles. Il y a deux siècles, le philosophe écossais David Hume n’y croyait pas non plus. Peut-être avez-vous les mêmes raisons que lui de vous montrer incrédule.

 

Pour Hume, la notion de miracle se heurtait à trois obstacles de taille. Tout d’abord, écrit-il, “un miracle est une violation des lois de la nature”. Depuis des temps immémoriaux, l’homme s’appuie sur les lois de la nature. Il a notamment appris que tout objet tombe à terre si on le lâche, que le soleil se lève chaque matin, qu’il se couche chaque soir. D’instinct, il sait que les choses se dérouleront toujours selon des règles qui lui sont familières et que rien ne dérogera jamais à ces lois naturelles. Cette “preuve, estimait Hume, est aussi entière qu’aucun argument imaginable tiré de l’expérience” contre l’éventualité d’un miracle.

 

Son deuxième argument était que les gens se laissent facilement berner. Certains veulent croire au merveilleux et aux miracles, tout particulièrement en matière de religion, tant et si bien que de nombreux soi-disant miracles se sont révélés des mystifications. Enfin, troisième argument, on entend généralement parler de miracles en des époques d’ignorance. Plus les gens sont instruits, moins on en fait état. Pour reprendre les propos de Hume, “de tels événements prodigieux n’arrivent jamais de nos jours”. Et Hume de conclure qu’ils ne s’étaient jamais produits.

 

Aujourd’hui, la plupart des objections formulées à l’encontre des miracles suivent plus ou moins l’argumentation de Hume. Reprenons-la point par point.

 

Une violation des lois de la nature?

 

Que dire de l’objection selon laquelle les miracles ‘sont une violation des lois de la nature’ et qu’ils ne peuvent par conséquent être authentiques? À première vue, l’argument semblerait convaincant; mais allons au fond des choses. On définit généralement un miracle comme un événement qui se produit en dehors des lois normales de la nature. C’est un événement si inattendu que, d’emblée, ceux qui en sont témoins lui attribuent une cause surnaturelle. En somme, cette première objection tient en ces mots: ‘Les miracles sont impossibles... parce qu’ils sont miraculeux!’ Mais plutôt que de tirer une conclusion hâtive, pourquoi ne pas d’abord analyser les faits?

 

À vrai dire, les gens instruits sont aujourd’hui moins prompts que David Hume à soutenir que les lois connues de la nature restent vraies en tout temps et en tout lieu. Les hommes de science se demandent si, outre les trois dimensions qui nous sont familières — la longueur, la largeur et la hauteur —, l’univers n’en compterait pas de nombreuses autres. Ils forment des théories sur l’existence de trous noirs, d’énormes étoiles qui s’effondrent sur elles-mêmes jusqu’à atteindre une densité virtuellement infinie. On dit que dans leur voisinage la structure de l’espace subit une distorsion telle que le temps lui-même suspend son cours. Les scientifiques ont même postulé que, dans certaines conditions, le temps puisse s’inverser pour faire marche arrière!

 

Parlant de la façon dont l’univers a débuté, Stephen Hawking, professeur de mathématiques à l’Université de Cambridge, a déclaré: “Selon la théorie classique de la relativité générale (...), la naissance de l’univers doit résulter d’une singularité qui conjugue densité infinie et courbure de l’espace-temps. Dans de telles conditions, toutes les lois connues de la physique se trouveraient bouleversées.” Les hommes de science ne pensent donc pas qu’il ne puisse jamais rien se produire de contraire aux lois normales de la nature. Des conditions inhabituelles peuvent très bien engendrer des événements insolites. Croire en un Dieu tout-puissant, c’est aussi lui reconnaître le pouvoir de provoquer des événements inhabituels, ou miraculeux, quand ses desseins l’exigent. — Exode 15:6-10; Ésaïe 40:13, 15.

 

Mystification?

 

Personne ne niera que certains miracles sont truqués. Des gens affirment par exemple être capables de procéder à des guérisons miraculeuses “par la foi”. Un médecin du nom de William Nolan a entrepris d’étudier ce type de guérisons. Il s’est penché sur de nombreuses “guérisons” opérées aux États-Unis, par des guérisseurs mystiques évangéliques, ainsi qu’en Asie, par des chirurgiens “métapsychiques”. Quel a été le résultat de son enquête? Toutes les “guérisons” qu’il a recensées se sont, à l’examen, révélées illusoires sinon frauduleuses.

 

Faut-il donc conclure que de vrais miracles n’ont jamais eu lieu? Pas forcément. Quand on apprend que de la fausse monnaie circule, que des malades mettent toute leur confiance dans des charlatans très cher payés, ou que des peintres imitent brillamment des toiles de maître, en déduit-on que tous les billets de banque sont contrefaits, que tous les médecins sont des escrocs ou que tous les tableaux sont des faux? De même, le caractère manifestement frauduleux de certains prétendus miracles ne prouve nullement que des miracles authentiques ne peuvent se produire.

 

‘Les miracles n’arrivent pas aujourd’hui’

 

La troisième objection que David Hume opposa aux miracles se résumait ainsi: “De tels événements prodigieux n’arrivent jamais de nos jours.” Il se refusait à croire aux miracles parce qu’il n’en avait jamais vu. Son raisonnement n’est cependant pas logique. Toute personne informée doit admettre qu’avant même la naissance du philosophe écossais, il s’était déjà produit des “événements prodigieux” qui ne se répétèrent pas de son vivant. Lesquels?

 

Tout d’abord, l’apparition de la vie sur la terre, puis celle de formes de vie conscientes, enfin celle de l’homme, être doué de sagesse, d’imagination, de la faculté d’aimer et d’une conscience. Aucun homme de science ne peut, en s’appuyant sur les lois qui régissent la nature aujourd’hui, dire comment ces événements extraordinaires se sont produits. Pourtant, maintes preuves vivantes attestent qu’ils ont effectivement eu lieu.

 

Parlons aussi des “événements prodigieux” qui se sont déroulés depuis l’époque de David Hume. Supposez qu’ayant remonté le temps, vous entrepreniez de lui décrire le monde moderne. Essayez de lui expliquer qu’un homme d’affaires de Hambourg peut parler à quelqu’un qui se trouve à Tokyo, à des milliers de kilomètres de là, sans même hausser la voix; qu’une partie de football disputée en Espagne peut être suivie, au moment même elle se joue, sur toute la terre; ou que des long-courriers, bien plus volumineux que les navires de son temps, peuvent quitter le sol et emporter dans les airs 500 passagers qui auront, en quelques heures, parcouru des milliers de kilomètres. Vous devinez sa réponse: ‘Impossible! De tels événements prodigieux n’arrivent jamais de nos jours.’

 

Et pourtant, de tels ‘prodiges’ ne sont-ils pas devenus réalité de nos jours? Pour quelle raison? Parce qu’en appliquant des principes scientifiques dont Hume ne soupçonnait même pas l’existence, l’homme a inventé le téléphone, la télévision et l’avion. Est-il dès lors si difficile de croire que Dieu ait par le passé, d’une façon qui nous échappe encore, accompli des actions qui pour nous relèvent du miracle?

 

Comment le savoir?

 

Bien entendu, il ne suffit pas d’affirmer que des miracles ont pu se produire pour qu’ils aient vraiment eu lieu. Comment savoir au XXe siècle si Dieu a, dans les temps bibliques, réellement opéré des miracles par l’entremise d’humains qui le servaient sur la terre? Quel genre de preuves peut-on espérer trouver? Imaginons qu’on enlève un membre d’une tribu primitive à sa jungle natale pour l’emmener visiter une grande ville. Comment pourra-t-il, une fois rentré, décrire à sa tribu les prodiges de la civilisation? Il n’est certes pas en mesure d’expliquer comment fonctionne une automobile, ni par quel phénomène un poste de radio portatif fait entendre de la musique. Il ne peut pas davantage prouver l’existence des ordinateurs en en construisant un. Tout ce qu’il peut faire, c’est raconter ce qu’il a vu.

 

Quant à nous, nous sommes dans la même situation que les membres de sa tribu. Pour savoir si Dieu a bel et bien opéré des miracles, nous disposons uniquement du témoignage d’observateurs qui se contentent de décrire ce qu’ils ont vu sans pouvoir ni l’expliquer, ni le reproduire. Or, à l’évidence, des témoins oculaires sont susceptibles de se laisser abuser. Il leur est également facile de grossir les faits et de fournir des renseignements erronés. Avant d’ajouter foi à leur témoignage, nous devons par conséquent nous assurer de leur crédibilité, de leur rigueur morale et de la sincérité de leurs mobiles.

 

Le miracle le mieux attesté

 

Aucun miracle de la Bible n’est mieux attesté que la résurrection de Jésus Christ. Peut-il faire jurisprudence? Considérons d’abord les faits tels qu’ils sont rapportés: Jésus fut arrêté le soir du 14 Nisan, soit un jeudi soir selon notre calendrier. Il comparut devant les chefs des Juifs qui l’accusèrent de blasphème et le jugèrent passible de mort. Ces hommes conduisirent Jésus devant le gouverneur romain Ponce Pilate, qui leur céda en leur livrant Jésus pour qu’il soit exécuté. Le vendredi, peut-être en fin de matinée (toujours le 14 Nisan selon le calendrier juif), Jésus fut cloué au poteau de supplice sur lequel il mourut quelques heures plus tard. — Marc 14:43-65; 15:1-39.

 

Après qu’un soldat romain se fut assuré de la mort de Jésus en lui perçant le côté avec sa lance, on déposa son corps dans une tombe neuve. Le lendemain, 15 Nisan (vendredi/samedi), était un jour de sabbat. Dans la matinée du 16 Nisan (dimanche matin), quelques disciples se rendirent à la tombe, qu’ils trouvèrent vide. Très vite le bruit se répandit qu’on avait vu Jésus vivant. Cette rumeur suscita une réaction semblable à celle qu’elle produirait aujourd’hui: l’incrédulité. Les apôtres eux-mêmes refusèrent d’y croire. Toutefois, quand ils virent Jésus vivant, ils furent contraints de reconnaître qu’il avait bien été relevé d’entre les morts. — Jean 19:31 à 20:29; Luc 24:11.

 

La tombe vide

 

Jésus avait-il été ressuscité, ou cette histoire a-t-elle été inventée de toutes pièces? À l’époque, beaucoup se sont sans doute demandé si le corps de Jésus était toujours dans la tombe. Les disciples de Jésus auraient eu du mal à défendre leurs dires si leurs adversaires avaient réfuté la résurrection de Jésus en montrant son corps toujours à sa place. Le récit cependant ne rapporte rien de tel. D’après la Bible , les chefs juifs ont au contraire soudoyé les soldats chargés de garder le tombeau, leur donnant cette instruction: “Dites: ‘Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé pendant que nous dormions.’” (Matthieu 28:11-13). D’ailleurs, le stratagème des chefs juifs est confirmé par des sources extra-bibliques.

 

Près d’un siècle après la mort de Jésus, Justin écrivit son Dialogue avec Tryphon. Nous y lisons: “Vous [les Juifs] avez élu des hommes de votre choix, vous les avez envoyés sur toute la terre prêcher qu’une hérésie impie, inique s’était levée par l’erreur d’un certain Jésus, galiléen: nous l’avions crucifié, disaient-ils, mais ses disciples, pendant la nuit, l’ont dérobé au tombeau dans lequel on l’avait placé.”

 

Tryphon était juif, et le Dialogue avec Tryphon avait pour objet la défense du christianisme face au judaïsme. Par conséquent, il est improbable que Justin ait mentionné cette accusation — le vol du corps de Jésus au tombeau par les chrétiens — si les Juifs ne l’avaient pas formulée. Dans le cas contraire, Justin aurait pu aisément être convaincu de mensonge. Il ne se serait pas exprimé ainsi si les Juifs n’avaient pas envoyé ces messagers. D’un autre côté, les Juifs n’ont lancé cette rumeur que parce que le 16 Nisan de l’an 33 la tombe de Jésus était vide et qu’ils ne pouvaient démentir la résurrection de Jésus en montrant son corps dans la tombe. Cela étant, que s’était-il donc passé? Les disciples avaient-ils vraiment dérobé le corps de leur maître? Ou bien avait-il été enlevé miraculeusement pour attester sa résurrection?

 

Les conclusions du médecin Luc

 

Au Ier siècle, un homme très instruit a soigneusement analysé cette affaire. Cet homme s’appelait Luc et il était médecin (Colossiens 4:14). Luc rédigea deux des livres qui composent aujourd’hui notre Bible: un Évangile, ou histoire du ministère de Jésus, et les Actes des apôtres, qui retracent l’expansion du christianisme dans les années qui suivirent la mort de Jésus.

 

Dans l’introduction de son Évangile, Luc parle des nombreuses sources auxquelles il s’est référé, sources aujourd’hui disparues: il a consulté des écrits relatant la vie de Jésus, s’est entretenu avec ceux qui l’avaient côtoyé et avaient été témoins de sa mort puis de sa résurrection. Sur quoi il ajoute: “[J’ai] repris toutes choses avec exactitude depuis le début.” (Luc 1:1-3). Il ne fait pas de doute que Luc s’était livré à des investigations minutieuses. Mais que dire de ses qualités d’historien?

 

Beaucoup les lui reconnaissent. Dans un discours donné en 1913, Sir William Ramsay parla de la valeur historique des travaux de Luc. Quelle fut sa conclusion? “Luc est un historien de premier plan. Non seulement ses déclarations sont dignes de foi, mais il possède le véritable sens historique.” Plus récemment, des biblistes sont parvenus à la même conclusion. Voici ce qu’on lit dans la préface d’un ouvrage en plusieurs volumes (The Living Word Commentary) consacré au livre de Luc: “Luc était un historien (des plus scrupuleux) doublé d’un théologien.”

