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3 février 2006 5 03 /02 /février /2006 17:46

C’ÉTAIT un carrefour du monde antique, où se croisaient les routes caravanières qui reliaient la Méditerranée à la Chine et l’Égypte à l’Anatolie. Les armées akkadiennes, babyloniennes, égyptiennes, perses, grecques et romaines foulèrent son sol. Des siècles plus tard, Turcs et croisés la traversèrent. Plus récemment, les armées françaises et britanniques se la sont disputée.

 

Aujourd’hui, une partie de cette région porte encore le nom par lequel on la désignait voilà des milliers d’années : la Syrie. Bien que l’endroit ait connu maints bouleversements, les échos de l’Histoire s’y font toujours entendre. Ce pays présente un intérêt tout particulier pour les étudiants de la Bible en raison de son rôle dans l’histoire biblique.

 

Damas, une ville millénaire

 

Prenons l’exemple de Damas, la capitale de la Syrie. Elle est, dit-on, l’une des plus anciennes villes du monde toujours habitées depuis leur fondation. Située au pied de la chaîne de l’Anti-Liban, traversée par le Barada, Damas est depuis des siècles une oasis appréciée à la lisière du grand désert de Syrie. Le patriarche Abraham y passa vraisemblablement lors de son voyage vers Canaan, au sud. Il prit également Éliézer, “ un homme de Damas ”, comme serviteur dans sa maisonnée. — Genèse 15:2.

 

Près de 1 000 ans plus tard, les rois syriens de Tsoba combattirent contre Saül, le premier roi d’Israël (1 Samuel 14:47). Le deuxième roi, David, fit aussi la guerre aux rois d’Aram (nom hébreu de la Syrie ), la remporta et “ plaça des garnisons dans la Syrie de Damas ”. (2 Samuel 8:3-8.) C’est ainsi qu’Israël et la Syrie devinrent des ennemis jurés. — 1 Rois 11:23-25.

 

Au Ier siècle de notre ère, cette inimitié semblait s’être apaisée. On trouvait même des synagogues dans Damas. Vous vous souvenez peut-être que Saul de Tarse (appelé plus tard Paul) se rendait de Jérusalem à Damas quand il fut converti au christianisme. — Actes 9:1-8.

 

Aujourd’hui, il ne subsiste plus à Damas de trace du passage d’Abraham ou de la conquête de David. Mais on y trouve les vestiges de la ville romaine antique ainsi qu’une rue dans la vieille ville qui emprunte le tracé de la Via Recta (rue Droite) romaine. C’est dans une maison de cette rue qu’Ananias trouva Saul après sa conversion miraculeuse aux portes de Damas (Actes 9:10-19). Certes, la rue a beaucoup changé depuis l’époque romaine, mais c’est là que Paul commença son ministère exceptionnel. La rue Droite se termine à la Bab-Sharqi (Porte de l’Est). En considérant les habitations perchées sur l’enceinte de la ville, on comprend aussi comment Paul put s’échapper, descendu dans un panier par une ouverture de la muraille. — Actes 9:23-25 ; 2 Corinthiens 11:32, 33.

 

Palmyre, une oasis historique

 

Palmyre, appelée Tadmor dans la Bible , est un autre site archéologique remarquable situé à trois heures de route au nord-est de Damas (2 Chroniques 8:4). À mi-chemin entre la Méditerranée et l’Euphrate, cette oasis est arrosée par des cours d’eau souterrains venus des montagnes au nord, qui sourdent ici. La route commerciale qui reliait jadis la Mésopotamie aux terres de l’Ouest suivait le Croissant fertile et passait donc loin au nord de Palmyre. Cependant, au Ier siècle avant notre ère, l’instabilité politique des régions traversées rendit préférable un itinéraire plus court, plus au sud. Palmyre connut alors son âge d’or.

 

Puisque Palmyre servait de zone tampon sur la frange orientale de son empire, Rome l’annexa à l’une de ses provinces, la Syrie. Mais Palmyre obtint finalement son indépendance. La ville comportait des temples imposants, des portes monumentales, des bains et un théâtre. L’artère principale consistait en une magnifique colonnade dont l’allée centrale n’était pas pavée pour faciliter le passage des caravanes de chameaux. Seuls les portiques latéraux destinés aux piétons étaient pavés. Les caravanes faisaient étape à Palmyre, sur le chemin entre l’Orient ( la Chine et l’Inde) et l’Occident (le monde gréco-romain). La ville leur imposait des taxes sur les soieries, les épices et d’autres marchandises qu’elles transportaient.

