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19 avril 2006 3 19 /04 /avril /2006 16:31

AU XIe SIÈCLE avant notre ère, Dieu a chargé le prophète Samuel d’une mission secrète. Il lui a dit de se rendre chez un homme du nom de Jessé et d’oindre un de ses fils comme futur roi d’Israël. En voyant le fils aîné de Jessé, Éliab, Samuel a eu la conviction d’avoir trouvé celui que Dieu avait choisi. Mais Jéhovah lui a dit : “ Ne considère pas son apparence ni la hauteur de sa taille, car je l’ai rejeté. Car Dieu voit non pas comme voit l’homme ; c’est que l’homme voit ce qui paraît aux yeux, mais Dieu, lui, voit ce que vaut le cœur. ” (1 Samuel 16:6, 7). Samuel n’avait pas vu Éliab comme Jéhovah le voyait. Beaucoup de gens ont la même attitude avec l'apôtre Pierre.

 

Lorque l'on demande de décrire cet apôtre, beaucoup pensent aussitôt à l’impulsivité, à l’impétuosité, voire à la présomption. Il est vrai qu’il a manifesté parfois ces traits de caractère. Mais Jésus l’aurait-il choisi pour être l’un de ses 12 apôtres s’il avait vraiment été impulsif, impétueux ou présomptueux (Luc 6:12-14) ? Bien sûr que non ! De toute évidence, Jésus a vu au-delà de ces défauts et a perçu les qualités de Pierre.

 

Pierre a quelquefois pris la parole au nom des autres apôtres. Certains y verront un manque de modestie. Mais est-ce forcément le cas ? On a avancé l’hypothèse que Pierre était plus âgé que ses compagnons, peut-être même plus âgé que Jésus. Cela expliquerait pourquoi il parlait si souvent le premier (Matthieu 16:22). Quoi qu’il en soit, un autre facteur doit être pris en compte : Pierre était un homme spirituel. Sa soif de connaissance le poussait à poser des questions. Celles-ci nous sont d’ailleurs profitables, puisque, pour y répondre, Jésus a fait de nombreuses et précieuses déclarations qui sont conservées dans la Bible. Par exemple, c’est en réponse à une interrogation de Pierre que Jésus a mentionné “ l’intendant fidèle ”. (Luc 12:41-44.) Voyez aussi cette question : “ Nous avons tout quitté et nous t’avons suivi ; qu’y aura-t-il en fait pour nous ? ” Elle a amené Jésus à énoncer cette promesse réconfortante : “ Tout homme qui a quitté maisons, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou enfants, ou terres, à cause de mon nom, recevra des quantités de fois plus et héritera de la vie éternelle. ” — Matthieu 15:15 ; 18:21, 22 ; 19:27-29.

 

Pierre avait une autre qualité : il était fidèle. À un moment où nombre de disciples de Jésus ont cessé de le suivre parce qu’ils ne comprenaient pas un de ses enseignements, c’est Pierre qui a lancé, au nom des 12 apôtres : “ Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. ” (Jean 6:66-68). Ces paroles ont dû vraiment réchauffer le cœur de Jésus. Plus tard, lorsqu’une foule est venue arrêter le Maître, la plupart des apôtres ont fui. Pierre, lui, a suivi cette foule à distance et il est entré jusque dans la cour du grand prêtre. C’est le courage, non la lâcheté, qui le guidait. Pendant l’interrogatoire de Jésus, Pierre s’est joint à un groupe de Juifs qui se chauffaient près d’un feu clair. L’un des esclaves du grand prêtre l’a reconnu et l’a accusé d’avoir été avec Jésus. Certes, Pierre a renié son Maître, mais n’oublions pas que c’est par fidélité et par inquiétude pour Jésus qu’il s’est retrouvé dans cette situation dangereuse, une situation que la majorité des apôtres n’avaient pas osé affronter. — Jean 18:15-27.

 

Les qualités de Pierre surpassaient largement ses manquements. Entraînons-nous de même à porter sur les apôtres et disciples de Jésus mais aussi nos frères et nos sœurs spirituels un regard plus positif.

 

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18 avril 2006 2 18 /04 /avril /2006 11:45

LE TÉMOIGNAGE de l’histoire profane sur l’apparence de Jésus est fortement influencé par plusieurs facteurs, qui expliquent les différences considérables que l’on relève dans les représentations artistiques de sa personne.

 

Citons d’abord la culture du pays, l’époque, ainsi que les croyances religieuses de l’artiste et de ceux pour qui il travaille.

 

Des artistes célèbres (Michel-Ange, Rembrandt, Rubens...) ont accordé une grande attention au physique du Christ. Leurs œuvres, souvent marquées au coin du symbolisme ou du mysticisme, ont grandement façonné l’image que l’on se fait généralement de l’apparence de Jésus. Mais sur quoi reposaient leurs interprétations ?

 

Le témoignage de l’histoire profane

 

Avant l’empereur romain Constantin (280 environ-337 de notre ère), les artistes représentaient souvent Jésus sous les traits d’un “ bon Pasteur ”, d’un jeune homme aux cheveux soit courts, soit longs et bouclés. À propos de cette vision, on lit dans L’Art à travers les âges (angl.) : “ Le thème du bon Pasteur se retrouve chez les Grecs [des païens] de la période archaïque et jusque dans l’art égyptien. Il devient ici le symbole du fidèle protecteur du troupeau chrétien. ”

 

Avec le temps, cette influence païenne se renforça. “ Jésus, ajoute l’ouvrage précité, cadrait bien avec les divinités familières du monde méditerranéen, particulièrement avec Hélios (Apollon), le dieu-soleil [dont il hérita plus tard du nimbe, ainsi que les “ saints ” après lui], ou avec son pendant latinisé d’Orient, Sol invictus (le Soleil invaincu). ” Dans un mausolée découvert à Rome sous la basilique Saint-Pierre, Jésus apparaît sous les traits d’Apollon “ conduisant dans le ciel son char de feu ”.

 

Cette image jeune du Christ n’allait pas durer très longtemps. Dans son livre Iconographie chrétienne (angl.), Adolphe Didron explique : “ Le personnage du Christ, juvénile au départ, vieillit de siècle en siècle, [...] comme le christianisme lui-même. ”

 

Un texte du XIIIe siècle qui se veut être une lettre d’un certain Publius Lentulus au sénat romain fait une description de l’apparence physique de Jésus : il avait “ jusqu’au niveau des oreilles les cheveux lisses et couleur noisette immature [châtain clair], mais plus bas des mèches bouclées un peu plus sombres et plus brillantes qui lui tombaient sur les épaules. Il avait la raie au milieu [...] et une barbe de la couleur de ses cheveux, qui n’était pas longue mais un peu pointue sur le menton. [...] Les yeux étaient gris [...] et clairs ”. Ce portrait fantaisiste influença de nombreux artistes. “ Chaque période se créait le Christ qu’elle souhaitait ”, relève-t-on dans la Nouvelle Encyclopédie catholique (angl.).

 

Chaque période, mais aussi chaque race et chaque religion. Là où les missionnaires sont passés en Afrique, aux Amériques et en Asie, on a adopté le Christ aux cheveux longs des Occidentaux. Mais on lui ajoute parfois “ des traits indigènes ”, précise la même encyclopédie.

 

Les protestants avaient eux aussi leurs artistes, qui entretenaient leur propre vision de l’apparence du Christ. Dans son livre Christ et les apôtres : les formes changeantes de l’imagerie religieuse (angl.), F. M. Godfrey écrit : “ Le Christ sombre que peint Rembrandt est une émanation de l’esprit protestant. Cet air triste, cette allure fantomatique, cette mine austère, [...] — tout cela est une image de l’âme protestante, faite d’introspection et de renoncement. ” On en trouve le reflet, dit-il, dans “ l’émaciation de Son corps — traduction du mépris de la chair, de ‘ l’humilité, du pathétique et du solennel ’ qui, pour [Rembrandt], font l’épopée chrétienne ”.

 

Cependant, comme nous allons le voir, le Christ frêle, nimbé, efféminé, chevelu et mélancolique cher aux artistes de la chrétienté ne correspond pas à la réalité. Pour tout dire, il n’a rien à voir avec le Jésus de la Bible.

 

Le témoignage de la Bible

 

Étant “ l’Agneau de Dieu ”, donc sans défaut, Jésus était sans nul doute un bel homme (Jean 1:29 ; Hébreux 7:26). Par ailleurs, il n’avait sûrement pas cet air de perpétuelle mélancolie que lui donne l’art populaire. Certes, il a traversé plus d’un moment difficile dans sa vie, mais son humeur générale était le reflet parfait de celle de son Père, le “ Dieu heureux ”. — 1 Timothée 1:11 ; Luc 10:21 ; Hébreux 1:3.

 

Jésus avait-il les cheveux longs ? Seuls les naziréens ne devaient pas se faire couper les cheveux ni boire de vin. Or Jésus n’était pas un naziréen. Par conséquent, sa coupe était certainement nette, comme celle de tout autre Juif de sexe masculin (Nombres 6:2-7). Jésus buvait du vin — avec modération — quand il était avec les autres, preuve supplémentaire qu’il n’était pas un individu morne (Luc 7:34). Mieux, il en a produit miraculeusement lors d’un festin de mariage à Cana de Galilée (Jean 2:1-11). Et il portait de toute évidence la barbe, ce qu’atteste une prophétie sur les souffrances qu’il connaîtrait. — Isaïe 50:6.

 

Que dire du teint et des traits de Jésus ? Ils étaient probablement sémites. Ses ancêtres et sa mère, Marie, étaient Juifs, descendants d’Hébreux. De sorte que Jésus avait probablement le faciès juif.

 

Apparemment, le physique de Jésus ne tranchait guère avec celui de ses apôtres : lorsqu’il l’a livré à ses ennemis, Judas a dû l’embrasser pour qu’ils l’identifient. Jésus passait donc facilement inaperçu dans une foule. Ce qu’il a exploité, puisqu’en au moins une occasion il s’est rendu de Galilée à Jérusalem sans qu’on le reconnaisse. — Marc 14:44 ; Jean 7:10, 11.

 

Pour certains, Jésus devait être frêle ; d’abord parce qu’il a eu besoin d’aide pour porter son poteau de supplice, ensuite parce qu’il est mort avant les deux hommes attachés comme lui sur un poteau. — Luc 23:26 ; Jean 19:17, 32, 33.

 

Un homme robuste

 

Contrairement à la tradition, la Bible ne présente pas Jésus comme un homme frêle ou efféminé. Au contraire, elle dit de lui, alors qu’il n’était encore qu’un adolescent, qu’il “ continuait à progresser en sagesse et en développement physique et en faveur auprès de Dieu et des hommes ”. (Luc 2:52.) Pendant près de 30 ans, Jésus a été charpentier, ce qui n’est guère un métier pour gens menus ou de faible constitution — d’autant moins qu’à l’époque il n’y avait pas de machines (Marc 6:3). De plus, Jésus a chassé hors du temple les bovins, les moutons et les changeurs d’argent, dont il a renversé les tables (Jean 2:14, 15). Cet épisode évoque lui aussi l’image d’un homme viril et vigoureux.

 

Pendant les trois ans et demi qui ont clôturé sa vie sur la terre, Jésus a fait des centaines de kilomètres à pied dans le cadre de ses tournées de prédication. Or ses disciples ne lui ont jamais conseillé de ‘ se reposer un peu ’. C’est lui qui leur a dit, à eux qui étaient pour certains de robustes pêcheurs : “ Venez, vous autres, à part, dans un endroit isolé, et reposez-vous un peu. ” — Marc 6:31.

 

On le voit, “ le récit évangélique tout entier indique que [Jésus était] physiquement fort et en bonne santé ”. (Cyclopædia de M’Clintock et Strong.) Mais alors, pourquoi a-t-il eu besoin d’aide pour porter son poteau de supplice ? Et pourquoi est-il mort avant les hommes attachés comme lui sur un poteau ?

 

L’état de tension extrême dans lequel se trouvait Jésus explique déjà bien des choses. Alors que le moment de son exécution approchait, il a dit : “ Oui, j’ai un baptême dont je dois être baptisé, et comme je suis oppressé jusqu’à ce qu’il soit achevé ! ” (Luc 12:50). La dernière nuit, cette oppression s’est muée en “ angoisse ”. “ Étant pris d’angoisse, il continua à prier de façon plus ardente ; et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient à terre. ” (Luc 22:44). Jésus savait qu’il lui fallait être intègre jusqu’à la mort pour que les humains puissent un jour vivre éternellement. Un poids terrible reposait donc sur ses épaules (Matthieu 20:18, 19, 28). Il savait également qu’il serait mis à mort comme un criminel, un “ maudit ”, par le peuple de Dieu lui-même. Il craignait donc que le nom de son Père s’en trouve sali. — Galates 3:13 ; Psaume 40:6, 7 ; Actes 8:32.

 

Après avoir été trahi, Jésus a subi quantité de mauvais traitements. Dans un simulacre de procès tenu bien après minuit, les plus hautes instances du pays l’ont tourné en ridicule, lui ont craché dessus et l’ont frappé de leurs poings. Tôt le matin, un nouveau procès a eu lieu, destiné à donner un semblant de légitimité au premier. Jésus a d’abord été interrogé par Pilate ; puis par Hérode qui, avec ses soldats, s’est moqué de lui ; puis de nouveau par Pilate. Ce dernier a fini par le faire fouetter. Or, chez les Romains, la flagellation n’était pas ordinaire. Le Journal of the American Medical Association explique :

 

“ L’instrument habituel était un fouet court [...] comprenant plusieurs lanières de cuir de longueur variable, tressées ou non, sur lesquelles étaient fixées à intervalles réguliers de petites boules de métal ou des esquilles d’os de mouton particulièrement tranchantes. [...] Les soldats romains frappant de toutes leurs forces et à coups répétés sur le dos de la victime, les boules de métal causaient de profondes contusions, tandis que les lanières de cuir et les os de moutons lacéraient les tissus cutanés et sous-cutanés. La flagellation se poursuivant, ces lacérations déchiraient les muscles qui se trouvaient au-dessous, en contact avec les os, et laissaient apparaître des lambeaux de chair sanguinolente. ”

 

De toute évidence, la vitalité de Jésus avait dû commencer à décliner bien avant qu’il ne s’écroule sous le poids du poteau qu’il portait. Le Journal of the American Medical Association dit d’ailleurs : “  Les mauvais traitements physiques et psychologiques que lui avaient infligés les Juifs et les Romains, ainsi que le manque de nourriture, d’eau et de sommeil, contribuaient également à son état de faiblesse. De sorte que, avant même sa crucifixion, Jésus était, sur le plan physique, dans un état grave, sinon critique. ”

 

Son apparence a-t-elle de l’importance ?