 

Selon David Gooding, ancien professeur de grec de l’Ancien Testament en Irlande du Nord, Luc était “un historien antique dans la pure tradition des historiens de l’Ancien Testament et de la même veine que Thucydide [un des historiens de l’Antiquité les plus estimés]. Comme eux, Luc se sera donné beaucoup de mal pour fouiller ses sources, choisir ses informations et présenter ses travaux. (...) Thucydide alliait à cette méthode une passion pour l’exactitude historique: rien ne laisse penser que Luc s’en souciait moins”.

 

Revenons à la tombe trouvée vide le 16 Nisan. À quelle conclusion cet homme très compétent allait-il aboutir? Tant dans son Évangile que dans le livre des Actes, Luc présente la résurrection de Jésus comme un fait (Luc 24:1-52; Actes 1:3). Il ne nourrissait pas le moindre doute à ce sujet. Cette conviction était peut-être confortée par les faits qu’il avait personnellement vécus, car s’il ne fut pas, selon toute vraisemblance, témoin oculaire de la résurrection de Jésus, il dit par contre avoir assisté à des miracles accomplis par l’apôtre Paul. — Actes 20:7-12; 28:8, 9.

 

Ils ont vu Jésus ressuscité

 

Deux des Évangiles sont traditionnellement attribués à des hommes qui côtoyèrent Jésus, assistèrent à sa mort et affirmèrent l’avoir vu après sa résurrection. Il s’agit de l’apôtre Matthieu, un ancien collecteur d’impôts, et de Jean, l’apôtre bien-aimé de Jésus. Un autre rédacteur biblique, l’apôtre Paul, soutient lui aussi avoir vu le Christ relevé d’entre les morts. En outre, il cite nommément d’autres personnes qui virent également Jésus vivant, et précise qu’en une certaine occasion Christ apparut à “plus de cinq cents frères”. — 1 Corinthiens 15:3-8.

 

Un des témoins oculaires mentionnés par Paul n’est autre que Jacques, demi-frère de Jésus, qui connaissait certainement Jésus depuis l’enfance. L’apôtre Pierre est aussi de leur nombre. L’historien Luc le dépeint parlant sans crainte de la résurrection de Jésus, exécuté à peine quelques semaines auparavant (Actes 2:23, 24). La tradition attribue à Pierre deux lettres qui figurent dans la Bible. Dans la première, Pierre révèle qu’il puisait toujours une puissante motivation dans la résurrection de Jésus, des années après les faits. Il écrivit: “Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, car, selon sa grande miséricorde, il nous a donné une nouvelle naissance, pour une espérance vivante, grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts.” — 1 Pierre 1:3.

 

Bien que nous ne puissions pas, comme Luc, nous entretenir avec ceux qui ont affirmé avoir vu Jésus après sa mort et lui avoir parlé, nous pouvons en revanche lire ce que certains d’entre eux ont écrit. Nous sommes ainsi en mesure de déterminer par nous-mêmes si ces témoins ont été trompés, s’ils voulaient nous abuser ou s’ils ont réellement vu Jésus ressuscité. À dire vrai, il est tout à fait impossible qu’ils aient été trompés. On comptait parmi eux ceux qui restèrent des amis intimes de Jésus jusqu’à sa mort. Quelques-uns assistèrent à son agonie sur le poteau de supplice. Ils virent l’eau et le sang couler de la blessure que le soldat lui infligea avec sa lance. Comme eux, ce soldat savait que Jésus était mort, indiscutablement. Ces mêmes témoins affirmèrent avoir ensuite vu Jésus vivant et lui avoir parlé, ce qui exclut qu’on les ait trompés. Cela dit, essayaient-ils de nous abuser en attestant que Jésus avait été ressuscité? — Jean 19:32-35; 21:4, 15-24.

 

Pour le savoir, il nous suffit de répondre à une seule question: Croyaient-ils eux-mêmes ce qu’ils disaient? Sans conteste, oui. En réalité, la résurrection de Jésus constitue pour les chrétiens, y compris pour ceux qui dirent en avoir été témoins, le fondement même de leur foi. L’apôtre Paul déclara: “Si Christ n’a pas été relevé, assurément notre prédication est vaine et notre foi est vaine. (...) si Christ n’a pas été relevé, votre foi est inutile.” (1 Corinthiens 15:14, 17). Un homme qui prétendrait faussement avoir vu Christ ressuscité s’exprimerait-il de la sorte?

 

Songez à ce que représentait le fait de devenir chrétien à l’époque. Cela ne valait pas un prestige ou un pouvoir accrus, ni de plus grandes richesses. C’était même tout le contraire. Parmi les premiers chrétiens, nombreux furent ceux qui ‘acceptèrent avec joie le pillage de leurs biens’ en raison de leur foi (Hébreux 10:34). Embrasser le christianisme signifiait entreprendre une vie de sacrifice et subir des persécutions qui, bien souvent, conduisaient au martyre, à une mort ignominieuse et cruelle.

 

Certains chrétiens étaient issus de familles prospères, tel l’apôtre Jean dont le père possédait, semble-t-il, une entreprise de pêche florissante en Galilée. Bien d’autres étaient promis à un avenir brillant, comme Paul, qui, avant de devenir chrétien, avait été enseigné par le célèbre rabbin Gamaliel et commençait à se distinguer aux yeux des chefs juifs (Actes 9:1, 2; 22:3; Galates 1:14). Toutefois, tous renoncèrent à ce que le monde leur offrait pour diffuser un message fondé sur la résurrection de Jésus (Colossiens 1:23, 28). Pourquoi auraient-ils consenti d’aussi grands sacrifices et auraient-ils souffert en soutenant une cause s’ils savaient pertinemment qu’elle reposait sur un mensonge? Ils n’auraient certainement pas agi de la sorte. Ils étaient prêts à souffrir et à mourir parce qu’ils savaient leur cause solidement établie sur la vérité.

 

Les miracles arrivent vraiment

 

Tous ces faits offrent un témoignage éminemment convaincant. Jésus a bel et bien été relevé d’entre les morts le 16 Nisan de l’an 33, ce qui rend également possibles tous les autres miracles de la Bible , miracles eux aussi solidement attestés par des témoins oculaires. La Puissance qui a ressuscité Jésus est aussi celle qui lui avait permis de rendre la vie au fils de la veuve de Naïn. Grâce à elle, Jésus a opéré des miracles moindres, mais tout aussi extraordinaires: les guérisons. Elle lui a donné le pouvoir de nourrir miraculeusement une multitude de gens et celui de marcher sur l’eau. — Luc 7:11-15; Matthieu 11:4-6; 14:14-21, 23-31.

 

En conclusion, les récits de miracles relatés dans la Bible ne nous autorisent pas à douter de sa véracité. Les miracles qui se sont produits aux temps bibliques prouvent au contraire de façon éclatante que ce livre est réellement la Parole de Dieu.

Repost 0
9 mai 2006 2 09 /05 /mai /2006 12:59

“ Dieu dit: ‘Il n’est pas bon que l’homme reste seul. Je vais lui faire une aide qui lui corresponde.’”— GENÈSE 2:18.

 

 

 

“AUCUN pays méditerranéen ou du Proche-Orient dans l’Antiquité n’accordait aux femmes la liberté qu’elles connaissent aujourd’hui dans la société occidentale. D’une manière générale, elles étaient subordonnées aux hommes comme les esclaves l’étaient aux citoyens libres et les jeunes gens aux vieillards. (...) On attachait beaucoup plus de prix aux garçons qu’aux filles, et il arrivait qu’on laisse mourir les bébés de sexe féminin en les abandonnant.” Telle était, selon un dictionnaire de la Bible , la condition des femmes dans les temps anciens.

 

 

 

De nos jours, la situation ne s’est guère améliorée en de nombreux endroits du monde. En 1994, le ministère américain des Affaires étrangères a, pour la première fois dans son rapport annuel sur les droits de l’homme, mis l’accent sur la condition féminine. “La discrimination: réalité quotidienne — selon les résultats d’une enquête menée dans 193 pays”, titrait à ce propos le New York Times.

 

 

 

“Une aide qui lui corresponde”

 

 

 

Après qu’Adam eut vécu seul dans le jardin d’Éden pendant quelque temps, Jéhovah fit cette remarque: “Il n’est pas bon que l’homme reste seul. Je vais lui faire une aide qui lui corresponde.” (Genèse 2:18). Adam avait beau être un homme parfait, il manquait quelque chose pour réaliser le dessein du Créateur. C’est pour combler ce besoin que Jéhovah a créé la femme et célébré le premier mariage. — Genèse 2:21-24.

 

 

 

L’expression “aide qui lui corresponde” indique-t-elle que Dieu avait assigné un rôle déshonorant à la femme? Au contraire. Le nom hébreu (`ézèr) traduit par “aide” est souvent appliqué à Dieu par les rédacteurs de la Bible. Par exemple, Jéhovah est “notre aide et notre bouclier”. (Psaume 33:20; Exode 18:4; Deutéronome 33:7.) En Osée 13:9, c’est Jéhovah lui-même qui se présente comme l’“aide” d’Israël. En ce qui concerne le mot hébreu (nèghèdh) rendu par l’expression “qui lui corresponde”, voici ce qu’en dit un bibliste: “Le concours recherché n’est pas une simple assistance dans le travail quotidien ou en vue de la procréation (...) mais le soutien mutuel que procure la compagnie de quelqu’un.”

 

 

 

Ainsi, Jéhovah ne rabaissait en rien la femme en la présentant comme ‘une aide qui corresponde’ à l’homme. La femme avait une constitution psychique, affective et physique qui lui était propre. Elle était le pendant de l’homme, lui était parfaitement assortie. Ils étaient différents, mais leur existence à tous deux était nécessaire pour ‘remplir la terre’ conformément au dessein du Créateur. C’est, semble-t-il, après la création de l’homme et de la femme que “Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici que cela était très bon”. — Genèse 1:28, 31.

 

 

 

L’apparition du péché modifia la situation de l’homme et de la femme. Sur chacun des deux pécheurs, Jéhovah prononça une sentence. “J’augmenterai beaucoup la douleur de ta grossesse”, dit-il à Ève, parlant de cette éventualité fâcheuse comme s’il allait la provoquer. “C’est dans les douleurs que tu mettras au monde des enfants, ajouta-t-il, et ton désir sera vers ton mari et, lui, il te dominera.” (Genèse 3:16). Depuis lors, un grand nombre de femmes subissent la domination souvent brutale de leurs maris, ceux-ci les traitant généralement davantage en domestiques ou en esclaves qu’en ‘aides qui leur correspondent’.

 

 

 

Qu’en était-il des adoratrices de Jéhovah? L’accomplissement de Genèse 3:16 les reléguerait-il à une condition servile et humiliante? Loin de là! Mais alors, que penser de ces coutumes relatives aux femmes dont il est question dans la Bible , coutumes qui, de nos jours, seraient jugées inacceptables dans certaines sociétés?

 

 

 

Comprendre les coutumes des temps bibliques

 

 

 

Chez les fidèles des temps bibliques, les femmes étaient bien traitées. Évidemment, quand on considère les coutumes qui concernaient les femmes à cette époque, il y a plusieurs facteurs à ne pas perdre de vue. Tout d’abord, ce n’est pas parce que la Bible fait mention de conditions pénibles apparues à cause de la domination égoïste d’hommes méchants que Dieu approuvait cette façon de traiter les femmes. Ensuite, si Jéhovah a toléré certains usages parmi ses serviteurs pendant un temps, il ne les en a pas moins réglementés, afin de protéger les femmes. Enfin, il convient de ne pas juger les coutumes antiques sur la base de critères modernes. Des mœurs qui pourraient sembler déplaisantes aujourd’hui n’étaient pas nécessairement regardées comme dégradantes par les femmes d’alors. Voyons quelques exemples.

 

 

 

La polygamie: Dans son dessein originel, Jéhovah n’avait pas prévu qu’une femme partage son mari avec une autre. Il n’avait créé qu’une femme pour Adam (Genèse 2:21, 22). Après la rébellion en Éden, la polygamie a fait son apparition dans la lignée de Caïn. Par la suite, elle est devenue une coutume que certains adorateurs de Jéhovah ont adoptée (Genèse 4:19; 16:1-3; 29:21-28). Bien que Jéhovah ait toléré la polygamie (elle a favorisé la croissance démographique d’Israël), il a montré sa considération pour les femmes en réglementant cette pratique de manière à protéger les mères et leurs enfants (Exode 21:10, 11; Deutéronome 21:15-17). Par ailleurs, Jéhovah n’a jamais renoncé à la monogamie, le modèle qu’il avait établi à l’origine. Noé et ses fils, à qui il a réitéré le commandement d’‘être féconds et de remplir la terre’, étaient monogames (Genèse 7:7; 9:1; 2 Pierre 2:5). Dans les évocations imagées qu’il fait de ses relations avec Israël, Dieu se présente comme un époux monogame (Isaïe 54:1, 5). Finalement, ce modèle originel qu’est la monogamie a été rétabli par Jésus Christ et il est devenu la règle au sein de la congrégation chrétienne primitive. — Matthieu 19:4-8; 1 Timothée 3:2, 12.

 

 

 

La dot: “Cette obligation qui consistait à verser une somme d’argent, ou son équivalent, à la famille de la jeune fille donnait manifestement au mariage israélite l’apparence d’un achat, déclare le livre Les institutions de l’Ancien Testament. Il semble pourtant que [la dot] était moins le prix payé pour la femme qu’une compensation donnée à la famille.”. Ainsi, la dot servait à dédommager la famille de l’épouse pour la perte de ses services ainsi que pour les efforts et les frais consentis pour l’élever. La dot ne déshonorait donc pas la femme, mais elle confirmait au contraire qu’elle était précieuse à sa famille. — Genèse 34:11, 12; Exode 22:16.