 

À son apogée, au IIIe siècle de notre ère, Palmyre comptait environ 200 000 habitants. Ce fut alors que sa reine, l’ambitieuse Zénobie, livra une guerre contre Rome. Elle la perdit en 272. Ce faisant, elle accomplit involontairement une partie de la prophétie consignée par Daniel quelque 800 ans auparavant (Daniel chapitre 11). Après quoi, Palmyre survécut un temps comme avant-poste de l’Empire romain, mais ne retrouva jamais sa puissance ni sa gloire.

 

Sur les rives de l’Euphrate

 

Trois heures de voiture à travers le désert en direction du nord-est amènent le visiteur jusqu’à la ville de Deïr ez-Zor, sur les rives de l’Euphrate. Ce fleuve historique puissant prend sa source dans les montagnes de l’est de l’Anatolie ( la Turquie d’Asie), pénètre en Syrie au nord de Karkémish et traverse le pays en direction du sud-est jusqu’à l’Iraq. Non loin de la frontière iraquienne, on trouve les vestiges de deux villes antiques.

 

À une centaine de kilomètres au sud-est de Deïr ez-Zor, dans une courbe de l’Euphrate, se dressent les ruines d’une ville fortifiée, Doura-Europos. En parcourant 25 kilomètres encore, on arrive au site de Mari. C’était autrefois une ville commerciale prospère, mais elle fut détruite au XVIIIe siècle avant notre ère par le roi babylonien Hammourabi. Les archives de son palais royal ont livré plus de 15 000 tablettes d’argile couvertes d’inscriptions qui ont largement contribué à faire connaître cette époque.

 

Quand les troupes de Hammourabi détruisirent la cité, elles abattirent les murs supérieurs, ce qui remplit les pièces inférieures de briques et de terre. De ce fait, les peintures murales, les statues, les céramiques et des milliers d’autres objets furent préservés jusqu’à ce qu’ils soient découverts par des archéologues français en 1933. Ils sont conservés dans les musées de Damas et d’Alep, ainsi qu’au Louvre, à Paris.

 

Villes antiques du nord-ouest de la Syrie

 

À présent, remontons l’Euphrate et dirigeons-nous vers Alep (Halab). Comme Damas, cette ville revendique l’honneur d’être l’une des plus vieilles du monde toujours habitées. Ses souks, ou marchés couverts, figurent parmi les plus pittoresques du Proche-Orient.

 

Juste au sud d’Alep se trouve le tell Mardikh, le site d’Ebla, autrefois cité-État. Ebla était une ville commerciale puissante qui dominait le nord de la Syrie durant la seconde moitié du IIIe millénaire avant notre ère. Les fouilles ont mis au jour les vestiges d’un temple dédié à la déesse babylonienne Ishtar. On a également découvert un palais royal dont les archives abritaient quelque 17 000 tablettes d’argile. Des objets d’Ebla sont conservés au musée d’Idlib, une petite ville située à 25 kilomètres du site.

 

Plus au sud, sur la route de Damas, se trouve Hama, que la Bible appelle Hamath (Nombres 13:21). Un fleuve, l’Oronte, la traverse et fait d’elle l’une des villes les plus plaisantes du pays. Citons également Ras Shamra, le site de la ville antique d’Ougarit. Au cours des IIIe et IIe millénaires avant notre ère, Ougarit était un port de commerce florissant voué au culte de Baal et de Dagôn. Depuis 1929, des archéologues français exhument une multitude de tablettes d’argile et des bronzes portant des inscriptions qui en disent long sur la dépravation du culte de Baal. Grâce à ces textes, on comprend mieux pourquoi Dieu décréta la destruction des Cananéens adorateurs de Baal. — Deutéronome 7:1-4.

 

Oui, on entend encore aujourd’hui en Syrie les échos d’un riche passé.

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1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 12:08

Par sa nature même, le protestantisme, né de la rébellion contre la tradition et l’autorité du pape de Rome, a été rendu plus vulnérable que l’Église catholique, gardienne de la tradition, aux attaques du rationalisme et aux aspects négatifs de la critique biblique. Sans doute est-il judicieux d’expliquer ici ce qu’on entend par la critique biblique. Celle-ci se divise en deux branches: la basse critique est l’étude savante des manuscrits de la Bible ; elle se soucie de leur origine, de la façon dont ils ont été transmis et de leur valeur en comparaison avec les manuscrits primitifs qui ne sont plus disponibles. Elle porte parfois le nom de critique textuelle. La Haute critique porte ses recherches sur les auteurs, la date de rédaction et l’exactitude historique de la Bible à la lumière de l’Histoire et des découvertes archéologiques.