 

La description de Lentulus, les œuvres de certains maîtres, les vitraux d’aujourd’hui — la chrétienté semble passionnément attachée à tout ce qui attire l’œil. “ Il faut préserver l’exceptionnel pouvoir d’évocation de l’image de Jésus Christ ”, a dit l’archevêque de Turin, gardien d’un suaire qui suscite bien des débats.

 

Pourtant, la Parole de Dieu omet délibérément les détails ‘ évocateurs ’ de l’apparence de Jésus. Pourquoi cela ? Probablement parce qu’ils nous détourneraient de ce qui “ signifie la vie éternelle ” : la connaissance de la Bible (Jean 17:3). Jésus lui-même, notre modèle, ‘ ne regarde pas ’, n’attache pas d’importance, “ à l’apparence des hommes ”. (Matthieu 22:16 ; voir aussi Galates 2:6.) Insister sur l’apparence physique de Jésus alors que les Évangiles n’en parlent pas s’oppose à l’esprit même de ces écrits inspirés. D’ailleurs, Jésus n’a plus un corps physique.

 

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5 avril 2006 3 05 /04 /avril /2006 12:41

GRÂCE à une technique informatique de pointe, celle qui permet d’obtenir des images de haute définition de la surface de la Lune ou de Mars, on vient de ressusciter le texte d’un vieux manuscrit illisible de la Bible.

 

Le manuscrit en question a été découvert en 1892, dans le monastère Sainte-Catherine, situé au pied du mont Sinaï. Il s’agit d’une copie, faite à la fin du IIe ou au début du IIIe siècle, d’une traduction syriaque des quatre Évangiles. Le syriaque est apparenté à l’araméen, langue parlée couramment à l’époque de Jésus. Selon certains exégètes, la traduction elle-même pourrait fort bien dater de la fin du Ier siècle. Il s’agit donc presque de l’original, ce qui est absolument exceptionnel.

 

Les efforts pour déchiffrer le manuscrit sont longtemps restés vains. La raison en est qu’on a affaire à un manuscrit “gratté”, encore appelé palimpseste. Il s’agit d’un parchemin dont la première écriture a été effacée pour pouvoir écrire un nouveau texte. Cependant, avec le temps, les résidus des composants chimiques de l’encre ont fait apparaître dessous une trace du texte original.

 

Le secours de la technologie

 

C’est là qu’intervient une technique informatique de pointe. On a commencé par photographier chaque page du manuscrit. Puis chaque cliché a été converti en code numérique. Un ordinateur a analysé le cliché en le fractionnant en de minuscules parties, auxquelles il a assigné un chiffre correspondant à sa densité. Par exemple, une tache claire, de densité nulle, se voyait attribuer le chiffre zéro, et plus la tache était sombre, plus le chiffre était important. Une fois cette opération terminée, il est devenu possible d’assombrir ou d’éclaircir chaque partie du cliché en lui attribuant un nouveau chiffre. On a ainsi pu atténuer l’écriture de dessus et faire ressortir celle de dessous. Grâce à ce procédé sélectif, on a enfin fait apparaître ce qui était resté caché pendant des siècles.

 

Le texte

 

Qu’est-ce qui a poussé les chercheurs à se lancer dans cette entreprise complexe? Bien sûr, de si vieux manuscrits des Évangiles présentent toujours un grand intérêt aux yeux des biblistes. On espérait donc que ces travaux jetteraient de nouvelles lumières sur le texte de la Bible.

 

L’un des points intéressants concerne la conclusion de l’Évangile de Marc. Se termine-t-il en Marc 16:8, ou existe-t-il des versets supplémentaires comme le mentionnent un certain nombre d’autres manuscrits anciens?

 

 

Regardez dans votre Bible au chapitre 16 de Marc. Certains pensent que Marc 16:8, qui se termine par ces mots : “ Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur ”, est trop abrupt pour avoir été la conclusion originelle de cet Évangile. Toutefois, il n’y a pas lieu de le penser si on considère le style général de Marc. En outre, Jérôme et Eusèbe, biblistes du IVe siècle, s’accordent sur le fait que le récit authentique s’achève par les mots : “ Car elles avaient peur. ” — Jérôme, lettre CXX, question III ; Eusèbe, “ Ad Marinum ”, I, publié dans Patrologia Græca, Paris, 1857, vol. XXII, col. 937.

 

Un certain nombre de manuscrits et de versions ajoutent une conclusion longue ou courte après ces mots. La conclusion longue (composée de 12 versets) figure dans l’Alexandrinus, le Codex Ephræmi Syri rescriptus et le Codex Bezae Cantabrigiensis. On la trouve également dans la Vulgate , dans la version syriaque Cureton et dans la Peshitta. Toutefois , elle est absente du Manuscrit sinaïtique, du Vaticanus 1209, de la version syriaque sinaïtique et de la version arménienne. Quelques versions et manuscrits postérieurs contiennent la conclusion courte. Le Codex Regius du VIIIe siècle contient les deux conclusions. Il donne d’abord la plus courte. Il fait précéder chaque conclusion d’une note disant que ces passages sont couramment acceptés dans certains milieux, mais, semble-t-il, n’en reconnaît aucune comme faisant autorité.

 

Qu’en est-il maintenant de ce document très proche de l’original par sa rédaction ? Si Marc 16:8 apparaissait au bas d’une page, on pourrait toujours supposer qu’il existe d’autres versets sur une page qui a disparu. Or sur le cliché obtenu par le procédé informatique, Marc 16:8 apparaît au milieu de la colonne de gauche. On trouve ensuite une ligne de petits ronds suivie d’un léger espace, et juste dessous commence l’Évangile de Luc. La fin du livre est donc clairement délimitée; il ne manque aucune page ni aucun verset, Marc se termine donc apparemment bien par le verset 8 du chapitre 16 sans conclusion.

 

Le texte présente quelques différences qui pourraient donner lieu à des études exégétiques, mais d’une manière générale on n’a relevé aucun point surprenant. Il n’y a cependant pas lieu d’en être déçu. Cela démontre simplement que le texte de nos Bibles modernes est essentiellement le même que celui que les rédacteurs ont couché par écrit. Grâce à ce bond en arrière de 19 siècles que la technologie moderne a rendu possible, nous avons la preuve que Jéhovah Dieu n’est pas seulement le Grand Inspirateur des Saintes Écritures, mais qu’il en est aussi le Gardien.

 

 

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4 avril 2006 2 04 /04 /avril /2006 13:22

POUR que la loi préserve pendant longtemps l’unité d’une nation, elle doit être juste, droite et solide. Ainsi, la prospérité et la longévité d’un gouvernement ou d’une nation dépendent dans une large mesure de la droiture et de la justice de leurs lois.

 

Ces nations sont établies sur des lois humaines dont parfois quelques textes ont été empruntés à la Loi mosaïque qui fut donnée à Israël au mont Sinaï, en Arabie. Israël a été la seule nation à avoir jamais reçu un recueil de lois complet de la part de Dieu. Les Dix Paroles (Ex 34:28), ou Dix Commandements, constituaient la partie fondamentale de la Loi , mais elles se combinaient avec environ 600 autres lois qui avaient toutes la même force et la même valeur obligatoire pour les Israélites (Jc 2:10). Beaucoup jugent la Loi mosaïque pesante et compliquée. La réalité est tout autre. Si un code de plus de 600 lois vous paraît impressionnant, songez qu’à la fin du XXe siècle les lois fédérales des États-Unis remplissaient 150 000 pages et que ce mastodonte continue de s’alourdir de 600 nouvelles lois tous les deux ans. Pour ce qui est du volume, la Loi mosaïque fait donc figure de naine à côté des législations humaines. Pourtant, elle réglait la vie des Israélites dans des domaines encore intouchés par les lois modernes. Ces lois ont été données à Moïse en 1513-1512 avant notre ère dans le désert du Sinaï. Bien qu’Israël ait connu de nombreuses difficultés pour s’être continuellement détourné de cette Loi, 905 années ont passé avant que Jérusalem ne soit finalement assujettie à cause de l’apostasie des Juifs. C’est pourquoi, le gouverneur Néhémie écrivit : “Et aujourd’hui, nous voici esclaves ! Nous voici esclaves sur la terre que tu as donnée à nos pères, pour qu’ils jouissent de ses fruits et de ses biens ! Elle multiplie ses produits pour les rois auxquels tu nous as assujettis, à cause de nos péchés ; ils dominent à leur gré sur nos corps et sur notre bétail, et nous sommes dans une grande angoisse.” (Néh. 9:36, 37). Le fait qu’Israël ait existé durant cette longue période sous la forme d’une nation organisée, dirigée par un gouvernement autonome, prouve de façon éloquente la force et la justice de ces lois.

 

Cependant, puisque la Bible montre que la Loi condamnait les Juifs parce qu’ils la transgressaient, nous pourrons être tentés de développer un point de vue inexact quant à la valeur de cette Loi et penser qu’elle était extrêmement stricte et difficile à suivre. Mais son examen révèle qu’elle était largement supérieure à tout autre code de lois jamais élaboré et qu’elle procurait un grand bonheur à ceux qui s’y conformaient. En examinant la Loi , nous pouvons également comprendre clairement comment Dieu considère les choses et les principes qui régissent ses relations avec sa création. En voici quelques exemples parmi tant d’autres.

 

De la considération pour les pauvres

 

L’économie d’Israël était essentiellement agricole, chaque homme ayant son lopin de terre reçu par héritage. Pour avoir mal géré leurs biens ou à cause de revers financiers, certains Israélites pouvaient s’appauvrir et être dans l’obligation de vendre leurs terres ; des résidents étrangers pouvaient se trouver dans une mauvaise situation. Par bonté pour eux, il était prévu qu’au moment de la moisson, chaque cultivateur ne devait pas moissonner les bords de son champ ; il laissait également derrière lui toute gerbe que les moissonneurs faisaient tomber par mégarde (Lév. 19:9 ; Deut. 24:19-21). Les pauvres pouvaient ainsi glaner ce qui restait (Ruth 2:3, 7). Évidemment, cela demandait du travail de leur part, car on ne glane pas sans peine. Il n’y avait donc pas de pauvres oisifs vivant aux crochets du gouvernement. De plus, cette excellente disposition était un bienfait pour le propriétaire du champ, car elle faisait appel à sa générosité ainsi qu’à son obéissance à Dieu. Elle encourageait l’union fraternelle. — Lév. 25:35-43 ; Deut. 15:11 ; Ruth 2:15, 16.

 

L’esclavage, une bénédiction ?

 

Il y avait la question de l’esclavage qui, à notre époque, a un son désagréable. Cependant, lorsque nous considérons les lois la concernant, nous nous rendons compte que c’était une bénédiction pour Israël. Si, en raison de problèmes financiers, un homme avait été obligé de vendre son héritage et qu’il n’eût pas de parent assez riche pour le racheter à sa place, sa famille et lui n’étaient pas livrés à la disette. Dans un tel cas, il pouvait se vendre, ainsi que ses proches, comme esclave (Lév. 25:47). Les Israélites qui devenaient esclaves de cette façon n’étaient pas traités comme les membres d’une “caste” inférieure, mais comme des ouvriers loués. Dans Lévitique 25:53 (Da), il est écrit : “Il sera chez lui comme un homme à gages, d’année en année ; le maître ne dominera pas sur lui avec dureté devant tes yeux.”

 

Cette forme d’esclavage était utile à l’homme pauvre, car elle lui procurait la nourriture, le vêtement et l’abri, à lui et à sa famille, et en même temps il faisait un travail honorable pour subvenir à ses besoins. Un esclave israélite pouvait être racheté par un parent et affranchi (Lév. 25:48, 49). Sinon, la septième année, il était automatiquement libéré, mais pas dans le dénuement. Il recevait du grain, de l’huile et du vin, selon les moyens de son maître (Ex. 21:2 ; Deut. 15:12-14). Ainsi, l’esclave pouvait prendre un bon départ jusqu’à ce qu’il soit en mesure de subvenir à ses besoins par son travail ou ses affaires. Les esclaves avaient diverses possibilités. Quelques-uns sont devenus riches, car ils avaient le droit de faire fructifier leur argent (Lév. 25:49). Grâce à leur zèle et à leur honnêteté, de nombreux esclaves ont été élevés à des positions très honorables ; certains se sont vus confier toutes les affaires de leur maître. — Gen. 15:2 ; 24:2 ; 39:5, 6.

 

Le jour du sabbat

 

Le jour du sabbat était une bénédiction. Cette disposition accordait aux hommes et aux animaux domestiques un jour de repos sur sept. Les six autres jours étaient consacrés au travail et non à l’oisiveté. Dans Exode 20:9, Jéhovah donna ce commandement : “Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage.” Les six jours de travail encourageaient le zèle et contribuaient à la prospérité de la nation. On se rend compte aujourd’hui que la semaine de cinq jours de travail a favorisé la décadence morale, car les hommes ont tendance à faire un mauvais usage de leurs moments de repos. Ce n’était pas le cas en Israël. Le seul jour libre de tout travail pouvait être consacré aux choses spirituelles. Il était considéré comme un jour “sacré”. (Ex. 20:8, 10, 11). Par conséquent, il ne fallait pas le profaner, mais l’utiliser à des fins sacrées. Durant cette journée, il était possible d’examiner la Loi de Dieu et de l’enseigner aux enfants, ce qui rendait plus étroites leurs relations avec leur Roi et Créateur. Les paroles de Dieu rapportées dans Deutéronome 5:15 et 6:6-8 convenaient fort bien pour ce jour-là ; nous y lisons : “Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte, et que Jéhovah, ton Dieu, t’en a fait sortir d’une main forte et d’un bras étendu : c’est pourquoi Jéhovah, ton Dieu, t’a ordonné d’observer le jour du sabbat.” “Et ces commandements que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les attacheras sur ta main pour te servir de signe, et ils seront comme un frontal entre tes yeux.”