 

 

 

Des maris “propriétaires”: Un incident survenu dans la vie d’Abraham et de Sara vers 1918 avant notre ère révèle qu’à l’époque il était, semble-t-il, habituel de considérer l’homme marié comme le “propriétaire” (hébreu ba`al) et la femme mariée comme la “possédée” (hébreu be`oulah). (Genèse 20:3.) Ces termes apparaissent de nouveau dans la suite des Écritures, mais rien n’indique que les femmes d’avant l’ère chrétienne les trouvaient insultants (Deutéronome 22:22). D’ailleurs, les femmes mariées ne devaient pas être traitées comme des biens fonciers. On pouvait acheter, vendre ou recevoir en héritage des biens fonciers ou de la fortune, mais pas une épouse. “Héritage des pères: une maison et de la fortune, dit la Bible , mais de Jéhovah vient une épouse avisée.” — Proverbes 19:14; Deutéronome 21:14.

 

 

 

Une place honorable

 

 

 

Quelle place les femmes occupaient-elles donc chez les fidèles des temps préchrétiens? Comment étaient-elles considérées et traitées? Disons simplement que lorsque des hommes pieux suivaient l’exemple de Jéhovah et obéissaient à ses lois, les femmes conservaient leur dignité et jouissaient de nombreux droits et privilèges.

 

 

 

Le respect était dû aux femmes. La Loi que Dieu leur avait donnée commandait aux Israélites de respecter tant leur père que leur mère (Exode 20:12; 21:15, 17). “Vous devrez craindre chacun sa mère et son père”, lit-on en Lévitique 19:3. Un jour, Bath-Schéba se présenta devant son fils Salomon. “Aussitôt, dit le texte, le roi se leva à sa rencontre et se prosterna” en signe de respect (1 Rois 2:19). Dans l’Encyclopédie judaïque (angl.), on relève cette remarque: “Les comparaisons prophétiques entre l’amour de Dieu pour Israël et l’amour d’un mari pour sa femme ne peuvent être le fait que d’une société dans laquelle on respectait les femmes.”

 

 

 

Jéhovah attend de ses adorateurs masculins qu’ils respectent les femmes, comme lui-même les respecte. Cette considération transparaît dans certains passages imagés des Écritures où Jéhovah assimile ses sentiments à ceux que les femmes éprouvent dans différents moments de leur vie (Isaïe 42:14; 49:15; 66:13). Grâce à ces illustrations, le lecteur saisit mieux ce que Jéhovah ressent. Signalons d’ailleurs que le mot hébreu traduit par “miséricorde” ou “pitié”, mot que Jéhovah applique à sa personne, est très proche d’un terme qui signifie “matrice” et qu’on peut qualifier de “sentiment maternel”. — Exode 33:19; Isaïe 54:7.

 

 

 

On faisait cas du conseil des femmes pieuses. À Abraham qui hésitait à suivre le conseil de sa femme Sara, qui, elle aussi, craignait Dieu, Jéhovah a dit: “Écoute sa voix.” (Genèse 21:10-12). Les femmes hittites d’Ésaü “furent une source d’amertume d’esprit pour Isaac et pour Rébecca”. Rébecca finit par confier à Isaac la détresse qui serait la sienne si leur fils Jacob se mariait à son tour avec une Hittite. Quelle fut la réaction d’Isaac? “Aussi, nous apprend le récit, Isaac appela-t-il Jacob, et le bénit, et lui donna ordre, et lui dit: ‘Tu ne dois pas prendre une femme d’entre les filles de Canaan.’” Bien que Rébecca ne lui ait pas donné directement un conseil, son mari a pris une décision qui tenait compte de ses sentiments (Genèse 26:34, 35; 27:46; 28:1). Des siècles plus tard, le roi David évita de se rendre coupable d’un meurtre en prêtant attention à la supplication d’Abigaïl. — 1 Samuel 25:32-35.

 

 

 

Les femmes détenaient une certaine autorité au sein de la famille. Aux enfants s’adressait ce commandement: “Écoute, mon fils, la discipline de ton père, et n’abandonne pas la loi de ta mère.” (Proverbes 1:8). Le portrait de l’“épouse capable” brossé en Proverbes chapitre 31 révèle qu’une femme travailleuse ne se contentait pas de tenir sa maison. Elle pouvait aussi procéder à l’acquisition de biens immobiliers, cultiver un champ, s’occuper d’un petit commerce et être connue pour exprimer des paroles de sagesse. Le plus important était la crainte révérencielle qu’elle éprouvait envers Jéhovah, attitude qui lui valait des louanges. Il n’est donc pas étonnant que la valeur d’une telle femme fût jugée “bien plus grande que celle des coraux”, ces précieux coraux rouges qui servaient à la fabrication de bijoux et d’objets décoratifs. — Proverbes 31:10-31.

 

 

 

Des femmes qui ont reçu une faveur spéciale de la part de Dieu

 

 

 

On voit une preuve supplémentaire de la considération de Jéhovah envers les femmes dans les faveurs spéciales qu’il a accordées à quelques-unes d’entre elles dans les temps bibliques. Ainsi, Agar, Sara et la femme de Manoah ont reçu la visite d’anges qui leur ont communiqué la direction divine (Genèse 16:7-12; 18:9-15; Juges 13:2-5). De plus, il y avait des “servantes” au tabernacle et des chanteuses à la cour de Salomon. — Exode 38:8; 1 Samuel 2:22; Ecclésiaste 2:8.

 

 

 

À plusieurs reprises dans l’histoire d’Israël, Jéhovah a utilisé des femmes pour le représenter ou transmettre sa parole. Ainsi est-il dit, à propos de la prophétesse Déborah, que “les fils d’Israël montaient vers elle pour le jugement”. (Juges 4:5.) Après la victoire d’Israël sur le roi cananéen Jabin, Déborah a eu un privilège vraiment peu ordinaire. Il semble en effet que ce soit elle qui ait composé une partie au moins du chant de victoire, chant qui fut plus tard intégré à la Parole inspirée de Jéhovah (Juges chapitre 5). Quelques siècles plus tard, le roi Josias, désireux d’interroger Jéhovah, a envoyé vers la prophétesse Huldah une délégation dans laquelle figurait le grand prêtre. Forte de son autorité, Huldah a pu répondre: “Voici ce qu’a dit Jéhovah, Dieu d’Israël.” (2 Rois 22:11-15). En l’occurrence, le roi a demandé à la délégation d’aller trouver une prophétesse, mais c’était pour obtenir la direction de Jéhovah. — Voir Malachie 2:7.

 

 

 

Jéhovah se soucie du bonheur des femmes. Ses actions en faveur de certaines de ses adoratrices l’attestent. À deux reprises, il est intervenu pour protéger du viol la belle Sara, femme d’Abraham (Genèse 12:14-20; 20:1-7). Il a également témoigné sa faveur à Léa, la moins aimée des femmes de Jacob, en ‘ouvrant sa matrice’, afin qu’elle ait un fils (Genèse 29:31, 32). Reconnaissant envers les deux accoucheuses israélites qui avaient risqué leur vie pour sauver les enfants hébreux mâles de l’infanticide en Égypte, Jéhovah “leur donna de la famille”. (Exode 1:17, 20, 21.) Il a aussi répondu favorablement à la prière fervente de Hannah (1 Samuel 1:10, 20). Enfin, il n’a pas abandonné la veuve d’un prophète à qui un créancier s’apprêtait à prendre les enfants en compensation d’une dette. Avec amour, il a donné au prophète Élisée le pouvoir d’augmenter la réserve d’huile de cette femme, de sorte qu’elle a pu rembourser sa dette, sauvegardant de cette façon sa famille et sa dignité. — Exode 22:22, 23; 2 Rois 4:1-7.

 

 

 

Ainsi, loin d’encourager le mépris pour les femmes, les Écritures hébraïques donnent une description honnête de leur condition chez les serviteurs de Dieu. Bien que Jéhovah n’ait pas préservé ses adoratrices de l’accomplissement de Genèse 3:16, les femmes étaient traitées avec dignité et respect lorsqu’elles avaient affaire à des hommes pieux qui imitaient Jéhovah et suivaient sa Loi.

 

 

 

 

 

 

Les chrétiennes méritent honneur et respect

 

 

 

“Vous les maris, (...) continuez à demeurer avec elles selon la connaissance, leur assignant de l’honneur comme à un vase plus faible, le vase féminin.” — 1 PIERRE 3:7.

 

 

 

PRÈS d’un vieux puits situé non loin de la ville de Sychar, un jour de la fin de l’an 30 de notre ère, vers midi, Jésus va révéler comment il faut, selon lui, se conduire envers les femmes. Après avoir marché péniblement toute la matinée à travers la campagne accidentée de la Samarie , il s’est arrêté au puits, fatigué, affamé et assoiffé. Alors qu’il est assis là, une Samaritaine arrive pour tirer de l’eau. “Donne-moi à boire”, lui demande-t-il. La femme doit le regarder, interdite. “Comment se fait-il que toi, qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi qui suis une femme samaritaine?” s’étonne-t-elle. Un peu plus tard, lorsque ses disciples, qui sont partis acheter de la nourriture, reviennent, eux aussi sont stupéfaits; ils ne comprennent pas que Jésus ‘parle avec une femme’. — Jean 4:4-9, 27.

 

 

 

Pourquoi la femme a-t-elle posé cette question et qu’est-ce qui étonne les disciples? L’interlocutrice de Jésus est samaritaine, or les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains (Jean 8:48). Mais il y a, semble-t-il, une autre raison à leur étonnement. À l’époque, la tradition rabbinique dissuade les hommes de parler aux femmes en public. Pourtant, cela n’a pas empêché Jésus de prêcher ouvertement à cette femme sincère, et même de lui révéler qu’il est le Messie (Jean 4:25, 26). Ce faisant, il montre qu’il ne se laisse pas entraver par des traditions non fondées sur les Écritures, y compris celles qui rabaissent les femmes (Marc 7:9-13). Au contraire, tant par ses actes que par son enseignement, Jésus démontre que les femmes méritent honneur et respect.

 

 

 

L’attitude de Jésus envers les femmes

 

 

 

La tendre compassion que Jésus éprouvait pour les gens en général se retrouve dans son attitude envers les femmes. Un jour, une femme qui souffre d’un flux de sang depuis 12 ans cherche Jésus dans la foule. Son état la rendant impure au regard de la Loi , elle ne devrait pas se trouver là (Lévitique 15:25-27). Mais, poussée par le désespoir, elle se glisse derrière Jésus et touche son vêtement. Elle est guérie instantanément. Bien qu’il se rende chez Jaïrus, dont la fille est gravement malade, Jésus s’arrête. Il a senti une force sortir de lui, et il cherche du regard qui l’a touché. La femme finit par s’approcher et tombe à ses pieds, tremblante. Jésus va-t-il la réprimander pour s’être mêlée à la foule ou pour avoir touché son vêtement sans son autorisation? Au contraire, il se montre bon et chaleureux. “Ma fille, lui dit-il, ta foi t’a rétablie.” C’est la seule fois où Jésus s’adressera directement à une femme en l’appelant “ma fille”. Quel soulagement elle a dû ressentir! — Matthieu 9:18-22; Marc 5:21-34.

 

 

 

Jésus ne prenait pas la Loi au pied de la lettre. Il en discernait l’esprit et savait l’importance de la miséricorde et de la compassion (voir Matthieu 23:23). En l’occurrence, il a remarqué le désespoir de cette femme malade et a tenu compte du fait que son geste était motivé par la foi. Ce faisant, il a laissé un bel exemple aux membres masculins de la congrégation chrétienne, surtout aux surveillants. Si une chrétienne a des problèmes personnels ou se trouve dans une situation particulièrement éprouvante, les anciens doivent s’efforcer de voir au delà des paroles ou des actes et tenir compte des circonstances et des motivations. Cette analyse leur révélera peut-être que cette chrétienne a moins besoin de conseils et de correction que de patience, de compréhension et de compassion. — Proverbes 10:19; 16:23; 19:11.

 

 

 

Entravées à cause des traditions rabbiniques, les femmes qui vivent à l’époque de Jésus ne sont pas autorisées à servir de témoins. Or, voyez ce qui se passe peu de temps après la résurrection de Jésus, le matin du 16 Nisan de l’an 33. Qui verra en premier Jésus ressuscité et ira attester aux autres disciples que leur Seigneur a été relevé? Les femmes qui sont restées à portée de vue du lieu d’exécution jusqu’au dernier souffle de Jésus. — Matthieu 27:55, 56, 61.

 

 

 

Le matin du premier jour de la semaine, Marie Madeleine et d’autres femmes se rendent au tombeau de bonne heure avec des aromates pour préparer le corps de Jésus. Trouvant le tombeau vide, Marie court prévenir Pierre et Jean. Ses compagnes restent sur place. Peu après, un ange leur apparaît et leur annonce que Jésus a été ressuscité. “Allez vite [le] dire à ses disciples”, leur demande-t-il. Alors qu’elles courent porter la nouvelle, Jésus en personne vient à leur rencontre. “Allez annoncer la nouvelle à mes frères”, leur dit-il (Matthieu 28:1-10; Marc 16:1, 2; Jean 20:1, 2). Ignorant tout de l’intervention de l’ange, écrasée de chagrin, Marie Madeleine retourne au tombeau vide. Jésus lui apparaît et, après qu’elle l’a reconnu, il la charge d’une mission: “Va-t’en vers mes frères et dis-leur: ‘Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu.’” — Jean 20:11-18; voir aussi Matthieu 28:9, 10.

 

 

 

Jésus aurait pu apparaître d’abord à Pierre, à Jean ou à un autre de ses disciples masculins. Il a préféré accorder cette faveur à ces femmes en faisant d’elles les premiers témoins oculaires de sa résurrection et en les chargeant de l’attester à ses disciples masculins. Comment ceux-ci ont-ils réagi au début? Le récit déclare: “Ces propos leur parurent comme de pures absurdités, et ils ne croyaient pas les femmes.” (Luc 24:11). Se pourrait-il qu’ils aient eu du mal à accepter ce témoignage parce qu’il émanait de femmes? Si c’est le cas, avec le temps ils ont reçu abondance de preuves que Jésus avait été ressuscité d’entre les morts (Luc 24:13-46; 1 Corinthiens 15:3-8). De nos jours, les éléments masculins de la congrégation font preuve de sagesse en prenant en considération les remarques de leurs sœurs chrétiennes. — Voir Genèse 21:12.