 

La basse critique a contribué pour beaucoup à l’érudition biblique. Elle a élagué les ajouts erronés et a donné des textes de qualité et dignes de confiance qui servent d’appui à de meilleures traductions de la Bible. Par contre, la Haute critique a donné lieu à une foule d’œuvres de pseudo-érudition qui ont eu pour effet de saper la confiance des gens en la Bible.

 

Au sujet de la vulnérabilité du protestantisme face au rationalisme et aux effets destructeurs de la Haute critique, on peut lire ce qui suit dans l’Encyclopédie britannique (édition de 1979):

 

“Ce fut dans les universités allemandes que se posa pour la première fois la question de la critique biblique; quelqu’un pouvait-il être chrétien, voire un bon chrétien, tout en doutant de la véracité de certaines parties de la Bible ? Telle fut au XIXe siècle la question capitale posée au protestantisme, pour ne pas dire à l’ensemble de la chrétienté. (...) Le protestantisme allemand montra de la souplesse et une telle absence de parti pris en présence de la nouvelle connaissance, que celle-ci exerça sur le développement des Églises chrétiennes une aussi grande influence que les découvertes de la Réforme à ses origines. En partie à cause de l’exemple allemand, les Églises protestantes de pure tradition — luthérienne, réformée, anglicane, congrégationaliste, méthodiste et de nombreuses communautés baptistes — s’adaptèrent sans trop de difficultés (du point de vue intellectuel) au développement scientifique, à l’idée de l’évolution et aux progrès dans le domaine de l’anthropologie et de l’analyse religieuse.”

 

En qualifiant certaines parties de la Bible de mythes, bien des membres du clergé protestant ont jeté le doute sur l’ensemble de la Bible. Un commentaire biblique protestant en 12 volumes (Interpreter’s Bible), déclare dans son introduction, sous le titre “ La Bible : Sa signification et son autorité”: “De cette enquête succincte, il s’ensuit qu’il ne serait nullement contraire à l’Écriture ni à rien d’essentiel à la foi chrétienne, mais plutôt en accord avec la Bible , de cesser totalement de parler des Écritures comme de la Parole de Dieu.”

 

De telles déclarations détruisent l’influence exercée par la Bible dans la vie des gens avec une efficacité bien plus redoutable qu’une bulle papale interdisant la lecture de la Bible.

 

Les fondamentalistes Pas de vrais amis de la Bible

 

Une ramification du protestantisme a cependant résisté à l’assaut de la Haute critique. Elle porte le nom de fondamentalisme. En voici une définition: “Mouvement conservateur actif dont l’origine remonte au début du XXe siècle; il s’oppose au modernisme et fait valoir comme étant fondamentales au christianisme l’interprétation littérale des Écritures et l’absence totale d’erreurs dans leur contenu.”

 

Les fondamentalistes ont raison lorsqu’ils affirment que la Bible est inspirée de Dieu. Les luttes qu’ils mènent contre les effets destructeurs de la Haute critique et les théories pseudo-scientifiques comme l’évolution sont louables. Mais en prétendant qu’il faut prendre au sens littéral tout ce qui est écrit dans la Bible , les fondamentalistes soutiennent-ils l’autorité de la Bible dans l’esprit des gens raisonnables? Servent-ils les intérêts de la Bible lorsqu’ils déclarent que la terre a été créée en six jours de 24 heures, alors que la Bible utilise elle-même le même mot “jour” pour désigner des périodes de temps dont la durée est variable? — Comparer Genèse chapitre 1 avec Genèse 2:4 et 5:1; voir aussi II Pierre 3:8.

 

De plus, les fondamentalistes sont-ils de vrais amis de la Bible lorsque, tout en prétendant s’en tenir strictement aux Écritures, ils enseignent des doctrines non bibliques comme la trinité (comparer avec Deutéronome 6:4; Jean 14:28), l’immortalité de l’âme (Ézéchiel 18:4) et les tourments de l’enfer (Jérémie 7:31; Romains 6:23)? Par leur interprétation purement littérale de la Bible et l’enseignement de doctrines qui déshonorent Dieu, les protestants fondamentalistes sapent le pouvoir de la Bible dans l’esprit de beaucoup de gens.

 

Le protestantisme et l’attachement au monde

 

Jésus déclara à ses disciples: “Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait parce que vous seriez à lui. Mais je vous ai choisis et tirés du monde et vous n’appartenez pas au monde: c’est pourquoi le monde vous hait.” (Jean 15:19, Nouveau Testament, Bonnes Nouvelles aujourd’hui). Pourtant, il est manifeste que les principales Églises protestantes prennent part activement aux systèmes politiques du monde, certaines d’entre elles étant même des “religions d’État”. À ce propos, l’Encyclopédie britannique déclare: “Il est permis de parler de l’apport du protestantisme au nationalisme moderne. (...) Tous [les protestants,] à l’exception des ultras, furent enclins à attacher beaucoup d’importance au loyalisme pour l’État. Les protestants fournirent souvent un fondement idéologique à chaque nouvel État, lorsque celui-ci s’éveillait au sentiment de souveraineté — comme ce fut le cas en Prusse et aux États-Unis.”