 

L’année sabbatique

 

Chaque septième année était une année sabbatique. Le sol devait rester en jachère, c’est-à-dire ne pas être cultivé ni moissonné. Les hommes qui travaillent à la protection du sol reconnaissent la valeur de cette disposition (Lév. 25:1-4). Le propriétaire d’un champ pouvait, selon ses besoins, manger ce qui poussait librement cette année-là. Les pauvres du pays pouvaient également venir et manger. Les Israélites avaient également de la considération et des égards pour les animaux, puisque ceux-ci avaient la liberté de consommer ce que produisaient les champs (Lév. 25:5-7). Étant donné que la plupart des Israélites étaient cultivateurs, les habitants du pays avaient beaucoup moins de travail durant l’année sabbatique. Là encore, la liberté ainsi accordée ne devait pas être mal employée, mais plutôt permettre de consacrer davantage de temps à des réunions d’ordre spirituel et à l’édification de la famille dans la Loi de Dieu. Chaque septième année, à l’occasion de la fête des Huttes, les prêtres lisaient la Loi tout entière à la nation. Dans Deutéronome 31:10-13 , nous lisons : “Il [Moïse] leur fit ce commandement : ‘Après chaque septième année, à l’époque de l’année de rémission, à la fête des tabernacles [ou des huttes], quand tout Israël viendra se présenter devant Jéhovah, ton Dieu, dans le lieu qu’il aura choisi, tu liras cette loi devant tout Israël, de sorte qu’ils l’entendent. Assemble le peuple, les hommes, les femmes, les enfants, et l’étranger qui sera dans tes portes, afin qu’ils entendent, et afin qu’ils apprennent à craindre Jéhovah, votre Dieu, et qu’ils aient soin de mettre en pratique toutes les paroles de cette loi. Et leurs enfants qui ne la connaîtront pas, l’entendront et apprendront à craindre Jéhovah, votre Dieu, tout le temps que vous vivrez sur la terre dont vous allez prendre possession, après avoir passé le Jourdain.”

 

Le jubilé

 

Chaque cinquantième année était un jubilé pendant lequel la terre devait également rester en jachère (Lév. 25:8, 9, 11, 12). Durant cette année-là, on appliquait les mêmes principes concernant la consommation des produits de la terre. Il fallait une grande foi pour respecter le jubilé. Les Israélites devaient avoir confiance en Jéhovah et être convaincus que la récolte de la quarante-huitième année de chaque cycle de cinquante ans serait suffisante pour leur permettre d’attendre la récolte de la cinquante et unième année, celle qui suivait le jubilé. — Lév. 25:20-22.

 

Dans un certain sens, le jubilé était une année entière de fête, de liberté, de bonheur et de gratitude pour tout ce qu’avait fait Jéhovah. Les terres et les possessions héréditaires qui avaient été vendues étaient récupérées. Chaque homme retournait dans sa famille et retrouvait sa propriété ancestrale (Lév. 25:13). Tous les esclaves hébreux étaient affranchis (Lév. 25:10). Grâce à cette disposition, aucune famille ne pouvait s’enfoncer dans un état de pauvreté perpétuel. Chacune avait son honneur et son amour-propre. Même si un homme avait gaspillé ses biens, il ne pouvait priver éternellement ses descendants de leur héritage ni déshonorer leur nom à jamais. Grâce à la loi sur le jubilé, aucun habitant du pays ne pouvait être vendu à perpétuité (Lév. 25:23, 24). En réalité, l’achat d’une propriété correspondait seulement à un bail, son prix étant calculé d’après la valeur des récoltes à venir jusqu’au jubilé suivant. — Lév. 25:14-16.

 

On pourra mieux apprécier la grande valeur de cette disposition merveilleuse qu’était le jubilé en ne considérant pas seulement les bienfaits qu’en retirait individuellement chaque Israélite, mais plus particulièrement les conséquences pour l’ensemble de la nation. Quand on l’examine bien, le jubilé doit être considéré comme une restauration totale et appropriée de la théocratie que Dieu avait établie au début, en Terre promise. De cette façon, l’économie nationale était maintenue stable. Dieu avait promis à Israël que s’il restait obéissant “tu prêteras à beaucoup de nations, et tu n’emprunteras point”. (Deut. 15:6.) Le jubilé stabilisait la valeur des terres et évitait une importante dette intérieure ainsi qu’une prospérité trompeuse avec ses conséquences : l’inflation, la déflation et la dépression économique. Le jubilé évitait également le recours à des impôts très lourds.

 

Lorsque la loi sur le jubilé était suivie, la nation évitait de se trouver continuellement dans la triste situation qui est aujourd’hui celle de nombreux pays où il n’y a pratiquement que deux classes : les personnes très riches et celles qui sont particulièrement pauvres, tels les serfs, les métayers et autres hommes semblables. Les bienfaits reçus par les individus fortifiaient la nation, car personne ne risquait d’être défavorisé ou réduit à l’improductivité à cause d’une mauvaise situation économique. À notre époque, un grand nombre de citoyens de valeur ne peuvent employer leur talent parce que les conditions économiques les obligent à s’en tenir à un travail ennuyeux et routinier pour subvenir à leurs besoins. En Israël, par contre, les citoyens actifs pouvaient utiliser leur talent et leurs capacités pour contribuer au bonheur de la nation.

 

La protection des femmes

 

Les femmes étaient protégées par les lois sur le mariage. Dieu n’étant pas encore intervenu pour restaurer la monogamie originelle (Gen. 2:23, 24), la polygamie était pratiquée, mais elle était réglementée. Le fils premier-né d’un homme ne pouvait être déchu de ses droits même s’il était issu de la femme la moins aimée (Deut. 21:15-17). Un homme devait avoir une raison valable pour divorcer d’avec sa femme et il était tenu de lui donner une lettre de divorce (Deut. 24:1). Cela évitait à cette femme d’être éventuellement accusée par la suite d’adultère ou de prostitution. La nourriture, le vêtement et les droits conjugaux étaient garantis à la jeune esclave juive qui avait été prise pour femme par un homme, même si celui-ci accordait ensuite ses faveurs à une autre femme (Ex. 21:7-11). Celui qui avait séduit une jeune fille vierge avant de l’épouser ne pouvait pas la renvoyer (Deut. 22:28, 29). Le soldat qui épousait une jeune vierge captive ne pouvait pas la vendre plus tard comme esclave. — Deut. 21:10-14.

 

Les lois sur le crime

 

Les lois sur le crime étaient bien meilleures que celles d’aujourd’hui. La Loi ne prévoyait pas de prison. Ce n’est que plus tard, au temps des rois, que les prisons furent indûment introduites en Israël (Jér. 37:15, 16 ; 38:6, 28). Le fait qu’aucune peine de prison n’était infligée pour quelque crime que ce soit signifiait que les criminels n’étaient pas nourris ni logés aux frais des Israélites laborieux qui obéissaient à la Loi. Lorsqu ’un homme avait volé quelque chose à un de ses frères, il n’était pas mis en prison, car il aurait été ainsi incapable de rendre ce qu’il avait dérobé, et sa victime aurait souffert une perte. Il devait plutôt rendre le double de ce qu’il avait volé ou même davantage, selon la nature des objets dérobés et l’usage qu’il en avait fait (Ex. 2:1, 7). S’il ne payait pas, il était alors vendu comme esclave ; il devait ainsi travailler jusqu’à ce qu’il fût en mesure de payer la somme prévue par les juges et correspondant à la valeur de ce qu’il avait dérobé (Ex. 22:3). Non seulement cette loi venait en aide à la victime du voleur, mais elle était une vigoureuse mise en garde contre le vol.

 

Sous la Loi , la vie était une chose sacrée. Le meurtrier volontaire ne pouvait être en aucun cas épargné. Il devait être mis à mort sans faute. Dans Nombres 35:30-33, où il est question des meurtriers qui s’enfuyaient dans les villes de refuge, nous lisons : “Si un homme tue quelqu’un, on ôtera la vie au meurtrier, sur la déposition de témoins. Un seul témoin ne suffira pas pour faire condamner une personne à mort. Vous n’accepterez point de rançon pour la vie d’un meurtrier qui mérite la mort, car il sera puni de mort. Vous n’accepterez point de rançon, qui lui permette de s’enfuir dans sa ville de refuge, et de retourner habiter dans le pays après la mort du sacrificateur. Vous ne souillerez point le pays où vous serez, car le sang souille le pays ; et il ne sera fait pour le pays aucune expiation du sang qui sera répandu que par le sang de celui qui l’aura répandu.” Cette loi prévoyait le retranchement de toute personne méchante de la société israélite. En revanche, on pouvait accorder la miséricorde au meurtrier involontaire (Nomb. 35:9-15, 26-29). Il fallait même faire l’expiation d’un meurtre dont on ne connaissait pas l’auteur. On considérait que la ville la plus proche de l’endroit où avait été perpétré le crime s’était chargée d’une dette de sang et se trouvait sous une malédiction tant qu’elle n’avait pas accompli la cérémonie requise, afin que la communauté soit déchargée de cette dette de sang devant Dieu. — Deut. 21:1-9.

 

Toute personne était considérée comme sacrée. Les femmes étaient protégées contre le viol (Deut. 22:25-27). Le kidnapping était un crime puni de la peine capitale. L’homme entre les mains de qui on retrouvait la personne enlevée ou celui qui l’avait vendue comme esclave devait être mis à mort sans faute. — Ex. 21:16 ; Deut. 24:7.

 

Ni émeutes ni délinquance

 

Quand la nation se conformait à la Loi , il n’y avait pas de problème dû à la délinquance. Il n’y avait pas non plus de grève, de manifestation de foule, d’émeute ou d’action populaire pour prendre le pouvoir. Dans Exode 23:2, il est dit : “Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal ; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du plus grand nombre, pour violer la justice.” Il en était ainsi parce que le cercle familial servait de base à l’union de la nation. On y enseignait un profond respect des chefs et des parents (Ex. 20:12 ; 22:28). Par exemple, quiconque frappait son père ou sa mère, ou prononçait une malédiction sur eux, était mis à mort (Ex. 21:15, 17 ; Lév. 20:9). Un fils qui se montrait rebelle en se livrant, par exemple, à des excès et à l’ivrognerie devait être mis à mort (Deut. 21:18-21). Le respect du foyer et de la famille favorisait le respect des chefs de la nation et plus particulièrement de Jéhovah Dieu, le Chef suprême.

 

Le respect du droit à la propriété

 

À notre époque, il est courant d’entendre dire ceux qui trouvent un objet : “Je l’ai trouvé, je le garde.” En revanche, en Israël, quiconque trouvait un objet était tenu de le rendre à son propriétaire. Si celui-ci vivait en un endroit très éloigné ou était inconnu, il fallait alors garder l’objet perdu jusqu’à ce que son propriétaire le réclame (Deut. 22:1-3). Cela laisse entendre que la personne ayant trouvé l’objet devait le signaler officiellement pour aider le propriétaire dans ses recherches.

 

Le droit à la propriété était particulièrement respecté. Un homme ne pouvait recouvrer une dette en pénétrant dans la maison de son débiteur pour prendre le gage servant de garantie. Le créancier devait rester dehors et laisser à son débiteur le soin de le lui apporter (Deut. 24:10, 11). Un créancier ne pouvait pas non plus saisir ce qui était indispensable à son débiteur pour vivre et se vêtir. À ce propos, dans Deutéronome 24:6, 12, 13 , il est écrit : “On ne prendra pas en gage les deux meules, ni la meule de dessus : ce serait prendre en gage la vie même. Si cet homme est pauvre, tu ne te coucheras point avec son gage ; tu ne manqueras pas de le lui rendre au coucher du soleil, afin qu’il couche dans son vêtement et qu’il te bénisse, et ce sera là une justice pour toi devant Jéhovah, ton Dieu.”

 

Doux avec les animaux

 

Les Israélites devaient également se montrer doux envers les animaux. Lorsqu’un homme voyait un animal en difficulté, il était tenu de lui porter secours, même s’il appartenait à son ennemi (Ex. 23:5 ; Deut. 22:4). Les bêtes de somme ne devaient pas être surchargées ou maltraitées. On ne muselait pas le bœuf qui foulait le grain pour l’empêcher d’avoir part au fruit de son travail (Deut. 25:4). Les animaux sauvages devaient être traités avec bonté. On ne pouvait pas prendre dans un nid d’oiseaux la mère et ses petits, ni l’oiseau et ses œufs, ce qui aurait provoqué la disparition de cette famille animale (Deut. 22:6, 7). On n’avait pas le droit non plus d’égorger une vache ou une brebis avec son petit le même jour. — Lév. 22:28.

 

Les lois militaires

 

Ces lois concernaient les guerres de Jéhovah livrées sous son commandement et sous sa direction. Mais même dans ce cas, la défense nationale n’était pas jugée importante au point de supplanter les droits familiaux. L’homme qui était fiancé et qui n’avait pas encore pris sa femme avec lui, ainsi que celui qui était marié depuis moins d’un an, était exempté jusqu’à ce que, dans chaque cas, le mariage ait été consommé depuis un an. Cette loi était basée sur le droit de chaque homme d’avoir un héritier et de le voir naître, ainsi que sur celui de la femme d’avoir un enfant par son mari (Deut. 20:7 ; 24:5). L’homme qui avait construit une maison, mais ne s’y était pas encore établi, ou celui qui n’avait pas eu le temps de récolter le produit de la vigne qu’il venait de planter étaient exemptés (Deut. 20:5, 6). Cette exemption était basée sur le principe selon lequel un homme a le droit de jouir du fruit de son travail. Les Lévites étaient dispensés du service militaire, parce qu’ils servaient au sanctuaire. Cette loi faisait nettement passer le culte de Jéhovah avant les besoins militaires. — Nomb. 1:47-49 ; 2:33.