 

 

 

Il est extrêmement réconfortant de remarquer l’attitude de Jésus envers les femmes. Toujours compatissant et parfaitement équilibré dans ses rapports avec elles, jamais il ne les mettait sur un piédestal ni ne les rabaissait (Jean 2:3-5). Il refusait les traditions rabbiniques qui frustraient les femmes de leur dignité et annulaient la Parole de Dieu (voir Matthieu 15:3-9). En témoignant honneur et respect aux femmes, Jésus a montré directement quelle conduite Jéhovah Dieu souhaite voir les hommes adopter envers elles (Jean 5:19). Il a également laissé un magnifique exemple aux chrétiens masculins. — 1 Pierre 2:21.

 

 

 

L’enseignement de Jésus sur les femmes

 

 

 

Jésus réfutait les traditions rabbiniques et accordait de la dignité aux femmes non seulement par ses actes mais aussi par son enseignement. Voyez, par exemple, ce qu’il a dit sur le divorce et l’adultère.

 

 

 

À propos du divorce, on lui a posé la question suivante: “Est-il permis à un homme de divorcer avec sa femme pour n’importe quel motif?” Voici la réponse de Jésus, telle qu’elle est consignée dans le récit de Marc: “Quiconque divorce avec sa femme [sauf pour motif de fornication] et se marie avec une autre commet un adultère envers elle, et si jamais une femme, après avoir divorcé avec son mari, se marie avec un autre, elle commet un adultère.” (Marc 10:10-12; Matthieu 19:3, 9). En une simple phrase, Jésus révèle son respect pour la dignité des femmes. Comment?

 

 

 

Tout d’abord, en précisant “sauf pour motif de fornication” (expression mentionnée dans l’Évangile de Matthieu), Jésus montre qu’on ne peut prendre le lien conjugal à la légère ou le briser facilement. À l’époque, l’enseignement des rabbins permet aux hommes de divorcer de leur femme pour des motifs aussi futiles que celui d’avoir raté un plat ou d’avoir parlé à un inconnu. Un homme est même autorisé à divorcer s’il trouve une femme plus séduisante à ses yeux! “Par ses paroles, écrit un bibliste, Jésus (...) prenait fermement fait et cause pour les femmes en s’efforçant de rétablir le mariage à la place qui lui revient.” De fait, le mariage devrait être une union permanente dans laquelle la femme se sente en sécurité. — Marc 10:6-9.

 

 

 

Ensuite, par l’expression “commet un adultère envers elle”, Jésus introduit une notion qui n’est pas reconnue par les tribunaux rabbiniques: celle d’un mari commettant un adultère envers sa femme. On relève cette explication dans un Commentaire interprétatif de la Bible (angl.): “Dans le judaïsme rabbinique, une femme infidèle pouvait commettre un adultère envers son mari; un homme, en ayant des relations sexuelles avec la femme d’un autre, pouvait commettre un adultère envers cet homme. Mais, quoi qu’il fît, un homme ne pouvait jamais commettre un adultère envers sa femme. En plaçant le mari sous la même obligation morale que sa femme, Jésus a élevé le statut et la dignité de la femme.”

 

 

 

Enfin, par l’expression “après avoir divorcé avec son mari”, Jésus légitime le droit d’une femme à divorcer d’un mari infidèle, possibilité apparemment connue, mais peu en usage sous la loi juive de l’époque. “Un mari, disait-on, peut divorcer de sa femme avec ou sans son consentement, mais une femme ne le peut qu’avec le consentement de son mari.” Selon Jésus, cependant, dans les normes chrétiennes hommes et femmes seraient soumis au même principe.

 

 

 

À travers son enseignement, Jésus a montré à quel point le bonheur des femmes lui tenait à cœur. On comprend donc aisément que certaines lui aient manifesté de l’amour en mettant leur avoir à son service (Luc 8:1-3). “Ce que j’enseigne n’est pas mien, disait Jésus, mais appartient à celui qui m’a envoyé.” (Jean 7:16). Son enseignement traduisait donc la tendre considération que Jéhovah éprouve envers les femmes.

 

 

 

“Leur assignant de l’honneur”

 

 

 

L’apôtre Pierre a été témoin oculaire du comportement de Jésus envers les femmes. Une trentaine d’années plus tard, il a donné lui-même des conseils pleins d’amour aux femmes mariées, avant d’ajouter: “Vous les maris, de même, continuez à demeurer avec elles selon la connaissance, leur assignant de l’honneur comme à un vase plus faible, le vase féminin, puisque vous aussi, vous êtes avec elles héritiers de la faveur imméritée de la vie, afin que vos prières ne soient pas entravées.” (1 Pierre 3:7). Qu’entendait Pierre par l’expression “leur assignant de l’honneur”?

 

 

 

Selon un lexicographe, le nom grec traduit par “honneur” (timê) a pour sens “prix, valeur, honneur, respect”. Certaines formes de ce mot sont rendues par “présents” et “précieux”. (Actes 28:10; 1 Pierre 2:7.) L’emploi que Pierre fait d’une forme de ce mot en 2 Pierre 1:17 nous permet de mieux comprendre ce que signifie honorer quelqu’un. Au sujet de la transfiguration de Jésus, il écrit: “Il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, quand des paroles comme celles-ci furent portées jusqu’à lui par la gloire magnifique: ‘Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé, que moi j’ai agréé.’” Lors de la transfiguration de Jésus, Jéhovah a honoré son Fils en disant qu’il l’agréait, et il a fait cette déclaration en présence de témoins (Matthieu 17:1-5). Partant, l’homme qui honore sa femme ne l’humilie pas ni ne la dénigre; au contraire, il démontre par ses paroles et par ses actes, en privé comme en public, toute l’estime qu’il lui porte. — Proverbes 31:28-30.

 

 

 

Cet honneur, dit Pierre, le mari chrétien doit l’‘assigner’ à sa femme. Il doit le lui accorder, non comme une faveur, mais comme un droit légitime. Qu’est-ce qui vaut un tel honneur aux femmes? Pierre explique: “Vous êtes avec elles héritiers de la faveur imméritée de la vie.” Au Ier siècle de notre ère, les hommes et les femmes à qui Pierre adressait sa lettre étaient tous appelés à devenir cohéritiers du Christ (Romains 8:16, 17; Galates 3:28). Ils n’exerçaient pas tous les mêmes responsabilités au sein de la congrégation, mais tous finiraient par régner ensemble avec le Christ dans les cieux (Révélation 20:6).

 

 

 

Pierre présente une autre raison impérieuse pour laquelle un mari devrait témoigner de l’honneur à sa femme: “Pour que [ses] prières ne soient pas entravées.” La forme verbale ‘être entravé’ vient d’un verbe grec (énkoptô) qui signifie littéralement “couper dans”. Dans son Dictionnaire interprétatif des mots du Nouveau Testament (angl.), W. Vine explique qu’il désignait “l’action d’entraver la progression de personnes en défonçant les routes ou en plaçant un obstacle au beau milieu du passage”. Ainsi, le mari qui n’assigne pas de l’honneur à sa femme risque de constater l’existence d’une sorte de barrage empêchant ses prières d’arriver jusqu’à Dieu. Peut-être se sentira-t-il indigne d’approcher Dieu, à moins que ce ne soit Jéhovah qui refuse de l’écouter. Manifestement donc, Jéhovah accorde une grande importance à la manière dont les hommes se conduisent envers les femmes. — Voir Lamentations 3:44.

 

 

 

Le mari n’est pas le seul à devoir assigner de l’honneur. S’il doit témoigner de l’honneur à sa femme en lui accordant amour et dignité, celle-ci, de son côté, doit l’honorer en se montrant soumise et en lui manifestant un profond respect (1 Pierre 3:1-6). Du reste, Paul a exhorté les chrétiens à ‘s’honorer les uns les autres’. (Romains 12:10.)

 

 

 

Depuis l’apparition du péché en Éden, au sein de nombreuses sociétés la femme est reléguée à une place déshonorante. Telle n’est pourtant pas la condition à laquelle Jéhovah la destinait à l’origine. Quelle que soit la position assignée à la femme dans une culture ou dans une autre, il ressort clairement des Écritures hébraïques comme des Écritures grecques que les femmes pieuses méritent honneur et respect. Tel est le droit que Dieu leur reconnaît.

Repost 0
7 mai 2006 7 07 /05 /mai /2006 20:12

La Bible fait mention d’un certain nombre de livres non inspirés mais sans pour autant mettre en doute leur exactitude. Quelques-uns furent une source de renseignements pour les écrivains divinement inspirés. Quelques-uns semblent avoir été des journaux compilés à partir d’archives officielles mais qui à ce jour n’ont toujours pas été retrouvés. En voici des exemples :

 

 

Le livre des Guerres de Yahvé (Jé). Cité par Moïse en Nombres 21:14, 15, ce livre était sans aucun doute un récit digne de foi mentionnant l’histoire des guerres menées par le peuple de Dieu. De toute évidence, Moïse l’a lu, mais il ne nous donne pas d’autres détails à son sujet. Peut-être commençait-il avec la guerre victorieuse qu’Abraham livra aux quatre rois alliés qui avaient capturé Lot et sa famille. — Gn 14:1-16.

 

 

Le livre de Yashar. Ce livre est mentionné en Josué 10:12, 13, passage dans lequel Josué prie pour que le soleil et la lune s’arrêtent pendant son combat contre les Amorites, ainsi qu’en 2 Samuel 1:18-27 où on trouve un poème intitulé “ L’Arc ”, un chant funèbre sur Saül et Yonathân. On pense donc que ce livre était un recueil de poèmes, de chants et d’autres textes. Ils étaient assurément d’un grand intérêt historique et largement diffusés parmi les Hébreux.

 

 

D’autres écrits historiques. Il est fait mention de plusieurs autres écrits historiques non inspirés dans les livres des Rois et des Chroniques. L’un d’eux est appelé “ le livre des affaires des jours des rois d’Israël ”. (1R 14:19 ; 2R 15:31.) “ Le livre des affaires des temps des rois de Juda ” est son équivalent relatif aux souverains du royaume du Sud ; il commençait avec Rehabam, fils de Salomon. Il en est question 15 fois (1R 14:29 ; 2R 24:5). Un autre récit du règne de Salomon est mentionné en 1 Rois 11:41 sous le nom de “ livre des affaires de Salomon ”.

 

 

Quand il compila et rédigea les Chroniques après l’Exil, Ezra se référa au moins 14 fois à d’autres sources, telles que “ le Livre des Rois d’Israël ”, “ le récit des affaires des jours du roi David ” et “ le Livre des Rois de Juda et d’Israël ”. (1Ch 9:1 ; 27:24 ; 2Ch 16:11 ; 20:34 ; 24:27 ; 27:7 ; 33:18.) Ezra mentionna également des livres écrits antérieurement par d’autres rédacteurs divinement inspirés (1Ch 29:29 ; 2Ch 26:22 ; 32:32). Il signala que d’autres prophètes de Jéhovah rédigèrent des textes qui ne furent pas préservés dans les Saintes Écritures (2Ch 9:29 ; 12:15 ; 13:22). Nehémia parla d’un “ livre des affaires des temps ”. (Ne 12:23.) La Bible cite aussi les annales gouvernementales de Perse. On y rapportait les services rendus au roi, par exemple la dénonciation par Mordekaï d’un complot d’assassinat. — Ezr 4:15 ; Est 2:23 ; 6:1, 2 ; 10:2.

 

 

Le sage rédacteur de l’Ecclésiaste met en garde contre l’élaboration sans fin de livres qui découlent de raisonnements propres au monde et s’opposent à la sagesse divine, livres qui n’apprennent pas à craindre le vrai Dieu ni à garder ses commandements (Ec 12:12, 13). Citons à cet égard ce qui se passa à Éphèse, où le spiritisme et le démonisme étaient très répandus. À la suite de la prédication de la bonne nouvelle relative au Christ, les croyants apportèrent leurs livres de magie et les brûlèrent publiquement ; on calcula qu’ils valaient 50 000 pièces d’argent (s’il s’agit de deniers, 37 200 $). — Ac 19:19.

 

 

On trouve en Exode 17:14 le commandement de Jéhovah d’écrire dans “ le livre ” son jugement contre Amaleq. C’est là une indication que la rédaction des écrits de Moïse, les premiers connus pour être inspirés, avait déjà commencé en 1513 av. n. è.

 

 

Il est également question de la Bible ou de parties de celle-ci en ces termes : “ le livre de l’alliance ”, lequel renfermait apparemment les lois énumérées en Exode 20:22 à 23:33 (Ex 24:7) ; et “ le rouleau du livre ”, les Écritures hébraïques (appelé par beaucoup aujourd’hui, l’ancien testament). — Hé 10:7.

 

Repost 0
5 mai 2006 5 05 /05 /mai /2006 14:28

“DÉCOUVERTE d’ossements: le crucifié avait les jambes pliées. Ce genre de titre dans les journaux de janvier 1971 était fréquent. Ce mois-là de nombreux articles de presse ont parlé d’un nouveau “témoignage” relatif au crucifiement.

 

 

 

Voici ce que déclarait un quotidien sous le titre “DÉCOUVERTE d’ossements: le crucifié avait les jambes pliées.” : “Jérusalem, 3 janvier (Reuter) — Des archéologues israéliens ont mis au jour pour la première fois les restes d’un crucifié. Ces ossements, ont-ils déclaré aujourd’hui, pourraient indiquer que Jésus Christ a été crucifié dans une position différente de celle dans laquelle on le représente traditionnellement sur la croix.”