 

Le début de cet article contenait la déclaration d’un écrivain protestant, déclaration selon laquelle la Bible est “le livre (...) auquel le protestant se réfère pour conduire pratiquement sa vie morale”. Peut-on dire que ces paroles sont véridiques lorsqu’un nombre toujours plus important de membres du clergé appartenant aux principales Églises protestantes font des déclarations qui excusent les relations sexuelles avant le mariage, l’adultère, l’homosexualité et l’avortement? Dans le quotidien français Le Monde, un article intitulé “De nombreuses Églises ont ouvert le dossier de l’homosexualité”, et basé sur un rapport publié à Genève par le Conseil oecuménique des Églises, révélait que plusieurs grandes Églises protestantes toléraient en leur sein des pasteurs homosexuels. Pourtant, la Bible déclare: “Ne vous y trompez pas: les gens immoraux ou adorateurs d’idoles, ou adultères, ou homosexuels, (...) ne recevront pas le Royaume de Dieu.” — I Corinthiens 6:9, 10, Nouveau Testament, Bonnes Nouvelles aujourd’hui.

 

Certes, le protestantisme n’a pas accumulé autant de haine contre la Bible et contre ceux qui la lisaient en langues vulgaires, que l’Église catholique ne l’a fait au cours des siècles. Cependant, par la croyance en des doctrines non bibliques, par l’acceptation de la Haute critique et de théories pseudo-scientifiques, par son attachement au monde et par la tolérance d’une morale permissive, le protestantisme porte une lourde responsabilité dans la baisse de l’influence exercée par la Bible dans la vie de millions de gens.

 

Toutefois, bien que le catholicisme se soit opposé pendant des siècles à la lecture de la Bible par les gens du peuple et que le protestantisme ait sapé la Parole de Dieu de façon plus subtile, mais aussi dévastatrice, la Bible ne suscite que rarement de l’indifférence. On l’aime ou on la déteste.

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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 19:51

L’Encyclopédie catholique (angl.; éd. de 1911) déclare : “Cela constitue le fondement historique de la prétention des évêques de Rome à la primauté apostolique de Pierre.”

 

 

Étant donné qu’une telle importance est attachée à la présence de Pierre à Rome, on s’attend logiquement à ce que des preuves historiques dignes de foi soient présentées. L’Encyclopédie catholique affirme qu’il en est bien ainsi, disant : “Le séjour et la mort de saint Pierre à Rome sont établis au-delà de toute contestation comme des faits historiques par une série de témoignages distincts allant de la fin du premier siècle à la fin du deuxième siècle.” De même la Nouvelle encyclopédie catholique (angl.) déclare : “Il est absolument certain que Pierre passa les dernières années de sa vie à Rome.”

 

 

Babylone était-elle Rome ?

 

 

Le témoignage le plus ancien invoqué par les catholiques est le passage de I Pierre 5:13 où il est écrit : “Celle qui est à Babylone, élue comme vous, vous envoie ses salutations.” Dans une note en bas de page, une traduction catholique récente, la New American Bible, identifie ainsi cette “Babylone” : “Rome qui, comme l’ancienne Babylone, conquit Jérusalem et détruisit son temple.” Toutefois, cette traduction catholique reconnaît que, si Pierre est l’auteur de cette lettre, “elle doit être datée d’avant 64-67 de notre ère, époque à laquelle il a été exécuté sous le règne de Néron”. Or, Jérusalem n’a pas été détruite par les Romains avant l’an 70 de notre ère. Ainsi, lorsque Pierre écrivit sa lettre, ce parallèle entre Babylone et Rome n’existait pas.

 

 

L’identification de Babylone à Rome n’est donc qu’une interprétation qui n’est pas démontrée par des faits. Cette interprétation a même été mise en doute par des biblistes catholiques romains des siècles passés, parmi lesquels Pierre de Marca, Jean-Baptiste Spagnoli, Michel de Ceza, Marsile de Padoue, Jean Aventin, John Leland, Charles du Moulin, Louis Elliès Dupin et le célèbre Desiderius Erasmus (Didier Érasme). L’historien ecclésiastique Dupin écrivit :

 

 

“La première épître de Pierre est datée de Babylone. Un grand nombre d’anciens ont compris que ce nom signifiait Rome, mais aucune raison ne semble avoir pu inciter saint Pierre à changer le nom de Rome en celui de Babylone. Comment ceux à qui il écrivit auraient-ils pu comprendre que Babylone était Rome ?”