 

Les guerres étant celles de Jéhovah, les soldats étaient sanctifiés, et la pureté était exigée dans le camp (Deut. 23:9-14). En outre, il n’y avait pas de femmes qui suivaient le camp, comme c’est le cas dans les armées du monde, pour que les soldats puissent satisfaire leur désir sexuel. Cela aurait été impur. D’ailleurs, les soldats devaient s’abstenir de toutes relations sexuelles durant les campagnes militaires, même avec leurs femmes (I Sam. 21:5 ; II Sam. 11:6-11). De cette façon, la pureté religieuse et physique de l’armée était garantie. Par conséquent, les Israélites ne violaient pas les femmes qui étaient parmi les ennemis capturés. Lorsqu’elle était appliquée strictement, la Loi avait des conséquences heureuses, car les ennemis, sachant que leurs femmes ne risquaient pas d’être violées, étaient incités à se rendre. — Deut. 21:10-13.

 

Le zèle pour la vérité

 

Tout témoin était tenu de déclarer sous serment ce qu’il savait (Lév. 5:1). Il ne devait pas commettre de parjure, car cela équivalait à mentir “devant Jéhovah”. Si les accusations portées par un Israélite contre son frère se révélaient être délibérément fausses, l’accusateur était condamné au même châtiment que celui qui aurait été infligé à l’accusé. C’est pourquoi, dans Deutéronome 19:16-19 , nous lisons : “Lorsqu’un témoin à charge s’élèvera contre un homme pour l’accuser d’un crime, les deux hommes en contestation se présenteront devant Jéhovah, devant les prêtres et les juges alors en fonction ; les juges feront avec soin une enquête, et si le témoin se trouve être un faux témoin, s’il a fait contre son frère une fausse déposition, vous lui ferez subir ce qu’il avait dessein de faire subir à son frère. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi.” Personne ne pouvait être mis à mort sur de simples présomptions. Il fallait deux témoins pour établir la vérité (Deut. 17:6 ; 19:15). Ceux qui avaient témoigné contre un homme jugé coupable d’un crime méritant la mort devaient être les premiers à lever la main sur lui pour le lapider. Cette loi encourageait le zèle pour la justice en Israël. Non seulement les juges, mais tous les citoyens devaient manifester leur désir de maintenir devant Jéhovah le pays pur de toute effusion de sang. Cette loi dissuadait également les Israélites de présenter un témoignage faux, hâtif ou imprudent. La loi rapportée dans Deutéronome 17:7 avait des conséquences heureuses ; elle déclarait : “La main des témoins se lèvera la première sur lui pour le faire mourir, et la main de tout le peuple ensuite. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi.”

 

Des relations sexuelles interdites

 

Les lois sur le mariage interdisaient de contracter une telle union avec un proche parent. Dans Lévitique 18:6 , nous pouvons lire : “Aucun de vous ne s’approchera d’une femme qui est sa proche parente, pour découvrir sa nudité : je suis Jéhovah.” De telles relations sont contraires à la nature et peu sages du point de vue génétique. Celui qui commettait un acte obscène en ayant délibérément des relations sexuelles avec sa femme pendant sa menstruation ‘découvrait le flux [la source, NW] de son sang’. L’homme et la femme devaient être retranchés (Lév. 20:18). Les pratiques répugnantes que sont l’homosexualité et la bestialité étaient également punies de mort, selon ce qu’on peut lire dans Lévitique 20:13, 15: “Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux. Si un homme couche avec une bête, il sera puni de mort ; et vous tuerez la bête.”

 

La pureté

 

Les lois sanitaires et diététiques avaient un double but. Elles contribuaient à maintenir Israël séparé des autres nations en rappelant constamment aux Israélites qu’ils devaient former un peuple spirituellement pur devant Jéhovah. Ces lois empêchaient également les membres de la nation de nouer des relations sociales avec les païens qui les entouraient. En lisant le livre biblique du Lévitique, les chapitres 11 à 15, vous vous rendrez compte que les Israélites devaient veiller scrupuleusement sur leur pureté tant religieuse que physique. Si une famille israélite acceptait l’invitation de prendre un repas dans une maison païenne, quantité de choses pouvaient lui faire perdre sa pureté religieuse ; ses membres risquaient également de se rendre coupables en mangeant involontairement du sang. Une telle famille courait également le grave danger de participer à quelque acte idolâtre et, bien sûr, d’inciter ses enfants à contracter des mariages avec les païens. Selon Deutéronome 7:3, la déclaration suivante avait été faite fort à propos à Israël : “Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils, et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils.”

 

En outre, sur le plan médical, les lois sur l’hygiène et la mise en quarantaine, ainsi que les lois morales et celle interdisant la consommation du sang, constituaient une merveilleuse protection contre la typhoïde, le typhus, la peste bubonique, l’hépatite, la blennorragie, la syphilis et de nombreuses autres maladies.

 

Bien que donnée uniquement à la nation typique de Dieu, la Loi était excellente et fournissait une ombre des bonnes choses à venir. C’est ce que montre Hébreux 10:1, où nous lisons : “Car, la Loi n’ayant que l’ombre des bonnes choses à venir, et non la substance même des choses, les hommes ne peuvent jamais, avec les mêmes sacrifices qu’ils offrent continuellement, d’année en année, rendre parfaits ceux qui s’approchent.” Nous devrions donc étudier avec empressement ce qu’elle préfigurait, c’est-à-dire la loi de la liberté introduite par Jésus-Christ, dont parle Jacques 1:25 en ces termes : “Mais celui qui plonge les regards dans la loi parfaite, celle de la liberté, et qui y persiste, cet homme, étant devenu, non un auditeur oublieux, mais un pratiquant de l’œuvre, sera heureux en la pratiquant.”

 

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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 21:52

LES armées coalisées de quatre rois d’Orient franchissent l’Euphrate. Elles suivent la route royale, à l’est de la vallée du Jourdain. Au passage, elles soumettent les Réphaïm, les Zuzim, les Émim et les Horites. Puis elles font demi-tour et investissent tout le sud du Négueb.

 

Quel est le but de cette campagne militaire? Le butin, le District du Jourdain, est une vallée située entre les régions envahies dans la Transjordanie et le Négueb (Genèse 13:10). Là, les habitants de cinq Cités-États, Sodome, Gomorrhe, Admah, Zéboïm et Béla, mènent une vie insouciante et prospère (Ézéchiel 16:49, 50). Après avoir été soumis par celui qui semble commander les armées coalisées, Kédorlaomer, roi d’Élam, ils se sont rebellés. Maintenant, privés du soutien de leurs voisins, ils vont devoir lui rendre des comptes. Kédorlaomer et ses alliés remportent la bataille qui s’ensuit et prennent le long chemin du retour, chargés d’abondantes dépouilles.

 

Parmi les captifs se trouve un homme juste du nom de Lot. C’est le neveu d’Abraham, qui campe non loin de là, dans la région montagneuse de Hébron. Dès qu’Abraham apprend la terrible nouvelle, il rassemble 318 de ses hommes. Courageusement, avec l’aide de quelques gens du voisinage, ils se lancent à la poursuite des quatre rois et surprennent leurs armées de nuit. Les envahisseurs s’enfuient. Lot et sa maisonnée sont délivrés, ainsi que les autres captifs, et les biens sont repris.

 

Avons-nous des raisons d’ajouter foi à ce récit consigné dans le 14e chapitre de la Genèse ? Cette histoire a-t-elle été forgée de toutes pièces pour faire de l’ancêtre de nombreuses nations, y compris des Juifs, un héros national? Que dire des autres événements qui ont marqué la vie d’Abraham?

 

L’avis d’ecclésiastiques

 

Au début du XIXe siècle, le théologien luthérien Peter von Bohlen déclara qu’Abraham était un personnage mythique et que le récit de l’invasion menée par Kédorlaomer n’avait aucun fondement historique. De son côté, le professeur Julius Wellhausen écrivit: “Nous ne disposons d’aucun renseignement historique sur les patriarches.” Il a émis cette pensée: “Il vaudrait peut-être mieux considérer Abraham comme le fruit d’une imagination fertile.”

 

Les théologiens anglais ont emboîté le pas à leurs confrères allemands. “Les grands contes de la Genèse consacrés aux patriarches sont surannés et ne sont guère plus historiques que les contes du (...) roi Arthur”, a écrit Stopford Brooke dans son livre L’Ancien Testament et la vie moderne (angl.). “ La Genèse (...) ne nous offre qu’une vision incomplète et déformée de la vie et de la personnalité des patriarches”, a déclaré John Colenso, évêque anglican de l’ancienne colonie britannique du Natal. “Il est impossible, a-t-il ajouté, de croire aveuglément à l’un quelconque de ces récits.”

 

Ce genre de critique s’étendit comme la gangrène (2 Timothée 2:17). De nos jours, des millions de fidèles ne prennent plus au sérieux les récits de la vie des patriarches. Or, à la plus grande honte des théologiens, des athées affirment maintenant que la critique biblique est allée trop loin. Par exemple, on lit dans Bol’shaia Sovetskaia Entsiklopediia (Grande Encyclopédie soviétique): “Ces dernières années, on a reconsidéré nombre de thèses de la critique biblique à la lumière de nouvelles découvertes, notamment à partir des renseignements fournis par ‘l’archéologie biblique’. Certaines traditions bibliques qui étaient considérées comme des mythes (...) semblent avoir un fondement historique.” Voyons comment l’archéologie a éclairé le récit de la vie d’Abraham.

 

Ur des Chaldéens

 

Selon la Bible , Abraham grandit à “Ur des Chaldéens”. (Genèse 11:27-31; 15:7.) Pendant des siècles, le site d’Ur est resté inconnu. Les critiques pensaient qu’il devait s’agir d’une localité insignifiante et reculée, si tant est qu’elle ait existé. Puis, à leur embarras, on a identifié sans doute possible des ruines situées entre Babylone et le golfe Persique à celles d’Ur. Des milliers de tablettes d’argile mises au jour sur ce site ont révélé qu’Ur était un carrefour commercial populeux et cosmopolite. À l’époque d’Abraham, la ville avait même des écoles où l’on apprenait à écrire et à compter aux enfants.

 

En outre, des fouilles faites à Ur ont révélé que ses architectes connaissaient la colonne, l’arche, la voûte et le dôme. Les artisans d’Ur fabriquaient des bijoux magnifiques, des harpes finement ouvragées et des dagues à lame d’or fin. Dans de nombreuses maisons, les archéologues ont mis au jour des canalisations d’égout en argile cuite qui donnaient dans de grandes fosses pouvant avoir jusqu’à 12 mètres de profondeur.

 

Ces découvertes ont amené nombre d’exégètes à considérer Abraham sous un jour nouveau. “Nous pensions qu’Abraham était simplement un homme habitant sous des tentes, et nous nous apercevons qu’il habitait peut-être une maison de briques bien équipée dans une ville”, écrit Sir Leonard Woolley dans son livre Mise au jour du passé (angl.). “Abraham, dit l’archéologue Alan Millard dans son livre Trésors des temps bibliques (angl.), a quitté une ville bien équipée, qui offrait confort et sécurité, pour devenir un nomade méprisé!”

 

L’invasion de Kédorlaomer

 

Que dire de la victoire d’Abraham sur Kédorlaomer, roi d’Élam? Au début du XIXe siècle, on savait peu de choses sur les Élamites. Les critiques de la Bible se refusaient à croire qu’Élam ait jamais exercé une influence sur la Babylonie , et encore moins sur la Palestine. Mais on voit les Élamites sous un autre jour maintenant. L’archéologie révèle qu’ils étaient une puissante nation guerrière. Un ouvrage de référence (Funk & Wagnalls Standard Reference Encyclopedia) dit à ce sujet: “Les Élamites détruisirent la ville d’Ur vers 1950 avant notre ère. (...) Ils exercèrent ensuite une influence considérable sur les chefs de la Babylonie.”

 

En outre, on a retrouvé les noms de rois élamites sur d’anciennes inscriptions. Certains commencent par le mot “Kudur”, qui rappelle “Kédor”. Une importante déesse élamite s’appelait Lagamar, nom qui ressemble à “laomer”. Des historiens sont donc maintenant d’avis que Kédorlaomer fut un chef bien réel, dont le nom signifie peut-être “serviteur de Lagamar”. Une série d’inscriptions babyloniennes portent des noms proches de ceux des rois coalisés: Tudhula (Tidal), Eri-aku (Arioch), et Kudur-lahmil (Kédorlaomer) (Genèse 14:1). Dans le livre Secrets de la révélation divine (angl.), A. Custance ajoute: “Outre ces noms, des détails semblent avoir trait aux événements qui eurent lieu en Babylonie quand les Élamites y établirent leur domination (...). Ces tablettes confirment si bien les Écritures que les tenants de la haute critique ont aussitôt fait tout ce qu’ils pouvaient pour leur ôter délibérément toute importance.”

 

Et l’invasion des quatre rois? Est-elle étayée par des données archéologiques en provenance de la Transjordanie et du Négueb? Oui. Dans son livre L’archéologie en Israël (angl.), le professeur Yohanan Aharoni parle de la disparition d’une civilisation préisraélite qui avait des colonies de peuplement “importantes” en Transjordanie et dans le Négueb “vers l’an 2000 avant notre ère”. D’autres archéologues situent sa disparition aux environs de 1900 avant notre ère. “Les poteries datant de cette période qui ont été mises au jour dans le Négueb et la Transjordanie sont identiques et témoignent d’une fin soudaine et tragique de la civilisation”, dit Harold Stigers dans son Commentaire sur la Genèse (angl.). Même des critiques de la Bible reconnaissent ce fait, témoin cette déclaration de John Van Seters tirée de son livre Abraham dans l’Histoire et la tradition (angl.): “La question qui reste en suspens est de savoir où ces gens sont partis, s’ils sont effectivement partis quelque part, à la fin de cette période.”