 

 

 

Ce nouveau témoignage indiquait-il dans quelle position les condamnés juifs étaient exécutés sur une croix, ou sur un poteau, du temps de Jésus? Comment le corps de la victime était-il placé d’après ces archéologues? Cette découverte nous apprend-elle quelque chose sur l’exécution de Jésus? Et le témoignage en question était-il digne de foi?

 

 

 

Un clou resté dans les talons

 

 

 

En 1968, on découvrit par hasard quelques cavernes mortuaires près de Jérusalem. Parmi les ossements mis au jour, certains semblaient constituer une trouvaille exceptionnelle: des os de talon transpercés d’un clou rouillé. Nico Haas, anatomiste et anthropologue de la faculté de médecine de l’Université Hadassah, a minutieusement étudié ces os. La très sérieuse revue Israel Exploration Journal (1970, volume 20, pages 38-59) a publié les conclusions de ce scientifique, et celles-ci ont donné matière à des articles de journaux qui ont fait sensation. Quelles étaient ces conclusions?

 

 

 

Selon Nico Haas, ce qu’on avait découvert n’était rien de moins que les ossements d’un homme crucifié au Ier siècle. Au moment de l’exécution, on avait semble-t-il cloué les deux talons de la victime sur un poteau vertical, mais le clou s’était tordu en rencontrant un nœud dans le bois. Après que le supplicié juif eut expiré, les siens n’arrivèrent pas à ôter le clou de ses talons, et ils l’enterrèrent donc avec. Comme un seul clou transperçait les os des deux talons et que les os des jambes semblaient former un angle, Nico Haas a affirmé que la victime avait vraisemblablement été suppliciée dans la position avec jambes jointes et repliées. (D’autre part, selon Nico Haas, un os de bras présentait une éraflure indiquant que l’homme avait eu les bras cloués sur une barre transversale.) Peut-être avez-vous vu ce dessin dans un journal ou une revue. Beaucoup ont été captivés par ces informations en songeant aux indications qu’elles pouvaient fournir sur la position dans laquelle Jésus est mort.

 

 

 

Toutefois, posons à nouveau cette question: Ce témoignage était-il digne de foi et nous apprend-il quelque chose sur l’exécution de Jésus?

 

 

 

Réexamen des os des talons

 

 

 

Au cours des années suivantes, des savants célèbres comme le professeur Yigal Yadin ont mis en doute l’exactitude des conclusions de Nico Haas. Finalement, la revue Israel Exploration Journal (1985, volume 35, pages 22-27) a publié un rapport sur le “réexamen” des ossements qu’ont effectué l’anthropologue Joseph Zias (des services israéliens chargés des Antiquités et des Musées) et Éliezer Sekeles (de la faculté de médecine de l’Université Hadassah). Ces scientifiques avaient étudié les notes, les photographies, les radiographies et les moulages originaux des os en question. Certaines de leurs découvertes ont de quoi surprendre:

 

 

 

Le clou était plus court que Nico Haas ne l’avait déclaré; il n’aurait pas été assez long pour transpercer les os des deux talons et s’enfoncer dans le bois. Les morceaux d’os avaient été incorrectement identifiés. Aucun d’eux ne provenait d’un second talon; le clou ne transperçait qu’un seul talon. Certains fragments d’os provenaient d’un autre individu. L’éraflure de l’os du bras “n’était pas une preuve convaincante” indiquant que celui-ci avait été cloué sur une barre transversale; ‘en réalité, on a observé deux marques semblables sur l’os d’une jambe; celles-ci n’ont rien à voir non plus avec le crucifiement’.

 

 

 

À quelles conclusions ces savants ont-ils abouti après ce nouvel examen? “Les reconstitutions initiale et finale du crucifiement [faites par Nico Haas] sont techniquement et anatomiquement démenties par ces nouvelles observations (...). Nous n’avons trouvé aucun os du talon gauche, et d’après nos calculs la longueur du clou ne permettait de fixer qu’un seul talon (...). L’absence de fracture à l’avant-bras et aux métacarpes semble indiquer que les bras du supplicié ont été liés plutôt que cloués.”

 

 

 

Et Jésus?

 

 

 

Qu’indiquent ces conclusions à propos de la position dans laquelle Jésus est mort? Pas grand-chose, à vrai dire! Voici ce qu’on peut lire dans une encyclopédie (The International Standard Bible Encyclopedia, édition de 1979) à l’entrée “Croix”: “À l’origine, le terme grec stauros désignait un poteau de bois taillé en pointe, dressé verticalement et fixé solidement dans le sol. (...) On positionnait ces poteaux côte à côte, en rangées, afin de former des clôtures ou des palissades défensives autour des campements, ou on les dressait séparément pour qu’ils servent d’instruments de supplice sur lesquels on exécutait publiquement les grands criminels (ou, s’ils étaient déjà morts, pour déshonorer complètement leur cadavre).”

 

 

 

Certes, les Romains se servaient d’un instrument d’exécution appelé crux en latin. Et ce mot crux a été utilisé dans les traductions de la Bible en latin pour rendre le terme grec stauros. Comme le mot latin crux et le mot français croix se ressemblent, beaucoup pensent à tort qu’une crux était nécessairement un poteau muni d’une barre transversale. Mais le Dictionnaire impérial de la Bible (angl.) déclare à ce propos: “Même chez les Romains, la crux (dont dérive notre mot croix) devait être à l’origine un poteau droit, et ceci est resté vrai dans la plupart des cas.”

 

 

 

On trouve des renseignements supplémentaires à ce sujet dans le livre La croix non chrétienne (angl.): “Dans le grec original, pas un seul des nombreux livres du Nouveau Testament ne contient la moindre phrase prouvant même indirectement que le stauros utilisé pour Jésus était autre chose qu’un stauros ordinaire [un pieu ou un poteau]; rien ne prouve, à plus forte raison, qu’il se composait non pas d’une, mais de deux pièces de bois clouées ensemble en forme de croix.” Il se peut fort bien que le Christ ait été cloué sur une sorte de crux (stauros) appelée crux simplex. Celle-ci correspond à cette description, comme l’indique la représentation qu’en a faite un érudit catholique du XVIe siècle, Justus Lipsius.

 

 

 

Que dire de l’autre mot grec, xulon? Il apparaît dans la version grecque des Septante, en Esdras 6:11. Ce texte est rendu comme suit dans la version Segond : « Et voici l'ordre que je donne touchant quiconque transgressera cette parole: on arrachera de sa maison une pièce de bois, on la dressera pour qu'il y soit attaché, et l'on fera de sa maison un tas d'immondices. » Quand à la traduction de Jérusalem elle rend ce verset de la sorte : « J'ordonne encore ceci : quiconque transgressera cet édit, on arrachera de sa maison une poutre : elle sera dressée et il y sera empalé; quant à sa maison, on en fera, pour ce forfait, un bourbier. » De toute évidence, il n’est question ici que d’une seule pièce de bois, ou “poutre”.

 

 

 

Par conséquent, de nombreux traducteurs des Écritures grecques chrétiennes (Nouveau Testament) ont rendu les paroles de Pierre rapportées en Actes 5:30 comme suit: “Le Dieu de nos ancêtres a relevé Jésus, que vous avez tué en le pendant à un poteau [ou “au bois”, selon les versions Chouraqui, Darby, Synodale, Segond, et la Traduction Œcuménique de la Bible ].” Peut-être pourriez-vous également considérer comment votre Bible rend le terme xulon en Actes 10:39; 13:29, en Galates 3:13 et en I Pierre 2:24. Il est donc on ne peut plus probable que Jésus a été exécuté sur un poteau vertical dépourvu de toute barre transversale.

 

 

 

Personne aujourd’hui ne peut même savoir avec certitude combien de clous ont été utilisés dans le cas de Jésus. Voici ce qu’une encyclopédie (The International Standard Bible Encyclopedia, 1979, tome I, page 826) déclare à ce sujet: “Le nombre exact de clous utilisés (...) fait l’objet de bien des conjectures. Dans les plus anciennes représentations de la crucifixion, les pieds de Jésus sont cloués séparément, mais dans les plus récentes ils sont croisés et fixés au bois par un seul clou.”

 

 

 

Ce que nous savons, c’est que ses mains ou ses bras n’ont pas été simplement attachés. Après la mort de Jésus, Thomas déclara en effet: “Je ne croirai pas, à moins de voir à ses mains la marque des clous.” (Jean 20:25). Soit cette mention de “clous” au pluriel indique que chaque main a été transpercée par un clou, soit elle se rapporte aux marques qui étaient visibles sur ‘ses mains et ses pieds’. (Voir Luc 24:39.) Nous ne pouvons pas non plus savoir avec exactitude où les clous ont transpercé Jésus, bien que ce fût de toute évidence dans la région des mains. Le récit biblique ne fournit pas de détails précis, ce qui n’est d’ailleurs pas nécessaire. Si les savants qui ont examiné de près les os découverts à proximité de Jérusalem en 1968 ne peuvent même pas déterminer avec certitude dans quelle position le supplicié est mort, cette découverte ne permet certainement pas de préciser celle dans laquelle Jésus a été exécuté.

 

 

 

Les dessins représentant la mise à mort de Jésus que vous pouvez voir à divers endroits doivent donc avoir simplement pour but d’illustrer cet événement. Ils ne sont pas destinés à fournir des indications anatomiques péremptoires. Point n’est besoin que ces dessins reflètent les opinions fluctuantes et contradictoires des savants; d’autre part, en aucun cas ils ne doivent représenter des symboles religieux issus du paganisme antique.

Repost 0
4 mai 2006 4 04 /05 /mai /2006 12:45

ZEUS, Héra, Artémis, Apollon, Arès — vous avez sans doute entendu parler d’au moins l’un de ces dieux ou déesses. On trouve des vestiges de leurs statues à Athènes, la “ville aux nombreux dieux”. Cependant, la plus importante de toutes les divinités de la Grèce antique était Athéna, la déesse de la “raison”. C’est elle qui donna son nom à Athènes, et son temple, le Parthénon, est l’un des plus grands monuments de la cité.

 

 

Les nombreux restes de dieux en pierre qui parsèment Athènes, métropole pleine d’animation qui compte près de deux millions et demi d’habitants, pourraient très bien rappeler aux visiteurs les paroles que l’apôtre chrétien Paul prononça ici. Après avoir parcouru les rues de la ville, il déclara: “Je vois qu’en toutes choses vous êtes, semble-t-il, plus que les autres, voués à la crainte des divinités.” — Actes 17:22.

 

 

UNE VUE D’ENSEMBLE

 

 

Et si nous commencions par découvrir une vue d’ensemble de la ville? Pour y avoir vécu 2 ans fin des années 80, je me permettrais de vous faire visiter cette ville impressionnante.

 

 

En taxi, nous montons une côte étroite et raide qui mène au départ d’un funiculaire. Quelques minutes plus tard, nous arrivons au sommet du Lycabette, une colline escarpée et conique d’où l’on a un magnifique point de vue sur la ville. Selon la tradition, la chapelle Saint-Georges, qui s’élève au sommet de cette colline, a été bâtie sur l’emplacement d’un ancien autel de Zeus. Nous admirons le paysage tout en buvant des rafraîchissements à la terrasse d’un restaurant. La soirée est avancée. La chaleur étouffante qui a pesé toute la journée sur la ville diminue graduellement. Au sud-ouest, relié à Athènes par des kilomètres de banlieue, nous apercevons le Pirée. C’est le plus grand port et centre industriel de la Grèce. De là, les richesses du pays — olives, raisins et autres fruits — partent vers de nombreux endroits du monde. Nous sommes bien placés pour remarquer aussi qu’Athènes est entourée de montagnes et remplie de monuments, de musées et d’églises.

 

 

La nuit tombe et notre attention est soudain captivée. De l’autre côté de la vallée dans laquelle s’étend la ville d’Athènes, on vient d’allumer 1 500 projecteurs qui baignent l’Acropole de leur lumière. C’est un spectacle à couper le souffle.

 

 

DE L’AGORA À L’ARÉOPAGE

 

 

Le lendemain, nous nous faisons un devoir de visiter l’Acropole. Nous rangeons notre voiture dans une rue encombrée, près de l’Acropole, et nous continuons à pied. Plus bas, à notre gauche, nous voyons ce qui reste de l’ancienne Agora, la place du marché. Outre qu’on y traitait les affaires commerciales, c’était aussi un lieu où l’on débattait de diverses questions et où l’on réglait les problèmes de la cité. En fait, l’Agora était le centre de la vie publique. C’est pourquoi l’apôtre Paul y passa du temps, vers l’an 50 de notre ère, quand il visita Athènes lors de son second voyage missionnaire. “Chaque jour, sur la place du marché [l’Agora]”, il raisonnait avec les gens “qui s’y rencontraient”. Les paroles suivantes montrent combien ces gens étaient curieux: “Tous les Athéniens, en effet, et les étrangers séjournant chez eux ne passaient leur temps de loisir à rien d’autre qu’à dire ou à écouter du nouveau.” — Actes 17:17, 21.

 

 

Paul lui-même se trouva entraîné dans une discussion avec des philosophes épicuriens et stoïciens, et, très vite, “ils se saisirent donc de lui et le menèrent à l’Aréopage en disant: ‘Pourrions-nous savoir quel est ce nouvel enseignement dont tu parles?’” (Actes 17:18, 19). De nos jours, l’Agora est un endroit intéressant, au centre de la ville, un lieu où les pique-niqueurs et les peintres échappent au remue-ménage des touristes qui visitent l’Acropole l’appareil-photo en bandoulière.

 

 

Nous ne nous laisserons pas absorber par cette scène contemporaine au point d’oublier que la situation de Paul était extrêmement dangereuse. Il était soupçonné d’être un “annonceur de divinités étrangères”, et la loi disait: ‘Personne n’aura de dieux différents ou nouveaux, ni n’adorera en privé des dieux inconnus à moins d’y avoir été publiquement autorisé.’ Rien d’étonnant, donc, à ce que les Athéniens se soient saisis de l’apôtre et l’aient emmené à l’Aréopage pour l’interroger. De toute façon, le récit biblique au sujet de l’Aréopage nous incitait à partir à la recherche de ce célèbre site.