 

 

Mis à part les allusions à “Babylone la Grande ” que l’on trouve dans le livre de la Révélation , une seule ville est appelée Babylone dans les saintes Écritures. Il s’agit de la ville située sur l’Euphrate. Pierre a-t-il écrit sa lettre dans cette ville ?

 

 

Oui. Bien que Babylone ait connu le déclin après être tombée aux mains des Mèdes et des Perses, elle continua d’exister. Dans les premiers siècles de notre ère, il y avait une communauté juive importante en Babylonie. Une encyclopédie déclare : “ La Babylonie demeura un centre du judaïsme oriental durant des siècles, et les discussions dans les écoles rabbiniques donnèrent naissance au talmud de Jérusalem, au 5ème siècle de notre ère, et au talmud de Babylone, un siècle plus tard.” — International Standard Bible Encyclopedia.

 

 

Pierre devait réellement penser à cette ville. C’est ce qui ressort clairement d’une décision qu’il prit quelques années avant d’écrire sa première lettre inspirée. Lors d’une réunion avec Paul et Barnabas, il accepta de continuer à s’efforcer de répandre la bonne nouvelle parmi les Juifs. Nous lisons : “Voyant que la bonne nouvelle pour ceux qui sont incirconcis m’avait été confiée [à Paul], comme elle l’avait été à Pierre pour ceux qui sont circoncis — car Celui qui donna à Pierre les pouvoirs nécessaires à un apostolat pour ceux qui sont circoncis, me donna aussi des pouvoirs pour ceux qui sont des nations ; oui, quand ils purent reconnaître la bonté imméritée qui m’avait été donnée, Jacques et Céphas et Jean, ceux qui paraissaient être les colonnes, nous donnèrent, à moi et à Barnabas, la main droite de la participation, pour que nous allions vers les nations, mais eux vers ceux qui sont circoncis.” (Gal. 2:7-9). Pierre allait donc logiquement déployer son activité dans un centre du judaïsme, tel que Babylone, plutôt qu’à Rome, qui était essentiellement peuplée de Gentils.

 

 

La Bible ne fournit donc aucune base à la prétention selon laquelle Pierre est allé à Rome. Mais qu’en est-il des autres écrits anciens ?

 

 

Le témoignage de Clément

 

 

On prétend souvent que Clément de Rome, qui vécut au premier siècle de notre ère, confirme que Pierre a séjourné à Rome. Il écrivit :

 

 

“Considérons nos vaillants apôtres : Pierre, qui, victime d’une jalousie criminelle, souffrit non pas une ou deux épreuves, mais un grand nombre, et ainsi martyr s’en alla au séjour de gloire qui lui était dû. Victime de la jalousie et de la discorde, Paul montre comment on remporte le prix de la patience, sept fois chargé de chaînes, fugitif, lapidé, héraut du Christ en Orient et en Occident, après avoir conquis par sa foi une noble gloire, enseigné la justice au monde entier, être allé jusqu’au terme de l’Occident et avoir rendu témoignage devant les autorités.”

 

 

À propos de ce commentaire, le bibliste catholique Lardner fit cette remarque :

 

 

“De ce passage, je pense que l’on peut conclure fort justement que Pierre et Paul ont subi le martyre à Rome, lors des persécutions ordonnées par Néron. En effet, ils souffrirent parmi les Romains, où Clément était évêque et au nom de qui il écrivait aux Corinthiens.”

 

 

Mais Clément a-t-il vraiment dit cela ? Il est vrai qu’il mentionne Pierre et Paul, mais il ne dit pas que ceux-ci sont morts en martyrs à Rome. C’est seulement à propos de Paul qu’il dit qu’il prêcha “en Orient et en Occident”, ce qui laisse entendre que Pierre n’est jamais allé en Occident (puisqu’il servit plutôt en Orient, à Babylone par exemple). Ainsi, le témoignage de Clément laisse plutôt entendre que Pierre n’est pas allé à Rome.