 

Le chapitre 14 de la Genèse fournit peut-être une explication. Selon la chronologie biblique, Abraham arriva en Canaan en 1943 avant notre ère. Le pillage dirigé par Kédorlaomer dut avoir lieu peu après. Plus tard dans le courant du même siècle, Dieu détruisit par le feu les villes immorales de Sodome et de Gomorrhe, ce qui modifia définitivement l’écologie de la basse vallée du Jourdain autrefois fertile (Genèse 13:10-13; 19:24, 25). Celle-ci cessa d’être convoitée par des envahisseurs venus de l’étranger.

 

On pourrait encore citer bien d’autres exemples montrant que l’archéologie recoupe les Écritures en éclairant certains événements de la vie d’Abraham. Mais l’archéologie a ses limites. Les indices qu’elle fournit sont souvent indirects et livrés à l’interprétation d’hommes imparfaits.

 

Le témoignage le plus sûr

 

C’est le témoignage du Créateur de l’homme, qui constitue la preuve la plus solide qu’Abraham a réellement existé. En Psaume 105:9-15, Dieu parle d’Abraham, d’Isaac et de Jacob comme de ses “prophètes”. Plus de mille ans après la mort d’Abraham, Jéhovah Dieu fit mention de ce patriarche par la bouche d’au moins trois prophètes, l’appelant même son “ami”. (Ésaïe 41:8; 51:2; Jérémie 33:26; Ézéchiel 33:24.) Pareillement, Jésus Christ cita Abraham en exemple. Durant son existence préhumaine au ciel, le Fils de Dieu fut personnellement témoin des relations que son Père entretint avec le patriarche. Il put donc dire aux Juifs:

 

“‘Si vous êtes les enfants d’Abraham, faites les œuvres d’Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous a dit la vérité que j’ai entendue de la part de Dieu. Abraham n’a pas fait cela. Abraham, votre père, s’est grandement réjoui dans l’espérance de voir mon jour, et il l’a vu et s’est réjoui.’ Sur quoi, les Juifs lui dirent: ‘Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham?’ Jésus leur dit: ‘En toute vérité je vous le dis: avant qu’Abraham soit venu à l’existence, j’étais.’” — Jean 8:39, 40, 56-58.

 

Le témoignage des deux Personnes les plus illustres de l’univers nous donne les meilleures raisons qui soient d’accepter tout ce que la Bible dit à propos d’Abraham (Jean 17:5, 17). Bien que la Bible cite Abraham en exemple, elle ne l’élève pas indûment au rang de héros national. C’est ce qui ressort du récit de sa victoire sur les quatre rois alliés. Quand Abraham revint de la bataille, il fut salué par Melchisédek, roi de Salem, qui lui dit: “Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes oppresseurs en ta main!”. — Genèse 14:18-20.

 

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1 avril 2006 6 01 /04 /avril /2006 17:39

POURQUOI la croyance au destin est-elle aussi répandue ? De tout temps, l’homme a essayé de comprendre les mystères de la vie et de découvrir une logique derrière la succession des événements. “ C’est ici, note l’historien Helmer Ringgren, que les notions de ‘ dieu ’, de ‘ destin ’ et de ‘ hasard ’ entrent en scène, selon que l’on voit derrière les événements une force personnelle, un ordre impersonnel ou aucun ordre du tout. ” L’Histoire regorge de croyances, de légendes et de mythes relatifs au destin.

 

Comme l’explique l’assyriologue Jean Bottéro, c’est dans la Mésopotamie antique, en Babylonie, que l’on trouve “ les plus anciennes réactions et réflexions perceptibles des hommes devant le surnaturel, leur plus vieille construction religieuse identifiable ”. C’est là qu’il faut rechercher l’origine de la croyance au destin.

 

Naissance du destin

 

En fouillant les ruines antiques de la Mésopotamie (l’Iraq actuel), les archéologues ont découvert certains des plus anciens écrits connus. Les milliers de tablettes cunéiformes mises au jour nous donnent une image précise de la manière dont on vivait dans l’ancienne civilisation de Sumer et d’Akkad et dans la célèbre ville de Babylone. Selon l’archéologue Samuel Kramer, les Sumériens “ étaient troublés par le problème de la souffrance humaine, particulièrement en rapport avec ses causes plutôt énigmatiques ”. Leurs interrogations les conduisirent à l’idée de destin.

 

Dans Babylone (angl.), l’archéologue Joan Oates note que “ les Babyloniens avaient chacun leur dieu ou leur déesse personnel ”. Ils croyaient que les dieux “ déterminaient les destins individuels et collectifs de toute l’humanité ”. Selon Samuel Kramer, les Sumériens croyaient quant à eux que “ les dieux organisateurs du cosmos étaient à l’origine du mal, du mensonge et de la violence, conçus comme faisant partie intégrante de la civilisation ”. La croyance au destin était très répandue et tenue en haute estime.

 

Les Babyloniens pensaient qu’il était possible de connaître les intentions des dieux au moyen de la divination, “ une technique de communication avec les dieux ”. On tentait de prédire l’avenir en observant, en déchiffrant et en interprétant des choses et des événements. Souvent, il s’agissait de l’analyse d’un rêve, d’entrailles ou du comportement d’un animal (Ézékiel 21:21 ; Daniel 2:1-4). Les événements inattendus ou inhabituels dont on pensait qu’ils révélaient l’avenir étaient consignés sur des tablettes d’argile.

 

“ Si haut que nous remontions dans le passé de l’histoire mésopotamienne ”, a écrit Édouard Dhorme, spécialiste français des civilisations antiques, “ nous rencontrons la personne du devin et la pratique de la divination. ” La divination occupait une place importante dans la vie quotidienne. Comme l’explique Jean Bottéro, pratiquement tous les phénomènes observables étaient “ considérés comme objets possibles de l’examen et de la déduction divinatoires ” ; “ l’univers matériel tout entier ” était “ tenu pour une matière dont une étude attentive pouvait, en quelque sorte, extraire l’avenir ”. Les Mésopotamiens étaient par conséquent de fervents adeptes de l’astrologie. — Voir Isaïe 47:13.

 

Les Babyloniens pratiquaient également la divination au moyen de dés et de sorts. Dans Le hasard (angl.), Deborah Bennett écrit que ces objets avaient pour fonction d’“ éliminer toute possibilité d’intervention humaine et de donner ainsi aux dieux un moyen d’exprimer clairement leur volonté ”. Néanmoins, les décisions divines n’étaient pas considérées comme inexorables. Il était parfois possible d’échapper à un destin funeste en faisant appel aux dieux.

 

Le destin dans l’Égypte ancienne

 

Au XVe siècle avant notre ère, il existait des contacts étroits entre la Babylonie et l’Égypte. Les échanges culturels qui en résultèrent entraînèrent une diffusion des pratiques religieuses associées à la croyance au destin. Pourquoi les Égyptiens adoptèrent-ils cette croyance ? John Baines, professeur d’égyptologie à l’université d’Oxford, répond : “ La religion [égyptienne] s’occupait en grande partie à comprendre et à conjurer l’imprévisible et le funeste. ”

 

La déesse Isis était regardée comme “ la maîtresse de la vie et du destin ”. Les Égyptiens pratiquaient eux aussi la divination et l’astrologie (voir Isaïe 19:3). “ Leur ingéniosité, pour interroger les dieux, est sans limite ”, commente une historienne. Mais l’Égypte ne fut pas la seule à subir l’influence de Babylone.

 

La Grèce et Rome

 

Dans le domaine religieux, écrit Jean Bottéro, “ la Grèce antique n’a pas échappé au lointain mais intense rayonnement de Babylone ”. L’historien Peter Green explique pourquoi la croyance au destin était très populaire en Grèce : “ Dans un monde plein d’incertitudes, où les hommes répugnaient de plus en plus à être responsables de leurs propres décisions et éprouvaient souvent le sentiment d’être de simples marionnettes, ballottées de ci, de là, par les exigences d’un Destin aussi impénétrable qu’inflexible, le décret oraculaire divin vous traçait les grandes lignes de votre avenir. Grâce à une intuition ou à des dons particuliers, il était possible de prédire les arrêts du Destin. Peut-être cela ne correspondait-il pas toujours à ce que l’on attendait, mais un homme averti n’en vaut-il pas deux ? ”

 

Si elle avait un effet rassurant, la croyance au destin servait également de moins nobles desseins. Certains l’utilisèrent pour opprimer les masses. Comme l’a écrit Francis Sandbach, “ l’idée que le monde était entièrement dirigé par la Providence devait séduire la classe dirigeante d’un peuple dirigeant ”.

 

Pour quelle raison ? Selon Peter Green, cette croyance “ était une justification intrinsèque — morale, théologique, sémantique — d’un ordre social et politique immuable : c’était l’instrument le plus puissant et le plus subtil que les milieux dirigeants hellénistiques eussent jamais conçu pour assurer leur perpétuation. Le simple fait que quelque chose arrivât voulait dire que cela devait arriver ; et dans la mesure où la nature était providentiellement disposée en faveur de l’humanité, ce qui devait arriver ne pouvait qu’être pour le mieux ”. En somme, le destin permettait à ces dirigeants de “ justifier aux yeux du monde la poursuite impitoyable de leurs intérêts personnels ”.

 

La littérature grecque révèle à quel point la croyance au destin était répandue. Dans l’épopée, la légende et la tragédie — trois des genres littéraires antiques —, le destin occupait une place centrale. Dans la mythologie grecque, la destinée de l’homme était représentée par trois déesses, les Moires. Clotho filait le fil de la vie, Lachésis l’enroulait, déterminant la longueur de la vie, et Atropos le coupait, mettant fin à la vie lorsque le temps était expiré. Les Romains possédaient une triade similaire, les Parques.

 

Les Romains et les Grecs, curieux de connaître leur destin, empruntèrent et développèrent l’astrologie et la divination babyloniennes. Les Romains appelaient portenta (“ signes ”) les événements utilisés pour prédire l’avenir, et omina les messages véhiculés par ces signes. Au IIIe siècle avant notre ère, l’astrologie était devenue populaire en Grèce. L’horoscope grec le plus ancien dont on connaisse la date remonte à l’an 62 avant notre ère. Les Grecs s’intéressaient tant à l’astrologie que Gilbert Murray, un helléniste, a écrit qu’elle s’était “ abattue sur la mentalité hellénistique comme une maladie nouvelle s’abat sur la population d’une île reculée ”.

 

Dans leur désir de connaître l’avenir, les Grecs et les Romains recouraient beaucoup aux augures, ou médiums. Ils pensaient que les dieux communiquaient avec eux au moyen de ces intermédiaires (voir Actes 16:16-19). Quels effets cette croyance produisit-elle ? Comme l’a écrit Bertrand Russell, “ la peur remplaça l’espoir ; on s’efforçait davantage d’échapper aux revers de fortune que d’atteindre un quelconque objectif positif ”. Ces questions furent par la suite un sujet de controverse au sein de la chrétienté.

 

Débats chrétiens autour du destin

 

Les premiers chrétiens vivaient dans un environnement très influencé par les idées grecques et romaines relatives au destin. Les “ Pères de l’Église ”, par exemple, étaient familiarisés avec les œuvres des philosophes grecs comme Aristote et Platon. L’un des problèmes qu’ils s’efforçaient de résoudre était le suivant : comment un Dieu omniscient et tout-puissant, “ Celui qui dès le commencement révèle la conclusion ”, peut-il être en même temps un Dieu d’amour (Isaïe 46:10 ; 1 Jean 4:8) ? Si Dieu connaît la fin dès le commencement, raisonnaient-ils, il savait au départ que l’homme tomberait dans le péché et que des conséquences désastreuses en résulteraient.

 

Origène, l’un des plus prolifiques des premiers auteurs chrétiens, souligna l’importance de garder à l’esprit la notion de libre arbitre. “ On trouve dans les Écritures, dit-il, d’innombrables affirmations, très claires, du libre arbitre. ”

 

Origène estime qu’attribuer à une force extérieure la responsabilité de ses actes “ n’est ni vrai ni noble ; la raison de qui veut qu’il en soit ainsi est la suivante : falsifier la notion de libre arbitre ”. Pour lui, si Dieu peut connaître les événements à l’avance, cela ne signifie pas qu’il influe sur leur déroulement ou que ces événements doivent se produire. Cependant, tous ses contemporains ne partagent pas son point de vue.

 

Augustin (354-430 de notre ère), un Père de l’Église influent, complique le débat en minimisant le rôle du libre arbitre. Il donne à la prédestination son fondement théologique dans la chrétienté. Au Moyen Âge, ses œuvres, et notamment le De libero arbitrio, sont au centre des discussions sur la prédestination. La question devient brûlante à l’époque de la Réforme , où elle divise profondément la chrétienté.

 

Une croyance répandue

 

La notion de destin n’est pas propre au monde occidental, loin de là ! Face à un événement tragique, de nombreux musulmans disent mektoub — c’est écrit —, révélant ainsi qu’ils croient au destin. Par ailleurs, s’il est vrai que les religions orientales soulignent généralement la responsabilité de l’individu dans son destin personnel, il y a cependant des traces de fatalisme dans leurs enseignements.

 

Dans l’hindouisme et le bouddhisme, par exemple, le karma est un destin inévitable qui résulte des actes commis dans des vies antérieures. En Chine, les plus anciens documents écrits que l’on connaisse sont des inscriptions divinatoires tracées sur des écailles de tortues. On retrouve également le destin dans les croyances des peuples indigènes des Amériques. Les Aztèques, par exemple, établissaient des calendriers divinatoires servant à révéler le destin des individus. Les croyances fatalistes sont également courantes en Afrique.

 

Le fait que la croyance au destin soit aussi répandue montre que l’homme a besoin de croire en une puissance supérieure. Dans Les religions de l’humanité (angl.), John Noss écrit : “ Chacune à leur manière, les religions enseignent que l’homme ne se suffit pas, et ne peut se suffire, à lui-même. Un lien vital le relie, l’assujettit aux forces qui, à l’extérieur de lui, animent la Nature et la Société. Plus ou moins consciemment, il sait qu’il n’est pas une force autonome capable d’exister indépendamment du monde. ”

 

Nous avons besoin de croire en Dieu, mais aussi de comprendre ce qui se passe autour de nous. Il y a cependant une différence entre croire en un Créateur tout-puissant et penser qu’il fixe notre destin de façon immuable.