 

 

Nous réussissons à en trouver le chemin, et une courte marche nous mène au pied de l’Aréopage ou colline de Mars, au nord-ouest de l’Acropole. Quel instant émouvant! Peut-être nous tenons-nous à l’endroit même où Paul se tint autrefois lorsqu’il donna le témoignage mémorable rapporté en Actes 17:22-31. Le célèbre discours de Paul est d’ailleurs inscrit sur une plaque de bronze, sur le flanc de la petite colline. Le moment est venu d’ouvrir nos Bibles et de revivre ce qui se passa il y a dix-neuf siècles.

 

 

LA PRÉDICATION À ATHÈNES COMMENCE À PORTER DU FRUIT

 

 

Le témoignage éloquent que Paul donna devant les lettrés d’Athènes est une excellente leçon de tact et de discernement. Par la même occasion, il marqua un point sur le plan de la légalité en employant un argument approprié pour répondre à ceux qui l’accusaient d’introduire une nouvelle divinité. L’apôtre leur montra qu’il prêchait justement le Créateur du ciel et de la terre, celui qui ne réside pas dans des temples construits par les hommes. Avec tact, Paul dit à ses auditeurs qu’il leur annonçait le “Dieu inconnu” auquel ils avaient eux-mêmes élevé un autel et qu’ils honoraient pieusement sans le connaître. L’apôtre leur rendit ce “Dieu inconnu” plus proche en citant les écrits d’Aratos, un poète de Cilicie, et l’Hymne à Zeus de Cléanthe. De cette manière, Paul pouvait expliquer aux Athéniens que certains de leurs poètes avaient dit: ‘Nous sommes aussi sa lignée.’ Par conséquent, tous les hommes devaient leur existence à ce Dieu.

 

 

Paul continua en montrant que Dieu jugerait la terre habitée avec justice par un homme qu’il avait établi et qu’il avait même ressuscité d’entre les morts pour fournir une garantie aux humains. À ce moment-là, le discours de Paul fut interrompu. En effet, “quand ils entendirent parler d’une résurrection des morts, certains raillaient et d’autres disaient: ‘Nous t’entendrons là-dessus une autre fois.’ ” Que se passa-t-il ensuite?

 

 

Paul sortit du milieu d’eux, mais son argumentation de qualité souleva un autre genre de réaction. Il y avait aussi un troisième groupe, car “quelques hommes se joignirent à lui et devinrent croyants, parmi lesquels se trouvaient également Denys, juge du tribunal de l’Aréopage, et une femme nommée Damaris, et d’autres avec eux”. (Actes 17:32-34.) Très tôt, le christianisme se développa donc dans la “ville aux nombreux dieux”.

 

 

REMARQUES SUR L’HISTOIRE DE LA VILLE

 

 

Non loin de l’Aréopage se dresse l’Acropole. Nous gravissons les impressionnants escaliers de marbre des Propylées (ou portes principales), magnifique voie d’accès au Parthénon, la couronne de l’Acropole. Le temple de la Victoire aptère se trouve sur notre droite, mais la déesse en a disparu. Nous traversons les imposantes colonnades des Propylées qui, bien que partiellement dégradées, donnent encore l’impression accablante que ce fut autrefois une construction énorme. En haut des escaliers, nous découvrons les ruines immenses du Parthénon. Quand fut-il bâti et pour quelle raison?

 

 

L’origine d’Athènes se perd dans le passé, bien que l’archéologie jette quelques lueurs sur son histoire primitive. Au VIIe siècle avant notre ère, la cité était dirigée par les Eupatrides, une aristocratie qui détenait le pouvoir politique et qui gouvernait l’Aréopage, le principal tribunal criminel de l’époque. Au siècle suivant, un législateur nommé Solon posa les fondements d’une démocratie. C’est de cette manière qu’Athènes devint le centre du premier État possédant un gouvernement démocratique.

 

 

L’ascension de l’Empire médo-perse s’avéra être une menace sérieuse pour la Grèce , car, comme le prophète Daniel l’avait prédit, le quatrième roi de Perse “soulèvera tout contre le royaume de Grèce”. (Dan. 11:2.) Il y eut des guerres entrecoupées de périodes de paix jusqu’à ce que le “quatrième roi”, Xerxès de Perse, soulevât tout son empire pour envahir la Grèce en 480 avant notre ère. Il atteignit Athènes et brûla entièrement la forteresse de l’Acropole. Cependant, les Athéniens coulèrent la flotte perse à Salamine, ce qui força l’ennemi à se retirer. Grâce à sa puissante marine, Athènes conquit l’hégémonie de la Grèce.

 

 

La ville entra dans son âge d’or. Pendant cette période de grande prospérité, sous la direction efficace de Périclès, Athènes devint la capitale culturelle du monde antique. Elle prit son essor en tant que centre pédagogique avec ses professeurs, ses orateurs et ses philosophes, tels que Socrate, Platon et Aristote. Quatre écoles de philosophes y étaient établies: les platoniciens, les péripatéticiens, les épicuriens et les stoïciens (Actes 17:18, 19). À cette époque également, on construisit de nombreux temples et bâtiments magnifiques dont le Parthénon, principal monument de la religion païenne antique.

 

 

LES ÉCRITURES CONTRE LA PHILOSOPHIE

 

 

À l’époque où Jésus et ses apôtres étaient sur terre, les écoles de philosophie d’Athènes étaient encore florissantes. De son berceau en Grèce, la philosophie se répandit dans le monde. Paul dut même avertir la congrégation chrétienne de Colosses, en Asie Mineure, par ces mots: “Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un qui vous emporte comme une proie au moyen de la philosophie et de vaines tromperies, selon la tradition des hommes, (...) et non selon Christ.” Paul prêchait Christ et dit à son sujet: “En lui sont soigneusement cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance.” — Col. 2:3, 8.

 

 

Aux Grecs de Corinthe, Paul écrivit des paroles très puissantes contre la sagesse humaine. Il prit la défense du vrai christianisme et remit la philosophie humaine à sa place, en disant: “Si quelqu’un parmi vous pense être sage dans ce système de choses, qu’il devienne sot pour devenir sage. (...) ‘Jéhovah sait que les raisonnements des sages sont futiles.’” (I Cor. 3:18-20). Non seulement leurs raisonnements s’avèrent futiles, mais les œuvres de leurs mains périssent aussi. Regardez l’Acropole. Sa statue d’Athéna décorée d’or a disparu. Seule une partie du Parthénon est encore debout. Et qu’en est-il de l’Érechthéion, le temple d’Athéna et de Poséidon? Il reste peu de choses de son ancienne splendeur.

 

 

En quittant l’Acropole et en descendant les marches des imposantes Propylées, les paroles que Paul adressa au tribunal d’Athènes nous reviennent à l’esprit: “Nous ne devons pas penser que l’Être divin soit semblable à de l’or ou à de l’argent ou à de la pierre, semblable à quelque chose de sculpté par l’art et l’ingéniosité de l’homme.” — Actes 17:29.

Repost 0
1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 15:46

DAVID, le jeune berger devenu musicien, poète, soldat, prophète et roi, occupe une place de premier plan dans la Bible. Son nom y apparaît 1 138 fois et on y trouve en 25 endroits l’expression " Maison de David ", qui désigne la plupart du temps sa dynastie (1 Samuel 20:16). Le roi David et sa dynastie ne sont-ils qu’un mythe ? Que peut nous apprendre l’archéologie à ce sujet ? Une importante découverte faite récemment sur le site archéologique de Tel Dan, dans le nord de la Galilée, semble bien confirmer l’historicité de David et de sa dynastie.

Au cours de l’été 1993, une équipe d’archéologues dirigée par le professeur Avraham Biran effectuait des fouilles non loin de la porte extérieure de Dan, une ancienne cité biblique. Une place pavée fut mise au jour et l’on dégagea sans difficulté une pierre noire de basalte qui affleurait. Puis quelqu’un tourna la pierre vers la lumière du jour et des lettres apparurent. " Mon Dieu, s’écria le professeur Biran, une inscription ! "

Avraham Biran et son collègue, le professeur Joseph Naveh, de l’université de Jérusalem, ont rédigé sans tarder une étude scientifique sur l’inscription. La Revue d’archéologie biblique (angl.) a publié dans son numéro de mars/avril 1994 un article inspiré de cette étude, dans lequel on lisait : " Ce n’est pas tous les jours qu’une découverte archéologique fait les gros titres du New York Times (sans parler de la revue Time). C’est pourtant l’accueil qu’a reçu cet été une découverte faite sur le site de Tel Dan, un beau tertre situé en Galilée du Nord, au pied du Mont Hermon, près de l’une des sources du Jourdain.

" Avraham Biran et son équipe d’archéologues ont trouvé là une inscription, datée du IXe siècle avant notre ère, qui contient les expressions ‘ Maison de David ’ et ‘ roi d’Israël ’. C’est la première fois que l’on trouve le nom de David dans une inscription ancienne non biblique, ce qui rend d’autant plus remarquable le fait que l’inscription ne mentionne pas simplement un ‘ David ’, mais la ‘ Maison de David ’, c’est-à-dire la dynastie du grand roi israélite.

" ‘ Roi d’Israël ’ est une expression fréquente dans la Bible, particulièrement dans le livre des Rois. Mais en dehors de la Bible, ceci semble être la plus ancienne mention d’Israël dans une écriture sémitique. Si cette inscription démontre quelque chose, c’est que, contrairement à ce qu’affirment certains spécialistes très critiques à l’égard de la Bible, Israël et Juda étaient à l’époque d’importants royaumes. "

Pour dater le fragment, les chercheurs se sont appuyés sur la forme des lettres, le contenu de l’inscription et l’analyse des poteries trouvées à côté de la pierre. Ces trois méthodes donnent des résultats convergents et indiquent le IXe siècle avant notre ère (David a vécu au siècle précédent). Les spécialistes pensent que l’inscription faisait partie d’un monument de victoire érigé à Dan par un Araméen ennemi du ‘ roi d’Israël ’ et du ‘ [roi de la] Maison de David ’. Les Araméens, dont le territoire se trouvait à l’est d’Israël, adoraient Hadad, un dieu du tonnerre dont le culte était très répandu.

Au cours de l’été 1994, deux autres fragments de la stèle furent découverts. Le professeur Biran raconte : " Dans ces deux fragments, on trouve le nom du dieu araméen Hadad et la mention d’une bataille entre Israélites et Araméens. "

Le fragment principal mis au jour en 1993 contenait 13 lignes partiellement lisibles écrites dans l’ancien alphabet hébreu. À l’époque, les mots d’un texte étaient séparés par des points. Cependant, ‘ Maison de David ’ est écrit, non pas en deux mots, mais en un seul, c’est-à-dire (transcrit en caractères romains) " bytdwd " et non " byt " (maison), un point, " dwd " (David). Ce " bytdwd " en un seul mot a soulevé bien des questions.

Le linguiste Anson Rainey a fait le commentaire suivant : " Dans leur explication, Joseph Naveh et Avraham Biran ne sont pas entrés dans les détails. Peut-être ont-ils estimé superflu de préciser au lecteur que dans une telle construction le point qui sépare les deux composants est souvent omis, particulièrement si le composé est un nom propre bien établi dans la langue. Au milieu du IXe siècle, c’était certainement le cas pour ‘ Maison de David ’, qui désignait une entité à la fois géographique et politique. "

Un autre témoignage archéologique

Après cette découverte, le professeur André Lemaire, un spécialiste de la stèle de Mésha, a signalé que cette dernière contenait aussi l’expression " Maison de David ". Cette stèle découverte en 1868 a beaucoup de points communs avec celle de Tel Dan. Elles datent toutes les deux du IXe siècle avant notre ère, sont faites dans le même matériau, ont à peu près la même taille et utilisent presque la même écriture sémitique.

Au sujet de la reconstitution d’une ligne endommagée de la stèle de Mésha, André Lemaire a écrit : " Près de deux ans avant la découverte du fragment de Tel Dan, je suis arrivé à la conclusion que la stèle de Mésha contenait l’expression ‘ Maison de David ’. (...) La raison pour laquelle la présence de cette expression n’a pas été remarquée tient peut-être au fait que personne n’a encore donné d’édition princeps de la stèle de Mésha. C’est cette édition que je prépare actuellement, 125 ans après la découverte de la stèle. "

Ces données archéologiques sont intéressantes parce qu’elles rejoignent les témoignages apportés par un ange, par Jésus lui-même et par ses disciples, ainsi que par une foule anonyme, à l’appui de l’historicité de David (Matthieu 1:1 ; 12:3 ; 21:9 ; Luc 1:32 ; Actes 2:29). Manifestement, les découvertes archéologiques le confirment : le roi et sa dynastie, la " Maison de David ", appartiennent bien à la réalité historique et non au mythe.

Repost 0
1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 03:26

SI “LA paléontologie est l’étude des fossiles, vestiges de la vie des temps passés”, elle est également, pour reprendre l’expression d’un paléontologue, “une science des plus spéculative et des plus dogmatique”. On peut en voir la démonstration dans les différentes hypothèses échafaudées pour expliquer l’extinction des dinosaures. G. Jepson, de l’Université Princeton, a déclaré à ce sujet:

 

“Des auteurs de compétences inégales ont émis l’idée que les dinosaures avaient disparu à cause d’un bouleversement climatique (...) ou d’une carence alimentaire. (...) D’autres ont incriminé la maladie, des parasites, (...) des changements dans la pression ou la composition atmosphérique, des émanations toxiques, des poussières volcaniques, un dégagement excessif d’oxygène par les plantes, des météorites, des comètes, des petits mammifères mangeurs d’œufs, (...) des radiations cosmiques, un déplacement de l’axe de rotation de la terre, des inondations, la dérive des continents, (...) l’assèchement des marécages et des lacs, les taches solaires.” — L’énigme des dinosaures (angl.).

