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1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 12:08

Par sa nature même, le protestantisme, né de la rébellion contre la tradition et l’autorité du pape de Rome, a été rendu plus vulnérable que l’Église catholique, gardienne de la tradition, aux attaques du rationalisme et aux aspects négatifs de la critique biblique. Sans doute est-il judicieux d’expliquer ici ce qu’on entend par la critique biblique. Celle-ci se divise en deux branches: la basse critique est l’étude savante des manuscrits de la Bible ; elle se soucie de leur origine, de la façon dont ils ont été transmis et de leur valeur en comparaison avec les manuscrits primitifs qui ne sont plus disponibles. Elle porte parfois le nom de critique textuelle. La Haute critique porte ses recherches sur les auteurs, la date de rédaction et l’exactitude historique de la Bible à la lumière de l’Histoire et des découvertes archéologiques.

 

La basse critique a contribué pour beaucoup à l’érudition biblique. Elle a élagué les ajouts erronés et a donné des textes de qualité et dignes de confiance qui servent d’appui à de meilleures traductions de la Bible. Par contre, la Haute critique a donné lieu à une foule d’œuvres de pseudo-érudition qui ont eu pour effet de saper la confiance des gens en la Bible.

 

Au sujet de la vulnérabilité du protestantisme face au rationalisme et aux effets destructeurs de la Haute critique, on peut lire ce qui suit dans l’Encyclopédie britannique (édition de 1979):

 

“Ce fut dans les universités allemandes que se posa pour la première fois la question de la critique biblique; quelqu’un pouvait-il être chrétien, voire un bon chrétien, tout en doutant de la véracité de certaines parties de la Bible ? Telle fut au XIXe siècle la question capitale posée au protestantisme, pour ne pas dire à l’ensemble de la chrétienté. (...) Le protestantisme allemand montra de la souplesse et une telle absence de parti pris en présence de la nouvelle connaissance, que celle-ci exerça sur le développement des Églises chrétiennes une aussi grande influence que les découvertes de la Réforme à ses origines. En partie à cause de l’exemple allemand, les Églises protestantes de pure tradition — luthérienne, réformée, anglicane, congrégationaliste, méthodiste et de nombreuses communautés baptistes — s’adaptèrent sans trop de difficultés (du point de vue intellectuel) au développement scientifique, à l’idée de l’évolution et aux progrès dans le domaine de l’anthropologie et de l’analyse religieuse.”

 

En qualifiant certaines parties de la Bible de mythes, bien des membres du clergé protestant ont jeté le doute sur l’ensemble de la Bible. Un commentaire biblique protestant en 12 volumes (Interpreter’s Bible), déclare dans son introduction, sous le titre “ La Bible : Sa signification et son autorité”: “De cette enquête succincte, il s’ensuit qu’il ne serait nullement contraire à l’Écriture ni à rien d’essentiel à la foi chrétienne, mais plutôt en accord avec la Bible , de cesser totalement de parler des Écritures comme de la Parole de Dieu.”

 

De telles déclarations détruisent l’influence exercée par la Bible dans la vie des gens avec une efficacité bien plus redoutable qu’une bulle papale interdisant la lecture de la Bible.

 

Les fondamentalistes Pas de vrais amis de la Bible

 

Une ramification du protestantisme a cependant résisté à l’assaut de la Haute critique. Elle porte le nom de fondamentalisme. En voici une définition: “Mouvement conservateur actif dont l’origine remonte au début du XXe siècle; il s’oppose au modernisme et fait valoir comme étant fondamentales au christianisme l’interprétation littérale des Écritures et l’absence totale d’erreurs dans leur contenu.”