 

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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 12:52

GALOPANT à travers la poussière, les sacoches regorgeant de butin, voici la cavalerie d’une nation nomade qui s’avance. Ces guerriers mystérieux régneront sur les steppes d’Eurasie de 700 à 300 avant notre ère environ, puis disparaîtront, non sans laisser leur empreinte dans l’Histoire. Ils sont même mentionnés dans la Bible. Leur nom : les Scythes.

 

Depuis des siècles, des nomades et des troupeaux de chevaux sauvages parcouraient les prairies des Carpates de l’Europe de l’Est jusqu’au sud-est de l’actuelle Russie. Au VIIIe siècle avant notre ère, la campagne militaire menée par l’empereur chinois Hsüan a déclenché leur migration vers l’ouest. Au cours de leur déplacement, les Scythes ont combattu et chassé les Cimmériens, alors maîtres du Caucase et du nord de la mer Noire.

 

En quête de richesses, les Scythes ont mis à sac Ninive, la capitale assyrienne, et plus tard se sont alliés à l’Assyrie contre la Médie , la Babylonie et d’autres nations. Ils ont même atteint le nord de l’Égypte. D’ailleurs, le fait que le nom de la ville de Beth-Shân, dans le nord-est d’Israël, ait été changé en Scythopolis pourrait bien attester l’occupation scythe. — 1 Samuel 31:11, 12.

 

Finalement, les Scythes se sont installés dans ce qui est aujourd’hui la Roumanie , la Moldavie , l’Ukraine et le sud de la Russie. Ils se sont enrichis en servant d’intermédiaires entre les Grecs et les producteurs de céréales des régions correspondant aujourd’hui à l’Ukraine et au sud de la Russie : ils échangeaient des céréales, du miel, des fourrures et du bétail contre du vin, du textile, des armes et des œuvres d’art de Grèce, amassant ainsi d’immenses fortunes.

 

Des cavaliers redoutables

 

Le cheval était à ces guerriers des steppes ce que le chameau est aux gens du désert. Cavaliers remarquables, les Scythes ont été parmi les premiers à utiliser la selle et les étriers. Ils mangeaient de la viande de cheval et buvaient du lait de jument. Ils offraient même leurs chevaux en holocaustes. Lorsqu’un guerrier scythe mourait, son cheval était abattu et recevait un enterrement honorable, avec tout son harnachement.

 

Selon une description faite par l’historien Hérodote, les Scythes avaient des coutumes sadiques, telle celle d’utiliser les crânes de leurs victimes comme coupes à boire. Lorsqu’ils assaillaient leurs ennemis, ils les décimaient à coups d’épées, de haches de combat et de lances en fer, ainsi que de flèches barbelées qui déchiraient les chairs.

 

Des tombes pour l’éternité

 

Les Scythes pratiquaient la sorcellerie et le chamanisme, et ils adoraient le feu ainsi qu’une déesse-mère (Deutéronome 18:10-12). Pour eux, la tombe était la demeure des morts. Les esclaves et les animaux étaient sacrifiés pour l’usage de leur maître défunt. Le trésor et les serviteurs d’un chef étaient censés l’accompagner dans l’“ autre monde ”. Dans une tombe royale, on a retrouvé cinq esclaves allongés les pieds en direction de leur maître, prêts à se lever pour reprendre leur service.

 

Les chefs étaient enterrés avec de nombreuses offrandes. De plus, en période de deuil, les Scythes faisaient couler leur sang et se rasaient la tête. Selon Hérodote, ‘ ils se coupaient un morceau de l’oreille, se tondaient les cheveux tout autour de la tête, se faisaient des incisions aux bras, se déchiraient le front et le nez, s’enfonçaient des flèches à travers la main gauche ’. Contrairement à cela, la loi que Dieu avait donnée aux Israélites à la même époque stipulait : “ Vous ne devez pas vous faire d’entailles dans la chair pour une âme décédée. ” — Lévitique 19:28.

 

Les Scythes ont laissé des milliers de kourganes (tumulus). De nombreux ornements découverts dans les kourganes dépeignent des scènes quotidiennes de la vie scythe. Le tsar russe Pierre le Grand a entrepris de rassembler de telles pièces en 1715, et ces objets étincelants sont maintenant exposés dans des musées en Russie et en Ukraine. L’“ art animalier ” scythe figure des chevaux, des aigles, des faucons, des chats, des panthères, des élans, des daims ainsi que des griffons-lions et des griffons-oiseaux (le griffon est une créature mythologique présentant les traits d’un aigle ou d’un lion, ayant le corps, ailé ou non, d’un animal et la tête de l’autre).

 

Les Scythes et la Bible

 

La seule référence aux Scythes dans la Bible se trouve en Colossiens 3:11, où l’on peut lire : “ Il n’y a plus de Grec ni de Juif, de circoncision ni d’incirconcision, d’étranger, de Scythe, d’esclave, d’homme libre, mais Christ est toutes choses et en tout. ” Dans ce verset, le terme grec utilisé par l’apôtre chrétien Paul et rendu par “ Scythe ” ne désigne pas une nation en particulier, mais des gens incultes de la pire espèce. Paul soulignait le fait que même de telles personnes pouvaient, sous l’influence de l’esprit saint ou force agissante de Jéhovah, revêtir la personnalité selon Dieu. — Colossiens 3:9, 10.

 

Des archéologues considèrent que le nom Ashkenaz mentionné en Jérémie 51:27 correspond à l’assyrien Ashgouzaï, terme qui s’appliquait aux Scythes. Des tablettes cunéiformes font état d’une alliance conclue entre ce peuple et les Mannaï à l’occasion d’une révolte fomentée contre l’Assyrie au VIIe siècle avant notre ère. Juste avant que Jérémie ne commence à prophétiser, les Scythes ont traversé le pays de Juda pour se rendre en Égypte et pour en revenir, sans causer aucun dommage. C’est pourquoi il est possible que certains de ceux qui l’ont entendu prédire que Juda serait attaqué par le nord en aient douté. — Jérémie 1:13-15.

 

Des historiens voient une allusion aux Scythes en Jérémie 50:42, qui déclare : “ Ils manient l’arc et le javelot. Ils sont cruels et ne feront pas miséricorde. Le bruit qu’ils font est comme la mer qui s’agite, et ils seront montés sur des chevaux ; rangés comme un seul homme pour la guerre contre toi, ô fille de Babylone ! ” Néanmoins, ce verset s’applique d’abord aux Mèdes et aux Perses, qui ont conquis Babylone en 539 avant notre ère.

 

Certains sont d’avis que le “ pays de Magog ” dont il est question dans les chapitres 38 et 39 du livre d’Ézékiel fait référence aux tribus scythes. Cependant, cette expression a une signification symbolique. De toute évidence, elle désigne le voisinage de la terre, où Satan et ses anges ont été relégués après la guerre dans le ciel. — Révélation 12:7-17.

 

Les Scythes ont été impliqués dans l’accomplissement de la prophétie de Nahoum annonçant le renversement de Ninive (Nahoum 1:1, 14). En effet, en 632 avant notre ère, aux côtés des Chaldéens et des Mèdes, ils ont pillé la ville, ce qui a déclenché la chute de l’Empire assyrien.

 

Un déclin mystérieux

 

Pourquoi les Scythes ont-ils disparu ? “ À vrai dire, nous ne savons pas ce qui s’est passé ”, a déclaré un grand archéologue ukrainien. Certains pensent que, amollis par leur goût de l’opulence, ils sont tombés devant un nouveau peuple asiatique nomade, les Sarmates, aux Ier et IIe siècles avant notre ère.

 

Pour d’autres, ce sont des luttes entre clans scythes qui les ont menés au déclin. D’autres encore voient dans les Ossètes du Caucase des descendants des Scythes. Quoi qu’il en soit, ce peuple mystérieux du passé a marqué l’Histoire de son nom, devenu synonyme de cruauté.

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30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 13:24

LA FOULE a fait silence. Elle qui il y a un instant encore s’apprêtait à tuer l’apôtre Paul, alias Saul de Tarse. Les soldats romains ont dû intervenir. À présent, Paul se trouve face à la foule, sur une estrade. La scène se déroule à proximité du temple de Jérusalem.

 

D’un geste de la main, Paul demande le silence. Puis il se met à dire en hébreu : “ Hommes, frères et pères, entendez maintenant ma défense auprès de vous. (...) Je suis un Juif, né à Tarse de Cilicie, mais éduqué dans cette ville-ci aux pieds de Gamaliel, instruit selon la rigueur de la Loi ancestrale, étant zélé pour Dieu, comme vous l’êtes tous aujourd’hui. ” — Actes 22:1-3.

 

Pourquoi, alors qu’il y va de sa vie, Paul commence-t-il donc sa défense en mentionnant qu’il a eu Gamaliel pour maître ? Qui était Gamaliel ? Que signifiait avoir été enseigné par lui ? Cette formation avait-elle encore une influence sur Saul après qu’il fut devenu l’apôtre Paul ?

 

L’homme Gamaliel

 

Gamaliel était un Pharisien de renom. Son grand-père, Hillel l’Ancien, était à l’origine de l’un des deux principaux courants de la pensée pharisienne. Son approche était considérée comme plus tolérante que celle de l’école rivale, celle de Shamaï. Après la destruction du temple de Jérusalem en 70 de notre ère, la Maison de Hillel (Beth Hillel) l’emporta sur celle de Shamaï (Beth Shamaï). Comme toutes les autres sectes juives avaient disparu avec le temple, la Maison de Hillel devint le porte-parole du judaïsme. La doctrine de Beth Hillel constitua l’un des principaux fondements de la loi juive telle qu’elle est consignée dans la Mishna , laquelle allait elle-même servir de base au Talmud. L’influence de Gamaliel fut déterminante pour ce qui est d’imposer cette école.

 

Si grande était l’estime dont jouissait Gamaliel qu’il fut le premier à être appelé Rabban, un titre supérieur à celui de Rabbi. En fait, il était si respecté que la Mishna dit à son sujet : “ Depuis la mort de R[abban] Gamaliel l’ancien, la gloire de la Loi s’est éteinte, et avec elle sont ruinés la pureté et le Pharisaïsme [litt. “ la séparation ”]. ” — Sota 9:16.

 

Enseigné par Gamaliel

 

Que voulait dire Paul quand il lança aux foules de Jérusalem qu’il avait été ‘ éduqué aux pieds de Gamaliel ’ ? Que supposait donc avoir été le disciple d’un tel enseignant ?

 

Sur ce point, le professeur Dov Zlotnick, d’un institut américain de théologie juive, déclare : “ L’exactitude de la loi orale, sa fiabilité donc, dépendait presque exclusivement de la relation maître-disciple : du soin que le maître apportait à l’enseignement de la loi et de l’ardeur que le disciple mettait à l’apprendre. (...) Les disciples étaient donc invités à s’asseoir aux pieds du maître (...) et ils ‘ buvaient ses paroles dans la soif ’. ” — Mishna, Avot 1:4.

 

Dans son Histoire du peuple juif à l’époque de Jésus Christ (all.), Emil Schürer nous éclaire sur les méthodes des enseignants rabbiniques du Ier siècle : “ Les rabbis les plus éminents s’entouraient souvent d’un grand nombre de jeunes gens avides de savoir. Ils cherchaient à les former aux multiples arcanes de la ‘ loi orale ’. (...) L’instruction consistait en un perpétuel et inlassable exercice de mémorisation. (...) Le maître soumettait aux disciples plusieurs questions sur la loi et les laissait répondre, à moins qu’il ne s’en chargeât lui-même. Les élèves pouvaient également interroger l’enseignant. ”

 

Pour les rabbis, l’enjeu n’était pas simplement d’amener les disciples à un certain niveau. L’élève était prévenu : “ Quiconque oublie une parole de ce qu’il a appris, l’Écriture le lui compte comme s’il avait perdu son âme. ” (Avot 3:8). On ne pouvait flatter davantage un élève qu’en le comparant à “ une citerne close qui ne perd aucune goutte ”. (Avot 2:8.) Voilà à quoi ressemblait l’enseignement que Paul, alors connu sous son nom hébreu de Saul de Tarse, reçut de Gamaliel.

 

L’enseignement de Gamaliel

 

Dans la droite ligne du pharisaïsme, Gamaliel était un ardent défenseur de la loi orale ; il accordait de ce fait une plus grande importance aux traditions rabbiniques qu’à l’Écriture inspirée (Matthieu 15:3-9). La Mishna lui prête ces mots : “ Fais-toi un maître [un rabbi], évite le doute et ne donne pas trop souvent la dîme par approximation.” (Avot 1:16). Cela revenait à dire que dans le cas où les Écritures hébraïques n’exposaient pas explicitement la conduite à tenir, il ne fallait pas prendre de décision en faisant appel à son propre raisonnement ou à sa conscience. Il était préférable de trouver un rabbi qualifié qui saurait, lui, trancher la question. Aux yeux de Gamaliel, c’était le meilleur moyen d’éviter de pécher. — Comparer avec Romains 14:1-12.

 

Cependant, Gamaliel est surtout connu pour sa position religieuse plus tolérante, plus ouverte, dans l’interprétation de la Loi. Par exemple, il a montré de la considération pour les femmes en ‘ autorisant les veuves à se remarier sur l’assertion du décès [du mari] par un seul témoin ’. (Mishna, Yevamot 16:7.) De même, dans le souci de protéger les femmes mariées, Gamaliel a soumis les lettres de divorce à un certain nombre de restrictions.