 

Au vu de telles spéculations, il est manifeste que les scientifiques ne sont pas en mesure de répondre avec certitude à la question: Qu’est-il arrivé aux dinosaures?

 

La théorie de l’extinction brutale

 

Plus récemment, une nouvelle théorie a été formulée par deux chercheurs, père et fils, Luis et Walter Alvarez. Walter Alvarez a découvert à proximité de la ville de Gubbio, dans le centre de l’Italie, une curieuse couche d’argile rouge, très fine, prise en sandwich entre deux couches sédimentaires. Comme la couche inférieure contenait de nombreux fossiles et la couche supérieure presque pas, les géologues en ont déduit qu’il y avait eu disparition soudaine de la vie et que la mince couche d’argile avait quelque rapport avec le phénomène.

 

Des analyses de l’argile ont révélé une concentration d’iridium (un métal) 30 fois supérieure à la normale. Or, on savait qu’une concentration aussi élevée de cet élément rare ne pouvait avoir que deux origines: le centre de la terre ou l’espace. Les chercheurs en ont conclu que le dépôt d’iridium devait provenir d’un choc entre la terre et un énorme astéroïde, lequel choc avait causé la brutale extinction des dinosaures.

 

Après la découverte à Gubbio de cette argile riche en iridium, des dépôts similaires ont été trouvés dans d’autres endroits du monde. L’hypothèse de l’astéroïde s’en est-elle trouvée corroborée? Certains scientifiques restent sceptiques. Cependant, comme le signale le livre L’énigme des dinosaures, la théorie des Alvarez a apporté un “nouveau ferment à l’étude de l’extinction et de l’évolution”. Par ailleurs, le paléontologue Stephen Gould a reconnu qu’elle pouvait amoindrir “l’importance de la compétition entre les espèces”.

 

À propos de cette nouvelle théorie et de la disparition apparemment soudaine des dinosaures, un écrivain scientifique fait cet aveu: “Elles pourraient ébranler les fondements de la biologie évolutionniste et remettre en question le concept actuel de la sélection naturelle.”

 

Selon David Jablonski, de l’université d’Arizona, ‘pour quantité de plantes et d’animaux, l’extinction intervint brutalement et, pour une raison ou pour une autre, de façon spéciale. Les disparitions massives ne tiennent pas simplement à l’accumulation du nombre des victimes. Un phénomène inhabituel a dû se produire’. Tout aussi brutale a été l’apparition de ces formes de vie. La revue Pour la science déclare à ce sujet: “L’apparition soudaine de ces deux sous-ordres [de ptérosaures] sans précurseur annonciateur connu est un phénomène assez courant en paléontologie.” C’est également le cas des dinosaures. Leur apparition et leur disparition relativement soudaines sont incompatibles avec l’idée communément admise selon laquelle l’évolution se serait faite lentement.

 

L’âge des dinosaures

 

Puisque les ossements de dinosaures sont systématiquement retrouvés dans des couches géologiques inférieures à celles renfermant les fossiles humains, beaucoup en déduisent qu’ils datent d’une époque antérieure. Les géologues appellent cette époque ère mésozoïque, qu’ils divisent en trois périodes: le crétacé, le jurassique et le trias. L’échelle de temps utilisée pour ces périodes est de l’ordre de la dizaine de millions d’années. Mais cette échelle a-t-elle été établie avec certitude?

 

L’une des méthodes utilisées pour déterminer l’âge des fossiles porte le nom de datation au radiocarbone. Ce procédé mesure la vitesse de désintégration du carbone radioactif à partir de l’instant où l’organisme étudié a cessé de vivre. “Une fois mort, explique le livre Science et technologie illustrées (angl.), un organisme n’absorbe plus le gaz carbonique de l’air, et la proportion des isotopes décroît avec le temps au fur et à mesure que se poursuit la désintégration des radioéléments.”

 

Toutefois, le système présente de graves lacunes. Tout d’abord, pour un fossile daté de 50 000 ans environ, le taux de radioactivité est tombé si bas que sa mesure devient extrêmement délicate. Ensuite, même chez les spécimens les plus récents, ce taux est tellement bas qu’il est, là encore, très difficile de faire une mesure précise. Enfin, si l’on sait mesurer la vitesse actuelle de formation du radiocarbone, on est en revanche incapable de savoir quelle était la concentration du carbone en ces temps éloignés.

 

Ainsi, qu’ils utilisent la méthode au radiocarbone pour dater les fossiles, ou bien d’autres méthodes comme celles faisant intervenir le potassium, l’uranium ou le thorium radioactifs pour dater les roches, les scientifiques n’ont aucun moyen de déterminer la concentration de chacun de ces éléments aux époques de référence. Ce que Melvin Cook, professeur de métallurgie, confirme en ces termes: “Nous ne pouvons émettre que des conjectures sur la concentration [des radioéléments], et il s’ensuit que les datations ainsi obtenues ne sont jamais que des conjectures.” Il serait normal, en particulier, qu’il y ait eu des variations si l’on considère que le déluge qui s’est abattu au temps de Noé, voilà plus de 4 300 ans, a modifié profondément la terre et l’atmosphère.

 

La déclaration suivante, que l’on doit à deux géologues du Dartmouth College, Charles Officer et Charles Drake, permet de douter un peu plus encore de la précision des méthodes de datation faisant intervenir la radioactivité: “Nous sommes arrivés à la conclusion que l’iridium et les éléments qui lui sont associés ne se sont pas déposés instantanément (...), mais qu’ils ont plutôt été apportés en énorme quantité et de façon discontinue au cours d’une période géologique relativement courte comprise entre 10 000 et 100 000 ans.” Selon eux, le morcellement et la dérive des continents ont provoqué des perturbations sur tout le globe, causant des éruptions volcaniques qui ont voilé la lumière du soleil et pollué l’atmosphère. Il est certain que des événements d’une telle ampleur ont pu modifier la concentration des radioéléments, et fausser ainsi les résultats fournis par les horloges radioactives de la science moderne.

 

Les dinosaures et la Genèse

 

La méthode de datation basée sur la radioactivité des éléments a beau être une innovation, elle n’en repose pas moins sur la spéculation et la supposition. En contraste, dans le premier chapitre de la Genèse , la Bible énonce en termes simples l’ordre général dans lequel s’est effectuée la création. Rien dans ces pages ne s’oppose à ce que la formation de la terre ait demandé des milliards d’années ni à ce que son aménagement en vue d’en faire l’habitation des hommes se soit étalé sur de nombreux millénaires, que les Écritures divisent en six “jours”, ou périodes de création.

 

Certains dinosaures (et ptérosaures) peuvent effectivement avoir été créés lors de la cinquième période dont parle la Genèse , celle au cours de laquelle Dieu fit “les créatures volantes” et “les grands monstres marins”. Peut-être d’autres types de dinosaures ont-ils été créés lors de la sixième période. Leur appétit phénoménal conjugué à leur grande variété aurait été bien utile compte tenu de l’abondante végétation qui couvrait, semble-t-il, la terre à leur époque. — Genèse 1:20-24.

 

Lorsque les dinosaures ont eu rempli leur mission, Dieu a mis fin à leur existence. Quand? Comment s’y prit-il? La Bible ne dit rien à ce sujet. Toutefois, nous pouvons être sûrs que les dinosaures ont été créés par Jéhovah dans un dessein précis, même si ce dessein nous échappe en partie aujourd’hui. Les dinosaures ne furent ni une erreur ni le produit de l’évolution. Le fait qu’ils soient apparus soudainement dans les registres fossiles, sans rien qui les relie à des fossiles plus anciens, et qu’ils en aient disparu tout aussi brutalement, s’oppose à ce qu’ils aient évolué lentement pendant des millions d’années. Le témoignage des fossiles ne confirme donc pas la théorie de l’évolution. Il est plutôt conforme à ce que la Bible dit des actes créateurs de Dieu.

Repost 0
29 avril 2006 6 29 /04 /avril /2006 23:29

De nos jours il n’est pas nécessaire de parler le Grec ancien pour pouvoir lire la bible sans risque d’erreur. Pourtant certains d’entre vous utilisent peut-être une Bible interlinéaire Grec/Anglais ou Grec/Français. Quoi qu’il en soit, voici quelques bases historiques et pratiques simples permettant de vous familiariser avec cette langue dont a été écrit le ‘Nouveau Testament’ à son origine (sauf l’Évangile de Matthieu, qui fut rédigé d’abord en hébreu). C’est également dans cette langue que fut réalisée la première traduction complète des Écritures hébraïques, la Septante. Le grec est une langue flexionnelle, qui offre une grande variété d’expression au moyen de radicaux, de préfixes et de désinences.

 

 

La koinè. L’époque de la koinè, ou grec commun, dura d’environ 300 av. n. è. à environ 500 de n. è. ; il s’agissait d’un mélange de différents dialectes grecs parmi lesquels l’attique exerça la plus forte influence. La koinè devint la langue internationale. Par rapport aux autres langues de l’époque, elle présentait l’avantage très net d’être presque universellement connue. Le terme koinè signifie langue commune ou dialecte parlé par tous. L’usage de la koinè était si répandu que les décrets des gouverneurs impériaux et du sénat romain étaient traduits dans cette langue pour être publiés à travers tout l’empire. De même, l’accusation affichée au-dessus de la tête de Jésus Christ lorsqu’il fut attaché sur un poteau était écrite non seulement en latin, la langue officielle, et en hébreu, mais encore en grec (koinè). — Mt 27:37 ; Jn 19:19, 20.

 

 

À propos de l’emploi du grec dans le pays d’Israël, un helléniste a fait ce commentaire : “ Bien que la plupart des Juifs aient rejeté l’hellénisme et ses coutumes, les relations avec les Grecs et l’utilisation de leur langue ne pouvaient être évitées. [...] Les enseignants palestiniens regardaient d’un œil favorable la traduction en grec des Écritures, la considérant comme un moyen de porter la vérité aux Gentils. ” (Hellenism, par N. Bentwich, 1919, p. 115). Bien entendu, la Septante fut surtout faite à l’intention des Juifs, en particulier de ceux de la Diaspora , qui ne parlaient plus l’hébreu pur, mais qui connaissaient le grec. Les termes en hébreu ancien qui se rapportaient au culte juif en vinrent à être remplacés par des mots d’origine grecque. Le terme sunagôgê, qui signifie “ action de réunir ”, est un exemple de mot grec adopté par les Juifs.

 

 

Utilisation de la koinè par les écrivains chrétiens inspirés. Puisque les rédacteurs des Écritures chrétiennes inspirées désiraient faire comprendre leur message à tous, ils n’employèrent pas le grec classique, mais la koinè. Tous ces rédacteurs étaient eux-mêmes des Juifs. Bien que Sémites, ils ne s’intéressaient pas à la propagation du sémitisme, mais à la vérité du christianisme pur, et la langue grecque leur permettait de toucher davantage de gens. Elle les aidait à mieux s’acquitter de leur mission, qui consistait à faire “ des disciples de gens d’entre toutes les nations ”. (Mt 28:19, 20.) Par ailleurs, la koinè constituait un excellent véhicule pour les subtilités de la pensée qu’ils désiraient exposer.

 

 

Les écrivains chrétiens divinement inspirés conférèrent à la koinè force, dignité et chaleur du fait de leur noble message. Les mots grecs revêtirent un sens plus riche, plus complet et plus spirituel dans le contexte des Écritures inspirées.

 

 

L’alphabet. Tous les alphabets européens actuels proviennent directement ou indirectement de l’alphabet grec. Cependant, les Grecs n’inventèrent pas leur alphabet ; ils l’empruntèrent aux Sémites. C’est ce qui ressort de la ressemblance qui existe entre les lettres grecques (des environs du VIIe siècle av. n. è.) et les caractères hébreux (des environs du VIIIe siècle av. n. è.). De plus, elles étaient dans le même ordre, à quelques exceptions près. En outre, la prononciation du nom de certaines de ces lettres se ressemble beaucoup ; par exemple, alpha (grec) et ´alèph (hébreu) ; bêta (grec) et béth (hébreu) ; delta (grec) et dalèth (hébreu) ; et beaucoup d’autres. La koinè comportait 24 lettres. En adaptant l’alphabet sémitique à la langue grecque, les Grecs l’enrichirent : ils prirent les lettres supplémentaires pour lesquelles ils ne disposaient pas de consonnes correspondantes (´alèph, hé´, héth, `ayin, waw et yôdh) et s’en servirent pour représenter les sons voyelles a, é (court), ê (long), o, u et i.

 

 

Le vocabulaire. Le vocabulaire grec est très fourni et précis. L’écrivain grec disposait de suffisamment de mots pour faire des différences ténues et pour exprimer exactement la nuance de sens qu’il voulait. Par exemple, le grec distingue la connaissance ordinaire, gnôsis (1Tm 6:20), de la connaissance plus profonde ou épignôsis (1Tm 2:4) ; il différencie allos (Jn 14:16), qui signifie “ un autre ” du même genre, et hétéros, qui veut dire “ un autre ” d’un genre différent (Ga 1:6). Dans d’autres langues, de nombreuses expressions ont assimilé des mots grecs, ainsi que des racines comprenant des mots grecs, ce qui a rendu ces langues plus précises et plus explicites.

 

 

Les noms. Les noms se déclinent suivant le cas, le genre et le nombre. Les termes liés aux noms, comme les pronoms et les adjectifs, se déclinent pour s’accorder avec leurs antécédents ou ce qu’ils modifient.