 

 

Le témoignage d’Ignace

 

 

Pour démontrer que Pierre séjourna à Rome, les catholiques citent un autre témoignage ancien, celui d’Ignace, qui vécut à la fin du premier siècle et au début du deuxième siècle de notre ère. S’adressant aux chrétiens de Rome, Ignace leur dit : “Je ne vous donne point d’ordres, comme Pierre et Paul : ils étaient apôtres, je suis un condamné.” Expliquant ces paroles l’Encyclopédie catholique (angl.) déclare : “Cette remarque doit signifier que les deux apôtres travaillaient personnellement à Rome et, revêtus de l’autorité apostolique, y prêchaient l’évangile.” Cette conclusion est-elle exacte ? Ignace dit-il que Pierre et Paul étaient à Rome ? Non, il dit simplement qu’en tant qu’apôtres, ils donnaient des commandements. Rappelons que des commandements peuvent être donnés au moyen d’une lettre, par l’intermédiaire d’un messager ou verbalement quand on est visité par quelqu’un venant d’un autre lieu. Celui qui donne des commandements n’a pas besoin d’être personnellement présent dans une ville particulière.

 

 

Le témoignage d’Irénée

 

 

“Mais, diront certains, Irénée n’a-t-il pas dit clairement que Pierre séjourna à Rome ?” Effectivement, si l’on en juge d’après ses écrits (deuxième siècle de notre ère). Nous y lisons : “Ainsi Matthieu, chez les Hébreux, a publié un Évangile écrit en leur langue, au temps où Pierre et Paul proclamaient la Bonne Nouvelle à Rome et y fondaient l’Église.” Il est également question de “l’Église de Rome (...), connue de tous ; (...) fondée et constituée par les deux très glorieux Apôtres Pierre et Paul”. Toutefois, il se peut que ces déclarations ne soient pas d’Irénée. Pourquoi ? Parce que les écrits originaux en grec d’Irénée ont été perdus. Ces déclarations qui lui sont attribuées ont été traduites d’une mauvaise version latine retrouvée des centaines d’années plus tard. Un copiste latin a pu facilement ajouter ces déclarations relatives à Pierre. Louis Elliès Dupin, historien et ecclésiastique de l’Église catholique romaine, reconnaît qu’il y a eu des interpolations de ce genre. Il dit :

 

 

“Les catholiques ont inventé de fausses histoires, de faux miracles et de fausses vies de saints pour nourrir et entretenir la piété des fidèles.”

 

 

La preuve la plus puissante que l’on puisse opposer à ces déclarations attribuées à Irénée est sans doute leur désaccord avec la Bible. La lettre de Paul aux Romains montre de façon évidente qu’il y avait des chrétiens à Rome avant que l’apôtre ne vînt dans cette ville. C’est ce que reconnaît l’introduction à l’épître aux Romains que l’on trouve dans une traduction catholique, la New American Bible. Nous y lisons :

 

 

“Puisque ni la tradition chrétienne primitive ni la lettre de Paul aux Romains ne mentionnent un fondateur de la communauté chrétienne à Rome, on peut en conclure que la foi chrétienne a été transmise dans cette ville par l’intermédiaire de membres de la communauté juive de Jérusalem qui s’étaient convertis au christianisme.”

 

 

Ni Pierre ni Paul n’ont fondé l’église chrétienne de Rome en prêchant dans cette ville. En revanche, le jour de la Pentecôte de l’an 33 de notre ère, Pierre s’adressa à “ceux de Rome en séjour ici [à Jérusalem], tant Juifs que prosélytes”. (Actes 2:10.) C’est peut-être cela qui a servi de base aux traditions qui voudraient que Pierre fût le fondateur de l’église de Rome. Mais, comme l’indiquent les faits, cette croyance ne repose sur aucun fondement valable.

 

 

Le témoignage de l’archéologie

 

 

Ainsi, après un examen sérieux, les prétendues preuves historiques du séjour de Pierre à Rome n’ont en réalité aucun fondement. Il en est de même des prétendues preuves archéologiques. Des fouilles ont mis au jour ce que l’on croit être les vestiges d’un petit monument funéraire. Ceux qui prétendent qu’il s’agit du tombeau de Pierre fondent leurs conclusions sur les prétentions affirmant que l’apôtre séjourna à Rome. À propos des ossements qui y furent retrouvés, la Nouvelle encyclopédie catholique (angl.) déclare :

 

 

“Les examens anatomique et géologique indiquent que ces os datent du premier siècle ; parmi eux, se trouvent les os d’un homme de grande taille. Mais rien ne prouve qu’il s’agisse des os de saint Pierre.”

 

 

Il n’y a donc aucune preuve solide archéologique ou historique, démontrant que Pierre séjourna à Rome. Le témoignage biblique affirme le contraire. La prétention de l’Église catholique romaine relative à la “primauté apostolique de Pierre” est donc fausse.

 

 

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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 19:37

L’AUTEL est-il selon vous un élément fondamental dans votre religion ? Il l’est en tout cas pour beaucoup de fidèles.