 

On retrouve ce même esprit dans les rapports que Gamaliel a entretenus avec les premiers disciples de Jésus Christ. Selon le livre des Actes, lorsque des chefs juifs cherchèrent à mettre à mort les disciples de Jésus qu’ils avaient pris en flagrant délit de prédication, “ un certain homme se leva dans le Sanhédrin, un Pharisien nommé Gamaliel, un enseignant de la Loi estimé de tout le peuple, et il donna l’ordre de faire sortir ces hommes un instant. Puis il leur dit : ‘ Hommes d’Israël, faites attention à vous quant à ce que vous voulez faire à propos de ces hommes. (...) Je vous le dis : Ne vous occupez pas de ces hommes, mais laissez-les (...) ; sinon il se peut que vous soyez trouvés comme des hommes qui combattent en fait contre Dieu. ’ ” Le conseil de Gamaliel porta, et les apôtres furent relâchés. — Actes 5:34-40.

 

Ce que cela signifiait pour Paul

 

Paul avait ainsi été formé et éduqué par l’un des enseignants rabbiniques les plus en vue du judaïsme du Ier siècle. À n’en pas douter, l’allusion que l’apôtre fit à Gamaliel incita la foule de Jérusalem à écouter très attentivement ce qu’il avait à leur dire. Il leur parla pourtant d’un Enseignant de loin supérieur à Gamaliel, de Jésus, le Messie. À présent, c’était le disciple de Jésus qui s’exprimait, et non plus celui de Gamaliel. — Actes 22:4-21.

 

La formation reçue de Gamaliel a-t-elle influencé l’enseignement du chrétien qu’était devenu Paul ? L’instruction poussée qu’il avait reçue dans l’Écriture et la Loi juive s’avéra sans doute utile dans son ministère. Cela dit, les lettres qu’il a rédigées sous inspiration divine montrent qu’il rejetait dans leur essence même les croyances pharisiennes de Gamaliel. Il invita les Juifs, quels qu’ils soient, à se tourner, non vers les rabbis du judaïsme ou vers les traditions humaines, mais vers Jésus Christ. — Romains 10:1-4.

 

S’il était resté disciple de Gamaliel, Paul aurait joui d’un grand prestige. D’autres personnes qui gravitaient autour de Gamaliel ont contribué à façonner l’histoire du judaïsme. C’est ainsi que Siméon, fils de Gamaliel et peut-être ex-condisciple de Paul, joua un rôle majeur dans le soulèvement juif contre Rome. Après la destruction du temple, Gamaliel II, petit-fils du premier, restaura l’autorité du Sanhédrin en l’installant à Yavné (Jamnia). Quant à Jehuda Hanasi, petit-fils de Gamaliel II, il fut le compilateur de la Mishna , la pierre de fondement de la pensée juive jusqu’à nos jours.

 

Élève de Gamaliel, Saul de Tarse aurait pu devenir un personnage très éminent du judaïsme. Concernant une telle carrière, il écrira pourtant : “ Les choses qui étaient pour moi des gains, celles-ci je les ai considérées comme une perte à cause du Christ. Mais oui, je considère même que toutes choses sont une perte à cause de la valeur éminente de la connaissance de Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui, j’ai accepté la perte de toutes choses et je les considère comme un tas de déchets, afin de gagner Christ. ” — Philippiens 3:7, 8.

 

En renonçant à une carrière de Pharisien et en devenant disciple de Jésus Christ, Paul appliquait de façon pratique le conseil que son ancien maître avait donné : prendre garde d’‘ être trouvé en train de combattre en fait contre Dieu ’. En abandonnant les persécutions contre les disciples de Jésus, Paul cessa de lutter contre Dieu. Désormais lui-même disciple de Jésus, il devenait un ‘ compagnon de travail de Dieu ’. — 1 Corinthiens 3:9.

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27 mars 2006 1 27 /03 /mars /2006 02:33

1553. Dans ces premières années de la Réforme , catholiques et protestants se vouaient une haine mortelle; pourtant, ils étaient unis par une haine encore plus grande vis-à-vis d’un homme : MICHEL SERVET. Quel crime avait donc commis ce respecté médecin ? Avait-il raison ou tord ?

 

MICHEL SERVET mena une vie de fugitif. Par un jour de printemps de l’an 1553, à l’aube naissante, il s’échappa de sa prison en robe de chambre, son bonnet de nuit sur la tête, et s’enfuit dans la campagne française. Son procès, organisé par les autorités catholiques de Vienne, dans l’Isère, venait de tourner en sa défaveur; celles-ci savaient qui il était: leur grand ennemi, Jean Calvin, chef du protestantisme genevois, avait aidé à son arrestation.

 

Le crime de Michel Servet s’appelait hérésie. Il avait écrit des livres prouvant que l’enseignement des Églises sur la Trinité n’est pas biblique. Ainsi déclara-t-il: “ La Trinité , le baptême des enfants et les autres sacrements chers à la papauté sont des enseignements de démons.”

 

Où pouvait-il aller? Peut-être savait-il qu’il avait un petit groupe de partisans dans le nord de l’Italie. Toujours est-il que, sans cesser de se cacher, il décida de s’y rendre. Cependant, passant par Genève, il fut reconnu malgré son déguisement. Devant les autorités de la ville, Calvin le chargea et usa de son influence pour qu’il soit exécuté. C’est ainsi que le 27 octobre 1553 il fut brûlé vif, un de ses livres attaché à la cuisse. Il mourut en priant pour ses ennemis. Il avait refusé de se rétracter. Certaines des personnes qui assistaient à ses derniers moments, saisies par ce spectacle, cessèrent de croire en la Trinité.

 

Lélius Socin faisait partie de ces Italiens qui avaient été influencés par les écrits de Michel Servet; cette cruelle exécution l’incita à examiner la doctrine de la Trinité. Ayant conclu lui aussi à son caractère non biblique, il fit part de ses convictions à son neveu, Fauste, auquel il confia même tous ses papiers et écrits. Véritablement impressionné par ce qu’il découvrait, Fauste se décida peu à peu à abandonner sa vie confortable de courtisan pour faire connaître à autrui ce qu’il apprenait dans la Bible.

 

Pourchassé par l’Inquisition, Socin partit en direction du nord. En Pologne, il rencontra un petit groupe d’anabaptistes qui se faisaient appeler “Les frères (...) qui ont rejeté la Trinité ”. Cette religion apparut clairement à Socin comme étant la plus proche de la vérité biblique. Il s’installa donc à Cracovie et commença à écrire pour défendre la cause de ces hommes.

 

Les Sociniens, c’est ainsi qu’ils furent appelés par la suite, désiraient plus que tout restaurer le christianisme pur qu’enseigne la Bible. Ils considéraient que la Réforme n’avait fait disparaître qu’une partie de la corruption et du formalisme présents dans les Églises, tout en laissant intact le fond mauvais: les enseignements non bibliques.

 

Une fin rapide et tragique

 

LES SOCINIENS ont prospéré en Pologne pendant près d’un siècle. Au plus fort de son influence, elle regroupait 300 congrégations. Ils créèrent un centre à Raków, au nord-est de Cracovie, y installèrent une presse et fondèrent une université qui attira des professeurs et des élèves éminents venus de diverses contrées. Leur presse produisit quelque 500 pamphlets, livres et tracts en près de 20 langues. Dans toute l’Europe, des missionnaires et des étudiants diffusaient ces publications sous le manteau. On a dit que les ouvrages écrits en réaction contre ces publications au cours des deux siècles qui suivirent pourraient remplir une bibliothèque.

 

En 1658, les jésuites atteignirent enfin leur but. Sur leurs instances, le roi décréta que tous les membres de la petite Église polonaise devaient quitter le pays dans les trois ans sous peine d’être exécutés. Des centaines de Sociniens choisirent l’exil. C’est alors qu’une persécution brutale éclata. Quelques petites congrégations survécurent pendant un certain temps en Transylvanie, en Prusse et aux Pays-Bas, mais ces groupes isolés finirent eux aussi par disparaître.

 

L’Origine historique de la Trinité

 

AUSSI LOIN que l’on remonte dans l’Antiquité, et ce jusqu’à l’époque babylonienne, on constate qu’il était courant d’adorer les dieux païens par groupes de trois, appelés triades. Des siècles avant la venue du Christ et jusqu’après sa mort, l’influence de cette pratique s’est fait sentir en Égypte, en Grèce et à Rome. Après la mort des apôtres, ces croyances païennes commencèrent à envahir le christianisme.

 

L’historien Will Durant fait remarquer à cet égard: “Le christianisme n’a pas détruit le paganisme; il l’a adopté. (...) D’Égypte vinrent les idées de trinité divine.” Quant à Siegfried Morenz, il déclare dans La religion égyptienne: “[On] faisait de la trinité à la fois une possibilité et un devoir pour les théologiens (...). On réunit donc trois dieux en un seul dont on peut parler au singulier. Mais de cette manière le courant d’influence égyptienne est mis en contact direct avec la théologie chrétienne.”

 

À la fin du IIIe et au IVe siècle, en Égypte, des ecclésiastiques d’Alexandrie, tel Athanase, transmirent cette influence par les idées qu’ils formulèrent et qui conduisirent à la Trinité. Ces hommes acquirent eux-mêmes une grande notoriété, si bien que Morenz considère “la théologie alexandrine comme l’intermédiaire entre l’héritage religieux égyptien et le christianisme”.

 

Dans la préface de l’Histoire du christianisme (angl.), d’Edward Gibbon, on peut lire: “S’il est vrai que le christianisme a triomphé du paganisme, il n’en demeure pas moins que le paganisme a réussi à corrompre le christianisme. L’Église de Rome a remplacé le déisme pur des premiers chrétiens (...) par l’incompréhensible dogme de la Trinité. Pareillement , de nombreuses doctrines païennes inventées par les Égyptiens et idéalisées par Platon ont été adoptées parce que considérées comme dignes de foi.”

 

Selon le Dictionnaire de la connaissance religieuse (angl.), beaucoup de gens disent que la Trinité “est un enseignement corrompu, emprunté des religions païennes et greffé sur la foi chrétienne”. Pour l’ouvrage Survivances païennes dans le monde chrétien, la Trinité est “d’origine entièrement païenne”.

 

Voilà pourquoi James Hastings déclare, dans l’Encyclopédie de la religion et de l’éthique (angl.): “Dans la religion indienne, par exemple, nous rencontrons la trinité Brahmâ, Siva, et Visnu; dans la religion égyptienne, la triade Osiris, Isis et Horus (...). Ce n’est pas seulement dans les religions historiques que nous trouvons l’idée d’une trinité. Signalons particulièrement la conception néo-platonicienne de la Réalité suprême ou ultime” qui est “représentée sous une forme triadique”. Toutefois, quel rapport y a-t-il entre le philosophe grec Platon et la Trinité ?

 

Le platonisme

 

ON PENSE que Platon a vécu de 428 à 347 avant Jésus Christ. Bien qu’il n’ait pas enseigné la Trinité sous la forme qu’elle revêt aujourd’hui, sa philosophie a frayé la voie à cette doctrine. Par la suite, divers mouvements philosophiques qui propageaient des croyances triadiques virent le jour et furent influencés par les conceptions platoniciennes de Dieu et de la nature.

 

Le Nouveau Dictionnaire universel de Maurice Lachâtre dit de l’influence exercée par Platon: “La trinité platonique [platonicienne], qui ne fut elle-même au fond qu’une sorte d’arrangement, de disposition nouvelle, des trinités plus anciennes des peuples qui avaient précédé, nous paraît bien être la trinité philosophique, rationnelle, c’est-à-dire la trinité d’attributs qui a donné naissance à la triplicité d’hypostases ou de personnes divines des Églises chrétiennes (...). Cette conception de la Trinité divine du philosophe grec (...) se trouve partout dans les anciennes religions [païennes].”

 

La Nouvelle Encyclopédie de la connaissance religieuse (angl.), de Schaff-Herzog, décrit l’influence de la philosophie grecque: “Les doctrines du Logos et de la Trinité ont reçu leur forme à partir des Pères grecs, qui (...) étaient, directement ou indirectement, grandement influencés par la philosophie platonicienne (...). Il est indéniable que cette philosophie a constitué pour l’Église une source d’erreur et de corruption.”

 

On lit dans L’Église des trois premiers siècles: “La doctrine de la Trinité est apparue progressivement et relativement tard; (...) son origine est totalement étrangère aux Écritures juives et chrétiennes; (...) elle s’est développée et a été introduite dans le christianisme avec le concours des Pères platoniciens.”

 

À la fin du IIIe siècle, le “christianisme” et les nouvelles philosophies inspirées du platonisme étaient inséparablement unis. Comme le dit Adolf Harnack dans son Précis de l’histoire des dogmes, la doctrine de l’Église se trouvait “rivée par des chaînes au sol de l’hellénisme [la pensée grecque païenne]. (...) Elle devint ainsi un mystère pour la très grande majorité des chrétiens”.

 

L’Église prétendait que ses nouvelles doctrines étaient fondées sur les Écritures; mais voici ce que dit Adolf Harnack à ce sujet: “En réalité, l’Église reconnut pour légitime la présence dans son sein de la spéculation hellénique des idées et des usages superstitieux des mystères païens.”

 

Dans Une déclaration de raisons (angl.), Andrews Norton dit de la Trinité : “Nous pouvons retracer l’histoire de cette doctrine et découvrir son origine, non dans la révélation chrétienne, mais dans la philosophie platonicienne (...). La Trinité n’est pas une doctrine enseignée par le Christ et ses Apôtres, mais une fiction due à l’école des platoniciens tardifs.”

 

Ainsi, c’est au IVe siècle que l’apostasie annoncée par Jésus et les apôtres a connu son plein développement. La formation du dogme de la Trinité n’en est du reste qu’une des manifestations, car parmi les autres croyances ou pratiques païennes que les Églises apostates ont alors adoptées, on peut citer l’enfer de feu, l’immortalité de l’âme et l’idolâtrie. La chrétienté était entrée dans la période des ténèbres spirituelles qu’annonçaient les Écritures, période qui allait être dominée par un “homme qui méprise la loi”, autrement dit un clergé, de plus en plus puissant. — 2 Thessaloniciens 2:3, 7.

 

Le rôle de Constantin à Nicée

 

DEPUIS de nombreuses années, une idée qui se répandait, et selon laquelle Jésus est Dieu, rencontrait une vive opposition, opposition fondée sur les Écritures. Pour tenter de mettre fin au conflit, l’empereur romain Constantin convoqua tous les évêques à Nicée. Une partie d’entre eux seulement, soit environ 300, s’y rendirent.