 

Les fondamentalistes ont raison lorsqu’ils affirment que la Bible est inspirée de Dieu. Les luttes qu’ils mènent contre les effets destructeurs de la Haute critique et les théories pseudo-scientifiques comme l’évolution sont louables. Mais en prétendant qu’il faut prendre au sens littéral tout ce qui est écrit dans la Bible , les fondamentalistes soutiennent-ils l’autorité de la Bible dans l’esprit des gens raisonnables? Servent-ils les intérêts de la Bible lorsqu’ils déclarent que la terre a été créée en six jours de 24 heures, alors que la Bible utilise elle-même le même mot “jour” pour désigner des périodes de temps dont la durée est variable? — Comparer Genèse chapitre 1 avec Genèse 2:4 et 5:1; voir aussi II Pierre 3:8.

 

De plus, les fondamentalistes sont-ils de vrais amis de la Bible lorsque, tout en prétendant s’en tenir strictement aux Écritures, ils enseignent des doctrines non bibliques comme la trinité (comparer avec Deutéronome 6:4; Jean 14:28), l’immortalité de l’âme (Ézéchiel 18:4) et les tourments de l’enfer (Jérémie 7:31; Romains 6:23)? Par leur interprétation purement littérale de la Bible et l’enseignement de doctrines qui déshonorent Dieu, les protestants fondamentalistes sapent le pouvoir de la Bible dans l’esprit de beaucoup de gens.

 

Le protestantisme et l’attachement au monde

 

Jésus déclara à ses disciples: “Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait parce que vous seriez à lui. Mais je vous ai choisis et tirés du monde et vous n’appartenez pas au monde: c’est pourquoi le monde vous hait.” (Jean 15:19, Nouveau Testament, Bonnes Nouvelles aujourd’hui). Pourtant, il est manifeste que les principales Églises protestantes prennent part activement aux systèmes politiques du monde, certaines d’entre elles étant même des “religions d’État”. À ce propos, l’Encyclopédie britannique déclare: “Il est permis de parler de l’apport du protestantisme au nationalisme moderne. (...) Tous [les protestants,] à l’exception des ultras, furent enclins à attacher beaucoup d’importance au loyalisme pour l’État. Les protestants fournirent souvent un fondement idéologique à chaque nouvel État, lorsque celui-ci s’éveillait au sentiment de souveraineté — comme ce fut le cas en Prusse et aux États-Unis.”

 

Le début de cet article contenait la déclaration d’un écrivain protestant, déclaration selon laquelle la Bible est “le livre (...) auquel le protestant se réfère pour conduire pratiquement sa vie morale”. Peut-on dire que ces paroles sont véridiques lorsqu’un nombre toujours plus important de membres du clergé appartenant aux principales Églises protestantes font des déclarations qui excusent les relations sexuelles avant le mariage, l’adultère, l’homosexualité et l’avortement? Dans le quotidien français Le Monde, un article intitulé “De nombreuses Églises ont ouvert le dossier de l’homosexualité”, et basé sur un rapport publié à Genève par le Conseil oecuménique des Églises, révélait que plusieurs grandes Églises protestantes toléraient en leur sein des pasteurs homosexuels. Pourtant, la Bible déclare: “Ne vous y trompez pas: les gens immoraux ou adorateurs d’idoles, ou adultères, ou homosexuels, (...) ne recevront pas le Royaume de Dieu.” — I Corinthiens 6:9, 10, Nouveau Testament, Bonnes Nouvelles aujourd’hui.

 

Certes, le protestantisme n’a pas accumulé autant de haine contre la Bible et contre ceux qui la lisaient en langues vulgaires, que l’Église catholique ne l’a fait au cours des siècles. Cependant, par la croyance en des doctrines non bibliques, par l’acceptation de la Haute critique et de théories pseudo-scientifiques, par son attachement au monde et par la tolérance d’une morale permissive, le protestantisme porte une lourde responsabilité dans la baisse de l’influence exercée par la Bible dans la vie de millions de gens.

 

Toutefois, bien que le catholicisme se soit opposé pendant des siècles à la lecture de la Bible par les gens du peuple et que le protestantisme ait sapé la Parole de Dieu de façon plus subtile, mais aussi dévastatrice, la Bible ne suscite que rarement de l’indifférence. On l’aime ou on la déteste.

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