 

 

Le premier que la Bible mentionne est celui que Noé bâtit pour offrir des sacrifices d’animaux après le déluge, au sortir de l’arche. — Genèse 8:20.

 

 

Après la confusion du langage à Babel, l’humanité s’est dispersée sur toute la surface de la terre (Genèse 11:1-9). Dotés d’un sens inné du divin, les humains ont essayé de s’approcher de Dieu, qu’ils connaissaient de moins en moins bien, le ‘ cherchant à tâtons ’ comme des aveugles (Actes 17:27 ; Romains 2:14, 15). Depuis Noé, de nombreux peuples ont élevé des autels à leurs divinités. Religions et individus en ont employé dans leur faux culte. Certains, dans leur éloignement du vrai Dieu, sont allés jusqu’à s’en servir pour des rites horribles dont les victimes étaient des humains, y compris des enfants. Mais que dire des autels dans le vrai culte ?

 

 

Autels et vrai culte en Israël

 

 

D’autres hommes fidèles après Noé ont dressé des autels réservés à leur adoration du vrai Dieu. Ainsi, Abraham en bâtit à Shekèm, en un certain lieu près de Béthel, à Hébrôn, et aussi sur le mont Moria, où il sacrifia un bélier fourni par Dieu pour remplacer Isaac. Plus tard, Isaac, Jacob et Moïse en érigèrent spontanément pour adorer Dieu. — Genèse 12:6-8 ; 13:3, 18 ; 22:9-13 ; 26:23-25 ; 33:18-20 ; 35:1, 3, 7 ; Exode 17:15, 16 ; 24:4-8.

 

 

En même temps qu’il lui donna sa Loi, Dieu commanda à Israël de bâtir le tabernacle, une tente portative, appelé aussi “ la tente de réunion ”, qui serait l’élément central de la structure permettant de s’approcher de lui (Exode 39:32, 40). Ce tabernacle avait deux autels. Celui des holocaustes, en acacia plaqué de cuivre, était devant l’entrée et servait à offrir des sacrifices d’animaux (Exode 27:1-8 ; 39:39 ; 40:6, 29). L’autel de l’encens, également en acacia mais plaqué d’or, était à l’intérieur du tabernacle, devant le rideau du Très-Saint (Exode 30:1-6 ; 39:38 ; 40:5, 26, 27). On y brûlait un encens spécial deux fois par jour, matin et soir (Exode 30:7-9). Plus tard, le temple en dur que Salomon construisit fut agencé comme le tabernacle, avec deux autels.

 

 

La tente véritable et l’autel symbolique

 

 

En donnant la Loi à Israël, Dieu fit plus que fournir des prescriptions pour réguler la vie de ses serviteurs et leur accès à lui par les sacrifices et les prières. Bon nombre des caractéristiques de la Loi constituaient ce que l’apôtre Paul a appelé une “ représentation typique ”, un “ exemple ”, une “ ombre des choses célestes ”. (Hébreux 8:3-5 ; 9:9 ; 10:1 ; Colossiens 2:17.) En d’autres termes, en plus de guider les Israélites jusqu’à la venue du Christ, bien des aspects de la Loi ont aussi constitué un aperçu des desseins de Dieu qui s’accompliraient par le moyen de Jésus Christ (Galates 3:24). En effet, certains aspects de la Loi avaient une valeur prophétique. Par exemple, l’agneau pascal, dont le sang servait de signe de salut pour les Israélites, préfigurait Jésus Christ. Jésus est en effet “ l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ”, dont le sang a été répandu pour nous libérer du péché. — Jean 1:29 ; Éphésiens 1:7.

 

 

Beaucoup de choses liées au tabernacle et au service dans le temple figuraient des réalités spirituelles (Hébreux 8:5 ; 9:23). D’ailleurs, Paul parle de “ la tente véritable que Dieu a dressée, et non pas l’homme ”, et ajoute : “ Christ est venu comme grand prêtre des bonnes choses qui sont arrivées, par le moyen de la tente plus grande et plus parfaite, non faite par des mains, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création. ” (Hébreux 8:2 ; 9:11). “ La tente plus grande et plus parfaite ” était le grand temple spirituel de Dieu, dont le langage des Écritures indique qu’il est l’ensemble des dispositions par lesquelles les humains peuvent s’approcher de Jéhovah en vertu du sacrifice propitiatoire de Jésus Christ. — Hébreux 9:2-10, 23-28.

 

 

L’autel de l’holocauste avait lui aussi une valeur prophétique. Il représente apparemment la “ volonté ” de Dieu, son intention d’accepter le sacrifice humain parfait de Jésus. — Hébreux 10:1-10.