 

 

Les cas. Selon l’opinion générale, la koinè possède cinq cas. (Certains hellénistes en comptent jusqu’à huit.) En français, les noms ne changent d’ordinaire pas de forme, si ce n’est en nombre (les pronoms, eux, sont davantage transformés). En revanche, en koinè, chaque cas exige habituellement une forme ou une désinence différente, ce qui rend cette langue beaucoup plus complexe que le français sous ce rapport.

 

 

L’article. En français, il existe un article défini (“ le ”, “ la ”, “ les ”) et un article indéfini (“ un ”, “ une ”, “ des ”). La koinè n’a qu’un seul article, ο (ho), qui correspond à certains égards à l’article défini “ le ”. Non seulement l’article grec se modifie en fonction du genre et du nombre, comme l’article défini français, mais encore il se décline suivant le cas, à la manière des noms.

 

 

L’article grec est employé pour mettre en valeur non seulement des substantifs, mais encore des infinitifs, des adjectifs, des adverbes, des expressions, des propositions et même des phrases entières. On trouve dans le grec un article joint à un adjectif en Jean 10:11, dont la traduction littérale se lit : “ Je suis le berger l’excellent. ” C’est plus puissant que simplement : “ Je suis l’excellent berger. ” Cela revient à mettre “ excellent ” en italique.

 

 

En Romains 8:26 se trouve un exemple où l’article définit toute une proposition ; l’expression “ ce pour quoi nous devons prier comme nous en avons besoin ” est précédée de l’article au neutre. Littéralement, cette locution se lirait : “ Le pour quoi nous devons prier. ” (Int). Pour faire passer cette idée en français, il est utile d’insérer les mots “ problème, le voici ”. L’article défini concentre les choses de telle manière que le problème est ramassé en une question distincte. C’est pourquoi la traduction : “ Car le [problème, le voici] : ce pour quoi nous devons prier comme nous en avons besoin, nous ne le savons pas ” (MN) rend plus exactement la force de la pensée de l’écrivain.

 

 

Les verbes. Les verbes grecs sont construits à partir de racines verbales, essentiellement à l’aide de radicaux et de désinences, ou d’affixes et de suffixes. Ils sont conjugués suivant la voix, le mode, le temps, la personne et le nombre. En grec, leur étude est plus difficile que celle des noms. Grâce à la meilleure compréhension acquise ces dernières années de la koinè, particulièrement en ce qui concerne les verbes, les traducteurs ont pu, mieux que dans les anciennes versions, rendre la force et la signification réelles des Écritures grecques chrétiennes. Dans les paragraphes qui suivent sont considérés certains des aspects les plus intéressants concernant les verbes grecs et leur incidence sur l’intelligence de la Bible.

 

 

La voix. Le français ne possède que deux voix, la voix active et la voix passive, tandis que le grec comporte en outre une voix caractéristique, le “ moyen ”. À la voix moyenne, le sujet prend part aux résultats de l’action ou, parfois, en est la cause. Le moyen met l’accent sur l’intérêt que l’agent prend à l’action exprimée par le verbe.

 

 

Le moyen avait également une valeur intensive, qui correspond à peu près à l’emploi de l’italique. Ayant appris quand il se rendait à Jérusalem que des liens et des tribulations l’attendaient, Paul déclara : “ Et pourtant je n’attache aucun prix à mon âme, comme si elle m’était précieuse, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus. ” (Ac 20:22-24). Ici, le verbe traduit par ‘ attacher ’, poïoumaï, est au moyen. Paul explique, non qu’il n’accorde aucune valeur à sa vie, mais que l’accomplissement de son ministère est beaucoup plus important. C’est son opinion, peu importe ce que les autres pensent.

 

 

On trouve la voix moyenne en Philippiens 1:27 : “ Seulement, conduisez-vous [ou : “ conduisez-vous en citoyens ”] d’une manière digne de la bonne nouvelle concernant le Christ. ” Dans ce texte, le verbe politeuomaï est à la voix moyenne, politeuésthé, “ conduisez-vous en citoyens ”, c’est-à-dire prenez part aux activités des citoyens, en participant à la proclamation de la bonne nouvelle. En règle générale, les citoyens romains prenaient une part active aux affaires de l’État ; la citoyenneté romaine était très prisée, surtout dans des villes dont les habitants se l’étaient vu accorder par Rome, comme Philippes. Ainsi, Paul dit ici aux chrétiens qu’ils ne doivent pas être inactifs, se contenter du titre de chrétiens, mais doivent participer à l’activité chrétienne. Cela s’accorde avec ces paroles qu’il leur adresse par la suite : “ Quant à nous, notre droit de cité se trouve dans les cieux. ” — Ph 3:20.

 

 

Les temps. L’emploi des temps constitue une autre caractéristique importante et distinctive du grec qui contribue à sa précision. Les verbes et leurs temps indiquent deux éléments : l’aspect de l’action (le plus important) et le moment de l’action (moins important). Le grec considère l’action sous trois perspectives principales, chacune entraînant des modifications : 1) l’action qui dure (“ être en train de faire ”), principalement exprimée au présent, lequel indique essentiellement une action considérée dans son déroulement ou qui se reproduit habituellement ou successivement ; 2) l’action achevée ou terminée (“ avoir fait ”), le principal temps étant là le parfait ; 3) l’action ponctuelle ou momentanée (“ faire ”) signalée par l’aoriste. Bien entendu, il existe d’autres temps comme l’imparfait, le plus-que-parfait et le futur.

 

 

Illustrons la différence entre les temps en grec. En 1 Jean 2:1, l’apôtre Jean déclare : “ Si quelqu’un pèche, nous avons un paraclet chez le Père, Jésus Christ. ” (Pl). Le verbe grec rendu par ‘ pécher ’ est à l’aoriste ; l’action est donc ponctuelle, ou momentanée. L’aoriste met ici l’accent sur un seul péché, alors que le présent évoquerait soit la condition de pécheur, soit un péché continuel ou qui dure. Dès lors, Jean ne parle pas de quelqu’un qui pratique le péché, mais de quelqu’un qui “ vient à commettre un péché ”. (Voir aussi Mt 4:9, où l’aoriste indique que le Diable n’a pas demandé à Jésus de lui rendre un culte constant ou continuel, mais d’accomplir “ un acte d’adoration ”.)

 

 

Toutefois, si on lit 1 Jean 3:6, 9 sans tenir compte de ce que le verbe est au présent, Jean semble contredire ses paroles citées plus haut. Votre Bible déclare : “ Quiconque demeure en lui ne pèche pas ” et : “ Quiconque est né de Dieu ne commet pas de péché. ” Ces traductions ne rendent pas en français la continuité de l’action exprimée par le présent des verbes grecs. Des traductions modernes, au lieu de dire ici : “ ne pèche point ” et “ ne commet point le péché ”, prennent en considération que l’action est continue et rendent les verbes en conséquence : “ ne pratique pas le péché ” (MN) ; “ ne continue pas à pécher ” ; “ de s’adonner au péché ” (PV) ; “ cesse de pécher ”. (BFC.) En Matthieu 6:33, Jésus ordonna à ses disciples : “ Continuez donc à chercher d’abord le royaume ”, impliquant un effort soutenu, plutôt que simplement : “ Cherchez donc premièrement son Royaume. ” (VB).

 

 

Dans les interdictions, le présent et l’aoriste sont pareillement différents. Énoncée au présent, une interdiction n’implique pas seulement de ne pas faire une chose. Elle implique de cesser de la faire. Sur le chemin du Golgotha, Jésus ne dit pas simplement aux femmes qui le suivaient : “ Ne pleurez pas ”, mais, puisqu’elles pleuraient déjà, il dit : “ Cessez de pleurer pour moi. ” (Lc 23:28). De même, Jésus dit à ceux qui vendaient des colombes dans le temple : “ Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ! ” (Jn 2:16). Dans le Sermon sur la montagne, il déclara : Cessez de vous inquiéter quant à ce que vous mangerez, boirez ou mettrez (Mt 6:25). En revanche, à l’aoriste une interdiction représentait l’ordre de ne pas faire quelque chose, à n’importe quel moment. Il est rapporté que Jésus déclara à ses auditeurs : “ Donc, ne vous inquiétez jamais [en d’autres termes, ne vous inquiétez à aucun moment] du lendemain. ” (Mt 6:34). Ici l’aoriste est employé pour indiquer que les disciples ne devaient s’inquiéter à aucun moment.

 

 

Hébreux 11:17 fournit un autre exemple de la nécessité de prendre en considération le temps en grec quand on traduit. Certaines versions ne tiennent pas compte de la portée particulière du temps des verbes. Ainsi, au sujet d’Abraham, la Bible de Crampon (1905 et 1939) met : “ Celui qui avait reçu les promesses [...] offrit ce fils unique. ” (v. 17, 18). Le verbe grec traduit ici par “ offrit ” est à l’imparfait, ce qui peut indiquer que l’action a été projetée ou tentée, mais qu’elle n’a pas été concrétisée ou accomplie. Par conséquent, conformément à ce qui se passa réellement, il est préférable de rendre le verbe grec par “ tenta d’offrir ”. Pareillement, en Luc 1:59, qui parle du moment de la circoncision du fils de Zekaria et d’Élisabeth, l’emploi de l’imparfait montre qu’au lieu de la leçon : “ Ils le nommaient Zacharie d’après le nom de son père ” (AC), ce passage devrait donner : “ Ils allaient l’appeler du nom de son père : Zekaria. ” (MN). Cela s’accorde avec ce qui se passa dans la réalité : le petit enfant reçut le nom de Jean, conformément aux instructions de l’ange Gabriel. — Lc 1:13.

 

 

Transcription. Ce mot désigne la notation des mots grecs en lettres d’un autre alphabet. Dans la plupart des cas, il s’agit simplement d’une substitution lettre par lettre, b pour β, g pour γ, etc. Il en va de même des voyelles grecques, a pour α, é pour ε, ê pour η, i ou ï pour ι, o pour ο, u pour υ et ô pour ω.

 

 

Les diphtongues. Le principe général de substitution lettre par lettre exposé ci-dessus s’applique aussi aux diphtongues : pour αι, au pour αυ, éï pour ει, eu pour ευ, eu pour ηυ, pour οι, ou pour ου, pour υι.

 

 

Toutefois, il arrive que ce qui ressemble à première vue à une diphtongue ait un tréma (?) sur la deuxième lettre, par exemple αϋ, εϋ, οϋ, ηϋ, ωϋ, αϊ, οϊ. Le tréma placé sur un iôta (ϊ) ou sur un upsilon (ϋ) indique que cette lettre ne forme pas vraiment une diphtongue avec la voyelle qui la précède. Les exemples ci-dessus donneraient respectivement , éü, , êü, ôü, , .

 

 

Certaines voyelles (α, η, ω) portent un petit iôta () (appelé iôta souscrit) écrit au-dessous. Dans la translittération de ces formes grecques, le iôta (ou i) n’est pas placé sous la ligne, mais à côté de (après) la lettre sous laquelle il figure. Ainsi, α est rendu par , η par êï, ω par ôï.

 

 

Les accents. Il y a trois sortes d’accents en grec : l’aigu (), le circonflexe (?) et le grave (). Dans le grec, ils sont placés sur la voyelle des syllabes qu’ils accentuent. Toutefois, dans le présent ouvrage, ces accents n’ont pas été indiqués dans les transcriptions.

 

 

Les esprits. Toute voyelle au début d’un mot requiert soit un esprit “ doux ” (᾿), soit un esprit “ rude ” (). On peut faire abstraction de l’esprit “ doux ” (᾿) dans la transcription ; l’esprit “ rude ” () exige qu’on ajoute un h au début du mot. Si la première lettre est une capitale, ces esprits se placent devant le mot. Dans ce cas, ᾿Ι devient I, tandis que Ι est transcrit Hi. Quand les mots commencent par une minuscule, l’esprit se met sur l’initiale ou, dans la plupart des diphtongues, sur la deuxième lettre. Par conséquent, αιών devient aïôn, αγνός donne hagnos et αιρέοµαι donne haïréomaï.

 

 

De plus, la lettre grecque rhô (ρ), translittérée r, porte toujours un esprit “ rude ” () au début d’un mot. Aussi ραββεί se transcrit rhabbéï.

                           ALPHABET GREC

 

 

   Lettre         Nom             Transcription et Prononciation1

 

 

   Α    α         alpha                   a

 

 

   Β    β         bêta                     b

 

 

   Γ    γ         gamma                 g toujours dur, comme dans guerre2

 

 

   Δ    δ         delta                    d

 

 

   Ε    ε         épsilon                 é bref, comme dans été

 

 

   Ζ    ζ         zêta                     z prononcé dz comme dans Zeus

 

 

   Η    η         êta                      ê long, comme dans tête

 

 

   Θ    θ         thêta                   th (th anglais)

 

 

   Ι    ι           iôta                      i ou ï

 

 

   Κ    κ         kappa                  k

 

 

   Λ    λ         lambda                l

 

 

   Μ    µ         mu                      m ne nasalise pas la voyelle précédente ; toujours comme dans âme.

 

 

   Ν    ν         nu                        n ne nasalise pas la voyelle précédente ; toujours comme dans âne.

 

 

   Ξ    ξ         xi                         x

 

 

   Ο    ο         omikron               o bref, comme dans homme

 

 

   Π    π         pi                        p

 

 

   Ρ    ρ         rhô                       r

   Σ    σ,  ς3    sigma                  s toujours dur, comme dans soleil

 

 

   Τ    τ         tau                        t

 

 

   Υ    υ         upsilon                 u

 

 

   Φ    φ         phi                       ph comme dans phase

 

 

   Χ    χ         khi                       kh

 

 

   Ψ    ψ         psi                      ps comme dans psaume

 

 

   Ω    ω         ôméga                ô long comme dans dôme

 

 

  1 La prononciation indiquée diffère de celle du grec moderne.

 

 

  2 Devant κ, ξ, χ, ou un autre γ, γ se nasalise et se prononce comme dans camping.

 

 

  3 Sigma ne s’écrit ainsi qu’en fin de mot.

 

 

Repost 0