 

Constantin n’était pas chrétien. On dit qu’il s’est converti sur le tard; toutefois, il s’est fait baptiser alors qu’il était mourant. Dans L’Église primitive (angl.), Henry Chadwick dit de lui: “Comme son père, Constantin adorait le Soleil invaincu; (...) on ne doit pas voir dans sa conversion un effet de la grâce (...), mais le calcul d’un chef militaire. Sa compréhension de la doctrine chrétienne ne fut jamais très claire. Néanmoins, il était sûr d’une chose: la victoire au combat était un don du Dieu des chrétiens.”

 

Quel rôle cet empereur, qui n’était pas baptisé, a-t-il joué lors du concile de Nicée? Voici ce qu’on peut lire à ce propos dans l’Encyclopédie britannique: “Ce fut Constantin qui présida. Il dirigea activement les discussions, et ce fut lui qui proposa (...) la formule capitale qui allait exprimer la relation du Christ à Dieu dans le Credo adopté par le concile, ‘de même substance que le Père’ (...). Intimidés par l’empereur, les évêques, à l’exception de deux, signèrent le Credo, ce que beaucoup firent contre leur gré.”

 

Le rôle de Constantin fut donc déterminant. Après deux mois d’un débat acharné entre les évêques, cet empereur païen trancha en faveur de ceux pour lesquels Jésus était Dieu. Pourquoi cela? Certainement pas en raison d’une conviction nourrie par les Écritures. En effet, selon Une brève histoire de la doctrine chrétienne (angl.), “Constantin n’avait pour ainsi dire aucune compréhension des questions que posait la théologie grecque”. Ce qu’il comprenait, en revanche, c’est que la division religieuse était une menace pour son empire, dont il voulait consolider l’unité.

 

Au demeurant, les évêques réunis à Nicée ne mirent pas véritablement en place le dogme de la Trinité. Ils statuèrent sur la nature de Jésus, mais non sur le rôle de l’esprit saint. Si la Trinité était une claire vérité biblique, les évêques ne l’auraient-ils pas énoncée à cette époque?

 

Ce qui se passa ensuite

 

APRÈS Nicée, les discussions se poursuivirent pendant des dizaines d’années. Ceux qui ne voyaient pas en Jésus l’égal de Dieu reprirent même le dessus pendant un certain temps. Cependant, l’empereur Théodose finit par régler la question à leur détriment. Il imposa le Credo du concile de Nicée dans son royaume et, en 381, réunit le concile de Constantinople pour en clarifier la formule.

 

Ce concile plaça l’esprit saint sur le même plan que Dieu et le Christ. La Trinité , telle qu’elle est enseignée par la chrétienté, faisait son apparition.

 

Cependant, même après le concile de Constantinople, tous n’acceptèrent pas la Trinité. Nombreux sont ceux qui s’y opposèrent et qui furent l’objet d’une violente persécution. Il fallut attendre des siècles pour que la Trinité reçoive une formulation précise au travers des symboles ou Credo. L’Encyclopédie américaine fait remarquer à ce sujet: “L’idée trinitaire atteignit son plein développement au Moyen Âge, en Occident, lorsque la scolastique en entreprit l’explication par la philosophie et la psychologie.”

 

Le symbole d’Athanase

 

AVEC le symbole d’Athanase, la Trinité reçut une définition plus élaborée. Athanase, qui était ecclésiastique, soutint Constantin lors du concile de Nicée. Le symbole qui porte son nom déclare: “Nous [vénérons] un seul Dieu dans la Trinité (...). Dieu est le Père; Dieu, le Fils; Dieu, le Saint-Esprit: et il n’y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu.”

 

Toutefois, les spécialistes sont unanimes à reconnaître que ce symbole n’a pas été formulé par Athanase. On lit dans la Nouvelle Encyclopédie britannique: “L’Église d’Orient n’a pas eu connaissance du symbole avant le XIIe siècle. Depuis le XVIIe siècle, les biblistes admettent que ce symbole n’est pas dû à Athanase (mort en 373), mais qu’il a probablement été rédigé au Ve siècle dans le sud de la France. (...) L’influence du symbole semble d’abord s’être fait sentir, aux VIe et VIIe siècles, dans le sud de la France et en Espagne. L’Église de Germanie au IXe siècle, et un peu plus tard celle de Rome, l’intégrèrent à leur liturgie.”

 

Ainsi, à partir de l’époque du Christ, il a fallu des siècles pour que la Trinité soit acceptée dans l’ensemble de la chrétienté. Qu’est-ce qui, en tout cela, a guidé les décisions? La Parole de Dieu, ou bien des considérations politiques ou de chapelle? Dans Origine et évolution de la religion (angl.), E. Hopkins répond: “La définition orthodoxe de la Trinité qui finit par l’emporter fut essentiellement le résultat des préoccupations politiques de l’Église.”

 

Pourquoi les prophètes de Dieu ne l’ont-ils pas enseignée?

 

POURQUOI, pendant des millénaires, aucun prophète de Dieu n’a-t-il enseigné la Trinité à Son peuple? On aurait pu au moins penser que Jésus, le grand Enseignant, expliquerait ce dogme à ses disciples. Si la Trinité était la “doctrine fondamentale” de la foi, Dieu aurait-il inspiré les centaines et les centaines de pages que représentent les Écritures sans consacrer un peu de cette instruction à l’enseignement de la Trinité ?

 

Les chrétiens peuvent-ils croire que, des siècles après la venue de son Fils et après avoir inspiré la rédaction de la Bible , Dieu ait approuvé l’introduction d’une doctrine qui avait été inconnue de ses serviteurs pendant des millénaires, qui est un “mystère indicible”, qui “dépasse l’entendement humain”, dont l’origine païenne est reconnue, et qui fut “essentiellement le résultat des préoccupations politiques de l’Église”?

 

Le témoignage de l’Histoire est clair: le dogme de la Trinité est une déviation et relève de l’apostasie.

 

Pas le seul à comprendre

 

OUTRE MICHEL SERVET, ISAAC NEWTON, l’un des plus grands hommes de science de tous les temps, réfuta la Trinité dans ses écrits; il est parfois considéré comme Socinien. Joseph Priestley, chimiste célèbre (il a découvert l’oxygène), fut lui aussi classé parmi les Sociniens. John Milton, le grand poète, rejeta également la Trinité. En outre, Voltaire trouva amusant que Luther, Calvin et Zwingli, dont il tenait les écrits pour “illisibles”, aient convaincu une grande partie de l’Europe, alors que “les plus grands philosophes et les meilleurs écrivains de leur temps”, tels Newton et les autres Sociniens, n’avaient fait que quelques adeptes déjà près de disparaître.

 

Comme Socin, ces hommes mettaient l’accent sur l’importance de la raison dans les questions religieuses. C’est ainsi qu’il devrait en être. La Bible , en effet, ne nous encourage-t-elle pas à servir Dieu ‘avec usage de notre raison’? (Romains 12:1.)  

 

 

 

 

 

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24 mars 2006 5 24 /03 /mars /2006 14:39

ILS ont blâmé des rois. Ils ont fustigé des prêtres. Ils ont réprimandé le commun peuple pour sa méchanceté. Ils ont même rapporté leurs propres manquements et leurs propres péchés dans des écrits rendus publics. Ils ont été pourchassés et persécutés, parfois mis à mort pour avoir dit et écrit la vérité. Qui sont-ils ? Les prophètes des temps bibliques, dont beaucoup ont participé à la rédaction des Saintes Écritures. — Matthieu 23:35-37.

 

Dans son livre L’historien et l’Histoire, Page Smith écrit : “ [Les Hébreux] étaient aussi peu indulgents avec leurs héros qu’avec leurs renégats, avec eux-mêmes qu’avec leurs ennemis, parce qu’ils écrivaient sous le regard de Dieu et qu’ils n’avaient rien à gagner mais beaucoup à perdre en déguisant les faits. ” Smith a également écrit que “ comparé aux chroniques ennuyeuses des rois guerriers de Syrie et d’Égypte, le récit des souffrances et des victoires d’un peuple choisi par Dieu [...] [constitue] une histoire passionnante. Les chroniqueurs hébreux avaient découvert un des éléments essentiels du drame historique authentique — les acteurs sont des personnes réelles, avec leurs imperfections et leurs erreurs ”.

 

Les rédacteurs bibliques étaient aussi rigoureusement précis. Après avoir analysé la Bible à la lumière de l’Histoire et de l’archéologie, l’écrivain Werner Keller a dit en introduction de son livre La Bible arrachée aux sables : “ Devant la multiplicité des preuves que nous a fournies la science, je ne puis m’empêcher de [...] me répéter encore et toujours : La Bible a raison. ”

 

Un récit historique stimulant et riche d’enseignements

 

La plupart des rédacteurs bibliques étaient des gens simples — des cultivateurs, des bergers, des pêcheurs. Pourtant, ce qu’ils ont consigné sur une période de quelque 1 600 ans a influencé plus de personnes que n’importe quel autre ouvrage, ancien ou moderne. En outre, leurs écrits ont fait l’objet d’attaques de toutes parts, mais en vain (Isaïe 40:8 ; 1 Pierre 1:25). Aujourd’hui la Bible peut être lue en entier ou en partie dans environ 2 200 langues — une diffusion inégalée ! Qu’est-ce qui lui vaut cette place unique ? Les références suivantes aident à répondre à cette question.

 

Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour reprendre, pour remettre les choses en ordre, pour discipliner dans la justice, pour que l’homme de Dieu soit pleinement qualifié, parfaitement équipé pour toute œuvre bonne. — 2 Timothée 3:16, 17.

 

Car toutes les choses qui ont été écrites jadis ont été écrites pour notre instruction, afin que, grâce à notre endurance et à la consolation des Écritures, nous ayons l’espérance. — Romains 15:4.

 

Or ces choses leur arrivaient [aux Israélites] comme exemples, et elles ont été écrites pour nous avertir, nous [les chrétiens] sur qui les fins des systèmes de choses sont arrivées. — 1 Corinthiens 10:11.

 

Oui, la Bible est un récit mettant en scène des personnages qui ont réellement existé — dont certains ont plu à Dieu et d’autres non —, récit que Dieu a inspiré et préservé. Elle surpasse donc tous les autres livres. Elle n’est certainement pas une froide liste des choses à faire et à ne pas faire, ou un recueil de petites histoires mignonnes pour distraire les enfants. Bien entendu, Dieu s’est servi de rédacteurs humains. Mais cela ne fait que rehausser le récit biblique, lui conférant une chaleur attirante qui ne cesse d’émouvoir les lecteurs génération après génération. L’archéologue William Albright a affirmé : “ Le profond discernement moral et spirituel de la Bible , qui est une révélation unique de Dieu aux humains communiquée au travers de l’expérience humaine, est aussi aiguisé aujourd’hui qu’il y a deux ou trois mille ans. ”

 

Pour illustrer l’éternelle pertinence de la Bible , revenons au tout début de l’histoire de l’humanité, là où seule la Bible peut nous conduire, et considérons quelques enseignements fondamentaux du livre de la Genèse.

 

Les leçons opportunes d’un ancien récit

 

Entre autres choses, le livre de la Genèse donne tous les détails sur les débuts de la famille humaine. Aucun autre récit historique n’est aussi précis sur ce sujet. ‘ Mais quel est l’intérêt de connaître nos premiers parents ? ’ demanderez-vous peut-être. Cette connaissance est d’une valeur extraordinaire, car, en révélant que tous les humains — quelle que soit leur couleur, leur ethnie ou leur nationalité — ont le même père et la même mère, la Genèse ôte au racisme tout fondement. — Actes 17:26.

 

La Genèse est aussi un guide en matière de moralité. Elle renferme l’histoire de Sodome, de Gomorrhe et des villes avoisinantes que Dieu a détruites à cause de la perversité sexuelle choquante de leurs habitants (Genèse 18:20–19:29). Le verset 7 du livre biblique de Jude déclare : “ Sodome et Gomorrhe et les villes d’alentour, après qu’elles eurent commis [...] la fornication avec excès et furent allées après la chair pour un usage contre nature, sont placées devant nous comme un exemple qui est un avertissement. ” Les habitants de Sodome et de Gomorrhe n’ont jamais reçu de lois concernant la moralité de la part de Dieu ; cependant, comme chaque être humain, ils possédaient une conscience donnée par Dieu. Par conséquent, Dieu pouvait en toute justice les tenir pour responsables de leurs actes (Romains 1:26, 27 ; 2:14, 15). Pareillement, Dieu tient aujourd’hui les humains pour responsables de leurs actes, qu’ils acceptent sa Parole, la Sainte Bible , ou non. — 2 Thessaloniciens 1:8, 9.

 

Une leçon historique de survie

 

Un relief sur l’Arc de Titus à Rome représente des soldats romains emportant les ustensiles sacrés du temple de Jérusalem après la destruction de la ville en 70 de notre ère. Plus d’un million de Juifs ont été tués. Cependant, les chrétiens obéissants survécurent grâce à l’avertissement de Jésus : “ Quand vous verrez Jérusalem entourée par des armées qui campent, alors sachez que sa désolation s’est approchée. Alors, que ceux qui sont en Judée se mettent à fuir vers les montagnes, et que ceux qui sont au milieu d’elle s’éloignent, et que ceux qui sont dans les campagnes n’y entrent pas ; parce que ce sont là des jours où justice doit se faire. ” — Luc 21:20-22.

 

Loin d’être seulement une vieille histoire, les malheurs qui se sont abattus sur Jérusalem préfiguraient une tribulation plus grande qui engloutira bientôt le monde entier. Mais, une fois de plus, il y aura des survivants. Ils sont décrits comme “ une grande foule que personne ne pouvait compter, de toutes nations et tribus et peuples et langues ”. Ils “ viennent de la grande tribulation ” en raison de leur foi dans le sang versé de Jésus, une foi solidement fondée sur l’histoire biblique et les prophéties. — Révélation 7:9, 14.

 

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