 

 

Plus loin dans la lettre aux Hébreux, Paul fait ce commentaire intéressant : “ Nous avons un autel dont ceux qui font un service sacré à la tente n’ont pas le droit de manger. ” (Hébreux 13:10). De quel autel parlait-il ?

 

 

Beaucoup d’exégètes affirment que l’autel d’Hébreux 13:10 est celui qui sert à l’eucharistie, c’est-à-dire le “ sacrement ” par lequel le sacrifice de Christ est censé se renouveler pendant la messe. Mais le contexte du passage est clair : l’autel dont Paul parle est symbolique. Plusieurs biblistes donnent un sens figuré au mot “ autel ” dans ce texte. Pour le jésuite Joseph Bonsirven, “ cela s’accorde parfaitement avec tout le symbolisme de l’épître [aux Hébreux] ”. Il dit aussi : “ Dans la langue chrétienne le mot ‘ autel ’ est d’abord employé dans un sens spirituel et ce n’est que depuis Irénée et surtout Tertullien et saint Cyprien qu’il est appliqué à l’eucharistie et plus particulièrement à la table eucharistique. ”

 

 

Comme le déclare une revue catholique, l’usage de l’autel s’est répandu à “ l’ère constantinienne ” avec la “ construction des basiliques ”. “ Il est certain, lit-on dans Rivista di Archeologia Cristiana (Revue d’archéologie chrétienne), que pendant les deux premiers siècles on ne peut pas parler d’un lieu fixe de culte, mais d’assemblées liturgiques tenues chez des particuliers, dans des pièces qui dès la fin de la cérémonie retrouvaient leur fonction première. ”

 

 

L’autel actuellement

 

 

La Civiltà Cattolica ,  dit ceci : “ L’autel est le point central non seulement de l’église édifice, mais aussi de l’Église vivante. ” Cependant, Jésus Christ n’a pas institué la moindre cérémonie religieuse faisant appel à un autel, pas plus qu’il n’a ordonné à ses disciples d’accomplir des cérémonies qui en nécessitent un. Ses mentions d’un autel en Matthieu 5:23, 24 et ailleurs ont trait à des pratiques religieuses qui avaient cours chez les Juifs, mais elles n’indiquent nullement que ses disciples devaient adorer Dieu au moyen d’un tel objet.

 

 

L’historien américain George Foot Moore (1851-1931) a écrit : “ Le culte chrétien dans ses grandes lignes a toujours été le même, mais à la longue les rites décrits par Justin au milieu du IIe siècle ont perdu leur simplicité pour se muer en cérémonial imposant. ” Les rites catholiques et les cérémonies religieuses publiques sont si nombreux et si compliqués qu’ils en constituent une matière d’étude, la liturgie, dans les séminaires catholiques. M. Moore dit encore : “ Cette tendance, inhérente à tout rituel, s’est beaucoup accentuée par l’influence de l’Ancien Testament quand le clergé chrétien s’est posé en successeur de la prêtrise du système précédent. Le costume somptueux du grand prêtre, les habits cérémoniels des autres prêtres, les cortèges solennels, les chœurs de Lévites chantant des psaumes, les volutes de fumée dans le balancement des encensoirs... tout cela semblait un modèle divin de l’adoration religieuse, qui accréditait une Église rivalisant de pompe avec les cultes antiques. ”

 

 

De nombreux rites, cérémonies, vêtements et autres accessoires de culte de plus d’une religion chrétienne ne s’inspirent pas des enseignements des Évangiles, mais des coutumes et des rites juifs ou païens. L’Enciclopedia Cattolica affirme que le catholicisme “ a hérité l’usage de l’autel du judaïsme et en partie du paganisme ”. Minucius Felix, apologiste du IIIe siècle, a écrit que les chrétiens n’avaient “ pas de sanctuaires ni d’autels ”. Le dictionnaire encyclopédique Religioni e Miti (Religions et mythes) va dans le même sens : “ Les premiers chrétiens ne voulaient pas utiliser l’autel afin de se démarquer des cultes juif et païen. ”

 

 

Étant donné que le christianisme reposait essentiellement sur des principes faits pour être acceptés et appliqués au quotidien et dans tous les pays, il n’y avait plus besoin d’une ville sainte sur la terre, ni d’un temple matériel pourvu d’autels, ni de prêtres humains de rang particulier et vêtus d’habits distinctifs. “ L’heure vient, a dit Jésus, où ce n’est ni dans cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. [...] Les vrais adorateurs adoreront le Père avec l’esprit et la vérité. ” (Jean 4:21, 23). La complexité des rites et l’emploi d’autels de la part de nombreuses religions vont à l’encontre de ce que Jésus a précisé sur la façon d’adorer le vrai Dieu.

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